‹ Le secret de la frontiere 1815-1871-1914, Charleroi;Chapitre 23 sur 44 · ET SE JETTE SUR LA FRANCE · texte numérisé non relu

ET SE JETTE SUR LA FRANCE

Si l'attitude de l'Autriche à ce moment est ambiguë, celle de l'Allemagne ne prête à aucune équivoque : l'Etat-Major a pris le commandement, la guerre est résolue, sa déclaration doit être brusquée, mais il faut un prétexte, et le •rôle' du gouvernement n'est plus que de le trouver.

Le samedi i^' août, au matin, l'Allemagne n'ayant encore fait aucune réponse au sujet de la neutralité de la Belgique, le conseil des ministres anglais ne prit aucune détermination. M. Poincaré avait écrit, la veille, à son « cher et grand ami » le roi George une lettre émouvante pour adjurer l'Angleterre d'intervenir, seul moyen, disait-il, d'arrêter les desseins allemands; le roi répondit, le jour même, que « les événements passent si rapidement qu'il est difficile de prévoir ce qui ce passera » \ Et dans la matinée.

Reinach, /ivre cité, p. 446 et 484.

à M. Paul Cambon qui s'enquiert de ce que fera l'Angleterre, Sir E. Grey répond que les escadres sont mobilisées, mais qu'il demanderaseulementle surlendemain, lundi 3, au Conseil de déclarer qu'elles s'opposeront au passage des détroits \ — le 2 est en effet, un dimanche et le repos dominical une institution d'Etat. Et, agissant sur Berlin, il fait demander que l'Allemagne s'abstienne d'intervenir et se prête à la recherche d'une solution pacifique, puisqu'aussi bien Vienne et Pétersbourg sont disposés à causer; M. Zimmermann répond à Sir E. Goschen : « La Russie a déclaré que sa mobilisation n'impliquait pas nécessairement la guerre et qu'elle pourrait parfaitement rester mobilisée pendant des mois sans faire la guerre ; il n'en est pas de même en Allemagne, nous avons pour nous la rapidité, la Russie a pour elle le nombre, et la sécurité de l'empire allemand nous empêche de donner à la Russie le temps d'amener des troupes de tous les points de son vaste territoire » ^. Ces quelques mots découvraient toute la politique stratégique de l'Allemagne. Le i^'^ août, à 12 h. 52, le chancelier allemand ordonnait à M. de Pourtalès de remettre à 17 heures la déclaration de guerre à la Russie. Alors que, y étaitil dit, sur le désir exprimé par l'empereur de Russie, 1 empereur d'Allemagne, « d'accord avec l'Angleterre », accomplissait un rôle médiateur entre Vienne et Saint-Pétersbourg, la Russie procéda à la mobilisation de la totalité de ses forces de terre et de mer; « à la suite de cette mesure menaçante, motivée par aucun préparatif militaire de la part de l'Allemagne,

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