‹ Le secret de la frontiere 1815-1871-1914, Charleroi;Chapitre 24 sur 44 · Livre jaune · texte numérisé non relu

Livre jaune

'^ Livre bleu, 138.

l'empire allemand se trouva vis-à-vis d'un danger grave et imminent ; si le gouvernement impérial avait manqué de parer à ce péril, il aurait compromis la sécurité et l'existence même de l'Allemagne ; en conséquence le gouvernement allemand s'est vu forcé de s'adresser au gouvernement de sa S. M. l'Empereur de toutes les Russies en insistant sur la cessation desdits actes militaires; la Russie ayant refusé de faire droit à cette demande et ayant manifesté par ce refus que son action était dirigée contre l'Allemagne, S. M. l'Empereur, au nom de l'Empire, relève le défi et se considère comme en état de guerre avec la Russie ))\ M. de Pourtalès, contrairement à ces instructions, ne remit qu'à 19 h. lo lanotede la déclaration de guerre..., il recula de deux heures la mort de la paix ^.

En France l'ordre de mobilisation générale fut lancé exactement à 1 5 h. 40 : le gouvernement décida nonobstant de maintenir les troupes à 10 kilomètres de la frontière^ et le ministre de la guerre déclarait à l'attaché militaire anglais qu'il s'attendait à une attaque des forces allemandes sur la frontière d'un moment à l'autre, « que les troupes françaises n'attaqueront pas, que l'acte de mobilisation est fait dans

1 Livre Orange, 76.

' Livre Bleu, 136,140. — Ici se place un incident encore énigmatique, mais qui mérite d'être relaté. Le l^i' août, au matin, Sir Edw. Grej^ faisait savoir au prince Lichnowsky qu'il espérait toujours trouver un arrangement et demandait si l'Allemagne resterait neutre au cas où la France " observerait la neutralité. Dans la pensée du ministre anglais, il s'agissait d'une neutralité totale ; comprenant qu'il n'était question que de ménager la France, Lichnowsky télégraphie à Berlin que l'Angleterre pourrait garantir la neutralité de la France si l'Allemagne s'abstenait de l'attaquer. Guillaume II télégraphie au roi George que « pour des raisons techniques sa mobilisation, qui vient d'être proclamée, doit s'accomplir sur deux fronts » ; « si la France, ajoute-t-il, m'offre une neutralité qui devra être garantie par la flotte et l'armée anglaise, je m'abstiendrai né-

un but purement défensif » \ Le Président de la République, portant le fait à la connaissance de l'ambassadeur d'Angleterre, lui déclarait que malgré tout «le gouvernement ne désespérait pas encore d'éviter la guerre » ^ et dans sa proclamation à la nation française il affirmait que « la mobilisation n'est pas la guerre et que, dans les circonstances présentes, elle apparaît, au contraire, comme le meilleur moyen d'assurer la paix dans l'honneur » ^.

A Berlin, l'ordre de mobilisation fut donné à 1 7 heures, au rapport du Livre blanc : le premier jour de la mobilisation, comme en France, était le 2 août.

La déclaration de guerre de l'Allemagne à la Russie était basée sur un mensonge, mais au moins elle avait un prétexte, on pouvait faire croire au peuple allemand, tout disposé, d'ailleurs, à se laisser tromper, qu'il était attaqué. Mais contre la France, il n'y avait toujours rien; le coup du Kriegsgefahr était manqué, le gouvernement français avait gardé son sang-froid et évité le piège. Or c'était contre la France que l'Allemagne devait d'abord entrer en guerre, le temps pressait, il fallait coûte que coûte trouver quelque chose.

cessairement d'attaquer la France », et dans le même temps M. de Bethmann confirmait cette déclaration et ajoutait : « Nous garantissons que nos troupes ne passeront pas la frontière française avant 7 heures du soir, le lundi 3, si l'Angleterre donne sa garantie d'ici-là. » Le roi George déclara aussitôt qu'il y avait malentendu et, à 20 h. 30, le prince Lichnowsky annulait son télégramme.

