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Lee, etc., aient omis de faire remarquer, et cette chos es capitale. En 1622, un an avant l'édition du premier foli et six ans après la mort de l’acteur William Shakespea parut un nouveau quarto — le sixième — de RichardIL chez Mathew Law. Ce quarto contenait des fautes dim pression caractéristiques: or, douze d’entre elles. retrouvent dans le premier folio, publié l’année suivan Il faut donc admettre, avec une entière certitude, qu l'édition du folio a été basée sur le quarto de 1622: Mai le folio offre, nous l’avons vu, près de deux cents ver nouveaux (1) et environ deux mille changements d: détail, d’après un calcul fait tout récemment. Les éditeu les plus autorisés des œuvres de Shakespeare, et spécial ment les éditeurs de Cambridge, estiment que le text ainsi notablement accru et modifié, de 1623 est « tout, fait dans la manière de Shakespeare », et ils n’hésiten pas à attribuer les additions et les corrections Si nom: breuses du premier folio au poète lui-même. On peut dire que c’est là, actuellement, l'opinion admise par tou les érudits shakespeariens. L’excellent bibliographe Alfred Pollard et Sir Sidney Lee s’y sont rangés nett ment. Ce dernier reconnaît que la version du folio est texte authentique de Shakespeare. Or, une seule hypo= thèse-se présente à l’esprit comme susceptible de concilie tous les faits qui viennent d’être exposés. Puisqu'u exemplaire du quarto de 1622 a servi sûrement et matériellement, si jose dire, comme textesde base, pour l’éta= blissement du texte du folio, il faut admettre de toute évidence que les additions et les corrections, qui, par IEUr frappante justesse et leur précision minutieuse, témoignent “2 de l'intervention très certaine de l’auteur, avaient dû être portées sur cet exemplaire. Qu’on y songe : deux mille changements, répartis à travers 3,600 vers ou environ. Il est donc incontestable que celui qui fit ce travail de …
(1) Certains éditeurs en comptent exactement 193.
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vision vivait en 1622, puisque le quarto de cette annéelui servit pour cette tâche. Il y fit ses additions et ses «corrections. Quelle autre hypothèse concevoir ? \ m…Celle qui supposerait l'existence d’un nouveau manust d'auteur complet utilisé pour le folio, doit être écard'emblée en raison des fautes d'impression repro- “duites sur ce dernier, d'après le quarto de 1622.. . Pollard pense qu’« un exemplaire de cette dernière ition, pourvu d’additions et de corrections, faites après le manuscrit original, servit de base au texte du lio ». Mais qui ne voit à quel point le report qu’il imagine de deux mille corrections est de tout point invrai- . semblable ? Le scrupule d’un simple intermédiaire, se substituant à l’auteur mort depuis six ans et accomplissant, d’après son manuscrit, ce travail de marqueterie, ne saurait se concilier, un seul moment, avec les habitudes … du temps. Au reste, l’histoire même de la publication des œuvres shakespeariennes, avec toute la prodigieuse négligence qu'elle suppose en matière de textes, est là pour “nous détourner d’une telle hypothèse. Il n’est qu’un « moyen d'expliquer tout cela: l’intervention exceptionnelle — de l’auteur, vivant encore en 1623 — ce qui était le cas “ de Lord Derby et non pas celui de Shakespeare — et … ayant un intérêt spécial à donner à Richard 111 une cor- - rection aussi grande que possible et à compléter la pièce. “ Or, justement, cet intérêt existait pour Derby, qui avait | exposé dans notre drame l’histoire de l'élévation politique “et socials de sa famille. En 1622-1623, la réserve absolue, … où pour mieux dire le mystère dont il avait dû s’entourer …— vers 1597-1598, et dans les années suivantes, n’était plus …. nécessaire au même degré. Les stratfordiens ont toujours “.été fort embarrassés par ce problème du texte de . Richard III. Presque tous ont confessé son insigne com- — plexité et l’impossibilité où ils étaient de le résoudre. Sur ce point, comme sur d’autres, notre démonstration
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tudes (1).
