‹ Le secret de la sagesse françaiseChapitre 2 sur 13 · LE BONHEUR DANS LE TRAVAIL · texte numérisé non relu

LE BONHEUR DANS LE TRAVAIL

Mon .admiration pour l'esprit de travail chez l'immense majorité des français qu'il m'a été donné d'observer, est sans réserves et ne connaît pas de bornes. L'amour du travail, l'esprit d'économie, le culte de la famille, ce sont les trois piliers de la construction sociale la plus solide et la plus heureusement équilibrée que connaisse la civilisation moderne. Nulle part, en Europe, vous ne recevez une telle impression de contentement dans le travail. En Allemagne, productrice formidable, l'effort du travail paraît sans doute colossal, mais presque terrifiant, écrasant la molécule humaine sous la machine. En d'autres pays, récemment industrialisés à l'excès, on est frappé par le lourd mécontentement chargé de haine chez les ilotes de l'usine. Jamais la satisfaction du travail ne s'étale comme en France. C'est que. ailleurs, on

voit surtout le travail de fabrication en masse, qui en France est relativement cachée et réduite à certaines taches rouges sur la carte de l'industrie française. Ce qu'on en voit n'est guère plus réconfortant qu'ailleurs, et confirme cette vérité que la mécanisation est un péché contre le tempérament individualiste du français- Emprisonnez-le, comprimez-le de cette manière, il réagira et tombera dans une farouche exaspération.

Les allemands, dans leur culte inné de la discipline, peuvent se ranger sous le caporalisme industriel comme ils le faisaient sous le caporalisme militaire, mais il n'en va pas ainsi pour les français. En tous cas, le dilemme ne se pose pas encore. La grande majorité jouit d'un état social lui permettant de donner le spectacle du bonheur dans le travail. Ailleurs, vous vous dites : ici on travaille bien mais tout en grondant; on travaille uniquement sous la dure nécessité de subsister. En France, on travaille évidemment aussi pour le pain quotidien, mais autant par un véritable besoin de s'occuper activement et par l'amourpropre de se considérer comme quelqu'un de très fort dans sa partie.

Pendant la guerre, quelqu'un de mes proches, disait à un camarade, soldat-paysan : « Pour-

quoi creuses-tu toujours comme ça, tu sais bien que ça ne sert à rien, et tu n'es pas en service commandé! » L'autre répondit : « Il faut que je fasse quelque chose, j'peux pas rester à rien faire, viens m'aider on va s'amuser. » Et il se fâchait tout rouge quand son camarade refusait de participer à un travail complètement inutile. La passion avec laquelle les paysans retournés à leur terre se sont mis à creuser et piocher est une des choses les plus émouvantes et dignes d'un chant d'Homère. L'ardeur des sinistrés des régions dévastées, sortant des caves où ils habitent pour remettre leurs champs en culture, est une manifestation d'énergie aussi tenace que leur résistance pendant la guerre, et procède de la même source : défendre et reconstruire « son bien »■ C'est ainsi qu'en moins de trois ans après le cataclysme la terre française est déjà remise en rendement normal, malgré les milliers d'hectares encore en friche dans le Nord, et malgré la perte d'un million de cultivateurs. Et l'éternelle vérité me revient dans l'esprit que répétait volontiers mon vieux professeur d'histoire et qui frappait tellement notre imagination de collégiens : « La France est un pays qui a passé par les plus terribles épreuves mais qui se dis-

tingue par une capacité unique de prompt relèvement. »

