‹ Le Second Empire et la Législation OuvrièreChapitre 21 sur 132 · Titre d’une brochure de Romieu, l’un de ses partisans · texte numérisé non relu

Titre d’une brochure de Romieu, l’un de ses partisans

3. « Le cri de réélection el de propagation des pouvoirs de Louis- Napoléon était poussé partout ; il l'était dans les conseils généraux, il l'était dans les campagnes, il l'était dans l’armée ; le même courant d'opinion qui en 1848 avait porté les masses vers Napoléon, — lequel n'était alors connu que par les plus détestables antécédents, — existait en 1851 car il avait pour mobiles la peur et la nécessité, » Odilon

Barrot, Mémoires, t. IV, p. 116.

une nouvelle loi électorale (1), les candidatures républicaines, le Prince-Président, qui s'était tenu en dehors de la préparation de cette Loi, eut l’occasion de se porter bruyamment comme défenseur des intérêts populaires et du suffrage universel. Le message qui inaugura la reprise des travaux législatifs, le 4 novembre 1881. dénonce ce conflit. Déjà, à Dijon, le Prince-Président… avait ouvertement annoncé sa campagne contre l’Assemblée Législative. « Depuis trois ans, dit-il, on a pu remarquer que j'ai toujours été secondé quand il s’est agi de combattre le désordre par des mesures de compression. Mais lorsque j'ai voulu faire le bien, prendre des mesures pour améliorer le sort des populations, je n'ai rencontré que l’inertie (2). »

Dans son message du # novembre 1851, il insiste encore une fois sur les « dissentiments regrettables » qui se sont élevés entre lui et l’Assemblée ; il affecte de grande: craintes pour l'ordre, il redoute une diminution de travail, une augmentation de la misère. Et il propose nettement le rétablissement du suffrage universel (3).

Cette question d’électorat alliait donc momentané-

1. La loi du 31 mai destinée à « moraliser le suffrage universel », proposée à la suite d'élections qui avaient augmenté de 20 membres le groupe des montagnards, avait été votée en trois semaines. Elle supprimait la capacité électorale pour plus de 3 millions d’électeurs, en exigeant d'eux un domicile continu de trois ans dans le canton, et en étendant beaucoup les cas d’indignité. Guizot lui-même estimait que l’on avait été trop loin. Odilon Barrot était inquiet.

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