LA MISSION SALVATRICE DU CHRIST
1. Dieu fit l’homme à, ou d’après son image (comme cela a été montré).
Viz : Un extrait des trois Principes.
2. Il était parfaitement l’image de Dieu, en ce qu'il était capable d’Eternité, sans qu’aucune nécessité de sa constitution l'assujettit à la mortalité. Par conséquent, maintenant il est démontré que la mort est la pénalité de sa désobéissance.
3. Avant sa chute il ne pouvait également pas être embarrassé d'un corps sombre, stupéfié par les éléments et construit sur des os, ce qui résulte de trois preuves :
Preuve /. Les fruits élémentaux sont mortels; par conséquent ils sont une nourriture appropriée pour soutenir les créatures transitoires qui s’en nourrissent.
LES TROIS PRINCIPES, SELON JACOB BOEHME
Preuve 2. Les os procèdent comme font les pierres, depuis la coagulation trop dure de l’astringence qui produit (dans l’élément solaire) le principe du sel mortel.
Preuve 3. La nourriture des éléments grossiers a besoin d'une carcasse élémentaire grossière pour les digérer et les entraîner, de façon à évacuer leur partie terrestre ; ces deux choses ne peuvent concorder avec la Pureté et YEtcrnité du Paradis.
Preuve 4. Les éléments eux-mêmes passent dans leurs Ethers, et cessent quant à leur existence présente, quand le mystère est accompli, et que la fin trouve son commencement.
Adam était une vierge de pureté qui possédait les deux teintures i masculine et féminine , ce qui est évident. Car il est dit (lorsque Adam seul fut créé), il le créa male et femelle, si complet, qu’il était capable comme son créateur de croître , de multiplier et d’être ainsi béni. Y. 28., ce qui venait des deux teintures et non pas de deux personnes; car la création d’Ève n’est pas rapportée avant Genèse II, 21 .
Quelqu’un dira t il qu’Adam et Eve furent créés en même temps (Genèse I, 27. Genèse II, 28), et que l’ordre fut donné plus généralement? La réponse à cela est faite par le Saint-Esprit, là où l’apôtre, avec un seul argument, justifie l’assujettissement de la femme par la priorité de la création de l’homme.
Il faut aussi remarquer que la femme ne lui fut pas donnée comme les femelles le furent pour les autres créatures.
Et aussi que, avant qu’elle lût faite, Dieu dit que tout était très bon ; qu’il se reposa de son œuvre créatrice, bénit le Sabbat, planta Eden, l’arrosa, le fit croître, etc., etc.
Mais, en outre : ce fait que la propagation d'Adam
SECOND APPENDICE
aurait dû être par Adam seul est démontrable (entre beaucoup d’autres) par les arguments suivants :
Il n’aurait dû y avoir aucun déchirement du corps; car ceci est incompatible avec l’heureux, parfait et éternel état d’union.
A propos des parties inférieures génitales de l’organisme, il faut remarquer que la nature elle-même (dans son état actuel de dépravation) s’en montre honteuse et en rougit. L'àme se cache autant qu’elle peut de cette monstrueuse et brutale difformité, ce qu’elle ne ferait pas si elle n’était pas elle-même d’une extraction plus élevée. L'homme tombé, lui-même, voit bien qu’il est une étrange et haïssable image, à laquelle il n’aurait pas dû être assujetti par la création.
La loi de la circoncision pratiquée sur cette partie, montre le déplaisir de Dieu au sujet de cette nouvelle manière de propagation animale.