Nulle part en Europe s'étale d'une manière aussi frappante, au grand jour, cette joie dans l'activité, cette vivacité amusée dans l'exécution soigneuse du travail. J'excepte la Belgique qui est un prolongement de la France. Ce qui charme et captive l'étranger à Paris, c'est, en plus de la beauté de la capitale, la vie intense de la rue qui donne en spectacle les habitudes et les soins de chacun, transportés en quelque mesure à l'air libre : terrasses des cafés, étalages des magasins débordant sur les trottoirs, boutiques d'alimentation largement ouvertes et coquettement parées; échoppes d'artisans, savetiers, petits tailleurs, rétameurs, raccommodeurs de toutes sortes, travaillant face au passant et mêlés directement au va-et-vient extérieur; marchands de marrons et de pommes frites dont les réchauds pétillent en plein vent, au coin des rues, enfin, tout un peuple de gagne-petits, ingénieux à se procurer son pain de mille manières, affairé, plaisant et plein de bonne humeur. N'oublions pas les petites voitures de fleurs et des qù'atre-saisons, qui parfois en longues files sur le pavé encombrent et

égaient les voies fréquentées de l'animation robuste d'un marché ambulant. Le tableau est le même dans toutes les villes de province. Le français y est tellement habitué qu'il ne se doute pas que c'est là un spectacle unique. Quand il vient dans les pays germaniques, anglo-saxons ou Scandinaves, il est péniblement impressionné par la froide tristesse de la rue où les passants lui paraissent accomplir une solennelle promenade hygiénique entre des maisons dont les habitants ont défense de se montrer- L'énorme trafic de Londres et de Berlin fait songer au bouillonnement d'une machine sous pression, mais il n'a rien de l'animation spontanée et vivante de cette population parisienne dans ses jeux du travail. Le Midi offre, certes, des aspects de rue d'une animation fort pittoresque, mais d'un caractère tout autre, fait de nonchalance et d'insouciance, voire d'une négligence outrée, et on n'y sent guère ce fourmillement d'individus tendus avec une vitalité joyeuse vers l'effort ingénieux- Pour compléter votre impression sur ce petit peuple parisien en activité, entrez dans les succursales des grandes banques établies dans ce quartier populeux, vous verrez ces hommes en blouses bleues ou en manches de chemises, ces femmes nu-tête et en tabliers maculés, venus

tout droit de leur travail, pressés en rangs serrés devant les guichets, consultant les employés sur leurs placements, discutant actions et obligations à lots. Tous mes compatriotes, nouveaux venus à Paris, sont éblouis et charmés de cette animation aimable, de ce courage joyeux dans le travail, qui autre part paraît supporté comme la malédiction du Seigneur. Comment cela se fait-il que dans les autres pays on voie si relativement peu de cet heureux mélange d'activité et de prévoyance qui fait les visages réjouis de ces travailleurs français devant les guichets des banques?

Un élément de ce bonheur qui les rend satisfaits et polis est le gain, le fruit légitime de leur labeur, l'autre est la conscience d'un bon travail soigneusement accompli. Ces étalages si coquettement arrangés, si appétissants et alléchants sont l'expression de leur volonté de bien faire. Vous pourriez alléguer que leur coquetterie est un moyen d'attirer le client et qu'ils sont essentiellement l'expression d'un désir de profit. Mais je vais vous donner un exemple du désintéressement absolu du français dans son amour du travail. Voyez, autour de minuit et jusqu'aux premières heures du matin, les hautes charrettes des maraîchers des environs de Paris qui descendent lentement en

longues files les Champs-Elysées, tirées par de forts percherons, en route pour les Halles. Les légumes, têtes de choux et salades, bottes de carottes ou de navets, y sont soigneusement rangés en belle ordonnance symétrique, de façon à figurer d'énormes bouquets, comme pour un corso d'un nouveau genre. En tout autre pays, ils seraient jetés hâtivement pêlemêle, entassés sans nul souci esthétique. Ici on dirait qu'ils vont se présenter devant un concours agricole et que chacun tend au premier prix- Pourtant ils ne seront négligemment aperçus que par quelques noctambules qui ne les regarderont pas, et aussitôt arrivés aux Halles, ils seront disloqués sans servir le moindre intérêt de réclame ou de présentation commerciale. C'est là, toute proportion gardée, l'expression du même amour désintéressé de bien faire qui animait les sculpteurs anonymes des cathédrales, fouillant pendant des années la pierre, créant des figures et ornements placés si haut que l'œil humain ne pourrait jamais discerner leur beauté.

