‹ Le secret de la frontiere 1815-1871-1914, Charleroi;Chapitre 18 sur 44 · L OFFENSIVE DIPLOMATIQUE · texte numérisé non relu

L OFFENSIVE DIPLOMATIQUE

l'ultimatum a la SERBIE ET LA MOBILISATION ALLEMANDE

Comme l'exigeait la mise en train de la mobilisation allemande, l'Autriche traira donc les choses pendant trois semaines et donna le change. Elle avait administré à la diplomatie européenne la douche chaude; le 23 juillet, ce fut la douche froide, même glaciale.

Ce jour-là, dans l'après-midi, le comte Berchtold faisait remettre au gouvernement serbe une note, sans exemple comme fond et comme forme, et dont l'acceptation eût été un suicide. Depuis l'annexion de la Bosnie, y était-il dit, le gouvernement serbe a laissé se constituer un mouvement pour exciter à la haine contre l'Autriche et détacher d'elle certaines parties de son territoire; le meurtre de Sarajevo a été préparé à Belgrade par des officiers et fonctionnaires serbes, affiliés à la Narodna Odbrana ; le gouvernement impérial et royal réclame du gouvernement serbe une déclaration à son Journal officiel pour condamner ces menées et s'engager à réprimer cette propagande ; ledit gouvernement devra de plus s'engager à interdire toute publication dirigée contre l'intégrité territoriale de l'Autriche, dissoudre sur-le-champ les sociétés anti-autri-

chiennes, éliminer tout enseignement hostile à l'Autriche, accepter la coopération du gouvernement austro-hongrois à la répression de ce mouvement, ouvrir de concert avec la justice autrichienne une enquête contre tous les « partisans » du complot de Sarajevo, procéder à l'arrestation de tous les fonctionnaires et officiers dont l'enquête autrichienne affirmerait la compromission, et enfin fournir des explications sur les fonctionnaires serbes qui, en Serbie et à l'étranger, à la suite du crime, « s'exprimèrent dans des interviews de manière hostile contre l'Autriche-Hongrie ». Acceptation sans réserves dans les quarante-huit heures, faute de quoi l'ambassadeur quittera Belgrade*.

En prenant communication de cet ultimatum, Sir Edward Grey le qualifia de « document d'un caractère formidable^ ». M. Jules Cambon constatait que « l'Autriche coupait les ponts derrière elle et se rendait tout recul impossible^ ». Le jeu était clair: brusquer le mouvement, empêcher par la brièveté du délai l'accord des puissances de l'Entente ; les mettre devant une menace de guerre européenne et les forcer à faire pression sur la Serbie pour qu'elle avale sa propre condamnation.

Le coup visait surtout la Russie ; c'était une réédition de la candidature Hohenzollern. La Serbie était le fondé de pouvoirs de la Russie dans les Balkans ; cette seconde humiliation abolissait le prestige de l'une et de l'autre et mettait dans l'orbite

* Livre rouge, n"^ 7 et 8. La note fut efiFectirement envoyée de Vienne à tous les ambassadeurs le 22.

* Lime bleu, n° 5.

* Livre jaune, n° 3o.

des empires centraux la future confédération balkanique. La Russie se voyait coupée par les empires centraux de toutes communications avec l'Europe occidentale et mise réellement hors de l'Europe.

