HISTOIRE D*UNE FAMILLE JUIVE
les Français étaient encore plus faciles à mettre dedans que les Allemands, il revint trois ans après, racheta son magasin et s'y établit définitivement. Plus tard, dans le but de se faire naturaliser, il poursuivit et obtint sa réhabilitation grâce à la complicité de quelques imbéciles naïfs, dont les fils sont aujourd'hui les domestiques du Juif que les pères ont aidé jadis à sortir de la boue.
Simon Isaac fit, d'ailleurs, beaucoup plus d'escompte que de commerce et cela au taux usuraire que l'on devine : il est depuis longtemps retiré des affaires mais non de la politique, car c'est à lui et aux siens que le département de Gonstantine doit d'être courbé depuis quatorze ans sous le joug du Juif Thompson.
Simon eut quatre garçons : Adolphe, Gustave, Ferdinand, Gharles et une fille Emma. Les fils sont insignifiants et n'ont guère fait parler d'eux.
La fille vint à Paris et y rencontra Thompson alors à ses débuts. Très riche aujourd'hui grâce aux coups de la bande opportuniste, Bône à Guelma, l'emprunt tunisien, les opérations de la Franco- Egyptienne, Thompson était alors dans la plus profonde misère et la fille de Simon Isaac l'aida à
ce moment, ce dont plus tard Thompson se montra reconnaissant.
M"** Isaac épousa ensuite un officier d'administration, un Juif du nom de Francfort. On n'a pas oublié le bruit que fit le suicide de ce malheureux qui se tua il y a quelques années sur une plage normande. M""* Francfort se remaria quelques temps après avec un peintre d'un certain talent, M. Brouillet.
2^ Le second frère Isaac, Hertz, boucher de son état, eut de petits ennuis pour faux poids : il est mort il y a trente ans environ (mort accidentelle ou suicide) ; il a laissé une famille nombreuse dont l'aîné a eu un très gros chagrin. Les autres sont aujourd'hui dispersés un peu partout, particulièrement en Tunisie.
3° Le troisième, Ferdinand Isaac, boucher comme le précédent, eut un assez gros chagrin à la suite d'une banqueroute à Sétif; il avait déjà levé le pied à Oran ; surpris trichant au jeu à* Sétif et conduit au parquet, il tenta de se suicider. Il est mort il y a une douzaine d'années, leiissant une fille Sophie mariée à son oncle Emile Isaac; c'est la mère du sous préfet d'Avesnes;