Ce sont là des qualités qui expliquent comment le français est né, et devra rester, le premier ouvrier spécialiste du monde. Dès le dix-

septième siècle, la production française était dominante par sa supériorité de fini et de goût; elle imposait à l'étranger ses styles et ses modèles dans presque tous les domaines des arts industriels : tissus, reliures, bois, bronzes, ébénisterie, fer forgé, orfèvrerie. D'autres pays ont eu, certes, d'cminents artisans, mais de façon moins générale, et tous inspirés et formés par l'influence de la France. Visitez la province française et vous serez écrasé sous l'abondance incroyable des objets charmants qui ornent les coins les plus cachés des villes et des campagnes. Le magnifique art de la tapisserie est sorti d'Arras; le Nord de la France et les Flandres françaises (Vallonie) en sont la patrie. Cette production, d'une richesse et d'une beauté incomparables, constitue le plus riche trésor qui, dans le domaine des arts appliqués, ait jamais été créé pour la joie des yeux* Mais l'excellence du travail français remonte plus haut dans l'histoire, elle s'est manifestée dès la première formation de l'âme française, elle a réalisé alors la plus sublime expression de l'idéal humain, ces cathédrales gothiques et ces innombrables églises qui couvrent la France jusque dans les plus humbles bourgades. En réfléchissant à ces multitudes de sanctuaires fleurissant sur le sol français, en méditant sur

leur structure noblement connue et sur leur ornementation toujours délicatement ouvragée, souvent fouillée avec une richesse extrême, on reste confondu devant l' effort inouï donné pendant ces trois grands siècles constructeurs (xie au xiiie) par un peuple de travailleurs. Le pays se couvrait aussi vers la même époque de milliers de châteaux féodaux dont seule une minime partie subsiste encore. D'après le savant professeur André Michel, à peine un centième de l'œuvre gigantesque du moyen âge nous est resté. A cette époque, la France ne comptait que dix à douze millions d'habitants; si on calcule ce que ces constructions représentent de millions d'heures de travail, on est tenté d'imaginer que la France tout entière était un peuple de maçons et de tailleurs de pierre. Cette contrée est la plus riche en monuments historiques qui soit au monde, on peut donc conclure que nul peuple n'a montré une pareille ardeur au travail.

Cette même ardeur se retrouve dans tous les métiers, elle est à la base de tous les efforts et elle les ennoblit. Oui, même elle pare d'une sorte de dignité, voir d'esthétisme, les tâches

les plus frivoles et jusqu'aux plus triviales.

Je dînais dans un grand restaurant parisien — et un des bons — avec un confrère américain. Naturellement, il ne comprenait rien de ce qu'il mangeait, il avalait ces chefs-d'œuvre culinaires avee autant d'indifférence qu'il l'eût fait pour des légumes cuits à l'eau, et les nuances d'un vieux Bourgogne lui étaient si peu sensibles qu'il l'eût volontiers renforcé d'une bonne ration de whisky. Cependant l'atmosphère de l'endroit lui procurait une fort agréable sensation, mais une sorte de puritanisme revêche l'incitait à considérer ces frivolités avec une pointe de dédain-

— Avouez donc que nos amis français sont bien matérialistes et terre-à-terre, fît-il. Regardez ces soins extrêmes apportés à une fonction aussi grossière que celle de se nourrir. Chez nous on mange vite et on va à ses affaires. Regardez ce maître d'hôtel qui présente ses plats comme si c'était le Saint-Sacrement. Estil possible de glorifier ainsi avec adoration un morceau de viande!

