‹ Le secret du Nouveau testamentChapitre 28 sur 46 · ÉGLISE INVISIBLE · texte numérisé non relu

ÉGLISE INVISIBLE

ment des Églises chrétiennes est main tenant très proche est, que l’ancien Christianisme qu’elles enseignaient a perdu son influence. Tout ce que la littérature et le savoir pouvaient faire a été dépensé en vain pour soutenir cette antique Chrétienté. Il n’y a plus rien à écrire de nouveau sur la lettre des Écritures, qui est le seul Évangile auquel on croie. Beaucoup d’hommes, capables et savants, se livrent à une sérieuse critique et font de la vivisection sur la Bible, pour découvrir comment elle a été faite et par qui. Ce qu’ils pourront trouver leur appartient, et excite bien peu d’intérêt dans les esprits de ceux qui cherchent à s’approcher de plus en plus de Dieu.

Par suite du faux dogme du salut, obtenu seulement par la foi dans les mérites expiatoires d’un autre, on ne sent plus le besoin d’un changement dans le cœur. Cependant, la nature humaine n’est pas régénérée tant qu’elle ne discerne pas et n’accepte pas le Christ dans sa véritable Nature, et qu’elle ne confesse pas le besoin qu’elle a de celte régénération, qui est le seul moyen de salut.

La lettre de la Parole, que l'on enseigne maintenant comme étant la Parole de Dieu,

420 Lli SECRET DU NOUVEAU TESTAMENT

ne peut pas déterminer un mouvement religieux. La Parole doit descendre de l’Église invisible dans l’Esprit, afin de transformer les conditions de la nature humaine ; et la Parole qui est dans le ciel est la seule Parole qui puisse descendre du ciel. Elle est la donneuse de vie, le soleil de la vie. Mais nous affirmons que la Parole spirituelle est déjà venue, et qu’elle s’ajoute à la Parole naturelle. Le sens spirituel, qui est maintenant si largement révélé à ceux qui ont des oreilles pour entendre et une intelligence pour le recevoir, est vraiment la seconde venue spirituelle de notre Ère(l). Les nuages du ciel s’entr’ouvrent et la gloire du Seigneur est révélée. Parmi les autres signes prophétiques, nous voyons que le monde spirituel s’ouvre, de nos, jours de plus en plus devant la vision de l’humanité, que le voile de l’ancien Temple de l’intelligence est déjà déchiré en deux, du haut en bas, et, enfin, que le Rédempteur de toute l’humanité répand largement sur le monde une nouvelle mesure de liberté et de sagesse.

(1) La première venue spirituelle, après la résurrection, eut lieu à l’epoque de la destruction de Jérusalem, 70, A. D.

Et maintenant, bien que le sujet que nous avons traité dans ces pages soit inépuisable et que nous pourrions continuer à le développer à l’infini, il est temps de prendre congé de nos lecteurs, en remerciant ceux qui auront eu la patience de nous suivre jusqu’à ce dernier chapitre. Malgré la méthode quelque peu irrégulière qui a été suivie pour la composition de ce livre, puisqu’il a été écrit mois après mois, au fur et à mesure de l’inspiration qui nous était donnée, nous espérons que le lecteur aura suffisamment compris son importance pour être entraîné à étudier ces mystères sacrés, plus utiles à connaître pour l’homme, que n’importe quelle autre question, et qui, si ils sont une fois bien saisis, le conduiront au plus grand bonheur ici-bas et après cette vie.

En commençant à écrire ce livre, et alors que

nous hésitions sur le titre que nous lui donnerions, il nous parut que celte grande vérité, au sujet de la seconde V enue de Notre Seigneur, vérité qui nous a été révélée afin que nous la fassions connaître, était si peu comprise par le monde en général et par les Eglises en particulier, que nous pouvions, avec raison, intituler ce volume : « Le Secret du nouveau Testament. » Mais le lecteur qui nous aura suivi jusqu’ici, aura pu s’apercevoir que « les Secrets »,au pluriel, serait un titreplusapproprié; car, tandis que nous écrivions sur la seconde Venue, nous avons été conduit à voir d'autres grandes vérités, aussi inconnues et secrètes que la première, et qui nous apparurent clairement, à mesure que nous étudiâmes plus profondément les Ecritures, ce qui explique notre silence à leur sujet dans les prenmers chapitres.

Après tout, rien, dans les Annales sacrées, n’est réellement secret ou n’a l'intention de l'être; tout est ouvert et librement donné à ceux qui cherchent et qui sont prêts à discerner et à recevoir la vérité. Dès le début, le Seigneur ne nous a-t-il pas dit : « Scrutez les Écritures, car ce sont elles qui témoignent

pour moi. » Et longtemps avant que ces mots eussent été prononcés, il avait été écrit : « Vous me chercherez, dit le Seigneur, et vous me trouverez, après que vous m'aurez recherché de tout votre cœur. » Ceux qui cherchent dans un esprit de vénération et avec le sincère désir d’être amenés toujours plus près de Dieu, et d’entrer dans une communion plus complète avec Lui, trouveront. Il n’y aura pas de secrets pour eux, car « toutes choses deviennent claires pour ceux qui aiment le Seigneur. »

Ainsi nous sentions, en écrivant ces lignes, qu’il nous était permis d’apercevoir et de pénétrer non moins de quatre grandes vérités sacrées ou secrètes , que nous avons essayé de communiquer à nos lecteurs :

1° Que notre Seigneur a strictement accompli les promesses qu’il avait faites à ses disciples, tandis qu’il était encore avec eux ; et qu’il est revenu, ainsi qu’il avait promis de le faire, c’est-à-dire avant qu’ils eussent été dans toutes les villes d’Israël, et même alors que quelques-uns d’entre eux étaient encore vivants pour être témoins de sa Venue.

2° La véritable mission de Notre Seigneur,

sut- la terre, netait pas de répandre son sang afin d’apaiser la colère d’un Dieu, mais de distribuer dans la nature les éléments atomiques du Divin-Féminin qui étaient en lui. C’est pourquoi il dit: « En vérité, en vérité je vous le déclare, si le grain de blé ne meurt après être tombé dans la terre, il demeure seul ; mais s il meurt, il porte beaucoup de fruits. » Ainsi, conjointement avec la Vierge divine, ou le Saint-Esprit, il devient le principal lien entre tous les êtres humains et le Père-Mère universel ; et il accomplit la promesse de l’Alliar.ce, que la semence de la femme écraserait la tête du serpent et rétablirait, dans l’homme tombé, l’image perdue de Dieu en lui apportant la divine semence ou la nouvelle vie. C’est pourquoi il dit : « Je suis venu afin qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient surabondamment. » (Saint Jean X, 10.1 La descendance de fils de Dieu n est possible, pour l’homme, que comme le résultat de l’incarnation et de la résurrection du Christ. Il a été le premier-né d’entre les morts, mais aussi, a-t-il dit, le premier-né parmi plusieurs frères.

Saint Pierre dit : « Béni soit Dieu, qui est aussi le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ,

Lui qui, selon sa grande miséricorde, nous a fait renaître par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts (I Pierre I, 3). » Saint Paul emploie ce terme : le pouvoir de la résurrection du Christ. Ceci nous explique pourquoi, à l’époque de l’Ancien Testament, aucun être humain n’arrivait à la seconde naissance, et nous savons que les Saints de l’Ancien Testament devaient rester jusqu’à l’an 70 A. D. dans les limbes, ou le Paradis, — la cour extérieure ou le jardin du Ciel. — où ils ne jouissaient que d’un bonheur incomplet. « David, lui-même, n’était pas encore monté dans le Ciel parce que le Christ n’était pas encore glorifié. » Il est dit aussi : « L’Esprit-Saint n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. » (Saint Jean VII, 39.)

