Proudhon, La Révolution sociale... p. 37 et
adressait à l'Empereur, n’ont laissé en présence que deux forces, l’Empire et la démocratie: les forces de la démocratie grandiront sans cesse; il est urgent de la satisfaire si l’on ne veut point être emporté par elle. Lui opposera-t-on un coup d’État? Matériellement il ne Serall pas impossible, mais après ? Comment se soutenir? Un coup d’État n’est praticable que quand on à toute une nation derrière soi qui vous le demande (1). »
Une occasion s’offrait à l'Empereur d’écarter le péril démocratique et de resserrer les liens qui l’unissaient aux classes populaires, sans pour cela consentir l'abandon d’une partie de son propre pouvoir. Il n'avait qu’à utiliser la scission qui s’était produite aux élections de 1863 et de 1864 entre les éléments constituant les forces du parti d’opposition démocratique. Sans rien céder aux libéraux, désireux de prendre une part plus effective au contrôle et à la conduite des affaires, ou aux élus de l’opposition démocratique, ennemis à peu près irréductibles du régime auquel ils avaient prêté serment, — et qui, jusqu'aux élections dernières s'étaient considérés comme les seuls défenseurs possibles des intérêts de la classe ouvrière, — le gouvernement pouvait essayer de satisfaire aux revendications des ouvriers qui s'étaient montrés uniquement désireux de jouir de plus de liberté et de bien-être. Il n’y avait done qu’à adopter la ligne de conduite du Palais-
Royal : l'Empire, pour se souvenir, devait reprendre