‹ Le Second Empire et la Législation OuvrièreChapitre 56 sur 132 · Cordonniers, p · texte numérisé non relu

Cordonniers, p

des ouvriers britanniques qui leur paraît préférable (1). Car ils sont mieux payés que les ouvriers français pour une journée de travail moins longue, sans que la nourriture et le loyer soient sensiblement plus chers ; le prix de la main-d'œuvre est librement discuté avec les patrons, généralement par les unions corporatives, qui, réglementant l’apprentissage et l'emploi des jeunes ouvriers, proportionnent dans chaque métier le nombre de ceux-ci aux besoins de l’industrie, de sorte que la concurrence de l'ouvrier contre l’ouvrier y est inconnue. Et cette situation si enviable pour l’ouvrier français, les travailleurs anglais la doivent à l’usage de leur liberté dont ils jouissent entièrement, aucune législation préventive ne limitant l'exercice de leur droit tant qu’il ne dégénère pas en délit. De la liberté ainsi entendue sont nées « leurs institutions libérales que nous envions, disent les cordonniers ; tous les corps de métiers forment des sociétés, sociétés de secours mutuels et professionnelles, fondues dans une seule sous la dénomination de société corporative; toutes ces sociétés sont un puissant levier d’émulation et contribuent pour beaucoup au progrès industriel de l'Angleterre (2) ».

Les usages et la loi rendent toute autre la situation

1. Voir par exemple les comparaisons établies par les ouvriers ivoiriers, p. 32, sculpteurs ornemanistes, p. 13, cordonniers, p. 53, bronziers, p. 668, tanneurs, p. 25. Rapports des délégués lyonnais, p. 65, 93.

Pour la situation légale des ouvriers anglais et les réglementations de fabriques, Cf. Bry. Histoire industrielle et économique de l'Angle. lerre. p. 516 et suiv.

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