3“ et 4° Tandis que nous étions occupé à scruter les Ecritures au sujet de la seconde Venue de Notre Seigneur, comme un événement du passé secret, deux autres secrets ou mystères, intimement liés à celui-ci, nous ont été révélés ; c’est d’abord que l’Église chrétienne primitive, comme Notre Seigneur l’a établie, est maintenant l’Église invisible dans

les deux. Les Apôtres, les Prophètes et les croyants qui avaient été recueillis en Christ, durant son pèlerinage terrestre, sont ressuscités des morts et glorifiés avec lui, et maintenant, ils font partie de cette grande Église invisible, ou temple, dont il est la pierre d’angle et le Grand prêtre. Et 4°: que pour atteindre notre destinée ultérieure qui est de reproduire l’image du fils de Dieu, il nous faudra naître comme lui de Dieu et du Saint-Esprit ou de la puissance bi-sexuelle. Ce sont ces quatre secrets que nous avons essayé d’expliquer dans les pages qui précèdent.

Le règne du Messie commença, selon la période naturelle, à la fin de la Dispensation mosaïque, et celle-ci, nous avons vu, ne finit pas à la naissance, la mort ou l’ascension du Christ, mais à la destruction de Jérusalem. Le moment de la fin des sacrifices journaliers, ainsi que de l’organisation civile et ecclésiastique, instituée par Moïse et réglée par les prophètes, se trouve placé à la distance d’une génération après la venue du Christ, et, conséquemment, en l’an 70. A. D. Depuis l’avènement de la Loi jusqu’à l’avènement du Christ, la chair régna; mais la Loi et les influences

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divines partielles qui l’accompagnaient remuèrent les esprits des hommes, et la lutte entre la chair et l’esprit s’intensifia. La victoire n’était pas encore remportée, mais elle se préparait. Depuis l’avènement du Christ jusqu’au temps présent, la race humaine, prise en bloc, c’est-à-dire comprenant les sphères d’esprits extérieure et intérieure, a été dans le troisième état, ou état mortel-spirituel dans lequel l’esprit domine, quoique la chair soit encore là et continue à résister. Pour nous rendre compte de cela, nous ne devons pas regarder le monde visible, qui est la partie charnelle de la corporation humaine et qui abonde en oeuvres du diable, mais l’âme de cette corporation qui se compose du Christ et des saints de la première résurrection ; et nous devons considérer que, lorsque le Christ monta aux cieux, il prit les rênes du pouvoir dans le ciel et sur la terre; et les saints qui se joignirent à lui, à son second avènement, régnent avec lui, non pas sur, mais au-dessus de la terre, en sorte que la période chrétienne, depuis ce second avènement, peut être considérée comme leur règne.

En étudiant la question sous ce point de vue, on verra comment le Christ, en s’établissant

au centre de la race humaine, a apporté le moyen de mettre fin au péché de cette race ; car 11 a changé la balance générale des pouvoirs et a donné à l’esprit, dans son ensemble, la victoire sur la chair. En sorte que, dans un certain sens, on peut dire que, par le fait de l’entrée du Fils de Dieu dans la race, cette race est née de Dieu; mais cependant, jusqu’à ce que toutes choses soient assujetties au Fils, la chair demeure et continue à faire la guerre à l’esprit, et l’adoption, autrement dit la rédemption du corps, n’est pas encore accomplie. Comme race, nous avons donc passé la première et la seconde étape d’expérience : 1° l’état naturel et charnel, dans lequel la chair régnait sans opposition ; 2° l’état légal dans lequel la chair règne toujours, mais en lutte avec l’esprit qui a commencé à se réjouir dans la Loi de Dieu. Et maintenant, nous approchons de latin du troisième état, ou état de la justification, dans lequel l’esprit, par l’union avec le Christ, domine la chair et commence à régner; mais, se trouvant encore dans le corps mortel, il est toujours en conflit avec la chair.

La quatrième étape est devant nous. Le règne de l’esprit contesté prendra fin avec le repos

de l'esprit. L’homme intérieur de la race qui, pendant dix-huit cents ans, a lutté avec les pouvoirs du péché dans l'homme extérieur et a dominé, doit revêtir son corps glorieux et être afïranchi de la lutte entre la chair et l’esprit.

Ce sera l'état de glorification , dans lequel l’esprit aura complété sa victoire sur la chair, par la résurrection du corps, et régnera sans conteste. Dans le chapitre VIII del’Epitreaux Romains, il est parlé de cet état comme de l’espérance des saints : « L'esprit lai-même atteste avec notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants , nous sommes aussi héritiers ; héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ, si du moins nous souffrons avec lui, afin d'être aussi glorifiés avec lui. Car je pense que les souffrances du temps actuel ne méritent pas d'être mises en balance avec la gloire qui va nous être révélée ; car la création , dans une inquiète expectative , attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. La création a, en effet, été soumise à la vanité, non de son gré , mais à cause de Celui qui l'y a soumise, avec l'espoir que la création, elle aussi , sera affranchie de V esclavge de la corruption pour jouir de la liberté , de la gloire

des enfants de Dieu ; car, nous savons que la création tout entière est fusques à présent dans les génissements et les douleurs de l'enfantement. Or, ce n'est pas elle seulement, mais nous-mêmes qui possédons les prémices de l’esprit ; nous aussi nous gémissons au dedans de nous en attendant avec impatience l’adoption, la rédemption de notre corps. En effet, c'est en espérance que nous avons été sauvés. Or, une espérance que l’on voit, n’est pas une espérance ; car ce que voit quelqu’un, qu’a-t-il affaire de l’espérer ? Mais si c’est ce que nous ne voyons pas que nous espérons, nous l’attendons avec

patience . Or, nous savons que pour ceux

qui aiment Dieu, Dieu mène tout à bien pour ceux, dis-je, qui sont appelés en vertu de son décret ; car ceux que d’avance II a connus. Il les a aussi d’avance destinés à reproduire l’image de son Fils, afin qu'il fût le premier-né parmi plusieurs frères.» (Rom. VIII, 17-29.)

De fait, saint Paul, dans les septième et huitième chapitres de son Epître aux Romains, met clairement en vue ces quatre états successifs delà vie humaine dans son progrès du mal au bien, états qui peuvent être présentés dans les termes suivants :

lu Le charnel ;

2’ Le léctal charnel ;

3° Le mortel spirituel ;

4° Le spirituel.

Ou encore :

1° Le repos de la chair ;

2° Le règne contesté de la chair sur l’esprit;

3° Le règne contesté de l’esprit sur la chair;

4° Le repos de. l’esprit.

Ou bien nous pouvons diviser l’expérience en deux états : l’état régénéré et l’état non régénéré. Le premier comprend tous ceux qui sont sans péché dans ce monde, comme le Christ aux jours où il était dans la chair, puis les apôtres et les premiers croyants, lorsque l’Évangile leur fut ouvert, en sorte qu’ils obtinrent un corps glorifié semblable à celui du Christ après sa résurrection, et à celui des saints primitifs lorsqu’ils ressuscitèrent, au moment du second avènement. Le second, l’état non régénéré, comprend tous les hommes dans leur condition naturelle, comme les enfants et les hommes sans la révélation.

Bien qu’ils ne soient que les instruments et les causes essentielles du bien et du mal, la chair et l’esprit sont les acteurs immédiats et

les combattants dans toute expérience humaine, et les différents états de l’homme proviennent d’eux, en tant que représentants de Dieu et du Diable. Nous pouvons, par conséquent, dire que la vie humaine, à toutes les étapes de son expérience, est, ou sous la domination absolue de la chair, ou sous celle de l’esprit, ou dans l’état de lutte entre les deux.

Le lieu très saint dont il est question au neuvième chapitre des Hébreux était un emblème de la présence immédiate de Dieu, lieu dans lequel aucun juif ni aucun gentil n’avait jamais été admis, jusqu’à ce que le Christ fût venu, comme le Restaurateur, pour accomplir la réconciliation; et le voile déchiré, à la mort du Christ, était un emblème de l’abolition de la sépation, non pas entre les Juilset les Gentils, mais entre Dieu et l’homme. Après avoir décrit tous les arrangements du premier tabernacle et le lieu très saint, saint Paul dit : ... « Mais Christ est survenu comme grand prêtre des biens accomplis et c'est en traversant le tabernacle le plus grand et le plus parfait, qui n’est pas fait de mains d’hommes ( c’est-àdire qui n’appartient pas à cette création ), et

en offrant non pas le sang des boucs et des veaux , mais son propre sang, qu’il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire après avoir obtenu une rédemption éternelle. » (Héb. IX, 42).