Le fait que le Seigneur Jésus maintint sa vie chaste et vierge bien que, (par pitié pour notre faiblesse et notre infirmité) il limita le devoir de cette vie-là à ceux qui avaient la force de l’accepter, signifie (ainsi que lui-même l’a dit dans un cas qui n’est pas très différent de celui-ci) que, « au commencement, il nen était pas ainsi. »
Le triste et étonnant effet — le premier fruit de la copulation après la division des teintures, fut qu’Ève mit au monde Caïn et dit : « J’ai acquis un homme par l’Eternel», indiquant par là quelle croyait que ce fils était la semence première qui devait écraser la tête du serpent. Mais il prouva être (comme semence du serpent) le meurtrier de celui qui portait l’image de la semence première, ce qui jeta Ève dans une telle consternation qu’elle ne conçût plus que 70 ans plus tard. La loi qui concerne l’impureté, après la naissance
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de l’enfant, montre aussi combien impur était considéré ce moyen de propagation. Car la femme qui avait mis au monde un homme-enfant était impure pendant sept jours et il ne lui était pas permis de toucher aucune chose sacrée, ni d’approcher du Sanctuaire avant 33 jours. Mais, si elle avait un enfant du sexe féminin, son impureté légale durait quatorze jours, et elle ne pouvait pas être purifiée avant soixante-six jours. Cependant sept jours suffisaient pour purifier un lépreux, ou une autre personne affectée d’une maladie impure; celles-ci pouvaient rentrer le huitième jour dans le Tabernacle de la congrégation.
Tout cela prouve que la naissance humaine, par la femme, était quelque chose de plus grave encore qu’une pollution corporelle, parce que cela séparait les teintures. Car la lèpre était, à un haut degré une pollution corporelle. Mais la purification de la femme étant presque cinq fois plus grande pour la naissance de l’hommeenfant, et dix fois plus lorsqu’il s’agissait d’un enfant femelle, constitue un témoignage important sur la grande impureté de ce moyen de propagation. C’est ce qui fit dire à David : « Je suis né dans l'iniquité et ma mère m'a conçu dans le péché. »
La propagation de l’homme après la séparation des teintures est entachée d’impudeur et de convoitise ; en sorte qu’elle engendre le péché et la honte (comme un torrent qui se précipite) d’une àme sombre à une autre. C’est pour diminuer cette violence quTsaac, le fils du promis, fut engendré non seulement par Abraham étant vieux, mais par Sarah très avancée en âge et avec laquelle il ne vivait plus selon fusage, en sorte que la convoitise fut diminuée. Joseph, Samuel et d’autres serviteurs choisis de Dieu étaient d’une grande modestie et furent obtenus par la prière.
SECOND APPENDICE
Mais pour que nous soyons encore plus convaincus de l’impureté de notre descendance par Adam et Ève, le Seigneur Jésus naquit d’une Vierge.
Nous avons précédemment montré en quel terrible et honteux état Adam était tombé par la perte de la Vierge divine de la Sagesse de Dieu, avec laquelle il aurait toujours dû vivre dans la pureté, la modestie et la perfection de l’amour. Tandis qu’il se tenait ainsi, son àme avait la puissance de l’Eternité, son Esprit possédait la pure, majestueuse et divine Lumière ; son corps fait de l’élément saint, était plus noble que l’or sept fois raffiné, que le soleil brillant, et il était capable de vivre pour l’Eternité.
Mais le péché défigura tout cela ; son corps saint dégénéra, et de cristal céleste qu’il était, devint un corps putréfié, condamné à se dissoudre et à retourner aux éléments divisés, sans espoir de résurrection. C’est pourquoi, à toutes les époques, les hommes sages, qui savaient mieux ce que devient le corps que ce qu’il avait dû être à l’origine, et encore moins ce qu’un Créateur miséricordieux voulait faire pour restaurer son image perdue, se raillaient de la résurrection, ainsi que le faisaient les Athéniens en particulier.
