SPORE
constatant que ce remarquable érudit avait aperçu, avec une extrême netteté, la signification politique d’un grand ombre de pièces de Shakespeare! Son attention s'était ortée spécialement sur les drames relatifs à l’histoire anglaise, et il avait formulé, à propos de chacun d’eux, es remarques les plus pénétrantes. Il avait vu, en partiulier, les rapports très certains qui existaient entre ces pièces et la situation politique du temps d’Elisabeth, au moment précis où elles furent conçues. Une tendance singulière l'avait frappé au plus haut point, chez le poète, à savoir Sa préoccupation constante, à travers les tragédies nationales, de traiter de questions relatives à la succession au trône, à la transmission de la couronne, aux Changements de dynastie, à la légitimité des droits des prétendants, aux dépositions de rois, aux meurtres politiques de souverains et d’héritiers légitimes, au rôle de la noblesse, bref à tous les problèmes qui s’agitaient précisément en Angleterre, et, en particulier, autour de Derby, durant la période qui vit éclore cette incomparable « épopée » historique.
Sionnante enquête, découvrir soudain qu'un esprit de - bonne trempe, armé d’une connaissance approfondie de l’époque élisabéthaine, avait deviné, cinquante ans aupa- “…ravant, les mêmes dessous historiques que nos recherches … personnelles venaient de nous révéler : quelle rencontre — Ssaisissante, et combien les résultats obtenus dans ce … domaine pouvaient inspirer au signataire de ces lignes une nouvelle et ardente confiance, grâce à cette confirmation imprévue! Certes, à l’heure où écrivait M. Simpson, il ne pouvait être question de Derby, en tant qu'auteur des œuvres shakespeariennes; la question de l’authenticité de ces dernières n'avait été encore “ que très insuffisamment posée, et, cependant, comme “ par une étrange divination, l'historien évoque à
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REMAPIES E
diverses reprises, au cours de son travail, le nom de famille, en notant qu’elle fut fréquemment mêlée, | d’autres, aux affaires de la succession éventuelle d’Elis beth, aux complots des catholiques, aux projets de d sition de la reine: en un mot, aux faits politiques qu ses yeux, apparaissent d’ une manière évidente à tra
tion stratfordienne. L’ a d'établir le moi lien entre la figure médiocre de l’acteur et les haute: visées de ces drames détourna les esprits des magnifiques. perspectives qu'avait ouvertes Richard Simpson. Aussi: ses fortes pages, qui conféraient aux œuvres du poète vie si intense en même temps qu'un sens insoupçont restèrent-elles, ou peu s’en faut, à l’état de lettre mor Quelques mots sur Richard Simpson ne seront pa ‘inutiles pour afttester la rare valeur de cet esprit. Né en 1820, il mourut en 1876, peu après la mise au jour. mémoires qui nous intéressent. Protestant d’origine, il convertit au catholicisme et poursuivit avec une grand activité des études d'ordre historique et politique connaissance de la période élisabéthaine, en particuli fut hautement appréciée par ses contemporains. Elle trouva favorisée par l'exploration des papiers d'Eta qu’il fut l’un des premiers à étudier avec une ardeu infatigable. Collaborateur de la North British Review musicien renommé, il s’occupa avec PrédiEcHon des
aigue
tudes shakespeariennes, ce qui l’amena à devenir embre du comité de la « New Shakespere Society ». “Très apprécié par Gladstone, il! fut son collaborateur pour $ questions relatives au catholicisme pendant Ia tenue u concile du Vatican. Sa compétence en matière d’hisoire religieuse du xvI° siècle était, au reste, sans rivale n son temps, grâce à l'étendue et à la sûreté de son formation. Son ouvrage sur Edouard Campion fit orité. À côté de son précieux labeur scientifique, il fit uer et rééditer quantité de pièces de l’époque d’Elisa- “beth. On n’a pas à donner ici l’énumération des travaux “de Simpson, pas même de ceux qu’il consacra à l’ancien théâtre anglais. Qu'il suffise de mentionner ses divers essais sur les sonnets shakespeariens: les difficultés mul- “tiples que soulève le célèbre recueil l’attirèrent entre outes. Pour conclure, il y eut en lui, à côté d’un lettré élicat, un historien de grand mérite, pourvu des meil- Heures méthodes et familier avec tous les documents origiaux et les sources alors accessibles. L’un des premiers, pratiqua avec succès l’histoire, trop négligée encore ujourd’hui, des idées et des sentiments.
…. Voilà l’homme qui a si pertinemment scruté les aspects politiques du théâtre de l’auteur de Richard III. À travers - Je temps, nos propres études ont rejoint les siennes, les onfirmant et les complétant, sans faire en aucune façon - double emploi avec elles, comme on pourra le constater par une simple comparaison. Le fil conducteur que nous a procuré la théorie relative à Lord Derby manquait à Simpson, ainsi que nombre de données importantes qui ont été acquises pendant les cinquante dernières années. … En tout cas, le fait que nos recherches ont été, d’un bout …. à l’autre, indépendantes des siennes, milite grandement en faveur du bien-fondé des unes et des autres. … C’est surtout à propos de la tragédie du Roi Jean que la démonstration de Simpson a pris un développement tout … spécial. Il découle de son exposé une série de consé-