Ceci est certainement une affirmation très nette que le chemin qui va au lieu très saint n’était pas indiqué à qui que ce soit — juif ou gentil — avant la venue du Christ. Il fut le premier et le seul qui entra derrière le voile de la Divinité à la fin du Aion, ou Cycle ; de même que le grand prêtre juif entrait dans le tabernacle intérieur à la fin de l’année. L’homme avait auparavant communion avec Dieu de cette manière lointaine, qui était symbolisée par le service du premier tabernacle. Le Christ montra le chemin d’une communion plus intime avec la nature divine, ce qui était symbolisé par le fait d’approcher du Sanctuaire.

La grande idée d’une conjonction de la nature divine avec la nature humaine — ce qui est la véritable signification de la seconde naissance — apparut avec la conception spéciale de Jésus-Christ. L’Ange dit à Marie : « L’Esprit saint (le divin féminin) descendra

sur toi, et la puissance (masculin) du très haut te couvrira ; c’est pourquoi aussi l’être saint qui sera engendré de toi sera appelé le fils de Dieu. » (Saint Luc I, 35).

Il nous a déjà été dit que les âmes naissent des âmes comme les corps naissent des corps, (1) et que nous avons nos parents spirituels qui veillent sur nous d’en haut — comme nos parents incarnés le font sur la ter re. Mais ici, pour la première fois, il est affirmé qu’un être humain est né — comme le premier Adam, directement de la source spirituelle la plus élevée — de façon à pouvoir être appelé le Fils de Dieu. 11 nous est aussi dit qu’il « était le premier né parmi plusieurs frères », et il est évident qu’il fut appelé le Fils de Dieu dans un sens plus élevé que le sens figuré et pour une raison plus importante que parce qu’il était un homme juste.

La plus grande partie de sa nature composée était, littéralement, la vie de Dieu, et c’est pour cette raison qu’il était appelé Fils de Dieu. Nous devons aussi appliquer cette défi-

(t) La génération de l’ânie étant un acte spirituel qui s’accomplit sur le plan spirituel, il va sans dire qu’elle n’a pas de correspondance physique.

nition à ces frères du Christ dont il est ques tion. Nous disons donc que, depuis la chute d’Adam, nul ne fut né de Dieu et du Saint- Esprit, jusqu'à ce que la puissance de Dieu remplit la plus grande partie de la vie naturelle; et nous n’avons pas lieu de croire que ceci se passa avant le jour de la Pentecôte, alors que le Saint-Esprit descendit sur ceux qui étaient assemblés dans la Chambre haute. Les pouvoirs, miraculeux en apparence, qui accompagnèrent la manifestation des langues de feu fendues, furent le résultat d’une loi naturelle qui a dû nécessairement accompagner l’introduction de cette nouvelle doubleénergie dans les organismes des disciples, lesquels avaient été préparés à la recevoir par un contact magnétique journalier avec le Christ.

La nature intérieure de la manifestation qui eut lieu, lorsque les disciples étaient réunis, s’explique d’elle-même. Le son venant du ciel, qui était comme un vent puissant, signifie la nouvelle naissance spirituelle de ceux qui se trouvaient sous son influence. La nécessité et le caractère de cette naissance spirituelle est expliquée par le Christ lorsqu’il dit: « Si un homme ne naît de nouveau d’eau et d’esprit, il

ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu. » Ou, en d’autres mots : « Si un homme n’est pas né de nouveau par une purification extérieure et un réveil intérieur, il ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu. »

« Les langues fendues qui étaient comme de feu » devaient symboliser les deux en un — ou la nature double du principe qu’elles représentaient. Elles étaient de feu parce que ce principe était l’ardeur de la puissance bisexuelle, et elles avaient' cette forme de langue parce que « la Parole » elle-même était ainsi manifestée ; mais toujours par deux en un, c’est-à-dire par la parole et la voix, car sans la voix comment prononcer la parole !

Sans vouloir nier que, dans les Ages précédents, les hommes eussent reçu une mesure du Saint-Esprit et qu’ils étaient des serviteurs de Dieu, nous disons cependant que Jésus- Christ fut le premier qui apporta dans le monde la nature vraiment divine ; et qu’il ne commença pas à remplir son office de second Adam, et à communiquer aux hommes sa nature divine, avant qu’il fût monté en haut et que, du ciel, il leur envoyât le Saint-Esprit. Saint Jean dit : « Car le Saint-Esprit n’avait

pas encore été donné parce que Jésus n'était pas encore glorifié (saint Jean VII, 39). Mais, sous une forme et dans une mesure quelconque, le Saint-Esprit avait été donné dans tous les Ages précédents. Qu’était-ce donc que ce pouvoir du Saint-Esprit qui ne fut pas donné avant que Jésus fût glorifié. Nous répondons : le pouvoir de sa résurrection ne fut pas donné avant qu’il ne fût mort et ressuscité.

Ce pouvoir — l’élément excitant et unifiant du corps spirituel du Christ — fut communiqué le jour de la Pentecôte et reçut le nom de baptême du Saint-Esprit ; de même que nous avons vu le Saint-Esprit descendre sur le Christ, sous la forme d’une Colombe (symbole du divin féminin), à l’époque de son baptême, lorsqu’une voix venant du ciel déclara qu’il était le Fils de Dieu.

Lorsque la plénitude des temps fut arrivée, Dieu envoya dans les cœurs des croyants, d’abord son fils, puis l'esprit de son fils . — Le « Consolateur » ou le baptême du Saint- Esprit, et l’esprit d’adoption sont des termes différents pour désigner le même influx de l’esprit, qui suivit la mort et la résurrection

du Christ. (Voyez spécialement I Pierre I, 10-12.)

La seconde naissance est décrite comme l’effet de ce pouvoir du Saint-Esprit, qui est un état de complet salut, ou affranchissement du péché, qu’aucun homme n’a jamais pu atteindre avant le jour de la Pentecôte. « Quiconque est né de Dieu ne fait point le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu. C’est à ceci que l’on reconnaît les enfants de Dieu et les enfants du Diable (Jean III, 9-10). «Tout ce qui est né de Dieu est victorieux du monde « (v. 4). « Nous savons que quiconque est né de Dieu, ne pèche point ; mais celui qui est né de Dieu se conserve soi-même et le malin ne le louche point. » (V. 18). Nous ne devons pas supposer, cependant, que la seconde naissance est le commencement du processus de la gestation spirituelle, car, de même que la naissance naturelle est la fin du processus de la gestation naturelle — la véritable idée de la seconde naissance est qu’elle est la fin, ou le résultat, du processus de la croissance spirituelle, l’accomplissement final de ceux qui cherchent Dieu.

« Comme donc c’est par un seul péché que la condamnation est venue sur tous les hommes, de même c’est par une seule justice que tous les hommes recevront la justification qui donne la vie. » (Rom. V, 18.) Ici, il est fait une comparaison entre Adam et le Christ, dans laquelle l’opération de la justification du second Adam est représentée comme renversant l’œuvre de la première. Pour le premier Adam, tous les hommes furent faits participants d’une nature déchue, qui n’est cependant pas un péché par elle-même, puisque le Christ, incarné sous forme humaine, était cependant sans péché. Il prouvait ainsi la possibilité de vivre dans la nature humaine sans le péché, et, par là, condamnait le péché dans la chair. « Comme, par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et, par le péché, la mort, de même aussi, la mort est passée sur tous les hommes, parce que tous ont péché. » (Rom. V,d2.) Car, en conséquence du péché d’Adam, tous les hommes deviennent participants d’une nature qui n’est pas nécessairement pécheresse, mais portée au péché. Chaque homme, par son propre péché, s’est approprié la malédiction qui tombe sur une nature

déchue. Eu renversant cette affirmation, nous découvrons la nature de l’œuvre du Christ. Il est le second Adam, la racine de la race. Par lui, tous les hommes sont mis en communication avec une nature qui, en eux, n’est pas par elle-même juste, mais adaptée pour recevoir la justification. Chaque homme, par son propre acte — savoir la foi — s’assure, pour lui-même, la bénédiction affectée à une nature juste.

