PROPHÉTIES SE RAPPORTANT A L'HJSTOJRE POSTÉRIEURE
1° Le destin des Juifs. Ils devaient tomber par le fil de Vcpèe, cl être amenés captifs dans les nations.
Même avant que la ville tombât, un grand nombre de déserteurs, qui étaient aux mains des assiégeants, furent vendus avec leurs femmes et leurs enfants. Environ 100.000 habitants de Jérusalem furent enmenés en esclavage tandis que, 6.000 jeunes hommes choisis de Tarichée, étaient expédiés à Néron et 30.000 du même endroit vendus au dehors. On conduisit les plus beaux à Rome pour orner l’entrée triomphable de Titus. Plusieurs fuient expédiés en Egypte pour les travaux forcés; d’autres distribués dans les provinces, parmi les nations, pour être tués comme gladiateurs ou donnés aux bêtes féroces. Et ainsi il en a été jusqu’à notre époque. L’épée n’est pas rentrée dans le fourreau et leurs chaînes ne sont pas encore brisées.
2° Le destin de la ville. Elle doit être foulée aux pieds
par les Gentils jusqu’à ce que le temps des Gentils soit
accompli.
Il y a ici trois choses : la désolation par les Gentils, continuée jusqu’à ce ceux-ci soient amenés à la connaissance de l’Evangile et que les Juifs aient été réclamés. Jusqu’à ce jour la ville a été foulée par les Gentils; et, quoique les Juifs aient fait des efforts désespérés pour reprendre leur ancienne capitale, ils n’y sont jamais rentrés. Environ 64 ans après leur exclusion, sous Titus, la ville fut, en partie, rebâtie par l’empereur Hadrien, et une colonie romaine s’établit là. Il fut défendu aux Juifs d'y entrer, sous peine de mort ; défendu même de regarder la ville de loin. L’idée que le heu saint était souillé par les idoles les poussa à la révolte, mais ils furent écrasés et massacrés. De nouveau, à l’époque de Constantin, ils firent une vaine tentative pour s'emparer de la ville sainte; un instant ils se crurent sûrs du succès, car Rome leur donna la permission de rebâtir. Julien l’Apostat qui, d’après la prophétie, devait briser la foi, appuyant par les armes romaines le zèle des Juifs, entreprit de restaurer le Temple et le culte, et il fonda autour une colonie Juive
Pour nous rendre compte de quelle façon étrange ce projet fut réduit à néant, citons Gibbon (IL 436-9).
« L’esprit vain et ambitieux de Julien a pu aspirer à restaurer l’ancienne gloire du Temple de Jérusalem. Gomme les Chrétiens étaient fermement persuadés qu'une sentence de destruction éternelle avait été prononcée contre toute la fabrique de la loj mosaïque, le sophiste impérial aurait fait du succès de son entreprise un argument spécieux contre la foi en la prophétie et la vérité de la révélation.
Il résolut d’élever immédiatement, sur l’éminence de Moriah, un Temple magnifique qui devait éclipser la splendeur de l’Eglise cle la résurreclion sur la colline du calvaire, d’établir un ordre de prêtres et d’inviter une nombreuse colonie Juive à venir là. À la voix du libérateur, les Juifs de toutes les provinces de l’empire s’assemblèrent sur la montagne sainte de leurs pères: et leur triomphe insolent alarma et exaspéra les habitants chrétiens de Jérusalem. Le désir de reconstruire le Temple a été, à toutes les époques, la passion dominante des enfants d’Israël. A ce moment favorable les hommes oublièrent leur avarice et les femmes leur délicatesse. Les riches, par vanité, fournirent des pioches d’argent, et les décombres furent transportés dans des manteaux de soie et de pourpre. Toutes les bourses s’ouvrirent pour des contributions libérales. Chacun voulut prendre sa part du pieux labeur; et les commandements d’un gr and monarque furent exécutés par l’enthousiasme d’un peuple entier.
« Cependant les chrétiens s’attendaient pieusement à ce que, dans cette circonstance, l'honneur de leur religion fût vengé par quelque miracle signalé. Des autorités diverses contemporaines attestent, avec quelques variantes, qu’un tremblement de terre, un cyclone et de terribles éruptions bouleversèrent et éparpillèrent les fondations du nouveau Temple. Cet événement public est raconté par Ambroise, évêque de Milan, dans une lettre adressée à l’Empereur Théodosius; par l’éloquent Chrysostôme, qui pouvait en appeler à la mémoire de la partie la plus âgée de sa congrégation à Antioche, et par Grégoire de Nazianze, qui publia son récit du miracle avant l’expiration de la même année. Le dernier de ces écrivains affirme hardiment que cet événement surnaturel ne fut pas mis en doute parles infidèles, et cette assertion, quelque étrange qu’elle soit est confirmée par le témoignage
indiscutable de Ammianus Marcellinus. Ce soldat philosophe dit que « tandis qu’Alypius poussait avec vigueur l’exécution des travaux, d’affreuses boules de feufqui éclataient fréquemment près des fondations, rendaient parfois la place inaccessible aux ouvriers qui étaient brûlés et écorchés; et l’élément victorieux continuant, de cette façon, obstinément et absolument à les chasser, l’entreprise fut abandonnée. » Une telle autorité, « ajoute Gibbon doitsatisfaire un croyant et étonner un incrédule.»
