Proudhon La Révolution sociale. . p. 3 et
3. Ibid., p. 8. Rapprocher ce que Stuart Mill écrivait en 1849 : « Le socialisme est devenu désormais et irrévocablement un des éléments essenticls de la politiqne intérieure des États européens. Les questions
qu'il a soulevées ne seront évidemment pas mises en oubli par cela
la « Révolution», c’est-à-dire à établir peu à peu l’ « indépendance absolue des travailleurs » qui serait d’après Proudhon, le signe de la perfection économique (1). Mais un fait nouveau plus pressant était venu convaincre le gouvernement qu’il y avait urgence à faire des concessions aux classes ouvrières. Les élections de 1863 avaient été nettement défavorables à l'Empire. Les catholiques et les protectionnistes, anciens alliés devenus, après les affaires d'Italie et la conclusion des traités de commerce, des auxiliaires indociles et embarrassants, avaient bien conservé leurs sièges ; mais : un puissant parti d'opposition s'était constitué: il groupait les mécontents et réclamait sans cesse l’extension des libertés publiques. Les élections avaient surtout augmenté la force du parti de l’opposition démocratique, de l’ancien groupe des Cinq. A Paris les candidats du gouvernement avaient été en majorité battus et s’étaient vus menacés dans beaucoup de villes industrielles. Les projets des partis d'opposition montraient qu'il était urgent de ne plus laisser apparaître de contradiction entre le gouvernement et le suffrage universel, pour que le peuple n’en vienne pas à discuter la légitimité du régime. M. de Persigny signala cette situation et fut le premier agent de la politique nou-
velle. « Les élections, écrivait-il dans une note qu’il
seul qu'on les empêchera de se produire ; elles ne le seront qu’autant qu'on réalisera de plus en plus le but que le socialisme se proposait et qu'on mettra en œuvre, autant que cela est possible, les moyens qu'il indiquait. »