L’Evangile annonce à ceux qui, par le péché, suivent Je premier Adam jusqu’à la mort, que Dieu leur a donné, par Je Christ, une nouvelle nature dont les fruits sont la justice et la paix. Les incrédules continuent à suivre le premier Adam. Les croyants dépouillent le vieil homme et revêtent l’homme nouveau; ils ne marchent pas selon la chair mais selon l’esprit, et ils sont sauvés de la conséquence de leurs péchés. Comme il y a maintenant deux Adam, tous les hommes possèdent une double nature, l’une charnelle, l’autre spirituelle; et elles sont opposées l’une à l’autre. Tant que le vieil homme vit, l’homme nouveau est crucifié; mais lorsque l’homme nouveau vit, c’est le vieil homme qui est crucifié. Le

vieil homme vit par l’incrédulité, l’homme nouveau par la foi. Par l’Evangile, il nous est donné de connaître que Dieu a réparé les ruines causées par la chute, et nous ne sommes plus débiteurs de la chair. Le Christ est venu, non pas dans la chair d’un seul homme, mais, par lui, dans toute la race humaine. L’homme n’a qu’à prendre en lui-même, la déterminalion de revêtir la nature du Christ pour être sauvé. Mais, tandis que les hommes ne croient pas, le Christ est crucifié en eux. Lorsqu’ils croient, le Christ se lève d’entre les morts et se révèle à eux comme un conquérant. Le Christ dit : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre la porte, j’entrerai chez lui, et je souperai avec lui et lui avec moi. » Que celui qui cherche comprenne que : croire en la parole de Dieu ouvre la porte pour l’admission du témoin vivant. Il est mal de dire : « J’ouvrirais la porte si je pouvais voir celui qui se tient de l’autre côté. » Vous ne pouvez pas voir à travers la porte de l’incrédulité. Vous entendez la voix du Sauveur — cela suffit. — Croyez, ouvrez la porte, alors vous le verrez et vous souperez avec lui.

Nous ne discuterons pas de la possibilité de la présence du Christ chez ceux qui ignorent ce fait. Il faudrait creuser bien profondément la philosophie spiritualiste pour prouver que cette possibilité n’existe pas, mais nous n’avons qu’à nous en rapporter aux affirmations très claires de Dieu à ce sujet. Saint Jean dit, à propos du Christ (la Parole de Dieu) : « En elle était la vie et la vie était la lumière des hommes; et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point reçue (ne la comprennent pas)... C’était la véritable lumière qui éclaire tous les hommes, en venant au monde. Elle était dans le monde et le monde a été fait par Elle, mais le monde ne l’a pas connue. » (Saint Jean I, 4, 5, 9, 10,. D’après ce passage, il est évident que la vie de la Parole de Dieu éclaire tout être humain. On ne saurait prétendre que l’Évangile écrit — ou la lumière extérieure de la Parole de Dieu — éclaire tout homme qui vient dans le monde. Quelle signification peut donc être attachée à ce passage, à moins que nous n’admettions que le Fils de Dieu, en s’incarnant, a donné la lumière à toute chair? Il est venu comme une lumière dans le monde de l’obscurité des

esprits , en sorte qu’il est maintenant la vie et la lumière de ceux mêmes qui ne le connaissent pas. « La lumière luit dans les ténèbres, mais les ténèbres ne le reçoivent (ou comprennent) pas. » L’obscurité niera-t-elle donc que la lumière luit? « Le monde ne l’a pas connu. » Le monde niera-t-il donc qu’il ne soit venu dans le monde ? Jusqu’à présent vous avez été ignorant du fait que le Christ est la vie et la lumière en vous; nierez-vous donc ce fait en vous opposant au témoignage de Dieu?La vie du Christ n’est pas comprise tant que l’esprit n’a pas porté témoignage. Celui qui ne croit pas, fait Dieu menteur. Dieu a affirmé qu'il nous a donné son fils, ce qui revient à dire qu’il nous a donné la vie éternelle. Voilà l’affirmation. Cette vie est dans son fils. Cette vie nouvelle du fils de Dieu est donc donnée actuellement et sans condition, avant même qu'on ne croie; autrement, comment l’incrédulité, par rapport à cette affirmation, ferait-elle Dieu menteur? Si Dieu n a donné la vie éternelle qu’à ceux qui croient, on ne peut pas demander aux incrédules de croire que Dieu leur a donné la vie éternelle, car cela ne serait pas vrai. Cependant, il est nettement déclaré que les incré*

dules font Dieu menteur par rapport au témoignage que ce Dieu nous a donné la vie éternelle (I, Jean V, 10). Ces déclarations ne peuvent en aucune façon se concilier l'une avec l’autre, à moins que nous ne croyions que « la (vie éternelle », c’est-à-dire: le fils de Dieu voyez saint Jean I, 2, v. 20) est la lumière qui luit dans l’obscurité, « qui éclaire tous les hommes en venant au monde. » Par conséquent, la méthode du salut par Jésus-Christ est bien simple :

4° Tout homme, par le don de Dieu, a la vie éternelle, effectivement dans son esprit, quoiqu’il soit ignorant de ce fait; 2° Dieu envoie la Parole de son Evangile pour apprendre aux hommes ce fait; 3° celui qui croit à celte parole reçoit le Saint-Esprit et il est né de Dieu.

Car, comme par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même, par l’obéissance d’un seul beaucoup seront rendus justes. .. là ou le péché abondait la grâce a surabondé, afin que, comme le péché a régné par la mort, ainsi la grâce régnât par la justice pour la vie éternelle par Jésus-Christ notre Seigneur. (Rom. V : 18- 22).

l.E SANG VIVIFIANT DU CHRIST

Nous avons consacré un si grand nombre de chapitres, au début de ce travail, à mettre en lumière le second Avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ, comme étant un événement du passé, que, dans ces dernières pages, nous insisterons particulièrement sur un autre de ces secrets, que nous reconnaissons n’avoir pas connu au début, mais qui s'est imposé à nous à mesure que nous sondions les Écritures pour y trouver des preuves de notre première affirmation.

Ce mystère transcendantal qui doit maintenant être révélé au monde est, comme le lecteur a pu le voir, la véritable nature et la fonction du Sauveur — le second Adam — en qualité de Réparateur, RÉGÉNÉRAXEURet Rédempteur de la race humaine. Nous jetterons donc encore un rapide coup d’œil sur ce nouveau point de

vue, laissant à d’autres la tâche de le développer plus complètement, car tout nous prouve que le moment est venu où toutes choses tendent à faire connaître le mystère de Dieu qui a été caché depuis le commencement du monde.

Pour nous assurer de ce qui est entendu dans l’Écriture par le sang du Christ, nous devons garder en mémoire ce que l’Écriture enseigne au sujet de sa nature. En modifiant quelque peu les paroles de saint Paul (I Cor. XV, 39), nous avancerons ceci : tout sang n’est pas le même sang; il y a une espèce de sang pour les hommes, une autre pour les bêtes, pne autre pour les oiseaux (et nous pourrions ajouter une autre pour les arbres et les plantes); et de même pour les différents ordres d’êtres qui sont au-dessus ou au-dessous des hommes ; car il y a des corps célestes aussi bien que des corps terrestres. Si donc nous voulons savoir quelle est l’espèce de sang qui appartient à n importe lequel de ces ordres d’êtres, nous n’avons qu’à demander quelle est la nature de cet être. Si nous voulons découvrir ce qu’est le sang que Jésus-Christ a apporté dans le monde pour rétablir l’homme

LE SANG VIVIFIANT DU CHniST 453

clans l’état élevé d’où il était tombé, nous devons nous demander quelle est la nature de Jésus-Christ — est-elle terrestre ou céleste? S’il est un homme, alors son sang est humain, s’il est super-humain, alors son sang est superhumain ; s’il est le fils de Dieu, son sang est l’esprit du Dieu vivant.

C’est par ce sang mystique que nous sommes sauvés et non pas par le sang matériel. Ce sang mystique n’est pas autre chose que le secret du Christ, par le moyen duquel l’homme est transporté du plan matériel au plan spirituel ; le secret de la purification intérieure par l’Amour. Car ce « sang », dont il est toujours parlé dans les Ecritures comme du principe essentiel de i la vie », est le sang spirituel de la vie spirituelle ; la vie, dans son sens intense et le plus vrai, et non pas la vie uniquement physique, comme la comprennent les matérialistes; Ja Vie Éternelle parce qu’elle est l’essence même de l'Être, la Divinité intérieure dans l'homme. Et c’est par l’Amour divin seulement que nous pouvons arriver au Père et hériter le Royaume des cieux.

