‹ Le Second Empire et la Législation OuvrièreChapitre 51 sur 132 · Cf. E. Ollivier, op. cüt., t. V, p. 8 et · texte numérisé non relu

Cf. E. Ollivier, op. cüt., t. V, p. 8 et

rte

aux actes du gouvernement par le vote d’une adresse où ils pourraient manifester leur adhésion ou insinuer des conseils, en rendant une publicité entière aux débats des deux Chambres, l'Empereur comptait leur faire partager aux yeux des électeurs, la responsabilité : de sa politique, les rendre indirectement solidaires de ses actes, et, à la faveur de la publicité de discussion rétablie, opposer les partis aux partis, afin d’en être à la fois le modérateur et le maître. Mais les poursuites contre la Société de Saint Vincent-de-Paul (1) ontrendu définitive la rupture avec les partis catholiques (2); toutes les oppositions réclament une part plus effective de contrôle, de pouvoir, et l'extension des libertés politiques. Le gouvernement ne se résout pas non plus à rallier tous ces adversaires à la fois et à satisfaire les vœux populaires en courant les hasards d’une interven-

tion en Pologne (3). Aussi l’Empire, qui ne peut arrêter

1. La dissolution du Comité central de la Société Saint Vincent-de- Paul montre quel changement radical s’est produit depuis 1859. En 1853, au préfet de la Moselle qui s'inquiète de la propagande très active de la société, le ministre de l’Intérieur écrivait « qu'elle oppose un obstacle sérieux à la propagande révolutionnaire et au développement des associations démagogiques ». En 1861, le gouvernement voulait non dissoudre la société elle-même, mais en prendre la direction, profiter de son influence et prendre le monopole de la charité. Cf. Circul. Persigny, 18 oct. 1861.

2, « Les amis de la veille sont devenus suspects et c’est dans le camp de ceux qu'il n'avait cessé de combattre que le gouvernement va dès ce moment chercher de nouveaux alliés. » Plichon, 7 mars 1861, pe 17200120

3. « Montalembert en parlait avec la même exaltation que Garibaldi

et Kossuth,on entendait les mêmes vœux dans les salons et les caba-

ce réveil du parlementarisme, choisit dans la masse électorale entre Les diverses oppositions celle qu'il lui serait le plus profitable de contenter et le plus facile de diriger ensuite ; il se décide alors à réaliser, sans vouloir trop y paraître contraint par la pression de l’opposition, les souhaits des elâsses populaires dont il rend possible l'expression réfléchie en autorisant et en facilitant l'organisation des délégations ouvrières. Satisfaire les revendications immédiates de la classe ouvrière qui se serait ralliée à celui qui prenait l'initiative des réformes sociales, c’était conquérir la gratitude de la masse du corps électoral et barrer la voie pour des années à la République et au socialisme. Et le gouvernement commence déjà délibérément cette politique opportuniste contre laquelle il ne pourra plus réagir et qu'Émile Ollivier, quelques années plus tard, définissait ainsi à la tribune en l’approuvant : « Gouverner c’est l’art de céder, l’art de céder sans paraître obéir, l’art de céder à propos aux légitimes aspirations du peuple (1). »

Rassuré du côté des paysans pour lesquels il n’avait à peu près rien fait, mais dont il n’avait rien à craindre, Bonaparte étant toujours pour eux, selon l’expression de Proudhon, « le symbole du droit allodial », il

pouvait opposer à l'aristocratie foncière la classe de

rets, dans les sacristies et dans des sociétés secrètes... Dupanloupet Quinet se discutaient âäprement le droit exclusif d'être Polonais. » E, Ollivier, op. cét., t. VI, p. 99.

1. Séance Corps législatif, 27 mars 1865. Discussion de l’adresse.

Mon., p. 332.

la propriété parcellaire, à la bourgeoisie industrielle qui devenait indépendante depuis qu’elle se croyait . lésée par la conclusion des traités de commerce, il allait essayer d’opposer les classes ouvrières satisfaites ; de sorte que, comme l’a dit M. Étienne Lamy, « tout poussait le souverain vers des mesures émancipatrices, et sa sollicitude vraie pour les ouvriers, et son génie conspirateur qui lui montrait dans la rivalité des classes le secret de rester entre elles un arbitre tout puis-

sant (1) ».

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