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Nous nous penchâmes sur la rampe, et nous aperçûmes xm des agents restés en surveillance dans le couloir qui se relevait en se frottant les reins.
— Qu'y a-t-il, Luclwig? interrogea M. Stepark.
L'agent expliqua qu'il se tenait debout sur la deuxième marche de l'escalier, quand son attention avait été attirée par les craquements" que nous avions entendus. En se retournant alors brusquement pour en reconnaître la cause, il est à supposer qu'il avait mal calculé ses mouvements, car, ses deux talons glissant à la fois, il était tombé à la renverse* au grand dommage de ses reins. Cet homme ne pouvait s'expliquer sa chute. Il eût juré qu'on lui avait tiré ou poussé les pieds, pour lui faire faire perdre l'équilibre. Mais cela n'était pas admissible, puisqu'il était seul au rez-de-chaussée, avec son collègue resté en surveillance à la porte principale donnant sur la cour.
— Hum !.. fit M. Stepark d'un air soucieux.
En une minute, le second étage fut atteint.
. Cet étage ne comprenait que le grenier qui s'étendait d'un pignon à l'autre, éclairé par d'étroits vasistas ménagés dans la toiture, et il fut aisé de constater d'un coup cl'œil que personne ne s'y était réfugié.
Au centre, une échelle assez raide conduisait au belvédère qui dominait les combles, et à l'intérieur duquel on s'introduisait par une trappe qui basculait au moyen d'un contre-poids. -
— Cette trappe est ouverte, fis-je observer à M. Stepark, qui avait déjà mis un pied. sur l'échelle.
— En effet, monsieur Viciai, et il vient par là un courant d'air. D'où ce bruit que nous avons entendu. La brise est forte aujourd'hui, et la girouette crie à la pointe du toit.
— Cependant, répondis-je, on eût dit plutôt un bruit de pas.
— Qui donc aurait marché, puisqu'il n'y a personne?
— À moins que là-haut, monsieur Stepark?..
— Dans cette niche aérienne?..
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LE SECRET DE WILHELM STORITZ. il 7
Le capitaine Haralan écoutait les propos échangés entre le chef cle police et moi. Il se contenta dé dire en indiquant le belvédère :
— Montons.
1VL Stepark gravit le premier les échelons, en s' aidant d'une grosse corde qui pendait jusqu'au plancher.
Le capitaine Haralan d'abord, moi ensuite, nous grimpions après lui. Il était probable que trois personnes suffiraient à remplir cet étroit lanterneau.
En effet, ce n'était qu'une . sorte de cage carrée de huit pieds sur huit, et haute d'une dizaine.
Il y faisait assez sombre, bien qu'un vitrage fût établi entre les montants solidement encastrés dans les poutres du faîtage. Cette obscurité tenait à ce que d'épais rideaux de laine étaient rabattus, ainsi que nous l'avions remarqué du dehors. Mais, dès qu'ils furent relevés, la lumière pénétra largement à travers le vitrage.
Par les quatre faces du belvédère, le regard pouvait parcourir tout l'horizon de Ragz. Rien ne gênait la vue, plus étendue qii' à ■ la terrasse de l'hôtel Roderich, moins toutefois qu'à la tour de Saint-Michel et au donjon du -Château*.
Je revis cle 1a le Danube à l'extrémité du boulevard, la cité se développant vers le Sud, dominée parle beffroi de la Maison de Ville, par la flèche de la cathédrale, par le donjon dé la colline de Wolkang, et autour, les vastes prairies de la puszta, bordée de ses lointaines montagnes.
J'ai hâte de dire qu'il en fut du belvédère comme du. restant de la maison. On n'y. trouva personne. Il fallait que M. Stepark en prît son parti, cette descente de police ne donnerait aucun résultat, et on ne saurait rien encore des mystères de la maison Storitz.
J'avais pensé que ce belvédère servait peut-être à des observations astronomiques et qu'il renfermait des appareils pour
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jft .-." l'étude du eiel.. Erreur. Pour tout meuble, une table et un fau-
teuil en bois.
Sur la table, se trouvaient quelques papiers, et, entre autres,
un numéro de la gazette qui m'avait appris, à Buda-Pest,. le
prochain anniversaire d'Otto Storitz. Ces papiers furent saisis,
comme les précédents.
|t Sans doute, c'était ici que le fils se reposait, au sortir de son
lp cabinet de travail, ou, plus exactement, de son laboratoire. Dans
>|v • • tous les cas, il avait lu cet article, qui était marqué, de sa main
[.$? ■•: évidemment, par une croix à l'encre rouge.
Soudain une violente exclamation se fit entendre, une exclamation de surprise et de colère.
Le capitaine Haralan avait aperçu, sur une tablette fixée à Tun des montants, une boîte en carton qu'il venait d'ouvrir... Et qu'avait-il retiré de cette boîte?..
La couronne nuptiale enlevée pendant la soirée des fiançailles à l'hôtel Roderich !
Si; ■■■•