Quelque étranges que puissent paraître ce langage et ce raisonnement, ils sont corroborés

par le langage et le raisonnement de Jésus luimême. Dans saint Jean VI, 51, il dit: « C’est moi qui suis le pain vivant qui est descendu du ciel; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra pour l’éternité ; mais le pain aussi que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. » Il est donc évident que sa chair est descendue du ciel, et qu’elle n’était pas seulement ce corps humain qui naquit de la Vierge Marie. Bien que trois fois, il déclare absolument que sa chair et son sang sont descendus du ciel, les Juifs crurent qu’il faisait allusion à sa chair humaine et à son sang physique. Aussi étaient-ils fort indignés lorsqu’il disait : « Si vous ne mangez la chair du Fils de l’IIomme et si vous ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes ». C’est pourquoi Jésus s’explique plus complètement aux versets 61 et 63. « Cela vous scandalise-t-il? Si donc vous voyez le Fils de l’Homme remonter là où il était premièrement (comme s’il eût dit : si vous voulez comprendre mon langage, n’oubliez pas mon existence précédente). C’est mon Esprit (ma nature super-humaine) qui vivifie ; la chair (ma nature humaine) ne sert de rien. Ici même nous avons la propre définition que

donne le Christ lui-même, de cette expression : « le sang du Christ ». C’est la vie de cette nature super-humaine qu'il avait avant son incarnation, et, par rapport à cette définition, il déclare ce qu'était cette vie : « C'est par le Père que je tus»,- par conséquent l’esprit du Père, ou en d’autres mots le Saint-Esprit est la vie, c’est-à-dire le sang de Jésus-Christ. Et sa mission était de renouveler dans l’humain la vie divine que la race humaine avait perdue. Pour des exemples d’une phraséologie semblable, nous renvoyons le lecteur à saint Jean VII, 37-39, où le Saint-Esprit est appelé une « eau vivante », c’est-à-dire sang; et I Cor. XII, 12, où les croyants du temps de Moïse sont représentés buvant de cet esprit.» Ils ont tous mangé le même aliment spirituel, et tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était le Christ. » (I Cor. X:4). 11 est donc évident que ceux qui regardent le sang humain, qui sortit de la lance, sur le Calvaire, comme ce sang du Christ qui fut répandu pour nous, nient sa nature super-humaine ou spirituelle et rabaissent l’esprit du Dieu vivant jusqu’à un fluide animal. Par cette conception

du salut ils foulent aux pieds le Fils de Dieu et font du « sang de l’alliance quelque chose d’impur. » (Uéb. X, 20).

Le sang de Jésus-Christ, qui donne la vie éternelle, est le don de Dieu. L’esprit qui porte témoignage dans les croyants et qui les sauve de leurs péchés, est le don de Dieu. A Lui soit la gloire éternellement ! La vie du Christ n’est pas comprise jusqu’à ce que l’esprit porte témoignage. Et, de même qu’il nous est dit que, sur la terre, il y en a trois qui portent témoignage — ainsi il y a des agents, ou des éléments de salut dans le monde spirituel, qui correspondent à l’esprit (ou air), à l’eau et au sang dans le monde extérieur ou naturel.

L’eau est ce qui nettoie l’extérieur. (Voyez saint Jean XV, 3 ; Eph. V, 26), ou ce à quoi le mot extérieur correspond. Le sang est la vie — l’élément vital qui passe, à travers tout arbre et toute plante, sous la forme de la sève.

Ainsi le sang du Christ est la vie de l’àme. L’esprit (ou air) est le médium dans lequel et par lequel le sang, ou l’eau, peuvent agir, et sans lequel le sang serait inutile. Ainsi l'esprit de Dieu qui porte témoignage est cet élément sans lequel le sang et la chair de Jésus-Christ

seraient inutiles; en d’autres mots, sans lequel sa vie spirituelle et sa manifestation extérieure ne serviraient de rien.

Celui qui croit , a le témoignage de l’esprit. Celui qui ne croit pas, fait Dieu menteur, puisqu’il ne croit pas cette affirmation de Dieu qu’il nous a donné la vie éternelle , et que cette vie est dans son Fils. Cette vie éternelle en Jésus-Christ, est « la lumière qui luit dans l’obscurité », et qui « éclaire chaque homme qui vient au monde ». Ainsi, croire à la méthode du salut par Jésus-Christ est une chose bien simple.

Nous disons encore : 1° Tout homme a, maintenant, par le don de Dieu, la vie éternelle effectivement dans son esprit, alors même qu’il ignore ce fait. 2° Dieu a donné la parole de l’Evangile à l’homme pour qu’il puisse se rendre compte de ce fait. 3° Celui qui croit à cette parole, reçoit le Saint-Esprit ou est né de Dieu. 4° Le sang est donné; 2° l’eau est donnée; 3° l’esprit est donné. Ainsi Dieu est le Sauveur de tous les hommes , mais spécialement de ceux qui croient.

Nous expliquerons cela par un exemple.

Supposez qu'un homme tient dans sa main un

chèque de mille francs qu’il croit n’être qu’un morceau de papier. Cependant, on lui dit que c’est du bon papier. Ses pensées courent ainsi : Tant que je ne crois pas à la valeur de ce papier, il ne vaut rien pour moi, mais si je crois vraiment ce qu’on me dit, je serai riche de mille francs de plus. Mais comment avoir cette croyance? Le sens commun répond : en examinant le chèque et le caractère de celui qui l’a endossé. La Bible est un livre qui contient la volonté de Dieu, et où il est déclaré aux hommes qu’ils possèdent la vie éternelle. Le bon sens dit à celui qui désire savoir s’il peut croire cela, qu’il doit examiner le livre et le caractère de celui qui Ta donné. Si une étude intelligente et sérieuse ne donne pas la foi, la raison en est dans l’esprit de celui qui cherche.

Si je suis dans une grande anxiété au sujet d’un ami et qu’un messager arrive qui me dise : « Il est sain et sauf! » la joie de la foi en cette nouvelle me traverse comme un choc électrique. Ainsi l’Evangile n’est pas plus tôt entendu qu’il est accepté par celui qui a vraiment soif des eaux de la vie. Lorsqu’il entend cette parole de Dieu : «. Christ, le vainqueur du péché et de la mort, est en vous, n’ayez point de

crainte » ! l’homme croit à la minute et, en croyant, il passe de la mort à la vie. Au chapitre XV de la première Epîlre aux Corinthiens, saint Paul nous dit : « Le premier Adam fut fait pour devenir une âme vivante, le dernier Adam, pour devenir un esprit vivifiant... le premier homme tiré de la terre est terrestre, le second homme vient du ciel. »■ Et ceci est Je degré le plus élevé de révolution sur la terre. Par une évolution lente et progressive, nous avons vu la vie de cette planète s’élever de plus en plus haut, du minéral au végétal, du végétal à l’animal, de l’animal à l’humain. Mais en atteignant l’humain, nous voyons que cet humain est pénétré du souffle de Dieu. Dieu souffle dans les narines de l’homme le souffle spirituel de la vie ; et pour continuer à progresser depuis ce point, il faut qu’il se développe spirituellement , jusqu’à ce qu’il arrive à la perfection à laquelle il est destiné. « Soyez parfaits comme mon père, qui.est au ciel, est parfait ». Tel est l’ordre donné par le Christ. Alors l’àme retournera à Dieu, recréée à son image, revêtue de la gloire du Christ et devenue, par adoption, fille (fils) de Dieu.

Cette dignité est acquise par l’union du prin-

cipe divin avec le principe humain, union qui, dans l’Écriture, est symbolisée par le mariage du Fils du Roi, c’est-à-dire l’union avec le Saint-Esprit, le Divin féminin. La source de la grande protondeur se trouve maintenant devant lui, car « c’est l’esprit qui donne la vie.» Désormais, il n’y a pas grande chance de développement pour l’homme animal, mais une grande espérance de progrès pour l’homme spirituel.

