‹ Le Second Empire et la Législation OuvrièreChapitre 57 sur 132 · Cordonniers, p · texte numérisé non relu

Cordonniers, p

de l’ouvrier français et les délégués des tanneurs la dépeignent ainsi: « Les salaires... ne sont plus discutés depuis longtemps ; on offre à l’ouvrier tel prix ; il accepte ou il refuse. Il n’y a pas de société corporative, et si les ouvriers se réunissent pour s’entendre sur leurs intérêts, ils sont en plein délit, poursuivis et condamnés. Des tarifs ont été faits, ils ne sont plus suivis; les patrons baissent Les prix sans consulter personne ; l’esprit de réunion et d’association est aussi ancré chez l’ouvrier français que chez l’ouvrier anglais, mais il n'a pas la liberté de mettre cet esprit en pratique à cause du délit qu'il serait accusé de commettre et des condamnations qu'il encourrait (1). »

Tous les rapports contiennent, développées avec plus ou moins d’emphase, des constatations analogues. Comme tous attribuent à la liberté la supériorité de la condition des ouvriers anglais, c’est aussi la liberté (2), et particulièrement la liberté d’association, qui forme la base des vœux émis par les délégués. Ils la demandent avec d'autant plus de vigueur que, de cette liberté d'association, les patrons jouissent déjà en fait malgré

la loi (3), et ils sont seuls à pouvoir en user, — quel-

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