‹ Le secret du Nouveau testamentChapitre 6 sur 46 · SIGNES AYANT RAPPORT A LA VILLE ELLE-MEME · texte numérisé non relu

SIGNES AYANT RAPPORT A LA VILLE ELLE-MEME

i° Jérusalem sera entourée par des armées; 2° Les aigles doivent se rassembler comme autour d’un cadavre.

Lorsque l’armée romaine s’approcha et entoura la ville, au-dessus de chaque étendard qui flottait s’élevait l’aigle d’argent. Les bannières distinguent une armée; les nations sont connues sur mer et sur terre par leurs drapeaux. Les romains sont si intimement liés dans l'histoire avec leur symbole que les aigles romains ont une célébrité aussi grande que Rome elle-même. Quel emblème bien choisi! L’aigle, ou le vautour, se fait remarquer par trois choses, la force, la rapidité, la férocité. Les troupes romaines ne ressemblaient-elles pas à un vautour qui s’abatsur un cadavre? Gomme elles étaient fortes, rapides, dans leurs mouvements, et cruelles!

3° La destruction devait venir comme un éclair qui luit de l’Orient à l’Occident.

Gomme on arrivait à Jérusalem depuis la mer, on aurait pu s’attendre à ce que l’armée romaine s’avançât de l’ouest à l’est; mais il est de fait que l’approche eut lieu du mont des Oliviers, soit de l’esta l’ouest. Les éclairs de la guerre qui ébranla la belle capitale, partirent des nuages guerriers qui planaient à l’est, et se dirigèrent vers l’ouest.

-î° L'abomination de la désolation qui régna dans le lieu saint.

Ce signe fut très remarquable. Ce que cela signifie, nous ne pouvons pas le dire exactement, parce que cette prédiction s’accomplit de plusieurs manières. Ce que saint Matthieu entend par l’abomination de la désolation, c’est peut-être ce que Luc appelait l’armée païenne désolante, portant la ruine avec les étendards idolâtres surmontés de l’aigle, et planant sur le sanctuaire comme de noirs oiseaux de proie. Les Juifs qui tenaient chaque idole pour une « abomination » prièrent un général romain qui traversait la Judée en conduisant son armée en Arabie, de prendre un autre chemin, de crainte que le passage d’une troupe païenne, avec les emblèmes païens, ne souillât le pays. Certaines choses pourraient faire croire que l’allusion se rapporte à une armée de parias et d’assassins, que les Juifs avaient appelée pour ies défendre contre les Romains, et qui, à la lettre, se tenaient dans les cours du Temple et le profanaient. D’autres pensent que « l’abomination » s’appliquait à une statue de l’empereur élevée par Pilât», ou de Tituc, élevée par Hadrien dans le lieu saint.

o° Un fossé fut creusé et un rempart elevé autour de la ville.

Rien ne semble plus improbable et plus inutile que ces travaux. Dans tous les sièges précédents que Jérusalem avait subis, cela n’avait jamais été fait. La situation de la ville et la configuration du sol ne rendaient pas la chose nécessaire. Les vallées qui entourent la ville étaient un fossé naturel, les collines qui s’élèvent autour formaient un rempart suffisant. Cependant Titus, contre le conseil de ses principaux chefs d’armée, contruisit autour de la capitale condamnée, un mur et un fossé ayant cinq lieues

de circonférence; et l’historien juif décrit exactement le circuit.

6° De grandes tribulations devaient marquer le siège.

Ecoutez Josèphe : « Aucune ville ne souffrit jamais pareilles misères, et jamais il n’y eut de génération si fertile en méchanceté depuis le commencement du monde. Il semble que les malheurs de tous les hommes depuis le commencement du monde sont peu de chose, comparés à ceux des Juifs Le nombre de ceux qui périrent dépasse toutes les destructions que l’homme ou Dieu ont jamais amenées dans le monde. »

C’était à Pâques, lorsque la nation envahissait sa capitale sacrée. On estime qu’il y avait alors environ trois millions de personnes dans la ville. La famine était si terrible que les hommes mangeaient des écorces de sandale, des ceintures de cuir, de la paille. Une mère apporta aux assassins affolés, prêts à commettre n’imporle quelle violence pour se procurer de la nourriture, un enfant à moitié dévoré, et leur dit de partager avec elle l’agneau qu'elle avait préparé! Lorsque Titus vit les morts que l’on jetait par-dessus les murs, dans les vallées, par centaines et millieis, il leva ses mains vers le ciel en protestant devant Dieu que tout ceci n’était point de son fait. Josèphe affirme que 130,000 personnes périrent et que 97,000 furent vendues en esclavage.

