CHAPITRE II
La loi sur les coalitions
Le discours que Napoléon IIl prononça à l’ouverture de la session parlementaire, au mois de mars 1863, se ressentait desévénements des années précédentes. L’'Empereur s’y attachait surtout à justifier sa politique extérieure qui avait été si souvent incriminée à l’occasion des discussions des projets d'adresses ou des questions financières ; mais il y annonçait aussi, — sans s’attarder à s'étonner de « quelques dissidences locales, qui s'étaient manifestées lors des dernières élections », — son intention « d’adoucir la législation applicable aux classes dignes de toute votre sollicitude », par « quelques réformes jugées opportunes, entre autres. le projet de modification de la loi sur les coalitions (1) ».
De toutes les réformes annoncées, c'était certainement celle-ci qui avait été le plus impérieusement demandée par les ouvriers. Car c'était surtout par la coalition, sous sa forme la plus aiguë, la grève, malgré les souffrances qu’elle leur occasionnait, qu'ils avaient pu obtenir une amélioration durable de leur situation
et particulièrement de leurs salaires.