DU SECOND PRINCIPE
DU PREMIER ET DU SECOND PRINCIPE CE QUE C’EST QUE DlEU ET LA NATURE DIVINE
1 . Le Second Principe est la Divine Sagesse. Elle procède du premier Principe. Elle est la divine Substance de laquelle toute chose est laite. Elle est la pure Flamme qui illumine, la douce Harmonie qui calme, le tendre Amour qui vivifie. Elle est la Résignation, la Patience et la Charité. Elle est le Saint-Esprit Consolateur. Elle est notre Mère dans le Ciel.
2. L’Essence divine ne peut s’exprimer par la langue : le Spiraculum Vitæ, l’esprit de l’âme illuminée, la voit; car chaque créature ne peut pas voir plus loin que sa propre mère, d’où elle tire son origine. L’âme a été soufflée du premier Principe (viz) dans la naissance sidérale et élémentaire; il n’est donc pas étonnant qu’elle voie toute la profondeur du Père dans le premier Principe, car elle y voit sa propre origine.
Les démons aussi la voient et la connaissent ; ils dési-
LES TROIS PRINCIPES, SELON JACOB BOEI1ME
reraient cependant ne pas la voir et ne pas la sentir, mais eux-mêmes se sont fermés au second Principe.
3. La Sagesse divine et la Sagesse de ce monde sont en hostilité ; c’est pour cela que, lorsque le Seigneur lui-même, étant dans la chair, prêchait le salut, sa Sagesse divine, qui s’exprimait en paraboles familières, ainsi que les preuves les plus élevées et le savoir le plus angélique qu’il manifestait étaient objet de raillerie pour plusieurs : non seulement pour ceux qui étaient inférieurs, mais même pour les Rabbins, hommes versés dans la Loi de Dieu selon la lettre, hommes zélés et saints extérieurement, les guides de la multitude ; hommes qui, selon la lettre, étaient sans fautes.
4. Le Père est l'essence originelle de toutes les essences. Si la mère, le second Principe, n’était pas éternellement engendrée en lui, d’après le premier Principe, le Père ne serait qu’un Principe jaloux, un feu dévorant, violent et sombre. Car la mère est semblable à la lumière qui sort du feu ; elle est le cœur, la radiance et l’amour du Père, qui, dans son épouse, est miséricordieux réconcilié et satisfait. Le Fils est une autre sorte de principe que le Père, il a un autre centre de joie et d’amour. Le Saint-Esprit, qui procède des deux dans l’explosion de la lumière, comme sortant de la source de l’humilité, est aussi un esprit Tout- Puissant qui, par la vertu de la lumière, crée un nombre infini de centres pleins de douceur.
5. Le second Principe a été manifesté dans les sacrifices qui ont été consumés par le feu sacré, lequel les a fait mourir à leur première forme et vivre sous une forme nouvelle, c’est-à-dire qu’ils furent transmués en une flamme sainte. Et cette partie que le sacrifice n'a pas transformé en cette flamme sainte, qui représente ce Principe, est tombée en cendres, comme dans le troi-
SECOND APPENDICE
siènie Principe périssable. C’est ainsi que nous voyons une partie de l’homme régénéré rester en bas, comme des cendres, incapable de faire partie de la nouvelle image.
6. Maintenant, nous voyons que les cendres peuvent être chauffées, mais par la flamme; il en est ainsi de l'homme terrestre et de la partie sensuelle. Cependant nous voyons, après la procédure d’un second travail, que les hommes transmuent des cendres ordinaires en un corps lucide et transparent; c’est ainsi que, par la procédure du second travail Ja résurrection), nos corps vils peuvent être transmués en Temples clarifiés et cristallins pour nos grandes âmes glorifiées, et les deux sont alors l’habitation sanctifiée de nos Esprits résignés, humbles et divinement irradiés. Nos âmes glorifiées et nos doux esprits humains (d’abord vêtus de la robe de la justice du Christ et de l’humanité céleste — la Vierge de la Sagesse de Dieu) seront tous les deux des hôtes convenables pour la nouvelle Jérusalem, semblable à une épouse parée pour son époux, et deviendront les Temples éternels du Saint-Esprit.
7. Ainsi, nous avons donné un aperçu de ce qu’est le second Principe en lui-même et de ses opérations en nous, par rapport à notre premier Principe. Il nous reste maintenant à chercher ce qu’il est dans le troisième Principe en nous, et dans toute la création.