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Cire. Billault aux préfets en date du 22 oct

2. D'après les mercuriales publiées par le Monileur à la fin de chaque mois, on vit le prix du blé, à Paris, varier de 19 francs l’hectolitre (prix minimum, au mois de juillet 1353), à 33 fr. 41 (prix maximum)

le 30 novembre de la même année.

tion de la Commission municipale de Paris, du 14 septembre 1853, autorisait le préfet, pour maintenir la taxe du pain à 0 fr. 40, à indemniser les boulangers de leurs pertes, calculées d’après leur production. A la suite de fraudes, le gouvernement reprit le plan que le ministre Montalivet avait présenté à Napoléon l* en 1810, pendant une disette semblable, et institua par le décret du 27 décembre 1853 une « caisse de service de la boulangerie ». Cette caisse était destinée à stabiliser le prix du pain, à le maintenir à un taux modéré en temps de crise, compensé par un cours légèrement surélevé dans les années normales, en « avançant aux boulangers le montant de la différence en moins qui pourra exister entre le prix de vente du pain réglé par la taxe municipale et le prix résultant de la mercuriale. Pour se couvrir de ses avances, elle recevra en compensation la différence en plus (1) » (art. 5).

Mais une série de récoltes médiocres, la guerre de Crimée privant la France des importations de la Rus-

sie Méridionale, empêchaient le prix de revient du

1. La limitation du nombre des boulangeries et l’organisation corporative de cette profession, qui avait été Lacitement reconnue par l’arrêté du 19 vendémiaire an X, rendait possible l'application du décret du 27 décembre 1853. Tous les achats de céréales devaient être déclarés à la caisse de la boulangerie, qui devenait l'intermédiaire obligé des paiements En retour de ces dispositions (destinées à renseigner l’administration sur l’état du marché et à éviter des fraudes), la caisse devint aussi pour les boulangers un établissement de crédit qui consentait des avances sur les dépôts de garantie et la réserve de farine obligatoires. Pour des détails concernant l’histoire de la boulan-

gerie, Cf. Thèse Louis Lambert. Paris, 1899.

pain de redescendre à un tuux inférieur à celui du tarif, malgré de nouvelles mesures particulières, comme l'interdiction de La distillation des grains (décret du 6 octobre 1854). La ville de Paris qui garantissait les bons à court terme 6 unis par la caisse, se vit contrainte en 1856 de faire un emprunt de 50 millions et d’établir des impositions extraordinaires, et elle dut relever la taxe du pain.

Une récolte très abondante en 1857 mit fin à cette longue crise, et la caisse de la boulangerie, récupépérant ses avances par le maintien de la taxe du pain à un prix élevé, put arriver lentement à liquider son passif. Aussi onéreuse pour les contribuables et les consommateurs qu'ait été cette manière d’atténuer la crise, le gouvernement avait réussi à en diminuer l’acuité et, du moins à Paris, à éviter des souffrances

brusques aux populations ouvrières (2).

Le gouvernement avait aussi à s’inquiéter d’une au- .tre question qui n’était pas moins importante pour les ouvriers : celle de leur logement.

À la suite de l’épidémie de choléra de 1849, le rapport de M. de Riancey à l’Assemblée nationale et celui du D’ Bouvier à l’Académie de médecine, montrèrent que dans certains quartiers où l’industrie avait aggloméré les ouvriers, la densité et le degré d’aisance de la population influaient sur la mortalité. Comme remède,

ils concluaient à la nécessité d’aérer ces quartiers, d’as-

1. Sur les résultats de la caisse de la boulangerie, Cf. article de

Ambroise Clément. Journal des Économistes, juillet 1859, p. 29 et 30.

sainir Les logements, mais surtout d'améliorer le sort des classes pauvres. Au cours de la discussion de la loi de 1851 sur les logements insalubres, Wolowski avait proposé, en outre des grands travaux d’assainissement projetés, de faire construire en même temps par l'État des petits logements hygiéniques. Mais par crainte de ce socialisme municipal, la loi de 1851 n’a pas voulu consacrer cette obligation. La loi se borne à donner aux municipalités le pouvoir de prescrire les mesures d'assainissement qui leur paraîtraient indispensables, et, en cas de non exécution, les autorise à provoquer des poursuites contre les propriétaires où à interdire la location des logements malsains.

Les grands travaux exécutés dans Paris pendant la présidence de Louis Bonaparte et après le coup d’État, Pimmigration continue des travailleurs venant des provinces, aggravèrent la situation en forçant les ouvriers à s’entasser davantage ou à s'éloigner de leurs ateliers : pour y remédier,;le gouvernement fut contraint à intervenir directement. Sur les biens provenant de la famille d'Orléans, 10 millions furent attribués à l’amélioration des logements ouvriers (1). Ils furent en grande partie distribués comme subventions aux groupements financiers qui firent construire la cité Napoléon ou les maisons du boulevard Mazas. Mais ce n'étaient pas en réalité des maisons ouvrières. Deux

millions affectées directement à la création des petites

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