Dans une note, Gibbon essaye d’expliquer tout cela en supposant que de l’air inflammable, longtemps enlermé dans le sol sous les ruines du Temple, aurait fait explosion par le contact avec la flamme des torches des ouvriers, etc.
Jérusalem a positivement été foulée par les Gentils. Sans parler de la destruction, les troupes païennes la foulèrent sous leurs talons de fer. Durant soixante-quatre années eile fut occupée par une garnison romaine. La reconstruction partielle d’Hadrien fut une profanation ; il l'appela Ælias Gapitolina (nom composé de son propre titre de famille, Ælias, et Gapitolina, titre appliqué à Jupiter à cause de son Temple sur le mont Gapitolinus). 11 consacra la nouvelle ville à Jupiter Gapitolinus et construisit un Temple cà ce Dieu païen sur le sépulcre du Christ. Il plaça une stalue rie Vénus sur le Calvaire et l’image en marbre d’un porc, que les Juifs tenaient en abomination, sur la porte qui ouvrait du côté de Betliléem.
Le site sacre resta ainsi plus que désolé, sous son nom païen, jusqu’à ce qu’Hélène, la mère de Constantin, s’y rendit en pèlerinage en 326. Au vi« siècle, Justinien répara et enrichit ses Eglises, fonda des couvents et construisit une Eglise dédiée à la Vierge, sur le mont Morinh. Mais si tout cela était acceptable pour le Pape, les Juifs
n’y voyaient que profanation ; la cité était toujours foulée par les Gentils! En 610, après J. -G. elle fut grandement endommagée par les Persans qui en furent maîtres pendant quelques temps.
En 637, sous le calife Orner, les Sarrasins en prirent possession, et pendant plus de quatre siècles les Mahométans arabes, les Turcs ou Egyptiens continuèrent à fouler la capitale condamnée. En 1073, Jérusalem tut prise par les Turcs, et leurs cruautés envers les pèlerins chrétiens provoquèrent la première croisade. Le 15 Juillet 1099 les croisés l’ayant prise par surprise en firent la capitale d’un royaume chrétien, et les chrétiens seuls furent autorisés à y résider. En 1187 la ville fut conquise par le sultan Egyptien Saladin. Pendant près d’un demi siècle, jusqu’en 1244, elle fut comme un jouet que les chrétiens et les Turcs se lançaient tour à tour. Depuis cette date elle est restée sous la domination musulmane, et le fait même de voir une mosquée, couronnée par le croissant, s’élever là où était le Temple, suffit à mantrcr que le mont Moriah est toujours souillé et foulé par les Gentils.
Nous demandons à tout esprit sincère si la continuation de la désolation de Jérusalem n’est pas une merveille historique, nous allions dire même un miracle? Considérez la façon remarquable dont la nation Juive s'est conservée. Bien que dispersée partout, elle garde toujours ses traits nationaux et son unité, comme un peuple qui se mélange avec les autres peuples sans s’assimiler à eux. Considérez leur ténacité religieuse, leur smour pour l’ancienne cité et pour son Temple démoli. Considérez leur richesse immense ; une seule famille de Juifs possède des capitaux suffisants pour acheter toute la Judée. Considérez que, s’il est une pensée et un désir qui occupe l'esprit juif, c’est d’être réintégré dans la cité de David,
et après cela quelle philosophie humaine pourra rendre compte du fait que cette désolation de Jérusalem dure depuis dix-huit siècles?
LES PRÉDICTIONS DE NOTRE SEIGNEUR LIMITERENT LE PREMIER ACTE DE CE DRAME DES SIECLES AU TEMPS DE LA GÉNɬ RATION QUI VIVAIT ALORS.
Nos jours sont considérés être de soixante-dix ans, et ce fut soixante-dix ans après la naissance de Jésus que Jérusalem fut détruite ou, si nous prenons 35 ans pour la moyenne de la vie d’une génération, il s’écoula à peu près ce laps de temps depuis que les paroles eussent été prononcées et jusqu’à ce que l’on vit le commencement de leur accomplissement.
