‹ Le Second Empire et la Législation OuvrièreChapitre 24 sur 132 · Proudhon, La Révolution sociale... p · texte numérisé non relu

Proudhon, La Révolution sociale... p

Car ils sont las d’agir par eux-mêmes, excédés de révoltes vaines et durement réprimées; ils doutent de la République, ils ont perdu la confiance dans leur idéal, dans leurs chefs, en eux-mêmes, et attendent de la bienveillance de l'Empereur, l’amélioration de leur sort. Nul plus que Bonaparte ne s’est engagé envers eux ; ils se livrent à lui avec confiance, décourageant leurs anciens chefs. « Rien, rien à attendre du peuple », écrit Proudhon le 23 février 1852 (1) à ceux qui voudraient essayer encore quelque chose pour sauver la République.

Il n’est donc pas étonnant que le gouvernement impérial se soit d’abord orienté conformément aux désirs des « anciens partis », des légitimistes ou des bourgeois orléanistes, peu dangereux pour lui à cause de leur persistant antagonisme politique. Car ils s'étaient ralliés, eux aussi, mais sans confiance, à Bonaparte, n’attendant de lui que le rétablissement de l’ordre, quittes à se débarrasser ensuite de celui qu'ils avaient poussé en avant au moment du péril.

Comme ils paraissaient constituer dans la majorité plébiscitaire l’élément à la fois le plus instable et le plus fort (tant par leurs traditions auxquelles ils n’avaient point renoncé et leur étroite union avec l'Eglise, que parce qu’ils représentaient les grandes fortunes territoriales et mobilières, et qu’ils disposaient ainsi d’un puissant faisceau d'intérêts communs), toute la politi-

que du commencement du Second Empire et particu-

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