‹ Le secret du Nouveau testamentChapitre 25 sur 46 · POUVONS Y PARTICIPER · texte numérisé non relu

POUVONS Y PARTICIPER

« Il est dit que nous devons rejeter le vieil homme et être renouvelé, etc., et que nous devons revêtir le nouvel homme ; lequel (d’après Dieu) est créé en justice et en véritable sainteté.

Q. — Quel est ce nouvel homme que nous devons revêtir ?

1. R. — C'est Jésus Christ; ainsi qu'il est écrit : revêtez le Seigneur Jésus-Christ, il est dit que nous sommes vêtus de notre demeure qui est du ciel, et construite par Dieu.

Ainsi, nous nous trouvons vêtus d'humilité, vêtus d'honneur, vêtus de chasteté, entendu non pas comme une couverture, mais comme une transmutation de notre Etre, d'un contraire à l’autre ; comme la femme vêtue du soleil, sa lumière divine au lieu de son obscurité.

Q. — Quelle partie du Christ pouvons- nous assumer pour en être revêtu et enveloppé?

c2. R. — Non pas sa Toute-Puissance ; car cela c’est son omnipotence, ce qu’aucune créature ne peut contempler et atleiudre. Ainsi est l’éclat de la gloire de son Père, qui soutient toutes choses par la parole de sa puissance.

Non pas le corps, ni l'âme qu’il a reçus de la Vierge Marie — ceci était terrestre; une âme et un corps qui procédait d’Eve étant né de la chair, était chair. Gomme tel (il s’abaissa jusqu’à prendre celte forme) il était le Fils de l'Homme et notre frère ; donc de cette façon -là, nous ne le revêtons pas non plus. Comme tel il appartient à cette humanité du Christ qu’il a reçue de la Vierge, il demeure une créature qui n’est pas si mélangée et confondue avec Dieu quelle soit engloutie par Lui.

3. Les deux hommes en blanc (les Anges) affirmèrent qu’il descendrait comme ils l’avaient vu monter.

4. Mais le nouvel homme est le nouvel homme céleste, ou l'humanité céleste de Jésus-Christ, étant V humble et pure vierge de la Sagesse qu Adam avait perdue , et qui, pour ainsi dire, mourut pour lui, disparut, se retirant dans son propre éther .

Le premier Adam avait répudié cette chaste et sainte image de Dieu ; celle-ci, par le Christ, le second Adam » (le Seigneur du ciel) , est restaurée en lui, unie à lui, et, en lui, à notre humanité tenestre. Elle a été sienne au moment même où le Saint-Esprit plana sur la Vierge

Marie. Elle est nôtre, lorsque par le Saint Esprit, nous sommes créés de nouveau, et que cette image divine est éveillée et unie en nous.

5. Que nul ne s’étonne si c est en elle que ma faible main cherche sa force, et trouve son plaisir à en par 1er; car elle est cette chère et précieuse image de la Virginité, de la Pureté, de la Modestie, dont l’éternel, le parfait et le doux amour, a été remplacé par la convoitise d’Adam, par la femme terrestre qui entraîna bientôt l’homme dans la mortalité.

6. Cette vierge (comme le soleil du monde extérieur) aurait dû être le Guide de l’homme, procédant ellemême de l’abîme de la Sagesse Infinie. Et c’est cette Vierge, engendrée dans le Christ, (la semence de la femme), qui appelle toujours doucement et amoureusement à la porte du cœur de chaque homme. .

7. Mais parce qu’elle est céleste, elle ne peut avoir aucun rapport avec celui qui est résolu à être terrestre. Elle ne peut être unie qu’à l’âme qui est régénérée; celle que Nicodème ne comprenait pas d’abord, et que ne peut comprendre celui qui ne désire pas être divorcé du vieil homme et mourir journellement.

Pour les autres, ces écrits ne sont que des sons et non pas des substances; car l’Arbre de la Vie ne peut pas être touché par ceux qui aiment l’arbre du bien et du mal.

8. Cette humanité céleste (qui disparut lorsque Adam tomba) produit l’eau de la vie, qui devient une

source, jaillissant jusque dans la vie éternelle. C’est le pain des enfants; il remplit le paradis; il nourrit les Anges et tous les bénis, pour l’éternité.

9. C’est la quintessence des choses; l'élément saint d:où sont sortis les quatre éléments C est la vie et la vertu de la nature éternelle, ou le grand mystère. C’est la couronne ; c est. cette perle qui ne sera jamais trop payée par celui qui, l’ayant trouvée, l’achète (1).

10. Ceci est la chair et le sang célestes du Christ, avec lesquels il nourrit les siens dans la tète du Sacrement. Mais puisque nous en arrivons à un point qui est un sujet de controverse entre les hommes, il sera utile de le discuter.

