Cf. la Coopéralion, 25 août et 20 octobre
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trateurs, qui étaient désignés par le gouvernement dans l’acte de fondation se trouvaient Chabaud et Vanschooten, les anciens émissaires du Pays-Roval. Ils ne réussirent pas du reste, à faire accepter ce cadeau aux autres ouvriers à qui l'offre était faite (1).
Le Gouvernement hésite à la fois à encourager et à combattre la coopération,au même moment il n’ose prendre parti, au point de vue politique, il ne se résout ni à persévérer dans la voie libérale inspirée par la lettre du 19 janvier, ni à revenir aux mesures dictatoriales. Car s’il a cru bon de ne pas se désintéresser de la coopération, elle peut aussi lui sembler suspecte. Parmi ses partisans, beaucoup ne considèrent plus comme le but principal de la coopération l'amélioration du sort des travailleurs par l’économie et l'épargne, mais ils espèrent ouvertement arriver par la voie de l’association, non seulement à la propriété des machines, mais au renversement des conditions de la production, à la substitution d’une production, vraiment sociale, au Système du salariat. Le Gouvernement a aussi pu être effrayé par des tendances politiques nouvelles : en hâtant les réformes sociales, en favorisant la coopération, le pouvoir espérait que les masses ouvrières se désintéresseraient des libertés politiques. Mais voilà que celles-ci ne sont pas revendiquées plus hardiment que par les coopérateurs. L'Empire, par ses demi-conces-
sions, a encore fait fausse route, et les ouvriers, bien
1 19 août 1867. Cf, Commission ouvrière de 1867. Recueil de pro-
cès-verbaux, t, I, p. 168, et le refus des ouvriers, thid., p. 184.
loin de se désintéresser de la forme du gouvernement, comme on aurait pu le croire en 1863, protestent « contre cette vieille erreur. qu’en dehors de la politique on peut réformer la société tout entière et changer radicalement le sort des classes pauvres (1) ». Et ils appuient de tout le pouvoir de leur nombre les diver-
ses oppositions libérales.
1. Cf. Malardier. La coopération et la polilique, 1867. L'apparition de cette brochure d’un coopérateur notable, ouvrier et représentant du peuple en 1848, fit beaucoup de bruit. Contrairement aux doctrines selon lesquelles la monarchie, la démocratie, l'Empire, la République ne sont que de pures formes, il essaie de démontrer aux ouvriers qu'ils ne doivent pas abandonner le terrain de la politique, que certains prétendent stérile, pour résoudre la question des banques, de l'association ouvrière, et de la coopération. Il fait remarquer comme exemple que l’éclosion de l'esprit d'association a toujours coincidé avec un accroissement des libertés politiques. Aussi il engage les ouvriers à ne pas se laisser prendre aux tentatives des agents du pouvoir, des représentants de la société impériale de paupérisme, et il les
engage à demander toujours plus de liberté,