Pour n'être pas directement visée, la France était tout de même atteinte. D'abord par le choix du moment. L'ultimatum fut remis le jour même du départ de Russie de MM. Poincaré et Viviani ; l'intention de les ridiculiser était manifeste et ne fut pas seulement ressentie par ceux qu'elle mettait en pareille posture. Cette lourde et inconvenante ironie manqua son but et unifia centre ses auteurs le sentiment public français, fortifia à gauche les vieilles préventions jacobines et anticléricales contre TAutriche, retourna de l'autre côté, de toute la force de leurs illusions perdues, ceux qui avaient jusque-là eu foi à l'amitié autrichienne. On souligna aussi que le gouvernement de Vienne avait choisi le moment du procès Caillaux, oii la mer de scandale battait son plein : le pays voua à cet homme politique une haine farouche pour avoir, dans une heure pareille, par le désordre étalé de sa vie privée, troublé le recueillement national. Mais surtout le gouvernement français ne pouvait pas ne pas voir quel terrible précédent fournirait contre ses justes revendications sur l'Alsace-Lorraine une adhésion même tacite à l'obligation imposée à la Serbie d'abandonner les siennes sur « ceitaines parties du territoire autrichien» et de dissoudre ses associations nationalistes. De toute évidence la main de l'Allemagne était là.

La Russie et la France se trouvèrent spontanément d'accord. M. Sazonov avait sur le coup déclaré à l'ambassadeur d'Angleterre que la Russie se sen-

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tait directement atteinte, et M. Paléoîogue, notre ambassadeur à Saint-Pétersbourg, crut assurément répondre au sentiment de son gouvernement en conseillant une attitude ferme et unie. Il semble bien que cette manière forte eût été, à ce moment, la meilleure politique : la mobilisation allemande n'avait pas encore gagné l'avance indispensable au développement du plan d'attaque; se montrer prêt à à la guerre était sans doute alors le vrai moyen de l'éviter.

Mais il fallait amener l'Angleterre à ces vues : le 24 au matin, M. Sazonov et M. Paléoîogue pressèrent l'ambassadeur anglais Sir G. Buchanan d'obtenir que son gouvernement « proclamât sa solidarité avec la Russie et la France », mais en vain : les intérêts de l'Angleterre, leur fut-il répondu, sont nuls en Serbie, une guerre pour ce pays ne serait pas sanctionnée par l'opinion ^ Au premier pas s'établissait ainsi la mésentente des gouvernements de l'Entente. Le même jour, Sir E. Grey signifiait à l'ambassadeur autrichien que « le fond de la dispute entre l'Autriche et la Serbie ne regardaitpas l'Angleterre * ». Le ministre anglais croyait assurément sage de modérer plutôt que d'exciter ses co-alliés, mais il y a des heures même pour la sagesse : un tel « désintéressement », répondant aux espérances de l'Autriche, la confirmait dans sa conviction qu'elle pouvait sans risque aller de l'avant.

La tactique fut dès lors de fortifier l'Angleterre dans son point de vue : le 24, les ambassadeurs d'Al-

* Livre bleu, n° 6.

• Livre bleu, n° 5.

lemagne affirment à Londres et à Paris que « l'afïaire est à régler exclusivement entre l'Autriche et la Serbie et que toute intervention d'une autre puis- • sance, par le jeu des alliances, aurait des conséquences incalculables' »; le lendemain, l'ambassadeur d'Autriche informe Sir E. Grey des intentions rassurantes de son gouvernement, « la procédure autrichienne contre la Serbie consistera à rompre les relations diplomatiques et à commencer des préparatifs, mais non des opérations militaires ■ ». A Saint-Pétersbourg, au contraire, le conseil des ministres ayant décidé que le conflit ne saurait être limité entre l'Autriche et la Serbie, le comte Berchtold faisait savoir qu'il ne se laisserait pas influencer par l'éventualité d'une collision avec la Russie et que l'Autriche-Hongrie ne serait pas isolée au cas d'un conflit avec la Russie \ Et, à la même heure, l'ambassadeur d'Allemagne affirmait à Sir E. Grey « que son gouvernement refuserait de s'insinuer dans le conflit entre l'Autriche et la Serbie », et, comme le ministre anglais lui demandait si le gouvernement allemand, au cas où l'Autriche et la Russie mobiliseraient, persisterait dans son attitude passive et refuserait de se joindre à l'Angleterre, à la France et à l'Italie, le prince Lithnowsky répondait qu' « il ne le pensait pas » "•.

