‹ Le secret de William Stanley, VIe Comte de DerbyChapitre 20 sur 23 · PR 02 EP EN SN CR · texte numérisé non relu

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s'était aperçu de DNS et l'avait corrigé. *

Mais dans la quatrième scène du même acte le nom de Dertoi mentionné parmi les Lords qui se rendent au Conseil, et ses parol sont précédées de Der.; cependant, un peu plus loin dans cette m scène, Hastings, rappelant son rêve avertisseur, le nomme Stanley. nouveau, et dans la première scène de l'acte suivant, et selc les indications scéniques des deux textes, Stanley fait son apparition

Jusqu'ici donc, le quarto et le folio s'accordent dans leur ma: de logique, et l’on ne saurait faire aucune déduction en faveur l’un ou de l’autre. Ils diffèrent toutefois dans les deux scènes sui vantes. Dans l’acte IV, scène 2, le quarto annonce l’entrée de Der. et imprime Der. devant son premier et unique discours (bien q Richard l’appelle Stanley au cours d: la scène entière). Nous co statons la même anomalie dans la scène 3. Derby entre et Der. parle D'un autre côté, le folio maintient le nom de Sfanley dans ces de scènes: Lord Stanley entre, Stanley parle, et ses interlocute l'appellent Sfanley... Lorsque nous arrivons à la dernière scène IVe acte, nous constatons que les deux textes font à nouveau preu de contradictions entre les indications scéniques et Île texte. Da l’acte IV, scène 4, Derby entre et Der. (ou Dar.) parle, aussi bi dans le quarto que dans le folio. Dans l’acte V, scène 2, Richmon (d’après les deux textes également) parle de lettres rèçues de sor beau-père Stanley et demande où est cantonné Lord Stanley. Plus loin, dans la scène 3, Derby (dans les deux éditions) vient trouver. Richmond sous sa tente et ses discours sont précédés de Der. ou Dar Plus loin encore, Richard ordonne (dans les deux textes) de fair venir Lord Stanley et demande si Lord Stanley apportera son con cours. Puis, finalement, après la mort de Richard, Derby portant. la couronne entre avec Richmond, et ses discours, comme précédem ment, sont indiqués par Dar. dans le quarto et Der. dans le folio Nous en concluons que la correction fut faite de façon fort négligé et incomplète. ,

Au plus haut point surpris par ces constatations, Simp son essaie, au cours d’un curieux examen qui prend plusieurs pages, de les interpréter. Comme on peut Sy. attendre, ses efforts restent vains: le puzzle est trop com-

pliqué. Quatre autres notes, plus ou moins étendues, sont encore consacrées, dans le même volume des Transactions,

su. Posons en principe que l’erreur de l’appellation Derby ne saurait être involontaire. Toutes les sources consultées par le poète s’accordaient à l’en détourner d’une manière bsolue. L’alternance de Stanley et de Derby, dans les deux textes, suffit, du reste, à écarter toute hypothèse de “lapsus. Quant à l’hypothèse relative aux corrections commencées et interrompues, il n’y a pas lieu de s’y arrêter - davantage: elle se trouve exclue par la seule discontinuité des deux appellations, réparties, semble-t-il, au hasard. Ainsi donc, nul point de repère; il faut le reconnaître: nous sommes en présence d’une véritable énigme.

— Mais cette énigme, à la lumière de l'enquête que nous …. poursuivons, disparaît totalement, pour faire place à l’ex- * plication la plus naturelle. Le VI° comte de Derby, écri- … vant la tragédie de Richard III, — conclusion de la — guerre des Deux-Roses, dont il avait rêvé d'écrire la dramatique histoire, dès la première partie de Henri VI— “entreprend à la fois d'exposer un exemple mémorable de changement dynastique, amené par les crimes d’un souverain usurpateur, et de mettre en pleine évidence le. … rôle essentiel joué, dans ce grand événement, par son “ancêtre direct, à qui était due l'élévation de sa famille. …. Montrer que les Tudors devaient en réalité la couronne . d'Angleterre à l'intervention et au geste inoubliable du …. beau-père de Henri VII, faisait assurément partie du —. plan de propagande, conçu, en quelque sorte, par le …. VI° comte et par le parti qui voulait le porter jusqu’au trône. Mais comment faire bien comprendre le lien qui rattachait les Derby, connus sous ce nom dans toute l'Angleterre, en mettant simplement en cause un Thomas Stanley? Ce nom, très répandu, n’eût frappé personne, en dehors d’un cercle restreint. Puisqu'’il s’agissait de mettre en plein relief la grandeur, vieille déjà de plus d’un siècle, des Derby, il importait de présenter sous ce

Le but politique était ainsi Re atteint. La ne rité du représentant actuel de l’illustre famille avec futur premier comte, à qui Henri VII avait dû la victoire de Bosworth, était rendue sensible à tous les yeux. puissant argument à faire valoir pour un prétendant.

