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aucun autre contemporain de Shakespeare. Commen l’expliquer ? L’orthodoxie stratfordienne, méconnaissan cette difficulté, aussi bien que toutes les autres, ne s’est nullement préoccupée de l’éclaircir ou du moins elle ne l’a expliquée que par des raisons dénuées de toute valeur Cette pratique singulière commença en 1594 (1), avec les initiales, quatre ans avant que le nom de Shakespeare parût en toutes lettres sur une production dramatique réputée authentique. Notons que la tragédie de Locrine. fut publiée en 1595 « as newly set foorth overseene and. corrected by W. S. ». De même, Lord Cromwell, en 1602, est donné comme « written by W. S. ». En 1607, nouvel emploi des mêmes initiales — qui sont aussi celles de William Stanley — dans The Puritaine.
Pendant la même période, le nom entier de William. Shakespeare apparaît sur une série d’autres pièces, par exemple, en 1600 : The first Part of the. Life of Sir John Old-Castle, the good Lord Cobham. Às it hath bene. lately acted by the Right honorable the Earle of Notingkam, Lord High Admirall of England his Servants.
(1) Citons, à ce sujet, la plus récente édition de À Life of William Shakespeare, de Sir Sidney Lee, édit. de 1922, p. 260: « Shakespeare’s assured reputation is convincingly corroborated by the value which unprincipled publishers attached to his name and by the zeal with which they sought to palm off on their customers the productions of inferior pens as his work. The practice began in 1594 and continued not only through the rest of Shakespeare’s career but for some half-century after his death. The crude deception was not wholly unsuccessful. Six valueless pieces which publishérs put to his credit in his lifetime found for a time unimpeded admission to his collected works. » L’explication donnée par Sir Sidney Lee n’en est pas une. Pourquoi le privilège de tant de fausses attributions est-il 0 réservé à Shakespeare? C'est évidemment parce que les éditeurs étaient sûrs que le poète ne pouvait protester, obligé qu’il eût été, pour le faire, de dévoiler sa véritable personnalité.
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ten by William Shakespeare (1). N'est-ce pas d’une le audace? Quel autre poète s’est vu traiter avec une telle désinvolture? La série continue avec The London … Prodigall, en 1605, À Yorkshire Tragedy, en 1608. Cette dernière pièce porte non seulement le nom de Shakeséare sur son titre, mais aussi dans la « license » obtenue our sa publication. Une vieille pièce sur le roi Jean fut areillement attribuée à Shakespeare dans des éditions “de 1611 et de 1622. Par la suite, ces attributions fraudu- … jeuses ne firent que se multiplier. On a pu leur consacrer écemment nombre d’études et des volumes entiers, sans que personne, je le répète, ait jamais réussi à expliquer ce phénomène étrange et exceptionnel!
— Songeons encore à l'incertitude du canon shakespearien. Que de pièces contestées: agréées par les uns, écartées par les autres (2) ; que de variations à cet égard, depuis cent cinquante ans! Et je ne parle pas ici des pièces …. qui ont été ajoutées aux éditions collectives après 1623. “… Qui pourrait affirmer que la pièce intitulée The Noble … Kinsmen, quoique écartée des éditions modernes de Shakespeare, et cependant publiée en 1634 sous son nom et celui de Fletcher, n'appartient pas au poète? Qui éclaircira les énigmes de Faire Em (3) et de Mucedorus? —… Pourquoi le célèbre The Passionate Pilgrim, publié dès … 1599 avec la mention: by W. Shakespeare, et dont … seulement le quart des pièces peut être attribué au poète,
(1) Certains érudits prétendent que cette édition, fort gênante, qui porte la date de 1600, est en réalité de 1619. II y eut aussi, en 1601, une publication faite par Weever de The Mirror, etc., où l’on cite des phrases du second Henri IV de Shakespeare, « which by covert implication convict Shakespeare of fathering — the false Old castle ». Ë (Lee, p. 245.)
". (2) Pericles, Titus Andronicus, Henri VIII, Henri VI, Timon d’Athènes, etc.
3) Faire Em fut joué par la Compagnie dont faisait partie Sha- D'xespeare, pendant que cette troupe avait Lord Strange, frère de
William, comme patron.
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a-t-il été mis exclusivement sous son nom? Qui pour compter les mentions de pirates, piratical, employé depuis un siècle, par tous ceux qui ont traité des éditeu et des éditions de Shakespeare? Le seul fait que expressions reviennent, dans tous les ouvrages consacrés au poète, un nombre infini de fois, prouve le désarroi de: critiques. Est-ce que, véritablement, le mystère n’apparaît pas, à chaque détour, dans le domaine shakespearien Cette impression est si notoire que l’école stratfordienn: effrayée de ces incertitudes multiples, commence, depui peu, à déclarer que les problèmes bibliographiques rela aux œuvres shakespeariennes comportent beaucoup pl de logique et de clarté qu’on ne le supposait jusqu'ici. tout prix il faut sauver la situation compromise. Mais la. volte-face est trop rapide : elle ne fait que souligner l’inco= hérence de ces théories occasionnelles.
Ces autres faits que jamais un poème ou une œuvre quelconque n’a. été dédié à Shakespeare de son vivant, qu’il n’a jamais mis une dédicace en tête de ses pièces, qu’il n’a jamais publié, comme tous les poètes de son temps, une poésie de circonstance, à l’occasion d’un événement marquant, soit pour la mort d’Elisabeth, soit pour celle du prince de Galles, Henry, etc., donne singulièrement à réfléchir (1). L'absence de dédicace surtout, venant de l’homme qui a toujours si âpremen: poursuivi ses intérêts, jusqu’à faire emprisonner son Voi= sin et ami d'enfance, simple caution, pour quelques shil lings prêtés à un autre, est bien faite au premier chef pour surprendre. C’est la même indifférence qui se retrouve dans l’absence de toute revendication de ses droits contre les contrefaçons et fausses attributions d'ouvrages, et par-. ticulièrement de toute disposition testamentaire ou autre, … au sujet de ses œuvres et de leurs éditions. Pour ne pas. (1) Rappelons que la mort de Shakespeare ne suscita aucune épi-…
taphe ou pièce de circonstance, alors que celle de Ben Jonson, par” exemple, nous en a Valu tout près de quarante.
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lus élémentaires de la psychologie.
La place des pièces historiques et politiques dans le éâtre shakespearien. Le sens profond et l'unité évidente du cycle anglais, véritable « épopée drama-