En vérité, on peut dire que l’homme — cet héritier de l’immortalité — n’est pas immortel jusqu’à ce qu’il ait acquis ce droit par son union avec le Divin comme en Jésus-Christ.

Cette lumière divine, qui est le Christ, vibre à travers tout l’univers, non pas dans l’homme seulement, mais dans chaque atome de matière. A cette vibration, la matière répond et commence à se développer; elle cherche la lumière qui semble lui venir parla sensation extérieure; c’est ce qui s’appelle l’évolution.

Toute évolution est religieuse. C’est la tentative de retourner au divin, d’où tout est venu. Tentative d’abord inconsciente (du moins nous le supposons) dans le minéral et la pierre, puis se développant par la sensation dans les formes

inférieures de la vie. Et à mesure que chaque organisme répond à la vibration de cet esprit, l’impulsion passe à des formes toujours plus élevées, plus belles et plus complexes. Du végétal à l’animal, de l’animal à l’homme, de l’homme humain à l’homme divin, la vie une, modelant éternellement ses organismes en manifestations de plus en plus élevées, travaille dans le tout et par le tout.

Adam et le Christ sont les deux types de l’humanité, « le premier homme, tiré de la terre, est terrestre; le second homme vient du ciel ; tel qu’est le terrestre, tels aussi sont les terrestres ; et tel qu’est le céleste, tels aussi sont les célestes ; et de même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste. » (I Cor. XV, 47j. Et de même que, dans l’Ancien Testament, nous avons la race juive historique, et que dans son histoire est étrangement tissé le fil de la légende mystique de l’évolution de l’homme/ ainsi dans le Nouveau Testament nous avons le Jésus historique, dans la vie et les enseignements duquel sont tissées les vérités mystiques sur la nature de l’homme divin.

Il ne peut pas plus y avoir un Christ unique-

ment historique qu’un Adam uniquement historique, car tout homme est Adam, et tout homme est destiné à devenir un Christ ou un Oint ; telle est la signification du mot Christ, c’est celui qui a reçu l’huile sacrée, ou le « Saint-Chrism ».

Jésus était le nom donné par l’Ange de l’Annonciation à ce fils béni destiné à être conçu dans le sein de la Vierge Marie. « Tu mettras au monde un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. » Et lorsque Marie demande à l’Ange comment cela pourra se faire, puisqu’elle est vierge et qu’elle ne connaît point d’homme, l’Ange répond : « 1° Le Saint-Esprit (le divin féminin ou le second principe de la Divinité) descendra sur toi, et 2’ la puissance du Très- Haut te couvrira ; (cette puissance adornbrante qui a produit toutes les choses sur la terre successivement, à mesure que la terre était prête à recevoir une nouvelle semence). « C’est pourquoi, aussi, l’être saint qui sera engendré sera appelé Fies de Dieu. » Ici il faut remarquer l’action de deux facteurs, ainsi que nous l’avons indiqué, d’abord celle du Divin féminin, etpuis la puissance, celle du principe masculin.

Ainsi, nous voyons que le nom personnel de

Notre Seigneur et Sauveur était simplement « Jésus » ; le nom de « Christ » est le titre honorifique qui lui a été donné en second lieu et qui indique le principe divin impersonnel, qu’il était venu manifester sur la terre. C’est comme tel qu’il est appelé « le Christ», la vie de tout ce qui existe; et qu’il est, par conséquent, le plus chrétien de tous les chrétiens, parce qu’il est exceptionnellement pénétré de cet esprit divin qui, dans tous les temps, a été reconnu comme le Logos, le Christ ou le Fils de Dieu.

Cependant, tout en l’aimant et en le vénérant comme une manifestation extérieure du Logos, ou de la Parole de Dieu, qui a créé toutes choses, n’oublions pas non plus que « à tous ceux qui l’ont reçue, elle (la parole) a donné, parce qu’ils croient en son nom (sa nature), le droit de devenir enfants de Dieu »...

« C’est, en effet, de sa plénitude, que tous nous avons reçu grâce après grâce; car la loi’ a été donnée par Moïse, mais la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ ». (Saint Jean, 1, 12-16). C’est dcnc avec le Christ qui est dans nos cœurs que nous avons affaire, si nous désirons participer au salut qui, par lui, a été

apporté au monde; c’est par lui que doit se former l'homme divin, qui est en chacun de nous et qui est le Moi supérieur, ou le Christ, placé- au centre du cœur de chaque fils de l’homme, afin de le rendre capable de devenir un fils de Dieu.

Ici je me permettrai d’insérer un passage tiré des articles en cours de publication dans Y Aurore, sous le titre : « La Rénovation religieuse (1) *, et qui établit d’une façon très claire la perfection à laquelle l’humanité est susceptible d’arriver, de façon à ce que chacun puisse devenir un Christ, au moyen delà branche divine sur laquelle nous sommes maintenant grellés. Le passage auquel je fais allusion est contenu dans la réponse que lait un savant théologien à l’assertion suivante avancée par son interlocuteur : « Il y a cependant une chose indéniable, c’est que Jésus est le fils unique de Dieu. » Le savant théologien, sous le nom de l’Ermite, répond :

« Je ne voudrais pas discuter ce terme: Unique, parce que vous pourriez croire que je veux raffi-

(I) Ces articles seront publiés en un volume par la Directrice de l'Aurore.

ner sur les textes, et rien n’est plus éloigné de ma pensée; mais je dois vous dire que, nulle part, nous ne voyons que Jésus est le Fils unique de Dieu; partout, nous trouvons unigenitus et non unicus, tiovoygvvç, d’un seul genre, et non povoyovoç, unique. Le grec pov oysv^'ç, plus explicite que le latin, donne à entendre qu’il est engendré de même espèce, de même nature, de même sang, si j ose dire, que le producteur. Movoy«v>j tovt’êcttiv éx tïç overtaç tov riarpoç, dit le symbole de Nicée : Mono gênes, c’est-à-dire de l’essence du Père. Moucyovoî, monogonos, marquerait simplement qu’il est üls unique, seul engendré. Aussi, en parlant d’Isaac, saiiÿ Paul l’appelle-t il povoysvîj, monogénê , enfant spécial d’Abraham, renfermant en lui la race , pure, Yessence du patriarche, et non povôyovov, monogonon, fils unique (1), car Ismaêl était aussi, bien qu’à un moindre titre, issu du sang d’Abraham, mais en dehors du mariage légitime.

« Ainsi, pour que le règne animal s’élevât à la dignité humaine, il a fallu l’infusion de la Neschâmâh, ou souffle spirituel ; pour que l’esprit, à son tour, parvienne au suprême degré de l’évolution, il faut qu’il devienne Christ, c’est-à-dire uni hypostatiquement à Dieu. Jésus, la créature la plus parfaite que le monde ait connue, avait

(1, Epit, aux Hébreux. XI, 17.

cette dignité. C’est pour cela qu’il était réellement Dieu et homme, et ces deux natures, en lui, étaient inséparables. Il était la forme (1), la manifestation de Dieu dans l’humanité (2). »

(1) Qui cura in forma Dei esset, non rapinara arbitratus est esse se æqualem Deo (Epit. aux Philipp. II, 6).

(2) Saint Paul atteste nettement cette doctrine dans ce texte ou, parlant de Dieu et de Jésus-Christ, il met le verbe au singulier, car l’action est commune : Ipse autem Deus et Pater noster, et Dominas noster Jésus Christus dirigat viam nostram. (I. Thessalon. III, 11.)

Nous avons déjà dit qu’une étude approfondie des Ecritures, au sujet de la seconde venue de Notre Seigneur comme un événement du passé, nous a donné l’occasion de découvrir, ou plutôt, dirons-nous, de recevoir la révélation d’autres secrets, ou mystères, intimement liés avec ce second avènement. Le plus important de ces secrets nous parait donc être la valeur et la signification du sang du Christ, répandu pour la rénovation et la restauration de l’humanité pécheresse, au moyen duquel, par adoption, nous sommes devenus les enfants de Dieu.

Les autres secrets sont d’abord que, lorsque le Christ est monté au ciel, après son second avènement, il a pris avec lui les saints et les prophètes et tous ceux qui étaient prêts pour la vie de la résurrection. Il a établi son royaume

et l’Église de son royaume dans les cieux. Cette Église est celle que nous avons décrite au chapitre XXXV, comme la grande Église Invisible, destinée à descendre, dans bien peu de temps, croyons-nous, sur la terre, comme la Nouvelle Jérusalem qui est écrite dans les Écritures et que la terre attend avec impatience et angoisse.