indice révélateur: quand, à la dernière scène du dra celle du dénouement, le combat est terminé par la m

see solennelle du couronnement, ii n’y a place que pour nom Derby. Cette explication définitive écarte du mê coup toutes les conjectures accumulées chez les commen:

(1) Alors que dans les scènes précédentes nous avions rencontr Stanley. On sait la place faite à George Stanley, fils de Thom dans ce dernier épisode. Observons encore que Stanley est présenté, dès la première scène où il apparaît (I, 3), en qualité de Derby, ECS les quartos comme dans le folio, et que dans la scène essentiel où il va trouver Richmond dans sa tente il est encore Derby, deux côtés. Chose frappante: Richard, chaque fois-qu’il appelle or Stanley, lui donne son véritable nom et n’use jamais de Derby. Cett nuance achève d'expliquer les raisons qui ont présidé au choix de Ke appellation ou de l’autre. Derby s’applique, de préférence, à tout qui met l’ancêtre de William en belle posture. Si Richmond appel son beau-père : Stanley, c’est que l’appellation Derby eût ES dans bouche, une erreur particulièrement choquante. Dès qu’on exami les choses d’un peu près, chaque emploi de nom apparaît comm calculé avec logique.

eurs: par les circonstances de sa publication, aussi bien ar sa substance et par les nuances de son texte, le

1 VI° comte de Derby.

Il. « Le Roi Jean » : les allusions de ce drame à la politique contemporaine. Le droit à la couronne d'Elisabeth. Une démonstration saisissante de Ri- -chard Simpson, en 1874. Derby contre les inter-

ventions étrangères.

Avec le Roi Jean, un nouvel horizon, non moins riche …— en perspectives inattendues, va s'ouvrir devant nous. On

sait que cette pièce est attribuée à la période 1593-1594 par tous les récents commentateurs ou critiques. Elle est - donc exactement contemporaine des deux pièces poli- … tiques que nous venons d'étudier. Si nos déductions sont

- préoccupations de William Stanley, durant l’époque où, - plus fortement peut-être qu'à aucune autre, son esprit … se trouva hanté d’espoirs et de rêves royaux. De même que dans la troisième partie de Henri VI et dans … Richard II, l'emploi de la prose est entièrement banni de - King John, qui ne fut publié qu’en 1623, dans le folio. - Nous rappelons qu’une ancienne pièce qui traitait du “ même règne et qui avait vu le jour en 1591, reparut en » {611 avec la mention: « written by W. Sh. », et en 1622, avec le nom entier de Shakespeare, bien que l’auteur du - théâtre shakespearien n’y fût assurément pour rien.

Dans le Roi Jean, le dramaturge prend une attitude — nettement hostile à l’égard du souverain anglais, vil, bas, - capable de toutes les trahisons. Il le considère, d’autre part, comme un véritable usurpateur, qui exerce le pou-

me de Richard II nous révèle qu’il est bien l’œuvre .

| exactes, ce drame doit refléter également les idées et les :

duc de Bretagne, fils de son frère Geoffroy. On sait a quelle cruauté le roi traite son neveu; CeIUECE

oncle. Derechef, nous assistons à un soulèvement des. barons anglais, exaspérés par les agissements du souve= rain. À côté d’eux, Philippe Faulconbridge, bâtard de Richard Cœur de Lion, incarne le type de l'Anglais courageux, franc, positif, tout rempli de l’orgueil national. Ici encore, nous canstatons que la déposition royale est sou haïtée avec insistance au cours des luttes que le drame voit se poursuivre en France (1) et en Angleterre. Les questions de légitimité et de succession régulière au trône. se trouvent sans cesse évoquées. Nous ne parlons pas de un très suggestives consacrées aux affaires religieuses à la politique nationale qui s'affirme nettement à ne diet Les recherches historiques dont les présentes pages exposent jes résultats allaient être terminées, lorsqu'il nous arriva de rencontrer, grâce à une circonstance presque fortuite, une confirmation inattendue des con clusions auxquelles ce travail nous avait conduit. Une vérification de textes nous amena, en effet, à consulter divers mémoires insérés par l'historien Richard Simpson, . en 1874, dans The New Shakspere Society’s Transactions (2). Ces articles, aujourd’hui bien oubliés, puis-. qu’ils remontent à près d’un demi-siècle, s’appliquaient justement à des sujets tout voisins de ceux qui nous occupaient: L'emploi politique du théâtre au temps de Shake: speare; Etude sur la politique dans les pièces historiques « de Shakespeare. Quelle ne fut pas notre satisfaction, en.

(1) Notons le rôle considérable joué par la ville d'Angers dans cette pièce. Il est utile de rappeler que Willium Stanley séjourna dans cette cité, au cours de son voyage en France. Le

(2) Trübner & C°, Londres, in-8°, pp. 371 à 441.

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