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les habitants du Lancastre, et pour favoriser la ca Marie Stuart. Ses fils Edward et Thomas furent mê: incarcérés, comme .ayant participé à un complot ot pour la délivrance de la reine d’Ecosse. On les consid rait comme faisant profession ouverte de catholicisme comme mêlés à tous les mouvements religieux du Lan cashire. $
La situation devint plus délicate encore, du fait de droits à la succession royale que sa naissance conférait à Marguerite Clifford, femme du IV° comte, Henry en lui donnant l’espoir de ceindre la couronne d’Angle= terre. Ce dernier affirmait pareïllement ses droits, dès 1570, du chef de sa femme, dont il était séparé, quoiqu'il en eût des enfants. Il passait pour un protestant assez ardent, encore que certains documents le représentent comme gardant plutôt une position neutre entre les deux confessions. Marguerite Clifford subit une assez longue détention vers le mois de mars 1579. En août de la mêm année, Lady Derby commit encore plusieurs imprudences dont les envoyés espagnols du temps nous ont conservé le souvenir, au cours de leurs rapports. Elle fut arrêt pour avoir proclamé devant témoins, « qu’elle et son ma étaient prétendants au trône ». Une enquête révéla qu’elle avait eu recours à la sorcellerie, en s'adressant à l’une des nombreuses magiciennes d’alors pour savoir si la reine vivrait longtemps encore. Son intention était, sans nul doute, de régler sa conduite en conséquence. À la suite de cette découverte, Lady Derby ne fut pas envoyée sur le champ à la Tour, bien que des ordres eussent été. donnés à cet effet; mais un grand nombre d'hommes et de femmes furent arrêtés pour crime de sorcellerie. Un domestique dans lequel la comtesse avait mis sa plus ferme confiance n’hésita pas à l’accuser nettement. II résulta sûrement de ces événements, qui concordent ayec la venue en Angleterrre du duc d’Alençon et les projets de mariage d’Elisabeth, une sérieuse tension entre Ja.
root reine et les Derby. Mais le comte finit par effacer ces è impressions fâcheuses. On sait qu’il fut désigné, au com- —… mencement de 1585, pour porter l’ordre de la Jarretière à Henri III, à Paris, où il descendit à l'hôtel de Longue- …—… ville, ce qui explique assez naturellement qu’un seigneur - de Longueville paraisse, aux côtés d'Henri IV, dans ….… Peines d'Amour perdues, première pièce écrite par — William. I demeura toutefois quelque peu suspect; car, à son retour, promu Lord Chambellan d'Angleterre, il vit — sa nomination annulée, après un entretien de la reine avec - Leicester. Peu après, en août 1586, son fils aîné Ferdi- “. nando fut, un moment, compromis dans le complot de Babington. ,
- Cependant, quelques années plus tard, vers 1590, l'attitude des catholiques anglais apparut, semble-t-il, plus agressive encore et plus décidée à l'égard d’Elisabeth. La ….… reine avançait en âge, et il devenait de plus en plus néces- … saire, à leurs yeux, de prévoir les graves éventualités de “sa succession. Les plus gros problèmes politiques se m…posaient: fallait-il profiter de la vieillesse de la souve- “—….raine et des animosités que son long règne avait amassées pour précipiter sa fin ou sa déchéance? Convenait-il … simplement de préparer les événements, en faisant tout “pour assurer sa succession à un personnage dont les attaches ou les sympathies catholiques suffiraient à garantir la liberté des fidèles, sinon la révolution religieuse tant souhaitée ?
: Ce problème de la succession d’Elisabeth qui, depuis un certain nombre d'années déjà, avait suscité tant d’intrigues et de tractations, dominait dès lors toute la poli- —… tique intérieure et extérieure du royaume. L'histoire détaillée n’en est pas encore établie, comme il le faudrait, mais il est évident que son importance ne saurait être exa- - gérée. Les Derby y furent associés de très près. Nous — n'avons pas à tracer ici le tableau, assez compliqué, des compétitions passionnées auxquelles donna lieu alors
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l'héritage entrevu du trône anglais, voulant borner cet exposé au rôle de la grande famille qui nous intéresse Un échange continu de vues et de projets politiques. se poursuivait, d’une part, entre les catholiques anglais de l’intérieur, et, de l’autre, leurs coreligionnaires exilés, le gouvernement espagnol, le Saint-Siège et Spé=
cialement l’ordre des Jésuites, dont l’action fut si grande
dans toutes ces affaires. Une autre question, voisine de la précédente, qui offrit alors une signification considérable, fut celle de la légitimité des droits d'Elisabeth, qui souleva, dans tous les milieux où l’on s’occupait de ces dangereux problèmes, des controverses ardentes. Les" partis hostiles à Elisabeth s’y intéressèrent de près. Il s'agissait, en outre, de savoir si les bulles de déposition portées contre la fille d'Henri VIII par la papauté ne déliaient pas, ipso facto, les sujets de tous leurs devoirs d’obéissance. Dans le cas de l’affirmative, la déchéance de la souveraine se fût trouvée acquise de droit: il devenait, dès lors, tout à fait légitime d’user de violence pour la réaliser. On sait que les complots et les projets de déposition ou même d’assassinat — par empoisonnement où autrement —, machinés dans divers buts, se succédèrent avec une singulière fréquence durant la dernière partie du règne (1).
. Deux grandes questions restent donc à l'horizon politique de l’Angleterre pendant la période qui nous occupe: la question de la légitimité des droits d’Elisabeth au trône. et celle du choix de son successeur, puisqu'elle ne laissait aucune postérité. D'autre part, deux solutions étaient envisagées par ceux que préoccupaient le retour du catholicisme et la défense de la liberté religieuse, ou qui aspiraient à un changement de gouvernement et à la suppression du despotisme de la fille d'Henri VIII : la déposition,
(1) Un seul exemple : le complot fomenté par des Espagnols pour empoisonner la reine, 1594. Hatfield, t. V, p. 54.