Jusqu’à présent aucune religion n’a satisfait complètement notre nature, et il ne pouvait en être autrement. Par conséquent il n’y a pas encore de religion universelle. Dieu a tenu cette religion universelle en réserve pour couronner les âges — car la perle ne pouvait pas être donnée à des hommes et à des femmes sensuels.

L’homme doit revêtir une nouvelle nature et la femme doit revêtir une nouvelle nature, car tous deux sont destinés à former le glorieux autel sur lequel demeurera l’esprit divin. L’unité du mariage, attendue pendant des âges, comme la condition finale de la vie humaine sur la terre, commence à descendre. Le ciel va rencontrer la terre et s’unir à elle. Mais avant que l’image de Dieu puisse être de nouveau manifestée, ou que la vie éternelle puisse être

connue, il faut que l’homme et la femme soient unis, âme avec âme, dans le divin. L’âge du monde, l’âge d’or de l’humanité n'est possible qu’à cette condition, et il n’y a pas d’autre loi par laquelle une race humaine-divine puisse se propager.

Mais, comme nous l’avons expliqué dans ces pages, le but même de la venue du Christ et de l’Évangile du Royaume, est que la race humaine naturelle puisse être renouvelée et façonnée de nouveau à son image; que chaque homme soit rendu capable de devenir une maison, un temple où l’Esprit de Dieu fasse sa demeure. Jésus a dit que si un homme pouvait recevoir sa parole et la garder, il ne verrait jamais la mort parce que la nouvelle humanité qu’il avait apportée se construirait en lui, transformerait sa nalure, et lui donnerait une capacité pourla vie éternelle. Mais, est-ce que la partie essentielle de celte maison vivante de Dieu doit être laissée dans l’obscurité? Notre Seigneur Jésus est-il homme et pas femme? Ou bien est-il homme etlemme dans une unité absolue et selon l’ordre éternel?

Nous savons par la tradition que la nature féminine était certainement contenue en Adam,

et s’il n'en était pas de même en Jésus, il ne serait pas l’image et la ressemblance de Dieu ; en un mot, il ne serait pas homme. Comment « toute la plénitude » pouvait-elle demeurer en lui si l’humanité féminine n’était pas en lui? En outre, s’il était « la semence de la femme» la femme devait être contenue dans sa structure. Et, certainement, c’est, là que nous devons trouver le secret de la relation si infiniment tendre entre lui et les hommes, et de ce qui attire tout spécialement la femme à lui. La femme reconnaîtsapropre nature, cachée dans la nature masculine du Christ, et, en sa présence, les hommes ont conscience du charme et de l’attraction «. d’un être qui est plus féminin que toutes les femmes. »

A mesure que l’homme et la femme progresseront vers les étapes plus élevées de leur régénération, ils crucifieront les affections et les convoitises de leur organisme naturel. Ils le garderont de toute profanation, ils le présenteront au Seigneur, afin que, par son influence, la nouvelle nature se perfectionne en eux, et que la vieille loi de l’animalisme soit détruite ; en un mot, afin qu’ils soient préparés à entrer dans la nouvelle vie-vierge. « Sainteté au

Seigneur », ce nouveau chant de l’humanité ne peut se faire entendre que dans la nouvelle race. Nul ne peut apprendre à le chanter qu’en retournant à l’état virginal. Par vierge, il faut entendre le masculin et le féminin de la race humaine qui deviennent semblables à un canal nouvellement construit et qualifié pour transmettre le pouvoir générateur divin de la nouvelle vie.

Nous demandons journellement à Dieu que son royaume vienne sur la terre. « Son royaume» est un royaume divin — c’est le royaume du ciel ; la demeure des anges, « qui ne se marient, ni ne se donnent en mariage ». Pourquoi? Parce qu’ils sont parfaits, étant à limage de Dieu « le mâle et la femelle, mais sans être ni mâle ni femelle ». (Saint-Clément). Si le royaume de la race parfaite, dans les cieux, a été préparé, soigneusement préparé, «comme l’époux pour la divine épouse », ne doit-il pas y avoir une préparation correspondante dans les hommes et les femmes de la terre, avant que le royaume ne puisse s’introduire dans les cœurs et les âmes? Comment la nature divine peut-elle évoluer de la nature humaine, tant que ce qui est charnel continue à ramper?

Comment les éléments purs qui viennent de Dieu et duCielpeuvent-ilscoulerdansl’humain, tant que le temple humain n’est pas purifié et préparé pour les recevoir?

Ce fut sous la loi de cette nécessité absolue que la Vierge Marie reçut « le Saint-Esprit » (le divin féminin qui est le second principe dans la divinité), et ainsi « lepouvoir du Très- Haut » put la couvrir, en sorte que cette chose sainte qu’elle conçut et qui naquit d’elle, fut appelée « le Fils de Dieu ». Cet homme qui réussit à reconstituer l’humanité en lui-même, détient Dieu et le Royaume, organiquement, par la race; aussi nous l’appelons « Emmanuel» ou « Dieu avec nous ».

Il faut toujours nous rappeler que c’est à la semence de la femme qu’a été donnée la Mission d’écraser la tête du serpent. Nous voyons donc l’action constante du Saint-Esprit (le divin féminin), qui, d’abord, descend sur la Vierge Marie, au moment de son adombrement par « le pouvoir du Très-Haut », et encore lorsque, au baptême de Jésus dans le Jourdain, la Mère divine (ou Saint-Esprit), sous forme d’une colombe, descend sur lui et que sa voix maternelle prononce ces paroles : « Celui-ci

est mon fils bien-aimé , en qui fai mis toute mon affection. »( Saint-Matth. III, 17).

Mais remarquez ceci : le fait que Jésus devint une maison, construite pour Dieu, n’est pas, en soi, une fin, mais seulement le commencement d’un nouvel ordre dans la race humaine. Il est notre Divin Adam, l’homme type, le Père éternel de notre nature éternelle. La nouvelle maison de l’humanité fut construite lorsque le Seigneur Jésus fut né. C’est pourquoi les Anges chantèrent leur chant céleste de grande joie en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ; paix sur la terre et bonne volonté entre les hommes. »

Les bergers s’étonnaient, et les Mages étaient dans l’extase delà joie. Lorsqu’ils virent l’étoile, ils se réjouirent a d'une très grande joie, » et les bergers, aussi bien que les Mages, allèrent lui rendre leurs hommages dans son humble lieu de naissance, « une crèche », une crèche dans l'étable qui, en nous, est la demeure de la nature animale, tant que nous ne sommes pas purifiés et rendus dignes de devenir la maison du Saint-Enfant, ou le Temple du Dieu vivant ! Bien que le plan animal soit au-dessous du plan humain, et bien que l’homme naturel

soit l’homme interverti et perverti, cependant la nature, aussi bien que l’homme naturel, portent un témoignage non équivoque à cette loi suprême et centrale, à celte Loi de l’Être.

Dans le terme même « d’organes générateurs », vous avez le sceau de Dieu. Il est la vitalité des centres vitaux. Leur unité et leur relation deviennent le terrain propre à recevoir son Influx. A travers l’union nuptiale de la terre et du ciel, Dieu entre, par sa Loi génératrice, dans la nature. Les relations entre les plantes, les insectes, les oiseaux, les bêtes, les poissons, sont la condition nécessaire pour que les puissances créatrices agissent. Tout en reconnaissant que, malheureusement, la sensualité dominant dans les relations de la race humaine, la création se trouve pervertie à sa source même, il est cependant impossible de nier que cette source ne soit la « Porte de Dieu ».

L’organisme originel ou divin-humain est, par conséquent, le premier, l’essentiel.

L’homme doit devenir une demeure appropriée pour Dieu, un médium parfaitement adapté, et non vicié pour transmettre sa sainte

énergie créatrice, afin que le Royaume du ciel puisse descendre sur la terre. Lanouvelle race à travers laquelle Dieu doit demeurer sur la terre ne pourra exister qu’au moyen du nouvel Adam, le Rénovateur, le Régénérateur, le Réparateur de la céleste image. — Le royaume de Dieu ne pourra jamais venir si les formes organiques ne sont pas préparées chez les hommes et les femmes pour le recevoir.