LE CHRIST PRÉDIT QUE CES JOURS SERAIENT DES JOURS DE VENGEANCE (Luc XVII, 22), C’EST-A-DIRE DE JUSTICE DIS¬ TRIBUTIVE.
Tout cela devait être positivement le jugement de Dieu pour le péché d’avoir rejeté le Christ et de l’avoir crucifié. Un lecteur attentif de l’histoire ne peut pas manquer de voir Dieu dans l’histoire. 11 y a, à certaines époques, une correspondance si frappante entre la forme du péché et la forme et même l’époque de sa punition, que les hommes sont forcés de dire comme les magiciens de Pharaon, « C’est la le doigt de Dieu ! » Si la destruction de Jérusalem doit être considérée, non pas comme une
calamité ordinaire, mais comme une intervention spéciale de Dieu, une juste visitation pour le crime commis par les Juifs en crucifiant son Fils aimé, il y aura, à propos de ce fait, des traits qui manifesteront pleinement son caractère rétributif. Gomment cela?
Les Juifs mirent Jésus à mort à Pâques ; à l’époque exacte de cette fête annuelle, des milliers d’eux furent massacrés.
Ils clamèrent, en demandant que l’on relâchât un voleur et un meurtrier afin que Jésus pût être mis à mort; eux-mêmes devinrent la proie des voleurs et des meurtriers pendant le siège.
Ils crucifièrent Jésus en dehors des murs, et, en dehors des murs, un si grand nombre d’entre eux furent crucifiés, qu’il n’y avait pas assez de place pour les croix, ni de croix pour les corps.
Il se moquèrent de leur Messie et le raillèrent, même lorsqu'il se tenait impuissant devant le tribunal, ou qu’il était suspendu agonisant à la croix. Eux-mêmes furent crucifiés dans toutes les postules imaginables et fixés sur la croix, de façons si différentes, que*cela semblait avoir « été fait par plaisanterie. »
Il traitèrent le Christ, celui qui était sans péché, comme un malfaiteur, et leurs propies corps furent lancés pardessus les murs ainsi que les carcasses méprisées des criminels auxquels on a refusé ua enterrement honorable.
Pour convaincre le Christ de fautes graves, il se procurèrent de faux témoins, qui dénaturèrent sa prophétie sur sa mort et sa résurrection, en prétendant qu’il avait menacé de détruire leur Temple; et ce témoignage parjure se trouva être inconsciemment prophétique, le Temple fût détruit.
C’est sur le mont des Oliviers que notre Seigneur
avait prononcé sa triste prédiction, et du mont des Oliviers la troupe des aigles s’abattit sur le cadavre.
Pilate était assis dans la cour du château d’Antoine pour condamner Jésus à mort, et c'est exactement de ce point que partit le dernier assaut, suivi de succès, sur le temple et sur la ville.
Le peuple intimida Pilate, en faisant montre d'une grande loyauté envers César qu’il réclamait pour son Roi; et ce fut sous son règne impérial que la nation juive fut brisée en fragments par les troupes mêmes de César.
Les Juifs repoussèrent leur vrai Messie, ses œuvres puissantes et ses paroles de vérité, et s’abandonnèrent, comme des dupes, à de prétendus Messies et à de faux prophètes. Lorsque Pilate déclara que Jésus était innocent et voulut le relâcher, ils assumèrent toute la responsabilité en disant: « Que son sang soit sur nous et sur nos entants, » et le sang de cette même génération paya pour celui du Christ répandu par elle. Il n’y eut jamais d’imprécation prophétique plus vraie que celle-là.
La rétribution frappe l’individu au delà de cette vie, parce qu’il vit au delà de cette vie. Une nation est un étal temporaire, et si ses péchés doivent être punis, cela doit être dans ce monde. Les institutions sont mortelles, les hommes sont immortels. Le jugement historique et temporel frappe les institutions et les organisations ; le jugement final frappe les individus, chacun d'eux devant rendre son compte à Dieu.
Quel esprit sincère pourrait considérer le crime des Juifs et les calamités qui suivirent, selon les prédictions prophétiques, et ne pas voir, dans ces merveilleuses correspondances, le signe que Dieu se souvenait de leur péché en frappant cette même génération d’une rétribution si tragique ?
Ce témoignage merveilleux en faveur de l’inspiration
divine de l’Evangile, atteste aussi le caractère divin du Christ qui a dit lui-même : « Et je vous le dis maintenant, avant que la chose arrive, afin que quand elle sera arrivée, vous croyiez. » Il prétendait à la qualité de Fils de Dieu et de Messie ; et pour défendre cette prétention, il prononça une prophétie si précise dans tous ses détails qu’aucune coïncidence ne pourrait l’expliquer. Gomment sera-t-il possible de ne pas être convaincus?