Mais ce n’est pas tout: l'étude du texte de Rich va nous révéler certains autres faits fort Hess
cette pièce avaient signalé une étrange none Thomas Stanley, ancêtre du nôtre, qui y joue le rôle t en vue que nous avons résumé plus haut, ne devin le sait, 1* comte de Derby qu'après l’avènemen Henri VII, qui récompensa par cette dignité son dé ment décisif à sa cause (octobre 1485). Il n’a sd droit à ce titre au Cours des cinq actes de Richarc
nommé Lord Stanley, cette remarque, placée entre p thèses : (qui devint plus tard comte de Derby) (2). EL reur n'était donc pas possible : l’auteur du théâtre shakespearien, trouvant partout, dans sa source historiqi le personnage appelé Stanley, né pouvait se tromper aucune manière sur son nom ni lui donner, par anticip tion, un titre qui, à l’époque où se passe la pièce, n° nullement le sien.
Et cependant, aussi bien dans les quartos que dan folio, avec des différences et des alternatives qu "aucun raison apparente n’a pu expliquer jusqu’à présent et. qi seront précisées un peu plus bas, Stanley est appelé.
(1) Voyez'les études d’Aldis Wright et de Sir George Greeny Cf. en outre, Sous le Masque, t. 1er, pp. 265-271, l'édition. Richard III, donnée par Furness, et surtout The National Revi mars 1922 (article de M. G. Hookham}, etc. On trouvera dans tion Furness l’indication de toutes les additions et corrections.
(2) Shakspere’s Holinshed by W. G. Boswell-Stone, 1806, in: p. 363. Holinshed reproduit dans toute cette partie de sa | Chronigu une Vie de Richard III de Sir Thomas More.
s souvent comte de Derby ou Derby tout court. Pour
pérsonnage de Stanley impliquant, je le répète, de ibreuses interventions et allusions — une telle partirité paraîtra bien faite pour attirer l'attention des tiques. Dans le théâtre shakespearien tout entier, on > sauraït, ni de près ni de loin, en découvrir l’équivait. Une série d’érudits ont cherché, depuis longnps, à éclaircir cette étrange exception. Toutes sortes “hypothèses ont été formulées : aucune cependant n’a
ur a consacré l’érudit de haute valeur dont nous avons l'occasion d'évoquer déjà le nom (1).
= Lord State apparaît pour la première fois à la troisième scène 4 premier acte; on l’annonce et on s'adresse à lui pendant toute e scène (selon le quarto (2) et le folio), sous le nom de Lord Derby. Il réapparaît dans la première scène du deuxième acte, on le désigne par Derby ou comte de Derby, bien qu’on ne adresse pas à lui personnellement dans le dialogue. Selon les inditions scéniques du folio, il est également Derby dans la seconde scène de ce même acte, bien que dans le quarto son nom ne soit pas ‘prononcé. Jusqu'ici, par conséquent, les deux textes sont d’acord en principe et n’offrent aucune difficulté, en dehors de l’anahronisme qui est commis lorsqu'un homme est appelé par son x ernier titre, alors qu’il n’en était pas encore investi. Mais, dans la emandant à Catesby son opinion sur ce que fera Sfanley. À la seconde scène, un messager envoyé par Lord Stanley vient frapper
après nous avons dans les deux textes: Entre Lord Stanley, et ses
. 1875-1876, pp. 65 à 74 et aussi 7-8, 22-25, 83 et 92.
… (2) Cependant, je note que dans les quartos, I, sc. 3, 1. 21, on - trouve Stanley, alors que le folio donne Derby. Nous unifions les formes Derby et Darby.
(3) Simpson se trompe en faisant intervenir ji i Richard. -
remière scène du troisième acte, nous voyons Buckingham (3)
à la porte de Hastings, qui appelle de même ce seigneur; et peu
(1) Richard Simpson, The New Shakspere Society’s Transactions, P P