7° La destruction effective de la ville

Elle devait être rasée jusqu’au sol. Josèphe nous dit que trois murs massifs d’une grande épaisseur entouraient la ville, et la garnison comptait dix fois le nombre des assié-

gés. A la fin, des ordres furent donnés pour « raser les fondations même » et rien ne fut laissé, sauf trois tours et le peu de murs qui étaient nécessaires pour abriter la garnison romaine, et indiquer la force des défenses que le pouvoir romain avait renversées. Titus dit : a Certainement Dieu a été notre aide dans cette guerre. lia rejeté les Juifs hors de ces forts, car qu’est-ce que des hommes ou des machines auraient pu faire contre des fortifications semblables à celles-là! » L’espoir de trouver des trésors cachés poussait l’armée romaine à déchirer le sol même, jusqu’à ce que les égouts et les aqueducs fussent mis à découvert, et une charrue fut employée pour remuer les fondations du Temple, réalisant ainsi la prophétie de Michée, faite 750 ans avant la venue du Chris t : Jérusalem sera labourée comme un champ.

Le Temple devait être compris dans cette terrible destruction. La prophétie de sa démolition est le premier lien de cette chaîne de prédictions. Après que notre Seigneur eut prononcé, dans le Temple, sa première lamentation sur son peuple qui ne voulait pas être rassemblé sous ses ailes il dit: Voici , votre demeure va devenir déserte! puis il quitta le sanctuaire. Ses disciples, qui l’accompagnaient, frappés de cette étrange prophétie au sujet du Temple, appelèrent son attention sur la solidité de ses murs, mais lui avec plus d’insistance répondit : Je vous dis en vérité quilne restera ici pierre sur pierre qui ne sera renversée.

Il était difficile de croire que cette prédiction pourrait jamais s’accomplir.

(a) Les murs enfermaient environ dix-neuf acres; la façade de l’est s’élevait à une hauteur de un sixième d’une lieue depuis la vallée. Cette massive structure était formée de pierres dont quelques-unes mesuraient 65 pieds sur 8 ou 10.

{b) Ce monument splendide était une œuvre d’art aussi bien qu’un lieu de culte. Il s’élevait vers le ciel, comme une montagne d’or et de nei^e. Ses portails sculptés, ses colonnes d’albàtre et son sanctuaire d’or excitaient l’admiration des païens eux-mêmes Si les Vandales et les Barbares avaient, dans le sac d’Athènes et de Rome, épargné le Parthénon et le Panthéon que ne pouvait-on attendre des soldats du premier et du plus grand empire? N’épargneraient ils pas un monument dont on dirait : « Si vous ne l’avez pas vu, vous n’avez rien vu de beau ! »

(c) Ce Temple avait été construit par Hérode, créature de la puissance romaine qui le patronait, et qui se montra plus loyal envers la nation conquérante qu’envers ceux à qui il appartenait, étant lui-même un descendant d’isaac. Et il était en esprit un romain obséquieux qui construisait des villes pour perpétuer le nom de César, et qui voulait faire une seconde Jérusalem de Rome. Anéantir la gloire d’Hcrode c'était détruire un chef d’œuvre romain..

(d) Et puis Titus était un commandant doux, humain et cultivé. On ne pouvait supposer qu’il approuverait cette destruction. Sur son ordre on éteignit les incendies, mais ils furent rallumés lorsqu'il eut le dos tourné.

LES PREDICTIONS DU CHRIST ASSURERENT CEPENDANT LA SÉCURITÉ DE SES DISCIPLES.

« Pas un seul cheveu de votre tête ne tombera »

C/est un fait assez remarquable que, dans un pareil massacre, pas un seul disciple ne périt. Mais ce qu’il y a de plus curieux encore, c’est que ce ne fut qu’après que

l'armée assiégeante eut entouré la ville qu’ils eurent l'occasion de se retirer. Pourquoi le signal de la fuite leur fut-il donné au moment où l’ennemi fermait toutes les issues? Et ce fut là le gage du Christ promis à ses fidèles disciples. Ils devaient avoir encore une chance de fuir, mais il fallait se hâter, l’occasion serait courte.

Ecoutez encore le chroniqueur juif : « Après avoir commencé le siège, Cestius Gallus se retira mystérieusement et sans aucune raison au monde, et plusieurs profitèrent de cette occasion pour partir. Une grande multitude « s’enfuit dans les montagnes.» Les historiens de l’Eglise du premier siècle nous apprennent qu’au moment de cette crise tous les disciples du Christ se réfugièrent dans les montagnes de Pella, au-delà du Jourdain, et il n’est pas fait mention d’un seul chrétien qui périt dans le siège! Aussitôt que les armées revinrent, la ville fut entourée d'un mur et tout espoir de fuir disparut.

CONTINUATION DES PROPHÉTIES SUR LA DES¬ TRUCTION DE JÉRUSALEM, GROUPÉES PAR LE DOCTEUR A. -T. P1ERSON.

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