Le résultat le plus clair de cette méprise fut de permettre à l'Allemagne de tromper notre Etat-Major sur son plan d'attaque. L'incident se produisait, en effet, à l'heure même de la mise en train de la mobilisation française. Nécessairement l'État-Major en devait inférer qu'il avait eu raison de croire que l'attaque allemande se ferait à l'Est; et l'Allemagne avait plus beau jeu pour pousser ses préparatifs sur le nord de la Belgique.

' Livre bleu, 136.

2 Livre bleu, 134.

3 Reinach, Vn)re cité, p. 498.

A Paris, dans ces jours de fièvre nationale, le baron de Schoen chercha et provoqua l'insulte : tous les jours, jusqu'à la déclaration de guerre, au lieu de prendre ses repas à l'ambassade, il se rendait à pied, ostensiblement et sous la protection de la police, à l'hôtel Ritz, place Vendôme, traversant la rue de Solférino, les Tuileries, la rue de Castiglione; le peuple de Paris conserva un calme exemplaire, il n'y eut, à aucun moment, le moindre incident. Dans cette journée du 1^*^ août, les troupes de la couverture allemande multiplièrent Iqs provocations : la frontière fut violée à Cirey et près de Longwy, le poste douanier de Délie fut l'objet d'une fusillade; deux patrouilles de cavaliers du 5^ chasseurs allemand pénétrèrent jusqu'à Joncherey et à Boron, à plus de 10 kilomètres de la frontière, l'officier brûla la cervelle à un soldat français et les cavaliers enlevèrent les chevaux amenés à la réquisition; le gouvernement français se borna à protester près du gouvernement impérial \

Le 1^*^ août, à 20 heures, — soit au moment précis où la mobilisation française commençait, — l'armée allemande violait la neutralité du grand-duché de Luxembourg : l'intention n'était pas que provocatrice, mais aussi et surtout stratégique. Le fait que cet acte ait précédé de plus de 24 heures la violation de la neutralité belge prouve l'importance pour TAUemagne de cette occupation.

Le Luxembourg s'enfonce comme un coin entre les deux frontières française et allemande, coupe les communications sur Longwy et la Haute-Woëvre, prend en flanc la ligne de marche de Thionville à

* Mensonge du 3 août 1914.

Coblentz : « Le Luxembourg, disait déjà Palmerston, fait partie du système défensif de la frontière prussienne, dont Coblentz est le centre » ; le traité de Francfort en fit un point offensif contre la France et le développement ultérieur du réseau belge devait encore renforcer son importance stratégique, car Luxembourg est la tête de la ligne Liége-Luxembourg, la principale liaison des théâtres d'opérations de la Lorraine et de la Basse-Belgique.

Non moindre est son importance économique. Le grand-duché est un centre minier et métallurgique éminent \ Ce petit pays, grand comme un de nos départements, produisait en I9l3 plus de 7 millions de tonnes de minerai — autant que toute l'Allemagne transrhénane — et 2,5 millions de tonnes de fonte — plus que toute la Belgique et moitié autant que la France. Les principaux hauts fourneaux et usines du Luxembourg étaient en la possession ou sous le contrôle des métallurgistes westphaliens. C'était l'extrême pointe nord de ce bassin minier lorrain, oii la métallurgie allemande prenait la quasi totalité de son minerai : le Luxembourg entre les mains des Français eut mis la métallurgie allemande hors d'état de travailler en la privant de sa principale matière première^ ; mais, par contre, le grand-duché occupé

^ F. Engerand, la politique métallurgique de l'État allemand (Correspondant, 10 et 25 septembre 1916).