Le Créateur miséricordieux, par pitié de la créature de son amour, défigurée après la disparition de sa précieusé image virginale, et quoique n’ayant aucun besoin pour lui-même de l’aide de sa créature, mais uniquement par pure grâce et bonté, ses entrailles étant émues d’un amour infini qui alluma ses compassions, mit le Pouvoir et la Sagesse infinies en œuvre pour supplanter le serpent dans l’homme, et réinstaller de nouveau, en lui, la tendre épouse modeste et pure, à qui Adam avait d’abord été uni, mais qu’il avait sans raison et follement abandonnée, s’étant honteusement
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laissé aller lui-même à céder aux propriétés divisées.
Dieu prononça de nouveau cette parole profondément implantée dans la création : « La semence de la femme écrasera la tête du serpent. » Parole qui, ainsi réimplantée, fut semblable à une étincelle de feu tombant sur de l’amidon, ou comme une semence mise en terre, ou encore comme du levain caché dans trois mesures de farine, car elle fut un pouvoir vivant.
Le second Adam, la semence sacrée, ne vint pas seulement au temps voulu dans le sein de la Vierge Marie où il revêtit la chair, mais à l’instant même de la chute d’Adam, à la parole du Père, il s’implanta luimême pour renverser l’œuvre du diable. Et il se tint à la porte d'Adam et d'Ève, et il se tient toujours à la porte de chacun de leurs enfants, sam en excepter aucun, à la lumière de leur vie, prêchant le salut. Avec l’immense puissance du Saint-Esprit i! réprime le péché, reconnaît la justice, juge la désobéissance et avertit tous, plus ou moins, du jugement à venir.
Cette parole vivante de vie a été appelée de plusieurs noms, car tous les noms sont contenus en elle. C'est la Lumière raffinée, une Lumière qui luit dans un lieu obscur, Emmanuel, Dieu avec nous, le Sauveur, l’espérance d’Israël ; le Hocher des Ages, le Rédempteur, l’Amour, la Sagesse, la Justice, la chose sainte, la Vie éternelle obtenue par l’obéissance. C’est, pour tous ceux qui savent la saisir, la Force invisible. Ses armes ne peuvent être rouillées ni émoussées ; ses défenses sont imprenables.
La parole replantée en Adam et Ève, après leur désobéissance, est appelée une parole greffée, bien qu’elle se soit transmise en descendant, principalement, ouïe plus visiblement, dans la ligne directe, de Seth à Enoch qui était dans le Sabbat — comme le septième jour, étant
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le septième depuis Adam d’où sortit Mathusalem, lequel (comme ayant eu la plus longue vie) représente l'Eternité. Cependant, il était le même en tous, comme prêtre pour être le conducteur de leurs frères. Et cette lignée de la semence sainte fut comme les chandeliers et les lampes où d’autres devaient allumer leurs lumières plus faibles.
Maintenant que nous avons étudié la nature des trois principes qui constituent la Nature Divine, avec un peu de réflexion nous comprendrons mieux la troublante question de I’Originu du Mal. Car si Dieu est la racine absolue, infinie et universelle de tout ce qui existe dans la nature et dans l’univers, — il est évident que nous devons aussi chercher la racine du mal dans le Dieu de tout bien. Nous ne pouvons pas prétendre que Dieu est la synthèse de tout l’univers et puis le séparer du mal ; et comme, malheureusement, il y a plus de mal que de bien dans le monde, il s’ensuit logiquement: ou que Dieu doit comprendre en lui le mal, et en être, la cause directe, ou qu’il doit renoncer à toute prétention à l’absolu. Les anciens voyaient cela si bien que leurs philosophes définissaient le mal, — la doublure de Dieu ou du Bien.
Nous trouvons cette théorie si bien expliquée dans les Œuvres de notre ancien théosophe Jacob
DE L’ORIGINE DU MAL
Boehme que nos lecteurs nous sauront gré, sans doute, d’en citer encore quelques passages. Car ils ont certainement déjà compris que l’origine du mal doit être cherchée dans ce Feu courroucé du premier Principe, séparé de la douce et pure Lumière du second Principe ou Principe féminin.
DE L’ORIGINE DU MAL