L'écheveau avait été bien embrouillé, l'Entente ne pouvait s'entendre, on avait perdu 20 heures, et l'accord se fit pour demander la prolongation du

* IJt>re hieii, n° 9.

* JJtic bleu, n° 25.

* Livre loitcjc, n" 26.

* Livre jaune, n" 37.

délai de ruitimatiim, quelques heures seulement avant son expiration : on essuya « un refus catégorique * ». îl était clair que l'Autriche refusait ^toute discussion, qu'elle cherchait à mettre à genoux, sans délai, la Serbie : « A Vienne, le parti militaire paraît craindre surtout que la Serbie ne cède ^ » Devant ce parti pris démontré et le désaccord des puissances de l'Entente, l'habileté n'eût-elle pas été d'obtenir de la Serbie l'acceptation intégrale et sans réserves de l'ultimatum, ce dont l'Autriche avait surtout peur ? Au lieu de cela la Serbie accepta neuf des dix points de l'ultimatum et sous condition le dixième.

Le 25, à l'expiration du délai de l'ultimatum, le gouvernement serbe remettait à l'ambassadeur d'Autriche à Belgrade sa réponse : il publiera sur-lechamp à son Journal officiel la déclaration demandée et la communiquera à son armée, il dissoudra les associations anti-autrichiennes, modifiera sa loi sur la presse, renverra tous les fonctionnaires dont la participation à la propagande anti-autrichienne sera démontrée ; — pour la coopération du gouvernement autrichien à la répression de ce mouvement, point pourtant le plus délicat car il engage une question de souveraineté, il l'admet en tant qu'elle répondra aux principes du droit international et à la procédure criminelle; il accepte toutes les autres dem mdes quant au trafic d'armes et d'explosifs, aux propos

* Uvre orqncje, n" 1 1. — En l'absence de l'ambassadeur nisse à Vienne, le chargé d'affaires demanda au secrétaire général des affaires étrangères cette prolongation du dîlai da l'ultimiituii, exposant qu'il est contraire à la courtoisie internationale di ne pa> laisser le te.nps d'étudier le dossier. « L'intérêt dispense parfois d'être courtois ! » repartit le baron Macchio, Lh'ie jaune, \\" 45.

^ Livre jaune, n° 27.

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hostiles des fonctionnaires ; il procédera sur l'heure aux arrestations réclamées et enquêtera contre ceux qui auraient été mêlés au complot de Sarajevo, mais, et c'est la seule réserve, il ne peut admettre la participation à cette enquête des agents autrichiens. La froide lecture de ce document fait clairement apparaître le parti pris de l'Autriche : jamais peuple ne se courba si profondément sous une contrainte extérieure, et dès lors, puisque le gouvernement serbe acceptait tant, que n'accepta-t-il pas tout? Il fournit par cette réserve le prétexte que l'Autriche cherchait...

Cette réponse fut remise au baron de Giesl à 17 h. 58' ; à 18 heures, celui-ci envoyait à M. Pachitch une lettre l'informant que « la réponse n'était pas satisfaisante* » : en deux minutes, il avait donc pu lire le long document, l'étudier, prendre une décision, la consigner par écrit! Et à l8h. 3o, ilquittait Belgrade avec le personnel de l'ambassade. Quand la nouvelle en vint à Berlin, des manifestations joyeuses se produisirent : « On craignait que la Serbie n'acceptât en bîoc la note autrichienne, se réservant d'en discuter l'application pour gagner du temps et permettre aux efforts des puissances de se produire utilement ^. »

Tandis que se menaient ces événements, l'Allemagne commençait et poussait activement sa mobilisation contre la France, et seulement contre la France. Il est encore très difficile d'en parler avec certitude, car les précisions manquent et peut-être

* Livre loiic/e, n° 2â.

* Livre bLu serbe, n» 40.

