E POLITIQUE
■menle, il voulut, dit-on, eonsacerdotales et occuper une is l'archevêque ne lui permit itère, et il disparut ou plutAt
religieux. 11 devint, à partir I fut sans doute une compen-
— un abonné de l'Opéra ; il ut l'un des plus assidus visianse.
adant, ne virent pas que des m61er aux courtisans qui les 'erains y oITrirent l'hospitalité e éminents et dont les senlirs la famille impériale ne pou- . C'est ainsi que révSque de té l'aventure avec l'Emperear, u; c'est ainsi qu'un prélat în-
de Bordeaux, y faisait quelune anecdote fort amusante
cardinal Donnet s'était attardé . devant l'entrée de quelques lour la soirée, il se levait et on m, le souverain voulut le IS son insistance, us extrêmes retranchements 3, le cardinal, désignant alors
dur
de l'Eglise, pour que le clergé renon-
tilité envers le gouvernement établi; il
Pape, profond politique, intimât l'ordre
d'accepter les lois républicaines pour rchie, qui contribua à abattre le SecoDd irùt en apparence. Il serait, toutefois, iccorder au clergé, dans sa soumission le crédit qu'il n'en offre; car la trSre
et qui lui a été imposée, ne peut être ir, derrière cette trfive, grondent toutes us les espoirs d'une revanche.
lus curieuses pages de la chronique du re est certainement celle qui se rapistion des titres de noblesse. Ainsi que ipoléon 111 tenta la conquête de l'aa- ;ratie et voulut s'entourer de ducs, de barons créés nouvellement, dans l'ess lui seraient reconnaissants de leur
, l'Empereur, dans sa pensée errante, ialisme non avoué, n'attachait qu'une elative à la noblesse et il ne fut pas, fapoléon I", tourmenté du désir de a caste spéciale le prestige, sinon les lui sont nécessaires pour maintenir
L HOMME POLITIQnE. 71
sa puissance et pour forcer le respect de la foule. Hais il considérait la noblesse comme une chose décorative, comme un moyen d'émulation utile à sou gouvernement, à la majesté de sou pouvoir. C'est pourquoi il rétablit la loi qui consacrait une noblesse d'Empire; c'est pourquoi il chargea son garde des sceaux, pour se concilier les sympathies réfractaires de l'aristocratie de naissance, de la rédaction d'une circulaire fameuse concernant la révision des titres, leur authenticité et la régularisation de poursuites judiciaires à exercer contre ceux qui, indûment, prendraient un nom ou une qualité qui ne leur appartiendraient pas.
Toutefois, avant d'arrftter une résolution déBuiUre à ce sujet, Napoléon III avait voulu connaître l'opinion des principaux hommes de son Empire et il m'a été communiqué, sur cette question, des notes fort intéressantes.
Le souverain ayant fait appeler MM. Rouher, de Uorny, dePersigny et lecomteW..., l'auteur desnotes que j'indique, et leur ayant soumis son projet, attendit leur avis selon son habitude dans les conseils.
Alors s'éleva entre les quatre personnages qui entouraient l'Empereur, une discussion très caractéristique.
H. Rouher qui n'était point encore le vice-empe-
leor, M. Rouher, le lourd montagnard et le démo-
i, se prit à hocher la tête et ne répon-
l'homme politique. 79
qui plus qu'eux empêcheront un contact imprudent, on s'assure de la passivité de la foule et de sa neutralité politique, on augmente, le prestige gouvernemental et on stérilise les revendications de la rue. C'est pourquoi le projet de l'Empereur est excellent. M. de Morny parla peu. Il était d'avance rallié au désir de Napoléon III, et il se contenta de faire de l'esprit, d'étaler une fois de plus, son scepticisme élégant.
— Etre noble, dit-il, rééditant le mot célèbre d^une femme indulgente aux amoureux, gêne peu et fait plaisir. Faisons donc des nobles. Ceux que nous empanacherons ainsi ne seront ni plus ni moins sots qu'au temps où ils étaient roturiers, et s'il se trouve parmi eux quelques hommes assez malins pour savoir bien porter leurs titres, ce sera tant mieux et autant de gagné sur les imbéciles. La noblesse n'est pas absolument nécessaire à l'Empire; il a celle du faubourg Saint-Germain qui le combat, mais dont il peut se parer, à l'occasion.
Et après un silence :
— Hélas, tant de nobles aujourd'hui sont si misérables qu'on ne s'aperçoit même plus, sous leur indigence, de leur noblesse. Je vous en prie, si nous faisons des nobles, assurons-nous que ceux que nous favoriserons possèdent un champ d'or, avant toute chose, comme base de leurs armoiries.
Pendant que MM. Rouher et de Morny avaient discouru, M. de Persigny s'était montré impatient. Ce
LE PHINCE NAPOLÉON
On sait que le prince NapoIËon, ûls de Jérâme, ancien roi deWestphaIie,etcousin-germain de Louis Bonaparte, président de la République française, fut kès nettement opposé au coup d'Etat du Deux-Décembre, et l'on sait également que son indépendance politique faillit provoquer une rupture sérieuse entre lui et l'homme qui devait être Napoléon III. A la suite des déclarations libérales du prince Napoléon, il y eut, en effet, entre les deux cousins, une sorte de bouderie qui les éloigna l'un de l'autre. Mais cette séparation ne devait pas durer; le prince Louis Bonaparte, étant empereur, rappela auprès de lui son parent, et lui rendit sinon sa confiance, du moins toute son affection.
