‹ Le secret de Wilhelm StoritzChapitre 18 sur 29 · VJ · texte numérisé non relu

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clans les scènes de la veille, qu'il y eût; joué personnellement un rôle, il était impossible de l'établir. Ce n'est pas sur de simples présomptions que l'on pouvait l'accuser et lui dire : « Vous étiez là, hier soir, au milieu des invités. C'est vous qui nous avez insultés avec ce Chant de la [laine. C'est vous qui avez déchiré le bouquet de fiançailles et le contrat. C'est vous qui avez enlevé la couronne nuptiale. » Personne ne l'avait vu, personne.

D'ailleurs, ne l'avions-nous pas trouvé chez lui? N'était-ce pas lui-même qui nous avait ouvert la porte de la grille? Assurément, il nous avait fait attendre un temps appréciable, très suffisant, " en tout cas, pour lui permettre de revenir de l'hôtel Roderi ch; mais comment admettre qu'il eût pu faire le trajet sans être aperçu du capitaine Haralan ni de moi? Tout cela, je le répétai, et j'insistai pour que Marc et le capi-

I taine Haralan tinssent compte de mes observations dont le doc-

teur Rocterich reconnaissait la logique. Mais ils étaient trop

U montés pour m'ehtendre et voulaient se rendre sur-le-champ à

M . la maison du boulevard Tékéli.

! Eniin, après une longue discussion, on s'arrêta au seul parti

; | raisonnable, celui que je proposai en ces termes :

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?% — Mes amis, venez à la Maison de Ville. Mettons le chef de

police au courant de l'affaire, s'il ne l'est déjà. Apprenons-lui quelle est la situation de cet Allemand vis-à-vis de la famille Roderich, quelles menaces il a proférées contre Marc et sa fiancée. | Faisons connaître les présomptions qui pèsent sur lui. Disons

même qu'il prétend disposer de moyens pouvant défier toute puissance humaine — pure vanterie de sa part, d'ailleurs. Il appartiendra au chef de police de voir s'il n'y a pas des mesures

'M à prendre contre cet étranger. »

N'était-ce pas ce qu'il y avait de mieux à faire, et même tout ce

qu'il y avait à faire dans cette circonstance? La police peut

intervenir plus efficacement que des particuliers. Si le capitaine

fjf Haralan et Marc se fussent rendus à la maison Storitz, peut-être

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la. porte ne. se serait-elle pas ouverte devant eux. Auraient-ils donc, essayé- d'entrer par la force?.. De quel droit?... Or, ce droit, la police le possédait. C'est donc à elle,, à elle seule, qu'il convenait de s'adresser.

D'accord sur ce, point, il fut décidé que Marc retournerait à l'hôtel Roderich, tandis que le docteur, le. capitaine Haralan et moi, nous irions à la Maison de Ville.

Il était dix heures et demie. Tout Ragz, ainsi que je l'ai dit, connaissait alorsles incidents de la veille. En voyant le docteur et son fils se diriger vers la Maison.de Ville, on devinait aisément les motifs qui les y conduisaient.

Lorsque nous fûmes arrivés, le docteur se fit annoncer auprès du directeur de la- police, qui donna l'ordre de nous introduire immédiatement dans son cabinet.

M. Henrich Stepark était un homme de petite taille, à la physionomie énergique, au regard interrogateur, d'une finesse et d'une intelligence remarquables, d'un esprit très, pratique, d'un fiair très sûr. En maintes occasions, il avait fait preuve d'une grande habileté. Tout ce qu'il serait possible de faire pour éclaircir cette obscure histoire de l'hôtel Roderich, on pouvait être assuré qu'il le ferait. Mais, était-il en son pouvoir d'intervenir utilement dans des circonstances si particulières qu'elles franchissaient les limites de la vraisemblance?

Le chef de police était instruit comme tout le monde, des détails de cette affaire, sauf de ce qui n'était connu que du docteur, du. capitaine Haralan et de moi.

« Je comptais sur votre visite, monsieur Roderich, dit-il en nous accueillant, et, si vous n'étiez pas venu à mon cabinet, c'est moi qui serais allé vous voir. J'ai su, cette nuit même, que d'étranges choses s'étaient passées dans votre hôtel, et à quel propos vos invités ont éprouvé une terreur assez naturelle en somme. J'ajoute que cette terreur a. gagné la ville, et Ragz ne me parait pas être près de se calmer.

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LE SECRET BÊ WILMELM STORITZ.

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