— Mon ami, lui répondis-je, vous vous méprenez ici, comme sur à peu près tout ce que vous observez et qui vous choque dans la vie parisienne. Ce digne serviteur ne met pas tant d'onction à son service par convoitise de gour-

met et désir de lécher la cuillère. I! est certainement tout à fait blasé par l'habitude de celte nourriture succulente ainsi que les pâtissiers qui, comme on sait, détestent les gâteaux. Et le « chef », là-bas dans les cuisines, est presque écœuré par le fumet raffiné de ses plats. Néanmoins, il les soigne amoureusement pour l'honneur de l'art qu'il exerce. Ce solennel et familier maître d'hôtel présente ces merveilles, non dans l'animale volupté d'une contemplation gastronomique, mai? rT<ec le respect quasireligieux dû à un chef-.> . :Tre d'invention et d'exécution parfaite où se combinent une intuition géniale et de longues recherches scientifiques- Quand vous ne le goûtez pas, il vous considère dans son for intérieur comme un « barbare ». Il n'a pas tout à fait tort, puisque vous ne concevez pas tout ce que cela représente de soin patient, d'esprit ingénieux et de conscience dans son métier. Ce matérialiste est à sa manière un idéaliste. Obligé de choisir un métier humble, il a su y porter un intérêt d'ordre intellectuel, en visant au mieux et en y mettant tout son amour-propre. Il a l'ambition de devenir le premier dans sa profession, et il se solidarise avec cette vieille maison d'illustre renom. Sa dignité vient de ce qu'il se respecte

lui-même comme étant le gardien de ces traditions vénérables.

Ainsi tant d'étrangers se trompant à des apparences superficiellement interprétées imputent à frivolité ce qui est au contraire l'indice d'une application sincère et d'un intérêt profond apportés par l'homme à sa tâche quelle qu'elle soit. Paris, ville de luxe et de plaisirs, provoque les jalousies et les blâmes des puritains qui ne lui pardonnent pas l'élégance de ses défauts- On pourrait leur dire aussi : « Vous êtes jaloux parce que vous vous savez plus paresseux et moins intelligents ».

Je fais une exception pour mes compatriotes suédois qui n'ont rien du puritain mais éprouvent une joie rabelaisienne à jouir sans arrièrepensée de tout ce qui est bon. Ils arrivent à quatre en auto., dans une de ces excellentes auberges de province que le Club des Cent nous conserve encore et qui n'ont pas leur pareille dans le reste du monde. Us trouvent un Chamberiin remarquable et en demandent encore. Alors le patron, d'un air réprobateur : « Mais, messieurs, vous en avez déjà bu deux bouteilles! » Il se fit tirer l'oreille pour redescendre à la cave. Il vendait pourtant ce vin fort cher et avait tout intérêt à satisfaire des clients qui regardaient si peu à la dépense. Mais ses

traditions de noblesse culinaire et de sage économie étaient plus fortes que son intérêt. 11 était choqué de voir ingurgiter si nonchalamment son vin le plus précieux qui devait être humé et dégusté à petits coups au moment culminant du repas.

Dans le domaine de l'art culinaire, la France offre une variété inimaginable de plats savamment combinés, et chaque région et presque chaque ville possède sa spécialité digne de figurer dans la cuisine des anges. Là où les autres peuples ont stupidement fait bouillir la marmite pour remplir le ventre, les cuisiniers et les cordons bleus et tout simplement les humbles ménagères se sont penchés sur leurs casseroles avec l'ardeur des recherches et des combinaisons du savant.

