‹ Le secret des plaines d'Abraham [microforme]Chapitre 11 sur 56 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

“Cuvizrers, VErGoR Er Rouvieny. ” VerGor. (Entrant au premier plan, de droite, à pas de loup, suivi de Rouvigny, et, appelant Cuvilliers qui regarde du côlé opposé.) Pst!.. pst!.. Camaradel!.. Camarade!..

Cuvizziers. (Contrarté.)

Quelqu'un !....La peste soit’des importuns ! . .(Se retournant en laissant sa place, surpris :) Tiens. .mais c’est vous, sous-lieutenant Vergor ?..et vous. .sergent Rouvigny ?....Palsembleu | que venesvous faire ici en ce moment ?..

VErGor. (Très troublé.)

En effet... .cher ami....c'est ...c’est nous !.... Nous venions juste... .mille pardons de vous av. dérangé. ...c'est que, voyes- Vous, nous ne pensions pas du tout vous rencontrer à ce poste |...

CuviLiers.

Eh ! Fleur-de-lys !... .rien de plus simple 1... . Histoire de respirer un peu le parfum qui se dégage de cette belle nuit, je me suis fait nommer sentinelle, voilà tout !....A propos, dites donc, mes gaillards, mais puisque ce n’est pas moi que vous désiriez rencontrer ici....il y a donc anguille sous roche ?... .(Souriant.) Ha ! Ha ! Ha !....mes vieux !.... je crois que vous aviez l’intention,d’aller faire

l’école buissonnière, hein ?....mais paf !....au beau moment... pincés !....

Rouviany. (Gracieux.) Ah ! mais vous n'y êtes pas tout à fait, mon lieutenant !.... CuviLLiers.

c’est donc autre chose ?....

Rouviany. (A part.) Bigre !....j'ai trop parlé !....

VerGor. (Donnant, à la dérobée, un coup de pied dans le ‘“‘bas-fond” de Rouvigny.)

Benêt !....Animal !....(A Cuvilliers.) C'est-à-dire, lieutenant, ce n’est pas cela, sans l’être, tout en l’étant. .. .(Redevenant troublé.) car, si Ça l'était... .sans l’être. .. .dame ?....

Rouviany. (Passant devant Vergor.)

Insensé !. .tu bafouilles !....(A Cuvilliers.) P-rdon d’interrom. pre ainsi, mais mon sous-lieutenant veut vous dire... .que. .(Cherchant.) que....que....

d: CuviLuiers. (Souriant.) Qüëwous ne savez pas trop quoi dire, ni l’un ni l’autre, n'est-ce pas ?....

Rouvicny ET VERGoR. (Vivement et ensemble.) Précisément !....

Cuviiciers. (Riant à gorge déployée.) Ah!....Ah!....Ah L....c’est très fort !..

VerGor. (4 Rouvigny, désolé.) Quelle gaffe !....

RouviGny. (Même jeu, et vice versa.) Quelle bouillie !.… -patatras !....

VERGOR

Ouf !... comme j'ai chaud 1...

RouviGny.

Cuviiters. (Continuant à rire.) Voilà d'excellentes raisons et je suis charmé de sieurs. Cependant, veuillez croire qu’elle a suffisamment duré. pour Vous ?..Par conséquent, je vous en prie, retournez à vos casernes respectives, si, naturellement, vous êtes consignés à coucher cette nuit dans les murs !..Je crois que c’est ce que vous avez de mieux à faire. VERGOR. (Saluant.) Bien, lieutenant !....

RouviGny. (Même jeu.) Oui, mon lieutenant 1...

(Court silence durant lequel personne ne bouge.)

CuviiLiers. ( S'apercevant qu'ils sont toujours là.) Dites donc, mes vie

votre visite, Mes-

Pa Etes-vous

VERGOR. (Embarrassé.)

Ah ! non, mon lieutenant, mais c’est qu reSter encore quelques instants. ici Claire, ma

€....je voudrais bien ....afin de vous expliquer... si

ER

Cuvauers. (L’interrompant.) Vous ne pourrez rien me dire de plus clair !.... VERGOR. (Rigolant.)

Het He Het Rules. Evene plaisir que vous m’êtes pas ennemi de la plaisanterie, lieutenant, et ceci m’en- Courage... .car je crois que nous pourrions nous entendre...

