‹ Le secret de la frontiere 1815-1871-1914, Charleroi;Chapitre 34 sur 44 · COMME VILLE OUVERTE, RETIREZ LES TROUPES DES FORTS ET DES · texte numérisé non relu

COMME VILLE OUVERTE, RETIREZ LES TROUPES DES FORTS ET DES

REMPARTS. Faire évacuer, d'accord avec le préfet, valeurs de banque par auto et chemin de fer vers l'intérieur. Demander au général Herment de téléphoner au général d' Amade s'il y a les dispositions prévues pour évacuation dépôts artillerie arsenal de Douai, lui demander ordre d'urgence pour ces évacuations en raison importance matériel.

— Général d' Amade, commandant groupe divisions territoriales, à général commandant défense de Lille. — Lille étant considérée comme ville ouverte, toutes les troupes et

Je crains que M. Hanotaux n'ait fait sur ce point une confusion; il avance, en effet, que c'aurait été le 23 au matin que ce contact se serait produit à Tournai, entre les territoriaux de d'Amade et l'aile droite de von Kluck (IV, 16) qui, devant ce danger, aurait sur-le-champ abandonné son projet de pousser jusqu'à la mer pour se rabattre sur l'armée anglaise. Le général Herment affirme, au contraire, que ce ne fut que le 24 que ce contact eut lieu ; deux bataillons de la division Dennery réoccupèrent Tournai à 4 heures du matin, sans coup férir; ils en furent repoussés par les Allemands à 10 h. 30.

les dépôts qui l'occupent V évacueront immédiatement et coopéreront à la défense du barrage principal entre la 81* division à gauche et la 82* division à droite. Le secteur à occuper par ces troupes et dépôts s'étendra à La Bassée exclu à Aire sur la Lys exclu. Ces troupes seront sous les ordres du général Tournier. Prière d'informer cet officier général de la mission qui lui est confiée. Le quartier général du général Tournier sera installé à Lillers. — Renseignements. — La 81® division a son secteur réduit de Aire à la mer, la 82® de La Bassée à Corbehem. Dans chaque secteur une brigade est en réserve et une autre sur le barrage. L'artillerie concourt à la défense du barrage.

— Le commandant en chef adresse au général d'Amade le télégramme suivant: Donnez les ordres pour évacuer par voie ferrée la plus grande quantité possible de matériel artillerie et génie se trouvant à Lille et mise hors service du reste. Vous signale comme devant être évacués 2.280 fusils modèle 1886, la mélinite.

Cette évacuation de la place de Lille, lorsque la défense s'organisait et que la ville n'était pas menacée, était si peu en accord avec les instructions qu'il avait reçues, que le général Herment voulut en avoir la confirmation avant de passer à l'exécution; il rédige un télégramme chiffré à d'Amade, mais, au moment de le transmettre, un officier de son étatmajor l'informe que c'est impossible, les appareils télégraphiques et téléphoniques ayant été, au reçu de ces dépêches, mis hors service...

Lille armée tenant avec ses 28.000 hommes, autour de ce solide pivot les six divisions de d'Amade, c'était dans le Nord, à la frontière, une armée de près de 120.000 hommes sur le flanc droit de l'armée de von

Kluck; sur son flanc gauche, Maubeuge armée avec 45.000 hommes mettait une autre menace qui prenait alors toute sa gravité; en arrière, toute l'armée belge intacte et ramassée à Anvers! L'armée allemande, pénétrant en France, se mettait dans le piège que lui avait tendu Séré de Rivières. Inévitablement son avance était comptée, elle n'eût pu dépasser la seconde ligne de notre vieux plan de défense; est-il téméraire de prétendre que c'eût été sur la ligne La Fère-Laon-Reims que dans ces conditions eût pu se faire le redressement qui dut être reporté sur la Marne? Si Charleroi fut une défaite, l'abandon de Lille risquait d'en faire un désastre.

M. Hanotaux* affirme que l'ordre d'abandonner Lille vint du ministère de la Guerre; cette décision fut-elle prise par le ministre à l'insu du Général en chef? La troisième dépêche, que reçut le général Herment en même temps que l'ordre de ne pas défendre Lille, atteste que le Grand Quartier Général dut être immédiatement avisé, sinon consulté ; mais jusqu'à la connaissance des instructions données au général d'Amade, tout jugement doit être réservé.

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