2 On lit dans le mémoire confidentiel des six grandes associations industrielles et agricoles d'Allemagne au chancelier Bethmann-Hollveg (mai 1915) : « Si la forteresse de Longwy, avec les nombreux hauts fourneaux de la région, était rendue aux Français, et s'il éclatait une nouvelle gueiTe, avec quelques canons à longue portée, les hauts fourneaux suivants allemands et luxembourgeois seraient paralysés en quelques heures : Rodange, Differdange, Esch, Ottange-Rumelange, Dudelange, De la sorte, 20 pour 100 environ de la production de fer brut et d'acier allemand seraient supprimés ».

par les Allemands, ce n'était pas seulement pour eux la sauvegarde de ce point capital de la frontière, mais encore la prise, rendue possible et facile, de toute la région de Briey, ce trésor tant convoité par les métallurgistes allemands, et laissé seulement à la garde de la pauvre bicoque de Longwy ! On pense si une région pareille avait été avant la guerre l'objet d'une minutieuse conquête économique; les Allemands avaient les mines, les hauts fourneaux, surtout les chemins de fer du Luxembourg; aux abords, ils avaient établi de vastes aménagements militaires, de nombreux quais de débarquement à Karthaus, à Ehrang, à Trêves ; un vaste camp de concentration se trouvait à Wasserlich.

La neutralité du Luxembourg était donc faite pour être violée ; personne ne doutait des intentions de l'Allemagne, hormis le petit gouvernement du grandduché : il y a de ces grâces d'état et des gens qui ne soupçonnent et ne comprennent leur infortune que quand ils en sont accablés.

Cette neutralité du Luxembourg était parfaite sur le papier, elle avait encore été plus garantie par l'Allemagne que celle de la Belgique : non seulement l'article 2 du traité de Londres du il mai 1867 plaçait cette neutralité sous la garantie collective des puissances, — dont la Prusse, — mais ultérieurement, à l'occasion de l'exploitation des chemins de fer luxembourgeois par la direction des chemins de fer d'Alsace-Lorraine, « le gouvernement impérial s'était engagé à ne jamais se servir des chemins de fer luxembourgeois pour le transport de troupes, d'armes, de matériel de guerre, à ne pas en user, pendant une guerre dans laquelle l'Allemagne

serait impliquée, d'une façon incompatible avec la neutralité du grand-duché, et, en général, à ne causer ou tolérer, à l'occasion de l'exploitation de ces lignes, aucun acte qui ne fût en parfait accord avec les devoirs incombant au grand-duché comme état neutre ». Fort de ces bons billets, le gouvernement grand-ducal était placide et, le i^' août, au ministre de Belgique qui lui manifestait quelque inquiétude sur les sentiments de l'Allemagne au regard des neutralités, le ministre d'Etat Eyschen répondait: « Nous sommes tranquilles; nous avons pris, nous, nos précautions » \ Le grand-duché était défendu par 3oo gendarmes.

Déjà, dans la nuit du 28 et dans la journée du 29 juillet, des concentrations de troupes allemandes avaient été signalées à proximité de la frontière luxembourgeoise^; le 3l, les Allemands ayant fermé les ponts sur la Moselle et interdit les sorties de blé, de bétail et d'automobiles, le ministre Eyschen avait demandé aux ministres de France et d'Allemagne une déclaration officielle de respect de la neutralité : « Cela va de soi, répondit avec aplomb l'Allemand, mais que le gouvernement français prenne le même engagement » ^. Le gouvernement français faisait répondre le jour même qu'il entendait respecter la neutralité luxembourgeoise et qu'il en avait donné la preuve en faisant reculer ses troupes sur la frontière, mais que la violation de la neutralité par l'Allemagne obligerait la France à s'inspirer du souci de sa défense et de ses intérêts ^

^ Hanotaux, livre cité, III, 134.

2 Le Mensonge du 3 août et Reinach, livre cité, 509 et suiv.

3 Livre jaune, 111.

* Livre jaune, 129.

