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ment, par force, à l'Elysée, la minorité républicaine de l’Assemblée qui ne pouvait ni défendre uneloi restrictive du suffrage universel ni combattre sans se nuire la réforme dont le Président prenait l'initiative. Quant aux ouvriers, lassés de privations et de luttes, satisfaits par la reprise commençante du travail et pleins de gratitude pour celui qui voulait leur faire rendre leurs droits politiques, ils abandonnent leur liberté à Louis Bonaparte (1), espérant qu'il pourra bien, enfin, leur donner ce « Gouvernement fort » que Louis Blanc désirait autrefois pour eux : « Un gouvernement fort, parce que dans le régime d’inégalité où nous végétons encore, il y a des faibles qui ont besoin d’une force sociale qui les protège... Nous voulons un gouvernement qui intervienne dans l'industrie parce que, Là où l’on ne prête qu'aux riches, il faut un banquier social qui prête aux pauvres. En un mot, nous évoquons l’idée du pouvoir parce que la liberté d’aujourd’hui est un mensonge et que la liberté de l’avenir doit être une réalité (2). »
4. « Nous travaillons ! cela va bien ! nous disent les héros du faubourg de plus en plus fanatiques du régime impérial, » Proudhon. Correspondance, 11 déc, 1852, édit. 1875, 6. V.
« La nation en ce moment est folle de peur des socialistes et du désir passionné de retrouver le bien être. En cet état, elle est incapable, et, je le dis à regret, indigne d'être libre. Et toute tentative qu’on ferait pour rétablir les institutions de la liberté, échouerait con-
tre les idées et les mœurs. » Extrait d'une lettre de A. de Tocqueville du 13 déc.1851.Cité par Pierre Marcel, Essai politiquesur A.de Tocqueville, p. 447.
2. Louis Blanc, L'Organisation du travail. Introduction, p. XXIV et XXV.
Aussi le coup d'État semblait à la masse des électeurs (1), surtout aux 3 millions de paysans et d’ouvriers auxquels il proposait de rendre la capacité politique, une heureuse phase de la lutte du Président contre l’Assemblée réactionnaire, une garantie pour le
maintien de la République.
1, « Louis Bonaparte apparaissait à la fois au peuple comme le défenseur de son droit, à la bourgeoisie comme le protecteur de ses
intérêts, » Proudhon, La Révolution sociale... p. 43.
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