Ces deux hommes s'aimaient sincèrement, et, malgré tout ce qu'on put dire pour ridiculiser le
lais, dans l'iDUmité, il savait atténuer cette il savait faire oublier au Prince une autorité u le blesser, qui eût pu surtout, étant donné érament ardent, irascible et tout d'instinc- Ite, le jeter davantage dans une opposition Dinme, de sa part, avait plutôt le caractère lysme politique que celui d'une rivalité, lecdote dira toute la cordialité qui existait mpereur et son cousin, et qui démentait semant la gravité de leurs démêlés appa-
r, comme le prince Napoléon se trouvait mes, et comme, dans la journée, il avait : des paroles séditieuses aussitôt rappor- Empereur, ce dernier le prit à part et lui
as encore « fait des tiennes, » aujourd'hui, ?
Lce se mit à rire et répliqua :
e vraiment été si révolutionnaire qu'on l'a, raconté à Votre Majesté?
— Révolutionnaire, murmura l'Emp mot qui signifie bien des choses oa i rieu. Nou, tu n'as point été révoluti tn as été imprudent.
Puis il ajouta :
— J'ai en toi nn terrible cousin, Na| gSnes beaucoup — beaucoup, répéla-taurlemot. Mes ministres me cherch cause de toi. Nous sommes souvent d tant, mais je ne le leur dis pas. — Ah, as sur moi un grand avantage : tu pet pensée sans risquer de bouleverser le
Le prince Napoléon avait, en effet, ; sion de l'Empereur, un avantage sur lui était possible, sinon permis ofSc faire entendre au peuple, en certaines des paroles de liberté; et l'Emperei aussi, en affirmant à son parent que t souvent étroitement liée k la sienne.
Le prince Napoléon, de son côté, i
sensibilité naturelle de Napoléon III,
remarquables et politiques de son e:
tait souvent avec lui les projets qu'en
ministres mftmes, il aimait à élaborer, i
de résolution, qu'avec plus de tyranni
eût certainement mis à
ne, fut sans cesse entre
;ette gêne provenait autai
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ve de l'attaque et à l'Impératrice l'attitude
luvre femme persécutée.
Irait beaucoup de naïveté pour accepter ces
lions, pour s'arrêter à ces falsifications his-
ue l'Impératrice inspirât, par son caractère, cible sentiment d'éloignement, de colère, de tme, au prince Napoléon, il eût pu sans ans la force et dans l'habitude des faits acse familiariser avec elle et, sinon avoir quelitié pour elle, du moins la supporter dans Iférence patiente. Hais ce sentiment que le ût aisément trouvé en lui, si l'Impératrice témoigné une simple apparence d'amabilité, tralité intelligente, ne pouvait, avec autant té, visiter le cœur de la jeune feiùme pour ter sur son cousin.
L'Impératrice n'ignorait pas, en effet, qu'à l'époque de ses fiançailles, le Prince avait été l'un de ceux, parmi les conseillers de Napoléon III, qui s'étaient le plus élevés contre son mariage, et le souvenir de cette hostilité, de ce dédain, ne lui permettait pas d'être favorable à cet homme.
A la nouvelle de l'irrésistible passion qui poussait l'Empereur dans les bras de M"* de Montijo, non seulement le vieux roi Jérâme fit entendre de véhémentes représentations au souverain, mais le prince Napoléon également se rendit auprès de son cousin, pour lui démontrer la folie, le péril d'une telle alliance.
Le Prince connaissait M"* de Montijo et sa fille; il les considérait comme des aventurières de haut rang, et il lui paraissait impossible que l'Empereur ne comprit pas l'amoindrissement qu'il allait s'infliger, en devenant le mari d'une étoile de plages.
Le prince Napoléon qui commit tant d'imprudences politiques durant sa vie, lorsqu'il s'agit de sa propre personne, avait cependant le sens exact des choses, et plus d'une fois, pendant le* règne de son cousin, il indiqua les maux dont souffrait l'Empire ainsi que les remèdes à y apporter.
A l'occasion du mariage de M"" de Montijo, mû par une sorte de pressentiment, il fut perspicace et laissa Toir sa pensée tout entière à l'Empereur.
Il alla le trouver, lui parla nettement, et dans la
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LE PRINCE NAPOLËO
grandeur d'âme d'oublier la franchis du prince Napoléon, et elle le poursi qae la chute même de l'Empire, qi mort de son mari et de son fils n'api Humainement, peut-on lui reproc qui eut un contre-coup dans l'aveni impériale, que l'on voit à l'origine d< kes qui atteignirent Napoléon III, q 1ère sur son cercueil, qui mit des ir dépouille mutilée et méconnaissable rial? Hélas, peut-on reprocher k M"' venue Impératrice des Français, d' d'avoir su jouer les grandes amoun sous l'éclat de son sourire — parei précieuses qui cachent la mort — v les joies et toutes les espérances de c charmés ?
