‹ Le secret de Wilhelm StoritzChapitre 23 sur 29 · HP · texte numérisé non relu

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fe: ainsi transformée en forteresse.

avec l'aide de tous ses habitants, y compris le capitaine iïaralan et M mc Roderich elle-même, qui dut, sur mon injonction, abandonner le oiievet de sa fille.

Nous commençâmes par les combles. Nous tenant coude à ■ . î?

coude, nous les parcourûmes' de bout en bout. Puis nous visi- ; ;.

[l":;.- tâmes toutes les pièces, sans oublier le plus petit recoin et *

sans laisser entre nous aucun intervalle par lequel il eût été

possible à une créature humaine de se glisser. Au passage, il . A

est superflu de le dire, nous soulevions les rideaux, déplacions 1

{§■"-.' les sièges, inspections le dessous des lits et le dessus des É

armoires, tout cela sans quitter Je contact une seconde. De |

chaque pièce ainsi visitée la porte était ensuite fermée, et là ||

H clef m'en était remise. |

Ce travail exigea plus de deux heures, mais il fut enfin achevé, f|

et; nous arrivâmes à la porte extérieure, certains, rigoureusement certains, matériellement certains qu'aucun étranger ne || pouvait être caché clans l'hôtel. Cette porte extérieure fut ver- |j rouillée, et j'en mis la clef dans ma poche. Désormais, personne . n'entrerait sans ma permission, et je me promettais de faire 'ensorte- qu'aucun ■intrus, fût-il cent fois invisible, ne réussit à s'insinuer incognito en même temps que le visiteur par moi reconnu et accueilli.

Et, de fait, â partir de cet instant, c'est moi, moi seul qui répondis aux coups de heurtoir. Pour remplir mon office de portier, je me faisais accompagner par le capitaine Haralan, ou, en son absence, par un domestique de confiance. L'huis n'était jj;;j: d'abord qu'entre-bâillé, puis, tandis que mon cômpagnonle main-

tenait à l'intérieur, je me glissais par l'hiatus que j'obturais à 1 l'extérieur. Le visiteur étaiMl admis? Nous reculions: pas à pas

tous les trois, serrés l'un contre l'autre, tandis- que la porte se p- \-\ \. ' refermait peu à peu. . .

■ -." Nous étions évidemment en parfaite sécurité dans cette maison .

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- J'entencls d'ici l'objection qoi'ori peut nie faire, à juste titre je le reconnais. Plutôt que le nom dé: forteresse, notre hôtel eût -mérité celui de prison. C'est vrai,, mais un emprisonnement est supportable quand Une doit pas s'éterniser. Or le nôtre serait-il de longue durée? Je ne le pensais pas. , \'

■ Je ne cessais, en effet, de réfléchir à notre situation singulière, et, sans prétendre avoir pénétré le mystère indéchiffrable de Wilhelm Storitz, je n'étais pas sans faire un certain progrès dans cette voie.

Quelques mots d'explication, txn peu arides peut-être, me paraissent ici nécessaires. r

Quand on fait tomber sur un prisme un faisceau de rayons . solaires, celui-ci se décompose, on le sait, en sept couleurs, dont l'ensemble donne la lumière blanche. Ces couleurs — -violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge — constituent le « spectre solaire ». Mais cette gamme visible n'est- peut-être qu'une partie du spectre complet. Il péiit exister d'atitres couleurs non perceptibles à nos sens. Pourquoi ces rayons, encore inconnus à l'heure actuelle, n'auraient-ils pas des propriétés entièrement différentes de ceux que nous connaissons? Alors que ceux-ci ne sont capables de traverser qu'un petit nombre de corps solides, le verre par exemple, pourquoi ceux-là ne traverseraient-ils pas indistinctement tous les corps matériels? ( l ) Si les choses se passaient réellement ainsi, rien ne nous en avertirait, puisque nos sens ne sont pas' sensibles à ces rayons,, supposé qu'ils existent. Il pouvait donc se faire qu'Otto Storitz eût- découvert des rayons jouissant de , ce

■ pouvoir,, et qu'il eût trouvé la formule d'une, substance, qui, introduite dans l'organisme, aurait la double .faculté de se répandre à sa périphérie et de modifier la nature des divers rayons contenus dans le spectre solaire. Ceci admis, tout s'expli-

(i) Depuis que ce manuscrit a été; écrit, la décôuverie des rayons infra-rouges .et ultrarviotets a vérifié partiellement cette hypothèse.; .•<'■•

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