TI DEDICACE
J'ai bien moins voulu raconter une légende d'amour que décrire une certaine contrée peu connue, et, en même temps, exprimer une certaine manière de penser, de sentir, d'agir chez les gens réunis par le hasard dans cette contrée attrayante. J'ai voulu également respecter la vérité dans les caractères, sans m*accorder à moimême qu'une très-faible latitude dans le romanesque des événements. Aussi n'est-il pas un des personnages de cette étude qui ne soit un portrait sincère, presque pas une de ses nombreuses scènes qui ne se soit passée devant mes yeux. Ces pages tranquillement déroulées, — dirai-je lentement 7 — pour l'édification des hommes de bonne foi, sont moins, dans leur ensemble, une œuvre dlnvention, qu'un simple chapitre d*histoire.
Mais voyez maintenant comme j'ai peu de chance! pour la première fois que, répudiant la peinture des faiblesses humaines. Je me prive ainsi volontairement d'un puissant moyen d'intérêt; pour la première fois que j'essaye de réaliser ce rêve de tant d'écrivains : créer une œuvre qui, sans blesser l'imagination la plus chaste, soit faite cependant pour plaire aux esprits sérieux; pour la première fois enfin que je veux exposer spécialement aux yeux du public des mœurs pures, de nobles sentiments, des exemples, les modèles manquent autour de moi, et c'est sur les limites du désert que je me vois obligé d'aller les chercher I
Ernest Fetdeau.
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