La légende que l'on a essayé d'éta que le prince Napoléon ait été le l'Impératrice, s'appuie sur plusieur nécessaire de mentionner et de dém
Le prince Napoléon, dit cette lé que l'Empereur ne se marierait ja snccession lui serait ainsi assurée, direct pour la recueillir. Sa secrète j détrompée, il se serait vengé de cet vouant à l'Impératrice un farouche
outre, du Prince, ceux qui se seraient volontîer non inféodés à sa politique, du moins faits ses cats auprès de l'Empereur, aux jours où la caloi tentait de briser l'affection qui unissait le sauve à son cousin. Cependant, le prince Napoléon n" pas consciemment mauvais: le cœur, chez lui, i conservé comme la naïveté d'une jeunesse réfrac; aux morosités, aux déceptions, aux amertumei la vie, et il regrettait souvent le mal qu'il venai faire, la raillerie ou l'outrage qu'il avait distrib Si quelque ami se trouvait alors auprès de lui e exposait l'inhabileté ou l'injustice de sa condui l'écoutait, recevait ses remontrances avec intérâ reconnaissant ses torts, se hAtait de les répf sans fausse honte comme sans l'ostentation d condescendance princière.
11 est une anecdote qui peint aimablement < bonté qui était en lui, prftte à s'exprimer sans ce mais que l'occasion, souvent et malheureusem ne lui permettait pas de prouver toujours.
Un jour, à Compiègne, M. BilIaulL, ministre : portefeuille, qui, avec MM. Rouher et Magne, i chargé par l'Empereur de défendre la politique Tuileries devant les Chambres, M. Billautt, di: vint à passer auprès du prince Napoléon qui cai avec un ami, et le salua avec déférence.
On sait que M. Billault était de ceux qui se renda régulièrement au Palais-Royal, chez le roi Jért
LE PRIKCE NAPOLÉON. 101
lence), que je lui retire nia conBaiicè. Oà ne peut dire mon ami et prendre lé mot d'ordre de sa polit^ue chez rimpé^ratrîce.
^— Mofiseigneur, vousfttes injuste. Eki effet, M. Biîl&olt a paf lé hier pour plaire à l'Impératrice et sVA tnnfoFmé ï sa politique ; mais il vous aime malgré tonl, et vous savez mieux que personne que, ténor deii toileries, dans fa question romaine, il ne pouvait s'exptiRier adtreinéntqu'il l'a fait.Est-ce qu'un musicien, dans un orchestre, a la faculté de donner une note différente de celle qu'indique sa partition? Allons, UËsez là votre cotëre et allez fui serrer la main. I! sera tout heureux de ce retour mérité et il vous dmera davantage. Tous n'avez pas tant de dévoués ici, monseigneur, pour négliger ceux qui ont le coiitage de ne pas vous fuir, ' '
Le Prince, ayant écouté attentivement les paroles SBê sôitiinléHocutëUt, réflédhit une seconde; puis, dans un geste de profondé mélancolie,' de trisilésse mËme, il se leva et conclut ; ^
— Vous dites vrai : Billault n'est pas le maître de ses discours et je lui dois des excuses. ' '
Et, avec la cordialité 'gracieuse qu'il savait pfeniré dans les circonstances qui l'intéressaient, % prince Napoléon se mit à la recherché du minisAré et' lai présenta les regrets de sa méchante liumenr. '
.-' Cette anecdote ne dânontre pas seulement .què-Ià
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eût été pour la politique impériale une base de succès, une garantie d'avenir.
Le plus grand reproche qui ait été adressé au prince Napoléon se rapporte à ses discours qui, le plus souvent, semblaient contredire ouvertement, systématiquement, les desseins de TEmpereur.
Il est, cependant, au sujet de ces discours, un détail curieux qu'il est utile de révéler au lecteur.
Le prince Napoléon — et je suis en mesure d'affirmer hautement ce fait — ne prononga jamais un mot, une phrase, officiellement, sans qu'au préalable ce mot, cette phrase, eussent, par lui, été soumis à Tapprobation, à l'examen de l'Empereur.
Le Prince remettait, chaque fois qu'il lui était offert de parler publiquement, le texte de sa harangue à son cousin, et le souverain le lui rendait presque aussitôt.
Lorsqu'une pensée contraire à la sienne se trouvait dans les feuillets, l'Empereur se contentait de dire au Prince : — « 11 y aurait peut-être quelques corrections à opérer, ici ou là, dans ton discours, Napoléon. » — Mais il ne lui a jamais intimé l'ordre de changer son texte, mais il ne lui a jamais déclaré que ce texte fût mauvais ou dangereux.
Le Prince, toujours, se soumettait au désir de TEmpereur, reprenait ses phrases, et écrivait celles qui plaisaient à son cousin. Pourtant, il arrivait qu'il surprenait Napoléon III par des violences, par