Cuvizziers. (Surpris.)

Rouvieny. (Avec importance.)

Oh ! pas grand’chose.

VERGOR. (Passant devant Rouvigny.)

Mais, tais-toi donc, toi !... .(A Cuvilliers.) Voici ce dont il s’agit, mon lieutenant, ayant pleine confiance en votre discrétion. (Amicalement.) Vous savez, je prends respectueusement la liberté de vous parler comme à un camarade ?....

CuvILLIERS.

Vous avez pu voir, Vergor, que je vous ai toujours laissé bannir la discipline entre nous. Ainsi parlez sans crainte !.

VERGOR

Eh bien, figurez-vous done, lieutenant, qu’il y a déjà près de trois ans que mon ami Rouvigny et moi nous avons quitté Versailles. Or là, très malheureusement, nous y laissions alors les deux plus belles demoiselles que nous ayions encore rencontrées dans notre vie si mou. vementée à ses débuts. Naturellement, avant notre départ, nous nous

fiançâmes, et ces chères idoles nous pleurèrent, sans doute, fort long-

: temps, puis finirent, évidemment, par prendre une grave décision, | parce qu'avant-hier, sans tambour ni trompette, nous avions l’agréable surprise de les rencontrer en cette ville. Vous vous imaginez très facilement, mon ami, notre joie à tous !... .Charles et moi, apprîmes

alors que ces dames étaient au pays depuis un mois déjà, et qu’elles

y vivaient fort convenablement en qualité de servantes chez le doc.

teur Arnoux...... de là !....proposition de “rendez-vous”, ete. ete.

Pour piquer au plus court, ces charmantes fiancées sont venues visiter

RL

les remparts, cet après-midi, et, en retour, elles nous ont fait l'honneur d’une invitation pour ce soir.

RouviGny. (Passant devant Vergor.)

Mais/comme depuis que les Anglais forcent leur attaques les permis de sorties sont, à présent, très rares dans notre armée et, n'ayant pu en obtenir un, aujourd’hui encore, le sous-lieutenant et moi, nous avons alors décidé de risquer un grand moyen....enfin... .quelque chose d’épatant.

Cuviiiers. (Surpris.)

Ah!....et ce quelque chose ?.

VERGOR. (Repassant devant Rouvigny.)

Ce quelque chose, je vous l’avoue enfin, lieatenant, espérant que vous ne Vous interposerez pas entre nous et notre projet. Comme naturellement cette tourelle, où nous sommes actuellement, est la plus écartée de la garnison, nous avons pensé que nous pourrions faci lement en descendre-—au moyen d’une corde—afin d'aller passer la soirée en compagnie de nos belles. .… . voilà !....

RouviGny. (même jeu.)

Par conséquent, mon lieutenant, lais.ez-nous passer, voulezvous ?....

Cuviziers.

Je le regrette beaucoup, mes amis, mais je suis obligé de vous refuser, car, vous ne seriez pas aussitôt partis que, dans votre chambrée, votre absence serait vite remarquée. Alors votre honneur serait soupçonné et le mien avec, puisqu’en vous aidant, je serais aussi coupable que vous. Non, croyez-moi, Messieurs, il vaut mieux pour vous ne pas sortir ce soir, puisque vous êtes consignés dans les murs. Allez, vous me remercierez demain, et vos fiancés ne vous en aimeront que davantage, vous verrez !.

VERGOR

Puisse le Ciel vous entendre !..…

Cuviluters. {Présentant la main.)

Donc, c’est sans rancune !. .. . Vous savez, mes amis, je suis à Vous pour toute autre chose, mais pas Pour ce que vous venez de me

demander là c’est impossible ! VERGOR. (Pressant la main que l'ui tend Cuvilliers.) Au fait vous avez raison, Cavilliers, notre intention était folle. RouviGny. (Même jeu.) C’est vrai, ! -utenant, nous allions mal agir, et nous vous sommes redevables pour nous rappeler à l’ordre si À propos ! VERGOR. (Saluant et tournant à droite.) Ainsi, bonsoir, ami Cuvilliers !...….

Rouvieny. (Même jeu.)

Oui, et bonne nuit, mon lieutenant !

Cuviziers. (Rendant les saluts.)

Merci, mes amis... .au revoir !.

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