L’homme ne peut pas être construit comme une maison qui soit selon l’ordre du ciel, c’està-dire, il ne peut pas être complété comme la divine humanité jusqu’à ce que le Sanctuaire central, final et saint, soit construit dans ses organes, que la luxure et les abominations de la race naturelle ont stigmatisés du terme de « honteux. » L’homme doit être transformé, en substance et en structure, dans tous les organes de sa nature, et il sera toujours en dehors de la porte de la Sainte Cité de Dieu, tant qu’il ne verra pas, qu’il ne sentira pas, qu’il ne déplorera pas et ne détestera pas l’impureté de la sexualité animale. Lorsqu’il éprouvera cette sainte horreur, la pureté de la sexualité divine lui sera graduellement révélée. Mais ce lieu très saint est gardé, et

sera constamment défendu contre les pensées impures de la nature animale dans la race humaine. C’est à la nouvelle race divine humaine qu’il est donné de connaître la nature de la pureté divine. Ils sont devenus semblables aux Anges de Dieu dans le ciel ; ils sont des maisons de Dieu, parce qu’ils se sont adaptés pour contenir sa présence intérieure. Chaque atome en eux, reluit de la pureté divine. Par le Christ, ils ont atteint l’unité nuptiale originelle de l’humanité, et les richesses de l’amour divin trouvent leur place en eux, en sorte qu’ils portent les fruits du Saint- Esprit.

Ceci nous étonne-t-il? Mais si la terre est la mère de notre nature terrestre, nous devrions savoir que le Ciel doit être la mère de notre personnalité supérieure — le germe céleste qui est en nous. Et nous ne voyons pas comment quelqu’un pourrait être en train d’évoluer l’organisme intérieur de son humanité éternelle, tant qu’il ne reconnaît pas cela. Car qu’eslce qui doit ê'.re défendu contre la souillure de la chair et gardé des tentations du monde, sinon cette précieuse nature céleste qui est ensevelie en nous ? Et qu’est-ce qui peut espérer

LE PRINCIPE DIVIN FÉMININ

Si le lecteur étudie attentivement les extraits que nous avons donnés dans ces pages des ouvrages du plus grand de tous les Théosophes, Jacob Boëhme, il sera plus capable de comprendre la sainte Trinité, ou les Trois principes dans la Divine Unité. Ces trois principes, ou ces trois naissances éternelles, s’engendrent incessamment, procédant l’un de l’autre, et tous les mondes, séparément et conjointement, en sont l’image, mais une image très différente selon les degrés de développement auxquels ils sont arrivés.

Bien que les trois principes soient inséparablement Un en Dieu, ils sont diversement manifestés dans las créatures.

Le second principe, ou le principe féminin de la lumière, est co-éternel avec le premier et, par conséquent, on ne peut pas dire qu'il

LIS PRINCIPE DIVIN FÉMININ

ait un commencement; cependant il absorbe ou engloutit le premier, comme le jour la nuit, car « sans les contraires, il n’y a pas de lutte et sans la lutte, il n’y a pas de production » (4).

Lorsqu’ils sont unis, ces deux principes constituent un seul Royaume, triomphant et beau, du bien parfait et infini; où règne une

(1) C’est le second principe, ou principe féminin, auquel il est fait allusion dans le neuvième chapitre des Proverbes que l’Eglise a choisi pour 1 Epitre du 8 décembre, jour de la Fête de l’ Immaculée Conception. Il commence par ces mots ;

« L’Eternel m’a créée la première de ses œuvres.

Avant ses œuvres les plus anciennes, j’ai été établie depuis l’éternité ;

Dès le commencement, avant l’origine de la terre, je fus enfantée, quand il n’y avait point d’abîmes ; Point de sources chargées d’eaux ;

Avant que les montagnes fussent affermies.

Avant que les collines existassent, je fus enfantée : il n’y avait encore ni la terre, ni les campagnes,

Xi le premier atome de la poussière du monde. Lorsqu’il disposa les cieux, j’étais là ;

Lorsqu'il traça un cercle à la surface de l'abîme, lorsqu'il fixa les nuages en haut,

Et que les sources de l’abîme jaillirent avec force. Lorsqu’il donna une limite à la mer,

Pour que les eaux n’en franchissent pas les bords ; lorsqu’il posa les fondements de la terre,

J’étais à l’œuvre auprès de lui, et je faisais tous les jours ses délices, etc. etc.»

Est-il possible de douter que ce soit la contrepartie divine féminine qui parle ici ? la Lumière céleste dont la source est dans le Feu divin, La Mère Dieu.

sainte joie et une sainte tendresse. Mais, lorsqu’ils sont séparés, ils deviennent deux mondes. L’un est un monde feu, obscur, sauvage, dur, amer, troublé, dévorant. Et quant à l’autre, bien qu’il soit un monde d’amour, doux, tendre et saint, cependant, sans le premier, il n’a pas de puissance, car cette lumière, le Principe-Amour, sort du feu brûlant du désir et devient la flamme brillante, donneuse de vie. Par là, nous voyons clairement que l’origine du mal est la Séparation.

Ainsi l’angoisse et la lutte du premier Principe, ou principe feu, engendrent la lumière et la vie du second Principe — car la Lumière est la Yie. Par conséquent, de la force, de la puissance et de la volonté du premier principe, et de l’éclat infini du second sortent la gloire et l’amour infinis du troisième. Et voilà pourquoi le troisième principe n’est pas seulement la vertu du Paradis, le Logos ou la Parole prononcée, mais aussi la naissance ou la manifestation extérieure (le rejeton), exactement comme l’air est produit par le feu et la lumière. Cette naissance (expression) ne peut pas être le premier principe, car elle n’est pas une racine mais un fruit ; elle n’est

LE PRINCIPE DIVIN FÉMININ

pas un créateur mais une création, composée d’obscurité, ou de matière substantielle, — le feu brûlant et consumant du premier principe, et la lumière et la vie de la flamme qui s'élève du Second principe.

Il semble étrange au premier abord, mais au fait cela est naturel, de voir que ces trois principes que le premier des Théosophes , Jacob Boëhme, a si bien saisis, sont distinctement visibles dans toute flamme ou lumière, que ce soit celle d’une lampe, d’une bougie, du gaz ou du feu. Car toujours nous trouvons à la base une couleur sombre, un feu consumant et courroucé, d’où sort une flamme qui est la vie et la lumière. La source de toute paternité et la source de toute maternité, aussi, est dans notre Dieu. Et le Troisième Principe est le Logos, ou la Parole, dont Jésus est la Révélation terrestre , l’expression ou la manifestation extérieure. Il est venu dans sa divine perfection, non pas avec la royauté du pouvoir qui veut dominer, mais apportant en lui l’amour le plus profond, la compassion la plus grande pour ses enfants qui s’étaient égarés et corrompus, parce qu’ils avaient oublié leur origine divine.

Il est aussi impossible de concevoir la paternité sans la maternité que de se représenter la race humaine avec des hommes seulement. Si nous pouvions imaginer cela, non seulement le charme de l’humanité disparaîtrait et le monde perdrait tout intérêt, mais il n’y aurait plus de possibilité de génération. Et si vous refusez à Dieu ses attributs féminin et maternel, vous lui enlevez son attraction la plus sainte et la plus douce, et vous serez puni de cette erreur en souffrant de la sécheresse et de la froideur de votre vie religieuse. Vous devez trouver les premiers principes du mariage en Dieu, autrement votre nature souffrira de cette omission. Vos pensées ne seront plus en harmonie avec la Loi universelle et votre cœur ne trouvera aucun centre où reposer, parce que vous n’aurez aucun centre de délices. Attribuez à Dieu Sa nature complète, telle qu’elle est réfléchie par l’humanité double, et 11 deviendra pour vous le Délice Suprême, car vous aurez la clef qui ouvre toute connaissance, et vous posséderez la loi de votre complet développement.

La virginité, l’amour conjugal, la maternité, comme nous les voyons sur la terre, ne sont que les ombres de ces états dans la Nature

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