Le gouvernement allemand ne prit même pas la peine de répondre. Le l^"^ août, à 20 heures, ses armées pénétraient dans le grand-duché par Trois-Vierges ; le 2, à 8 h. 3o, un premier train militaire arrivait en gare de Luxembourg, à l3 heures on en comptait dix-sept. Le premier soin des troupes débarquées fut d'occuper, en face de Longwy, Esch, où sont les hauts fourneaux de la Gelsenkirchen, et le général commandant le IX^ corps de Trêves faisait apposer un placard qu'il avait apporté dans ses fourgons : la France, y était-il dit, ayant violé la neutralité du Luxembourg et commencé les hostilités en territoire luxembourgeois, l'empereur a ordonné aux troupes allemandes d'entrer dans le Luxembourg \ — M. Hanotaux affirme que l'affiche avait été imprimée à Coblentz ! Le ministre Eysclien protesta qu'aucun militaire français n'était en Luxembourg, que rien ne permettait de supposer que la France menaçât la neutralité et qu'au contraire, dans la soirée du 1 ^"^ août, les rails du chemin de fer avaient été enlevés en territoire français, près de la frontière ^.

Le 2 août, le baron de Schoen informait le Quai d'Orsay que « les mesures militaires prises dans le grand-duché ne constituaient pas un acte d'hostilité et qu'elles devaient être considérées comme des mesures purement préventives prises pour la protection des chemins de fer qui se trouvent sous l'administration allemande » ^ A cette démarche effrontée, indé-

1 M. de Jagow était moins affirmatif et, le 2 août, il déclarait seulement au gouvernement grand-ducal que ces mesures militaires avaient été prises parce que « d'après des nouvelles certaines les troupes françaises sont en marche sur le Luxembourg ». (Reinach, p. 511.)

2 Reinach, p. 512.

' Livre jaune, 133.

pendamment de son intention provocatrice, ne peuton pas trouver cette explication : cette violation du Luxembourg se faisait au moment précis où débutait la mobilisation française, rien n'obligeait l'Allemagne à précipiter ainsi le mouvement, — en fait l'occupation ne fut suivie jusqu'au 19 août d'aucune action militaire allemande, — le grand État-Major de Berlin ne voulait-il pas par là confirmer l' Etat-Major français dans sa conviction que son attaque principale serait sur la frontière de l'Est et le laisser commencer sa concentration en conséquence? Cette violation du Luxembourg n'était-elle pas un des subterfuges préliminaires de la surprise de Charleroi?

C'était pareillement un coup de sonde sur les intentions de l'Angleterre : par la façon dont elle prendrait la violation de la neutralité du Luxembourg on pouvait tirer des conjectures pour la Belgique.

Le dimanche 2 août, le gouvernement allemand n'avait pas encore répondu à la demande anglaise au sujet de la neutralité de la Belgique. Le repos dominical dut subir à Londres une dérogation ; le Conseil de cabinet, réuni le matin, décida que « si la flotte allemande pénétrait dans le Pas-de-Calais ou dans la mer du Nord pour entreprendre des hostilités contre les côtes ou les bateaux français, la flotte anglaise donnerait toute la protection en son pouvoir ». Communiquant cette décision à M. Paul Cambon, Sir E. Grey s'empressait d'ajouter : Cela ne nous engage pas à déclarer la guerre à l'Allemagne. — Et la violation du Luxembourg? interroge M. Paul E. Cambon. — La convention de 1867, répond Sir E. Grey, a toujours été interprétée dans le sens d'une garantie collective et

concertée des puissances, mais il n'en va pas de même pour la neutralité belge et le gouvernement délibère s'il déclarera à ce sujet casus belli^.

Toute cette journée du 2 août, le gouvernement allemand resta muet^. A 19 heures seulement, le ministre d'Allemagne à Bruxelles informait le gouvernement belge que l'armée française, dans l'intention de marcher sur l'Allemagne par la Belgique, se prépare à franchir la Meuse entre Givet et Namur, « que dans ces conditions le gouvernement allemand craint que la Belgique, malgré sa bonne volonté, ne soit pas en mesure de repousser sans secours une marche française d'un si grand développement et que, voyant dans ce fait une certitude suffisante d'une menace dirigée contre elle, l'Allemagne se voit obligée par les mesures de ses ennemis à entrer en territoire belge ». Mais que la Belgique ne voie surtout pas là un acte d'hostilité; si elle consent, « dans la guerre qui va commencer », à conserver une neutralité amicale à l'égard de l'Allemagne, celle-ci s'engage, au moment de la paix, à garantir son indépendance et ses possessions, à payer tout ce qu'il faudra et à l'indemniser des dommages causés : « que si la Belgique fait des difficultés à la marche en avant des armées allemandes par une opposition des fortifications de la Meuse ou par des destructions de routes, chemins de fer, tunnels et autres ouvrages d'art, l'Allemagne sera obligée de traiter la Belgique en ennemie»^. C'était l'attaque par la

1 Livre bleu, A'^.

2 Livre gris, 19.

3 Livre gris, 20.

36fi LK DRAME DE CHARLEROI

Meuse nettement annoncée. Un délai de douze heures était donné pour la réponse.

