‹ Le Secret de BertheChapitre 11 sur 13 · X.B SBOftST DE BftRTHfi · texte numérisé non relu

X.B SBOftST DE BftRTHfi

Madame de Marcenac n'était pas de force à résister aux larmes de l^homnie qu'elle aimait.

— Voiw m*aT«B soupçonnée, dit-elle avec efforts lisez le dernier adieu de la mère de Berthe.

Paul de Liiy n'osa pas refuser de la lire, cette lettre qui contenait la preuve éclatante de rinnocence de madame de Marcenac ; mais il n'avait pas besoin d'y jeter - les yeux pour croire que Berthe était bien la fille de madame Larmor.

Il n'en doutait plus depuis la veille et il aurait donné sa vie pour racheter ses torts^

— Voulez-vous que nous adopUous Torpheline ? dit-il eà se relevant.

— J'allais vous le demander, murmura la comtesse.

— Vous me pardonnes donc ?

-^ Je tâche d'oublier le mal que vous m'avez fait. Commencez par le réparer.

— jy consacrerai ma vie, s'écria Paul en baisant la main de madame de Marcenac.

^-* Et moi, madame, demanda le colonel, ne me permettrez-vous pas de le réparer aussi? J'ai pu vous offenser sans le vouloir, vous blesser même et vous affliger en ' tranchant dans le vif d'une situation périlleuse pour vous et pour mon vieux camarade» mais je vous jure que, vous et lui, vous n'aurez jamais d'ami plus dévoué que moi. L'occasion se présentera peut-être de vous le prouver, et, en attendant, j'espère que Paul sera mon avocat auprès de vous.

Maintenant que vous lui avez pardonné, je suis content... et je m'en vais, car il faut que je m'occupe un peu de mes propres affaires. Nous n'avons plus rien à redou ter des juges et des commissaires, mais j*ai à rendre compte de ma conduite au ministre de la guerre. Ma conscience ne me reproche rien. Ça ne suffit pas, et je

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Q*ai poiat envie de passer devant un consoiil d^enquAle. Il y va de ma carrière, et je tiens à mes épaulettes.

La comtesse comprit enfin que le vieux soldat avait risqué pour elle son grade et son avenir.

Il avait eu la main trop dare, mais ses intentions étaient excellentes, et il méritait) bien quelque indut* gence.

— Je ne négligerai pas pour cela d'autres soins, rs* prit-il, des soins que vous ne pouvez pas prendre. Je me suis déjà entendu avec le témoin de M. Larmor pour o^ue les derniers devoirs soient rendus comme il convient à k pauvre femme qui a payé de sa vie une faute qu'elle avait déjà cruellement expiée. Il s'est chargé de régler seul les affaires d'intérêt qui naîtront de l'ouverture de la succès* sion de son ami. Nous nous concerterons pour arrêter autant que possible la publicité que les journaux pourraient donner aux événements d*hier.

Il a des relations dans la presse et il obtiendra, sinon le silence complet, du moins beaucoup de réserve dans les appréciations. Il espère que les noms seront remplacés par des initiales et qu'il ne sera pas du tcfut question de vous, madame, qui n'avez joué aucun rftle dans le drame de la rue des Lions-Saint-Paul.

— Mais moi I s'écria Chardin. Vous ne les empééhefez pas de parler de moi i On dira que j'ai prêté mon domi-^ cile à des gens pour s'y égorger,

— On dira que le duel a eu lieu sans votre permission, cher monsieur. C'est déjà constaté sur le procès-verbal dressé par le commissaire. Loin de perdre Testime de vos concitoyens, vous passerez pour une victime.

Au revoir, Paul, adieu, madame I

— Non, monsieur, au revoir I dit Berthe de Marcenao en lui tendant la main. «

Le colonel n'osa pas y déposer un baiser. Il n'était pM

accouiamé à ces galaiites façons d'antrefois. 11 la serra miHiairement et il sortit, après avoir salué Marthe Morgan d'uQ sourire et le père Chardin d'un simple signe de lète.

La comtesse^ profondément émue, se taisait.

— Ne pensez-vous pas, lui dit Paul de Lizy, que nous avons une enfant à consoler... Berthe est seule là-haut, dans cette maison où j'ai failli briser ma vie... elle n'a plus au monde que vous... et moi...

— > Vous avez raison, mon ami. Vous allez m'accompagner à Montmartre. Elle ne sait pas et elle ne saura jamais qu'elle a perdu sa mère... mais je vais lui annoncer qu'elle ne verra plus jamais sa tante Gabrielle.

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