CLAIRE
J'y vais de grand cœur !....
YVONNE
Et moi de même !...
née rie !
que ns
CLAIRE ET YVONNE. (Saluant et sortant vivement.) Madame. ... Lieutenant... (Elles sortent alors.) SCENE IV.
‘ Léa et Cuvilliers.”’ Cuvizuiers. (Enlançant la taille de Léa.) Quelle triste journée s'annonce là, ma toute belle, et combien doit être sombre, en ce moment, l’âme de notre infortuné général !.
. Comme il doit souffrir !.
Léa. (S'appuyant tendrement sur C'uviliiers.)
Oh ! oui.... Eugène, combien grande doit être sa souffrance! --.. se voir ainsi impuissant, blessé, et éloigné du sol natal, de son manoir de Candillac, de sa chère famille, de sa digne châtelaine, et de ses gentilles demoiselles dont il aime tant à parler !.... Oui, comme ces blessures corporelles qu’il vient de recevoir si vaillamment, ne sont rien encore à côté de celles qui doivent étreindre son pauvre cœur, si brisé déjà, hélas, par toutes les odieuses per-
sécutions dont il a été l'objet depuis on arrivée dans ce pays.
Cuviliers.
Oui, tu as raison, ma Léa ; comme tout homme honnête et possédant une position honorable dans la carrière des armes, M. le Marquis a beaucoup d’ennemis de la part de ceux à qui sa loyale présence peut nuire. Nonobstant cette étrange anomalie créée par toutes ces vaines critiques que la fausse ambition—ou encore, la convoitise du veau d’or-font sournoisement agir, le général de Montcalm ferait, selon moi, le meilleur maréchal de France qui n’a jamais existé depuis sa création !....
Léa.
I] le sera sûrement un jour en récompense de ses si appréciables services.
Cuviuiers. |
Je n’en doute pas ....s'il vit! Mais, malheureusement, les hautes décisions des Souverains se réalisent généralement trop tard,
(À cet instant, bruit au dehors, tumulte, sourdes clameurs, etc., sur les-
quelles, une voiz dominante et de lemme, s'écrie, en Pleurant :) Ciel !....M. le marquis est mort !. |; De Monrcam. (Encore dans la coulisse.) :
Ne craignez-rien, ne vous affiigez pas pour moi, mes bonnes
aies, c'est peu de chose écoutez ma prière... rentrez paisiblement dans vos demeures...
Léa. (Qui a couru à la fenêtre.)
C’est le malheureux cortège qui arrive...
Cuviiers, ( Regardant au dehors, de la fenêtre, jort ému:)
Pauvre général !....
(ur ce dernier mot, entrée générale de ious les loyaux personnages français, par ordre suivant : Monseigneur de Pontbriand, de Ramsay, de St-Luc, Docteur Arnoux, Vergor, Rouvigny, Claire, Yvonne, Cœur- Percé, Religieuses Ursulines, un Porte-drapeau muni de l’étendard Ileurdelisé, suivi de soldats, gentilshommes, dames, bourgeois et bourÿeoïses, puis enfin de Montcaim qui est à demi couché sur sun brancard el porté par deux grenadiers, On le place aussitôt au milieu de l’avantscène, faisant face au public, étant alors semi-entouré en cercle, par les Personnages sus-mentionnés. Tous portent des traces de l'ardeur de la bataille et la tristesse est visible sur les visages.)