' Livre jaune, n° 47.

feront toujours défaut ; on doit s'en tenir à des hypothèses, et à des déductions réfléchies. Les quelques indices que l'on possède permettent d'inférer que, là aussi, les Allemands nous ménagèrent une nouvelle surprise et qu'au lieu de s'en tenir aux errements conventionnels, aux procédés classiques et d'écoles de guerre, ils firent œuvre personnelle et originale.

Notre mobilisation, il n'est que juste de le reconnaître, fut, au point de vue de l'exécution, un chefd'œuvre, une affaire bien conçue et bien conduite, rapidement menée et sans à-coups, et qui donna une grande confiance au pays. Elle comportait quatre phases successives et distinctes. L'ordre de mobilisation générale décrété et transmis instantanément par le pouvoir central à l'armée et aux autorités civiles, les diverses unités actives font le nécessaire pour assurer la réception des réserves, hommes, chevaux, matériel, approvisionnements destinés à compléter leurs effectifs de paix; de leur côté, les autorités civiles avertissent les réservistes mobilisables et leur enjoignent de se mettre en route pour rejoindre leurs corps ; l'intendance procède à la réquisition des chevaux, des vivres, du matériel. La deuxième phase est l'arrivée et l'équipement des réservistes, qui doivent mettre les unités actives sur le pied de guerre et constituer les formations de réserve. Quand les corps d'armée sont ainsi complétés, ils sont « mobilisés » et alors commence la troisième phase : la concentration, qui est le transport de ces troupes et de leur matériel jusqu'au front. Cela fait, — quatrième phase, — les services de l'intérieur constituent les unités de réserve et territoriales, et les approvision-

nements de remplacement pour alimenter les unités combattantes.

La mobilisation française se caractérisait par sa simplicité et sa rapidité, mais la rapidité en vue de l'initiative de l'attaque. Rien de tout cela n'était secret, c'était partie de la théorie connue des officiers. L'armée se mobilisait automatiquement, administrativement; notre mobilisation était l'idéal de la centralisation, la solution la moins compliquée, la plus pratique et peut-être la seule possible, avec nos minces eff^ectifs et la paresse d'esprit de notre administration, du terrible problème du passage du pied de paix au pied de guerre. Il semble que les Allemands s'écartèrent de ces chemins battus, qu'ils n'eurent pas qu'une mobilisation générale, mais des mobilisations successives, progressives et décentralisées. Comme la nôtre, leur mobilisation était fondée sur la plus grande rapidité, mais, et ce fut son originalité, pour un but à la fois offensif et défensif; ils durent avoir deux mobilisations, l'une sur la frontière française, en vue de la défensive, et qui se fit avant la lettre et qui était aussi pour fixer là l'Etat-Major français, — et ensuite, l'ordre de mobilisation donné, la frontière fermée, le rideau tiré, une mobilisation offensive sur les frontières belges, en vue de l'attaque par le nord de la Belgique. Celle-ci était le grand secret et qui fut bien gardé, aussi ne peut-ou que s'en tenir à ces approximations.

Voici des faits. Le 21 juillet, M. Jules Cambon prévenait le Gouvernement qu'il avait l'assurance que « les avis de mobilisation qui doivent mettre l'Allemagne dans une sorte de garde à vous dans les époques de tension ont été adressés de Berlin aux

classes qui doivent les recevoir en pareil cas », — « mesure significative », ajoute-t-il i. Le surlendemain, 23, les officiers allemands en vacances en Suisse et en France ^ recevaient l'ordre de regagner d'urgence l'Allemagne en laissant leurs familles pour ne pas donner l'éveil. Ce même jour, les préliminaires de la réquisition des automobiles commençaient dans le grand-duché de Bade. Le 24, le recrutement de Mulhouse préparait les appels de mobilisation, et les instructions secrètes de couverture étaient communiquées aux officiers de Metz; le 25, commençait l'armement de cette place et de celles de la frontière : déboisement, construction de batteries, pose de fils de fer, installation de postes de télégraphie sans fil aux sommets des Vosges.