Le 3, à 7 heures, où expirait le délai de Fultimatum, le ministre des Affaires étrangères de Belgique répondait que les intentions prêtées à la France étaient en contradiction avec les déclarations de son gouvernement, qu'au surplus, si la France violait la neutralité, elle rencontrerait la résistance de l'armée belge, que la neutralité et l'indépendance de la Belgique avaient été garanties par la Prusse elle-même, « qu'en acceptant les propositions qui lui ont été notifiées, le gouvernement belge sacrifierait l'honneur de la nation en même temps qu'il trahirait ses devoirs envers l'Europe, qu'il se refusait à croire que l'indépendance de la Belgique ne pût être conservée qu'au prix de la violation de sa neutralité, que si cet espoir était déçu, le gouvernement belge était fermement résolu à repousser par tous les moyens toute atteinte à son droit » ^

En même temps la Belgique saisissait les puissances garantes et les informait de sa résolution de repousser une agression par tous les moyens : « L'acceptation de la proposition allemande sacrifierait l'honneur de la nation » ^ ; et le roi Albert, s'adressant au roi George, appelait l'Angleterre au secours^. Sur le champ, Sir E. Grey faisait répondre à Bruxelles que « si la neutralité belge était violée, c'était la guerre avec l'Allemagne » ^

Le ministre anglais convoquait en même temps

^ Livre gris, 22.

* Livre gris, 23.

^ Liz're gris, 25.

* Livre gris, 26.

M. Paul Cambon et lui déclarait « comme liant le gouvernement britannique » que dans le cas oii l'escadre allemande franchirait le détroit ou remonterait la mer du Nord dans le dessein d'attaquer les côtes françaises ou la marine de guerre française, l'escadre anglaise interviendrait pour prêter à la marine française son entière protection, en sorte que dès ce moment l'Angleterre et l'Allemagne seraient en état de guerre ^

C'est à cet unique engagement de coopération navale que se bornait l'assistance de l'Angleterre quand, le 3 août, à l6 h. 46, le baron de Schoen remit à M. Viviani la déclaration de guerre de l'Allemagne. N'ayant pu susciter ni trouver un prétexte plausible, le gouvernement allemand en avait dû forger de ridicules : « Les autorités administratives allemandes ont constaté un certain nombre d'actes d'hostilité caractérisée commis sur le territoire allemand par des aviateurs militaires français ; plusieurs ont manifestement violé la neutralité de la Belgique, survolant le territoire de ce pays ; l'un a essayé de détruire des constructions près de Wesel, d'autres ont été aperçus sur la région de l'Eifel, un autre a jeté des bombes sur le chemin de fer près de Karisruhe et de Nuremberg; en présence de ces agressions, l'empire allemand se considère en état de guerre avec la France, du fait de cette dernière puissance » ^. Un mensonge est à chaque ligne de ce papier, éternel monument d'infamie ; cette déclaration de guerre de l'Allemagne, c'était, non pas une dépêche, mais une collection de dépêches d'Ems et d'une absur-

1 Livre jaune, 143.

2 Livre jaune, 147.

370 I.E DRAME DE CHARLEROi

dite telle que leur fausseté fut découverte, même en Allemagne, avant la fm de l'efïroyable guerre qu'elle déclencha : Bismarck mentait mieux ! Sur le champ M. Viviani opposa un démenti indigné à ces impostures et, courbant le front, le baron de Schoen quittait le président du Conseil en lui disant : « C'est le suicide de mon pays ! »

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