‹ Le secret de William Stanley, VIe Comte de DerbyChapitre 17 sur 23 · REA · texte numérisé non relu

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Shakespeare and the Welsh (1). Comment ne pa qu'aucune des allusions multiples et précises. qui rencontrent, chez le poète, touchant les personnes. choses galloises, n’a reçu, à travers les 250 pages de ce livre, le moindre nn d’une explication sonnable ou plausible? Nul ne nous a fait comprend jusqu’à présent, comment ont été acquises cette liarité certaine avec les lieux, cette compréhension pé trante et nuancée de la psychologie galloise qui peut-être été jamais dépassée. Les types inoubliabl d'Owen Glendower, de Fluellen, de Hugh Evans

leurs croyances, à leurs superstitions, à leurs mœurs descriptions fracées avec une visible complaisance \ divers sites, tels que ceux de la région de Milford Haye par exemple, dans Cymbeline : tout cela nous prouve le poète a vécu dans une ambiance favorable à une initiation (2). L'idée que le génie devine tout d’inst sans avoir, pour ainsi dire, rien appris, idée qui dor l’ancienne exégèse shakespearienne, et dont tant de. vaux récents sur les écrivains les plus notoires de toute les littératures nous démontrent la parfaite absurdité, suffi jusqu'ici à justifier cette miraculeuse et universelle compétence de l'acteur de Stratford. Il faut, désorme l’écarter absolument et remplacer l’explication commode si vaine, dont on a abusé trop longtemps, par des rapp

chements et des faits concrets. Ceux-ci permettront « substituer le raisonnement et le bon sens à l’incohérenc

(1) Par Frederick J. Harries, Londres, Fisher Unwin, 1919. 4 (2) Nous renvoyons ici, d’une manière générale, à la 1** partie de Henri IV, à Henri V, à Cymbeline, au Roi Lear, aux Joyeuses Com mères, èt à tous les épisodes relatifs au comte de Richmond, de la 35 partie de Henri VI et surtout dans Richard III. Le Puck Songe d’une nuit d’été, qui vient du folklore gallois, s’expliquet naturellement dans une pièce qui évoque l’ambiance chestérienne de: Derby.

onnelle, que condamnent tous les principes d’une ychologie élémentaire.

drame de Richard II met puissamment en relief les

part, aux impôts excessifs dont il accabla ses sujets, et, de l’autre, aux favoris et mauvais conseillers dont il s’enra. La flatterie contribua à l’égarer ; son incapacité et a tyrannie qu’il voulut maintenir à tout prix le conduisirent à l’abîme. N'oublions pas que les adversaires d’Elibeth, à l’intérieur comme à l'extérieur du royaume, irigeaient contre elle exactement ies mêmes reproches. ela a été déjà observé, il y a cinquante ans, avec une are sagacité par un historien anglais éminent (1). impson a. bien vu que nombre de passages de Richard II e sont que l’écho des murmures de mécontentement à

Vipres critiques formulées dans la pièce shakespearienne et celles qu’on rencontre dans quantité de documents du | emps, le parallélisme est saisissant. Citons seulement ce … passage de la scène 1 de l’acte II:

….NORTHUMBERLAND. — Par le nom de Dieu, c’est une honte que de telles injustices lui soient faites, à lui, un prince royal, et à beau- | coup d’autres de sang noble, dans ce pays en décadence. Le roi ne S'appartient pas à lui-même, mais il est bassement mené par ses “flatteurs, et ce dont ils accuseront n'importe lequel de nous par pure haine, le roi le poursuivra successivement contre chacun de nous, . contre nos Vies, nos enfants et nos héritiers.

… ROSS. — Il a pillé les communes par des taxes énormes, et il a presque perdu leur affection; il a imposé des amendes aux nobles « pour d'anciennes querelles, et il a presque perdu leur affection. WiLLOUGHBY. — Et chaque jour de nouvelles exactions sont

fe (1) The New Shakspere Society’s Transactions, London, 1874, 5} in-8°, p. 406 et suiv. : étude de M. Richard Simpson. Dans son —…. excellente édition de Richard II, M. Verity présente des remarques ‘analogues.

ce re ses nobles ancêtres avaient acquis par la lutte. H a dans la paix plus qu’eux dans la guerre.

Ross. — Le comte de Wiltshire tient le royaume à

WILLOUGHBY. — L’opprobre et la ruine sont suspendus de sa tête.

ROSS. — Et cependant, malgré ses lourdes taxes, il n’a da pour ces guerres irlandaises que par le vol du duc banni..

NORTHUMBERLAND. — Son noble parent, Ô roi très dégé Mais, Lords, nous entendons siffler cette terrible tempête, et cepei dant nous ne cherchons De d’asile por éviter louragan. Nous” voyo

C’est l'évocation See des doléances Go par un Verstegan (1592), un « Philopater » (même da et par quantité de textes des Domestic Papers du Recor Office, à l’époque précise où fut composé Richard Des deux côtés, se retrouvent presque les mêmes mot Derby se fait ici l'interprète des critiques patricienr que chaque jour voyait se renouveler, soit contre. Leicester, soit à propos des exigences royales, Sans cess croissantes, en matière de redevances et d'impôts. On sa à quel point la noblesse se plaignit des dons et subsid: prétendus volontaires, que lui imposait Elisabeth. L'o pression fiscale, aussi bien que le gouvernement despt tique et la puissance des favoris excitèrent, plus q jamais, vers 1594, les plaintes de l’aristocratie et d°

(1) Est-il besoin de faire remarquer qu’il s’agit ici du rèpne dE sabeth ? Il n’y avait pas de dons de bienveillance au temps Richard II.

