SATIRE CONTRE L'ENVIE
HD Rte
Mal ou bien, mon début fut contre l’avarice.
Chemi:ant, l’autre jour, je rencontre Fabrice :
La canne sous le bras, un pamphlet à la main :
“L'avez-vous lu ? ” dit-il, — Quoi ? — Ce dur Chapelain...
st pas pour rire ‘* Que ce malin esprit me tance et me déchire.
‘* C’est bien à ce méchant qu'il faudrait du bâton : ‘* Que peut lui importer que je suis chiche ou non ?
‘* Parbleu ! que ne m'est-il donné de le connaître ! ;" Que ne puis-je, à l’i
‘ Que vois-je ? vous riez ! mais ce n’e
nsStant, le voir ici paraître !
‘* Que j'aurais de plaisir à le bien flageller ! ‘Peut-être ce n’est pas de vous qu’il veut ‘“—Si ce n’est pas de moi, ‘“‘—Dans ce cas, mon ami,
parler.
c'est d’un qui me ressemble, c’estde vous deux ensemble.
fait un peu de bruit :
Oh ! puisse-t-elle aussi produire un peu de fruit !
L'on voit que ma satire a
Il est temps d’en venir à ma seconde épitre :
Celle-ci roulera sur un autre chapitre ; Chapitre sérieux, et peu fait Pour les vers : Mais je dois attaquer tous les vices divers.
On a beaucoup écrit et parlé de l'envie :
Mais dans tous ses replis l’a-t-on toujours suivie ? ‘* L'envie est un poison, a-t-on dit, dangereux, ‘* Car l'arbre qui le Porte est un bois cancereux. ‘* L'homme envieux ressemble au reptile, à l’insecte : “ Car tout ce qu'il atteint de son souffle, il l’infecte :
‘ Mais cet homme, souvent, fait son propre malheur, ‘* Comme en voulant tuer, souvent l’insecte meurt. j’
L'envie est fort commune au pays où nous sommes : Elle attaque et poursuit, très souvent, nos grands hommes.
Nos grands hommes ! tu ris, orgueilleux Chérisoi, Qui crois qu'il n’est ici nul grand homme que toi, Ou plutôt, qui voudrais qu’on t'y crut seul habile : Croyance ridicule et désir inutile.
On porte envie aux biens, on porte envie au rang ; Assez souvent, l'envie a méconnu le sang ;
Elle règne souvent dans la même famille,
Et la mère, Parfois, porte envie à su fille.
Je sais, à ce sujet, un fait assez Plaisant.
Ce fait-là ne fut Pas forgé par Lahontan : (1) Sans aller consulter un auteur qui radote,
Je trouve au Canada mainte et mainte anecdote.
Une famille fut, jadis, à Montréal ;
(1) Militaire et VOYageur qui a écrit des Lettres, etc., £ur le Canada, et qui ne jouit pas de la meilleure réputation de véracité. On fait particulièrement allusion ici à ce qu'il dit des dames de Montréal.
Le patron se disait issu du sang royal :
Il ne le croyait Pas, mais le faisait accroire.
Il mourut à trente ans, si j'ai bonne mémoire, Ou plutôt, si l’on m'a conté la Vérité,
Laissant peu de regrets aux gens de sa cité,
Peu de bien aux enfants de son aimable épouse : Epouse qui de lui jamais ne fut jalouse. te Elle avait vingt-cinq ans, quand son mari mourut. Dès qu'on sut l’homme en terre, on vint, on accourut
Consoler, ranimer la jeune et belle veuve, je Qu'on croyait succomber sous la terrible épreuve. Quand on sut que gaiment on pouvait l’aborder, Chez elle, de Partout, les galants d’abonder. Que fit-elle avec eux ? Je ne saurais dire ;
Et ma muse, entre nous, n'aime point à médire.
Enfin, il en vient un qu'elle veut épouser :
Mais, pour Y Parvenir, il lui fallut ruser.
De ses filles, déjà, l’aînée est femme faite,
Est belle, aimable, gaie, enfin Presque parfaite : Et la mère avait beau vouloir se l’attacher, k Le galant Paraissait vers le tendron pencher :
La plus jeune, à ses Yeux, semblait aussi plus belle. 118 ‘* Que faire ? Comment me débarrasser d'elle ?
‘’ Je ne vois qu’un moyen, c’est de la renfermer FL ‘* Sous la clef, dans sa chambre, afin d’accoutumer (4 ‘ Mon amant à me voir et seule et sans ma fille.” pe. Quand l’amant arrivait, la mère de famille { ‘ Avait, auparavant, relégué dans un coin #4
L'objet de sa visite. I! ne se départ point : Lol Il devient patient ; à tout on s’accoutume. 114 ‘* Ma fille a la migraine, ou bien elle a le rhume, ” = il Fe