Dans saint Jean VI, du verset 47 au verset 59 et encore au verset 63, il est dit : « Je suis le pain de vie qui descend du ciel », et v. 53 : « Si vous ne mangez la chair du fils de l’homme et si vous ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous même. »

1 1 . Les Juifs comprenaient ceci (et beaucoup le com-

(1) En d’autres mots, c'est le séleste Sïmpneumata dont il a été tant parlé dans les ouvrages ésotériques et dont on a cherché en vain à comprendre la nature. Nous mêmes, nous avons lu bien des fois ce chapitre de Jacob Bœhmen, sans comprendre qu’il s’agissait du Sympneumata céleste, qui vient aujourd’hui nous aider et nous guider; sans comprendre qu’il s’agit ici de ce qu’on a appelé la nouvelle force, cette force mystérieuse qui commence à envahir les organismes intérieurs des personnes préparées pour la recevoir. C’est la perle de grand prix, le don le plus élevé que nous puissions vous souhaiter, chers lecteurs !

prennent encore comme signifiant sa chair et son sang extérieurs, ou matériels. Et ils disaient (avec raison) : Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger? Car ce qu’ils comprenaient n’était pas ce qu’il avait voulu dire, et leur semblait une idée cannibale.

12. Mais le Seigneur interprète la chose lui-même, négativement, au verset C3: « La chair (ce qu’ils entendaient) ne sert de rien ». Mais affirmativement, v. 50 et 58. Le Seigneur lui-même dit expressément : La chair qu'il entend est aussi le pain, et ce pain c’est le pain qui descend du ciel — savoir la parole de Dieu. De là deux points de controverse qui diffèrent l'un de l’autre, quoique tous les deux procèdent de la vérité.

13. Un parti dit. qu ii mange la chair extérieure qui, étant avalée, passe dans la carcasse animale. Le parti opposé dit que celte chair (quoique glorifiée maintenant) demeure une substance cir cotiser iplive\ par conséquent quelle ne peut pas être mangée partout à la fois, qu’elle n'est pas plusieurs, mais une; par conséquent, quelle ne peut pas être mangée.

Ce dernier parti (en opposition au premier) dit encore : qu’il ne mange cette chair et ne boit ce sang que par la foi, ou l'imagination. Mais il ne connaît rien de la chair céleste, il comprend toujours la chair extérieure, quoique le Seigneur soit expresse sur ce point, que c’est l’esprit qui vivifie et que la chair ne sert de

rien, que ses paroles sont esprit et vie, et que c’est là le pain qui est venu, ou qui vient du ciel.

14. La bouche et le manger de l ame sont réels et substantiels, quoique non palpables — mais ils ne sont point imaginaires.

15. Ce n'était pas la chair et le sang extérieurs que les Apôtres mangeaient et qu'ils buvaient, car II était assis avec eux tandis qu’ils mangeaient et buvaient. Montrant clairement que la chair et le sang sacramentels sont la chair divine et le sang qui vient du ciel.

16. En ceci, Enoch marchait avec Dieu, et il se nourrissait si bien de cette nourriture, qu’il n’absorbait plus la nourriture du troisième principe; et ce nouveau vin renouvelait la bouteille , ou faisait une bouteille nouvelle. Ceci (comme la teinture qui transmutait les métaux) enflammait et transmutait son être tout entier; en sorte que ce troisième principe était avalé par le Divin , le second principe.

C’est par tout cela que les saints hommes étaient nourris durant leur pèlerinage sur la terre — avant l’incarnation du Christ, et par là, ils étaient conduits dans leur véritable patrie.

17. C'était là le roc qui les suivait au désert; car ils mangeaient tous de la même viande spirituelle, et buvaient tous de la même boisson spirituelle, et ce roc était le Christ, — la nouvelle vie, ou le sang de la nouvelle alliance.

18. C’est l’arbre de la vie, la nourriture des Anges, qui n’aurait plus jamais été la nourriture de la postérité déchue d’Adam, si le second Adam n’avait pas ouvert une porte dans nos cœurs, par laquelle entrer, s’il ne nous avait pas donné une bouche pour la manger et une nouvelle vigueur pour nous l’assimiler.

Ce premier né de toute créature était héritier de toutes choses.

19. Mais il n’est pas le seul Fils engendré, car alors, il serait la véritable seconde Personne de la Trinité, l’Adonai, et le Seigneur de toutes choses ; mais il est sa manifestation, le Fils créé ou la parole, qui est l’héritier de toutes choses.

C’est le Nouvel Homme , car il n’est pas dit : Voici le Dieu omnipotent ; non, il est appelé cette céleste image de Dieu , d’après laquelle fut créé le premier Adam , et qui (par sa désobéissance) disparut, et fut comme morte pour lui, et qui est dite être l’agneau immolé.