Le gouvernement belge comprit. Le 24, le minis-

• Livre jaune, n° 15. — Déjà, le 6 mai 1913, M. Jules Cambon avait donné au gouvernement français ces indications sur la mobilisation allemande : « La mobilisation de l'armée allemande ne se borne pas à l'appel des réser\'istes à la caserne. Il y a, en Allemagne, une mesure préparatoire qui n'existe pas chez nous et qui consiste à prévenir les officiers et les hommes de la réserve de se tenir prêts pour l'appel, afin qu'ils puissent prendre les arrangements qui leur sont nécessaires. C'est un « garde à vous » général, et il faut l'incroyable esprit de soumission, de discipline et de secret qui existe en ce pays pour qu'une pareille disposition puisse exister. Si un pareil avertissement était donné en France, le pays frémirait tout entier et la presse le dirait le lendemain. Cet avertissement a été lancé, en 1911, au cours des négociations que je poursuivais sur le Maroc. Or il a été lancé de nouveau, il y a une dizaine de jours, c'est-àdire au moment de la tension austro-albanaise. Je le sais et je le tiens de plusieurs sources différentes, notamment d'officiers de réserve qui l'ont dit à des amis dans la plus stricte intimité. Ces messieurs ont pris les mesures nécessaires pour assurer à leur famille, en cofire-fort, les moyens de vivre pendant un an. » (Livre jaune, n° 3.)

- Je puis, sur ce point, apporter un témoignage personnel. En juillet, 1914, j'avais pour voisin, à Langrune-sur-Mer (Calvados), un Allemand, le baron Emile de Kleydorff, lieutenant de cavalerie de résers'e ; il reçut, en effet, ce jour-là, son ordre de départ par un télégramme, qui devait porter : « Frère malade, venir vite. » Il partit sur-le-champ, laissant à Langrune sa femme et ses enfants, qui y restèrent jusqu'au 2 août.

tre des Affaires étrangères envoyait à ses représentants près des puissances garantes, « afin de ne pas se laisser surprendre par les événements », ses instructions sur les démarches à faire au cas d'une guerre franco-allemande; il y était porté que « la Belgique a confiance de voir son territoire demeurer hors de toute atteinte, mais que toutes les mesures ont été prises pour assurer l'observation de sa neutralité; Tarmée belge est mobilisée et se porte sur les positions stratégiques choisies pour assurer la défense du pays et le respect de sa neutralité; les forts d'Anvers et de la Meuse sont en état de défense ^ ». La Belgique voyait venir Torage et soupçonnait où il éclaterait; TAllemagne, pourtant, faisait tout pour le dissimuler. Le 26, ordre était donné, dans tout l'empire, aux quatre dernières classes libérées de se tenir à la disposition; les gares furent occupées militairement et la cavalerie de Dusseldorf et de Crefeld dirigée sur Aix-la-Chapelle, mais ce ne fut que le 27, alors que les autres l'étaient depuis le 23, que furent rappelés les officiers allemands séjournant en Belgique ^.

Ajoutons que, depuis le commencement de juillet, les chemins de fer allemands faisaient rentrer les wagons qu'ils avaient en France et qu'ils retenaient ceux que la France et la Belgique leur envoyaient : le 26, ils recevaient l'ordre de prendre les mesures préparatoires de la concentration ^

* Livre gris belge, n° 1.

* Le Mensonge du 3 août 1914, livre I, Payot, 1917.

3 Hanotaux, livre cité, III, 70. — La Zeitung Verein (statistique des chemins de fer) a donné les recettes de tous les mois de 1914, à l'exception du mois de juillet, et c'est une preuve intéressante de la préparation de la guerre au cours de ce mois-là.

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