Tanneurs, p
2, Les bronziers, p. 652, demandent à l'État que « sans tracasserie on leur laisse légalement la prévoyante liberté de s'aider un peu euxmêmes ».
3. « Non les conditions ne sont pas égales entre le travailleur isolé offrant ses services et le capital collectif qui marchande. Si, pour défendre ses intérêts, il lui est impossible de concerter ses efforts, si l’action collective lui est interdite, le travailleur est livré pieds et
poings liés à son compétiteur. » Bronziers, p. 672
quefois contrairement aux intérêts des ouvriers qui se trouvent condamnés à rester, en quelque sorte, «émiettés dans l'Etat (1) ». Aussi, dans le débat du contrat de travail, l'inégalité de force des ouvriers est encore accrue par cette inégalité nouvelle.
Mais ce n’est pas dans un but hostile aux patrons que les ouvriers demandent cette liberté d’association : presque tous les rapports, au contraire, manifestent leur désir de voir cesser l’antagonisme existant entre employeurs et travailleurs dont les intérêts bien entendus devraient être solidaires (2). Ge n’est pas non plus pour pouvoir user à tout propos de la coalition, — la seule arme cependant dont ils ont pu user efficacement jusqu'ici, malgré la loi, et qui reste encore pour eux, sous sa forme de cessation de travail, la seule manière de briser les résistances du capital, — car elle est une arme dangereuse (3) : « Gette coalition confuse, désordonnée est le plus souvent stérile et ruineuse.… Nous savons parfaitement, disent encore les ouvriers du bronze, que personne plus que nous n’a à perdre à ce genre de guerre, que toujours l’ouvrier en est victime.
Et c’est précisément pour en prévenir le retour, pour » P
1. Brochures Ouvrières. L'organisation du travail par les corpora-
tions nouvelles, 1861, p. 5.
2. Cf. Opinion Nalionale, 8 août 1862, dans l'adresse des ouvriers
anglais aux ouvriers français. Tanneurs, p. 27, fondeurs-typographes, p. 745, tourneurs en chaises, p. 500.
3, « Elles ne servent souvent qu'à faire incarcérer et condamner les mauvaises têtes qui ont l'audace de vouloir que leurs salaires puissent satisfaire à leurs besoins et à ceux de leurs familles, » Brochures Ou-
vrières. À l'Empereur. Les cahiers populaires, II, p.9, 1861.
UPS qu'elle devienne désormais inutile, impossible, que nous en réclamons un autre moyen pour faire valoir les droits du travail contre l’avidité du capital (1). » Ce moyen, c’est une certaine liberté d'association.
Mais quelle sorte de groupement veulent-ils pouvoir réaliser ? Là on ne trouve plus dans les rapports des délégués,cette même unité que l’on avait trouvée dans la critique de la situation des prolétaires de France, et trois systèmes proposés sont en présence. Parmi les délégués, les uns préconisent la formation de groupements purement ouvriers, faisant équilibre aux groupements patronaux, et ils les appellent sociétés corporatives, d’autres préfèrent des chambres syndicales mixtes, d’autres ‘encore une combinaison des deux Systèmes.
Le groupement ouvrier qu’ils appellent société corporative (2), les délégués veulent le réaliser sur le modèle des Trades-Unions qu’ils viennent de voir à l’œuvre en Angleterre. Et ils font remarquer que, donner aux ouvriers le droit de s’organiser ainsi, cela ne serait pas une innovation dangereuse, car, leur conférer la liberté d'association, cela reviendrait pour beaucoup de métiers à reconnaître des groupements existant déjà malgré le pouvoir, oudissimulés sous l’apparence d’une société mutualiste. Une telle mesure serait même une mesure de sagesse, car l’opposition du gouvernement
serait impuissante à contenir les efforts des ouvriers