20. Ainsi cette céleste image, le Fils unique engendré de Dieu , apportant avec lui celle qui est la véritable seconde Personne de la Trinité, (ou le second principe divin), a restauré la nature humaine; et ayant fait les hommes Prêtres, il les a aussi fait Rois, régnant sur le premier et le troisième Principe dans l'homme ; irradiant et gouvernant divinement le premier, et sacrifiant les volontés de la convoitise et les faux amours du troisième Principe.

21. Celte chose tainte fut engendrée par le S Esprit, comme h pure et céleste humanité unie à la nature terrestre ou humaine déchue, comprenant les essences de la Vierge Marie en qualité de fille d’Eve.

22. Le Seigneur dit : « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang, a la vie éternelle ». Il ne dit pas, celui qui la mange et qui le boit dignement, mais celui qui mange et qui boit. Car on ne pei t pas dire de celui qui mange cette chair et qui boit ce sang, qu’il mange et boit indignement ; ils mangent et ils boivent ce qui est commun à ceux qui n’ont pas la vie éternelle ; ils ne mangent et ne boivent que les éléments, ou (tout au plus) l’imagination qui ne se fonde et ne s’étend pas plus loin que l’histoire Ils ne sont pas capables d’entrer dans les souffrances, la mort et la vie nouvelle du Christ.

23. En conséquence, tous ceux qui ne meurent pas aux moindres bénédictions ne peuvent pas vivre des plus grandes ; si nous ne mourons pas à toutes choses, sauf le Christ, nous sommes indignes de Lui. Tout ce qui est séparé de Lui est mort, car Lui seul est la Vie (la Vie qui vient du Ciel), et Dieu est appelé Dieu, selon son abîme Infini, de Lumière, d’Amour, de Vie, de Bonté, et de second Principe ; car, selon son premier Principe , 11 est un feu consumant.

24. L’homme qui vit selon les plaisirs trompeurs du troisième Principe est mort, ainsi que cela est dit

de la veuve qui vit dans le plaisir. Nous ne voulons pas croire que nous sommes adultères, idolâtres, etc. ; cependant, nous le sommes tandis que nous vivons, c'est-à-dire jusqu’à ce que nous mourions avec le Christ, jusqu'à ce que nous passions à travers la mort, c’est à dire que nous mourions véritablement et réellement à la colère, à la terrible et sombre angoisse du premier Principe — la racine de l’âme quant à la propriété du Père. Et jusqu'à ce que nous mourions à la convoitise trompeuse, volatile, ensorcelante et lassante du troisième Principe , dans lequel le corps extérieur de l'homme (comme celui des bêtes) est tombé ; dans lequel aussi demeure la malédiction. Jusqu’à ce que ceci soit, nous sommes morts quant à Dieu. Mais étant mortifiés par rapport à ces deux Principes , nous sommes dans le même degré, élevés, au point de pouvoir vivre de la vie de Jésus-Christ ; une vie d’amour, d humilité, de patience, de sereine soumisssion et d’obéissance.

25. Car la mort à ces deux principes (le premier et Je troisième) quant à leur prédominance, fait que nous nous vidons nous-mêmes au point de pouvoir (sans répugnance) prier le Seigneur d’exercer toute sa volonté en nous, et indifférent au fait que cette volonté soit impulsante ou insignifiante, douceou amère, miséricordieuse ou dure; mais sans réflexion et sans hésitation, estimant que tout ce que la volonté divine nous ordonne ou nous fait subir est également acceptable.

26. Et cette vie de sacrifice est pénétrée d’un sentiment de vénération reconnaissante, et elle est aussi complète que les vies qui ont été brûlées, sans aucune réserve. Cette vie n’est plus nôtre, car nous sommes d’abord morts. Mais dans la vie du Christ, cette douce vie de soumission enfantine que nous enseigne la croix du Christ, les pas du Seigneur sont nettement marqués sur ce bon chemin.

27. Elle est en parole et en pouvoir, mais la parole et le pouvoir ne sont pas nôtres ; c’est la parole sacrée et le pouvoir dont Adam s’est séparé comme les Anges tombés l’avaient fait avant, — cette Parole et ce Pouvoir dans lesquels les Anges bénis conversent et sont établis. Dans lesquels Adam aurait pu vivre glorieusement sans connaître la croix comme les Anges ne la connaissent pas.

28. Celte fête est un véritable repas de la chair et du sang du Christ ; c’est bien cette eau qui devient, en nous, une source d’eau vive jusqu’à la vie éternelle. C’est une vie cachée avec le Christ en Dieu. C’est marcher avec Dieu et revêtir le Seigneur Jésus-Christ, le souper de noce et Y habit de noce , une paix qui surpasse la compréhension de tous, sauf celle des enfants qui sont régénérés, et qui leur est connue en proportion de ce qu'ils progressent dans la mortification, et que, par là, ils croissent à la nouvelle et pure Image de Dieu restaurée par Jésus Christ.

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