Je séjournai quelques semaines dans le Jura, à quatre kilomètres de la frontière, et j'y trouvai la vieille savoureuse cuisine française, mais ayant traversé la frontière, je tombai sur la plus plate cuisine suisse. Deux régions de produits exactement pareils, habités par la même race, parlant la même langue et pourtant une différence radicale existait entre les deux côtés de cette ligne frontière idéale; d'un côté négligence et paresse d'imagination, de l'autre application et esprit d'invention. Du

côté de la frontière française, on était resté dans l'atmosphère qui excite la faculté créatrice, de l'autre côté on était demeuré dans celle qui l'assoupit. Il est bien connu qu'une modiste parisienne transportée dans une capitale étrangère perd ses doigts de fée car sa fantaisie légère ne peut être nourrie que par l'ambiance natale; ce phénomène paraît naturel quand il s'agit de distances de milliers de kilomètres, et de races foncièrement différentes, mais il est curieux de constater que le simple passage d'une frontière suffit à le produire. Puisque nous sommes dans le domaine culinaire, notons un petit fait, mais significatif: les peuples anglo-germaniques jettent comme inutilisables les parties des animaux de boucherie qui ne sont pas de viandes pures, mais le français tire parti de tout et crée de ces morceaux dédaignés des plats exquis entre tous : riz de veau à l'oseille, rognons en brochette, pieds de mouton à la poulette, tête de veau à la vinaigrette, tripes à la mode de Caen, etc..

Nous avons ici un exemple frappant de cet esprit de recherche scientifique appliqué partout, même dans le détail le plus trivial. C'est aussi une preuve de la diffusion dans toutes les classes sociales des qualités subtiles de Tin-

telligence, qui ailleurs ne sont que le panache d'une élite, mais qui en France imprègnent jusqu'aux plus humbles.

Ainsi donc, la France et particulièrement sa capitale sont devenues la patrie de la production la plus raffinée, c'est-à-dire la plus amoureusement fouillée et la plus profondément conçue. Elles le sont devenues de par la vocation irrésistible d'un peuple amoureux de son œuvre. Paris, ville des élégances, l'est moins par l'impulsion d'une classe dirigeante jouisseuse, que par ce fait que ses habitants ne peuvent créer que des élégances- Force était que ces dirigeants se formassent sur le peuple et fissent usage de ces fruits savoureux qui croissent naturellement sur le sol français, tandis que, autre part, ils sont des produits de serre chaude. Dans des pays moins favorisés par la nature le procédé est contraire : raffinement descend des hautes classes cultivées vers les couches profondes de la nation qui ne se laissent pénétrer qu'avec infiniment de lenteur.

En conséquence, la France et Paris sont condamnés à rester essentiellement producteurs des objets dits de luxe et d'élégance, ce qui fera toujours crier à la frivolité par les puritains

qui n'admettent pas le décor du plaisir et qui sont trop lourds pour comprendre que les créations de beauté exigent justement les qualités les plus sérieuses dans la conception et dans l'exécution. Sans empiéter sur le domaine des économistes et sans m'enfoncer dans les statistiques, j'ose avancer comme une vérité indiscutable que les industries de luxe sont le domaine naturel de la France, et qu'elle ne peut apporter trop de soin à y défendre sa supériorité. Qu'on ne sous-value pas son rendement commercial et qu'on songe qu'une petite modiste parisienne peut dans un tour de main transformer un morceau de paille en un chapeau de trois cents francs, quand sa concurrente étrangère n'en fait qu'un objet sans charme, qu'elle ne vendra pas le quart. Une statistique que je crois exacte estime à vingt milliards par an les sommes que l'étranger laisse en France, tant par sa consommation sur place que par les objets qu'il emporte.

Cette ambiance vivifiante de Paris est reconnue par tous les étrangers avec étonnement et reconnaissance. C'est pour eux une sorte de phénomène moitié physique et moitié psychologique, cette ivresse légère de l'air de Paris qui rend le travail si facile. Tous les universitaires sont émerveillés de la somme de travail

fournie avec une aisance apparente par les étudiants en Sorbonne- Ces étrangers me disent : « On travaille mieux à Paris qu'autre part, je viens ici pour y terminer une œuvre importante; l'atmosphère intellectuelle de Paris est un tel facteur d'énergie! »

Et je me demande si, en recherchant le secret du bonheur français, on ne doit pas mettre à la première place cette passion impérieuse du travail?

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