(2) Suit l’annonce de l’embarquement, à Port-Blanc, en Bretagne, du duc de Hereford et de ses compagnons, et de la révolte escomptée.

du Nord. Derby avait son principal point d’appui dans cette partie, du royaume. -

otable partie de la nation. De là, aussi, les chances plus ndes qui semblaient devoir favoriser les tentatives du ti d'opposition qui s “appuyait sur Derby. Comme on l'a dit justement, la question n’est pas de savoir si les … accusations dirigées contre Elisabeth et son gouverne- - ment étaient entièrement justifiées, ou même partielleent fondées, mais si elles furent répandues et accrédiées.…Les années 1592-1593 apparaissent comme une période de crainte. Le trésor d’Elisabeth était vide. Le Lord Trésorier déclarait qu'il avait épuisé tous les fonds isponibles du royaume à solder les troupes anglaises -cantonnées dans les Pays-Bas et à envoyer des subsides à - Henri IV et à Jacques VI.

… Le poète semble faire parler Burghley, par la bouche de Bushy, lorsqu'il dit que les communes chancellent, car -« elles portent leur dévouement dans ieurs bourses et quiconque y puise remplit leurs cœurs d’une haine mortelle en proportion du vide qu’il y fait ». Plebis Angli- canæ ingenium, — dit Burghley, — ad seditiones prœceps . si pensitationibus extra ordinem opprimantur (Simpson). 5 Il\y eut donc, durant cette période, des moments singu- … lièrement difficiles, pendant lesquels les circonstances sembièrent mûres pour un changement de règne. Richard II demeure comme un témoin authentique de … cette époque d’attente, traversée par d’étranges crises. : L'œuvre nous offre, en dehors des premiers rôles, une —. série de figures politiques qui ont été traitées avec un …—. relief et une pénétration des problèmes moraux qu'aucun — drame historique n’a sans doute surpassés à l’époque moderne. Citons seulement celle du duc d’York, dont 24 Montégut a pu écrire: « Rarement on a touché les res- — sorts invisibles et subtils de la nature humaine avec une … adresse plus sûre que ne j’a fait Shakespeare dans ce … personnage.» Il n’est pas un de ces rôles qui ne révèle une . expérience accomplie des milieux sociaux les plus élevés — et par définition les moins accessibles au vulgaire —

Abo | a

de l'Angleterre d'alors. Le drame fait, en outre, admi rablement comprendre que la chute du monarque était inévitable. Avec quelle émouvante générosité Jk poète, tout en faisant ressortir le caractère fatal des événements, a laissé apercevoir les côtés poignants de l’infor-. tune royale! Si les erreurs du monarque déchu, et notam-. ment son injustice flagrante à l'égard de Jean de Gand, dont il confisque les biens, et de Bolingbroke, appa-. raissent avec une parfaite netteté, le spectateur, par contre, ne saurait se soustraire aux sentiments de pitié qu'il. inspire. Un souffle d'humanité profonde circule à travers plusieurs épisodes, adoucissant, dans une certaine mesure, ce que les nécessités politiques impliquent de trop rigou-. reux. Combien l’auteur nous apparaît préoccupé par la. question de la légalité de la déposition royale, vers laquelle les faits nous ramènent sans cesse! A travers les discus-. sions qui précèdent le changement de dynastie, perce le double désir de scruter les conséquences que cet événement pourra comporter dans l'avenir et de prévoir s’il. pourra servir de précédent, le jour où les fautés d’un autre souverain viendraient à provoquer les mêmes. criants abus. | a La scène de la déposition, totalement inventée, nous l'avons dit, renferme un passage énigmatique qui a souvent attiré l'attention des commentateurs. On peut y reconnaître, avec une extrême vraisemblance, l’allusion la plus audacieuse qui püût être risquée alors: je veux parler du problème redoutable de la filiation authentique d’Elisabeth. On sait que le grief d’illégitimité fut maintes fois renouvelé contre elle par ses adversaires. Le parti catholique en usa dans la plupart des polémiques qu’il soutint touchant les raisons qui justifiaient la déposi-.… tion éventuelle de la reine. Voici ce passage (acte IV, vers 255-2590) ;

LE ROï RICHARD (à Northumberland) : Je ne suis pas ton seigneur, hommé insolent et hautain, ni le seigneur de personne; je n'ai pas

Quand Bolingbroke, devenu Henri IV, pardonne à l'évêque de Carlisle et quand, dans l’instant qui suit, le nouveau souverain blâme le meurtrier du roi déchu, il semble que le poète fasse entendre la conclusion dernière à laquelle il s’arrête.

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