JÉSUS PLEURE SUR JÉRUSALEM
être déjà ici, puisqu’il estpermisaujourd’hui que ces choses, qui ont été tenues secrètes depuis le commencement soient révélées.
Et maintenant si, d’après l’auteur que nous avons cité, « la destruction de Jérusalem doit être considérée, non pas comme une calamité ordinaire mais comme une intervention spéciale de Dieu, et une juste rétribution pour le crime commis par les Juifs en crucifiant son propre fils; » s’il en est réellement ainsi, alors n’avons nous pas lieu de trembler lorsque nous regardons autour de nous, ici dans cette belle ville de Paris, où le Christ est repoussé et crucifié chaque jour et de tous côtés par ceux qui ont décidé de vivre sans lui, et qui, par conséquent, s’adonnent trop souvent à des œuvres d’iniquité, et tombent dans de tels péchés qu’on n’ose pas même y penser sans frémir.
Nous ne pouvons pas entendre nier la beauté du caractère de notre Seigneur et son existence même, sans éprouver un sentiment de profonde tristesse. Tout ce que nous possédons et tout ce que nous espérons dans ce monde et dans le monde futur, est lié à l’Evangile du Christ. Celui qui insulte, attaque ou nie cette foi sacrée, nous blesse au plus intime de notre
être. Et c’est ce qu’entendait notre Seigneur lorsqu’il disait : « Je suis blessé clans la maison de mes amis. »
Et en effet il est constamment crucifié dans nos cœurs; car le cœur aimant de tout croyant sincère, ne peut rester indifférent à n’importe quelle infidélité faite à Jésus de Nazareth, la Vérité, et la Vie !
Si Jésus est le Christ, l’Oint de Dieu, le Sauveur des hommes, celui qui le méprise, ou qui le rejette, le crucifie de nouveau. Les Juifs prirent la responsabilité que Pilate repoussait lorsqu’ils dirent : « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants! » Quelle prophétie contenue dans cette exclamation ! Pendant dix-huit cents ans son sang a été sur eux et sur leurs enfants. Le feu, l’épée, la verge de la loi hostile, le mépris populaire, la haine humaine, les ont poursuivis partout, de pays à pays, du lever du soleil jusqu’à son coucher.
Arrêtez-vous un instant pour vous représenter quelle devait être la situation après le départ des Saints et la condamnation des incrédules. La Terre Sainte n’était que désolation. L’œuvre des douze avait si complètement échoué que les penseurs pouvaient se demander s’ils avaient jamais vécu et prêché. Une troupe de Juifs ignorants et superstitieux, surnommés les Ebionites, restèrent au bord du Jourdain, et, pendant une génération ou deux, après la destruction de Jérusalem, ils déshonorèrent le nom du Christianisme par la profession qu’ils en firent. Ils disparurent au commencement du troisième siècle.
Les douze Apôtres etles sept diacres n’avaient
pas laissé de traces derrière eux. S’ils moururent, leurs tombes ne furent pas marquées. Les traditions qui se rapportaient à leur œuvre, après l’époque des Actes des Apôtres, ne sont pas dignes de foi, et l’étudiant fera bien de ne pas en tenir compte. L’histoire profane ne raconte pas autre chose que les travaux de saint Paul et de ses collaborateurs.
Les Eglises fondées par lui et qui contenaient une proportion de Gentils survécurent toutes pendant un siècle, mais sans être remarquées. Cependant elles se développaient silencieusement. D’abord elles ne furent composées que de gens appartenant aux classes inférieures, mais bientôt les riches et les intelligents s’y rallièrent. Cependant il est évident que toutes ces églises ignoraient ce qui avait transpiré au dernier jour. Les supposions enfantines au sujet de la chute de leurs fondateurs, permettent de conclure qu’il était dans l’intention de la Sagesse de laisser ces Eglises dans l’ignorance du fait, que leurs chefs avaient été enlevés du monde.
C’est avec quelque hésitation que nous exprimerons ici la conviction que l’Egljse Chrétienne, depuis l’époque de la résurrection jusqu’à ce
jour, n’a jamais su discerner la Vérité de la Révélation. Ainsi que les Eglises Juives qui tombèrent si rapidement, elle a conservé les Ecritures comme drapeau de la foi, mais en voilant leur signification par la tradition et les systèmes de théologie. Elle a enseigné comme doctrine les commandements des hommes, et obscurci le chemin du salut en expliquant à leur manière les paroles divines.
L’Eglise a constamment cherché à construire sur des fondations qui ne peuvent la porter, une religion acceptable pour le monde. Tout en conservant les enseignements de Jésus et des Apôtres, comme les Anciens et les Scribes l’ont fait de ceux de Moïse et des prophètes, elle n’en a pas fait sortir des résultats réels. Nous ne pouvons pas prouver cela, mais c’est un fait qui nous semble évident. Cependant, de même que le jour du jugement du Judaïsme a dévoilé ses erreurs, ainsi nous devons attendre le jour du jugement du Christianisme pour montrer qu’il a été encore plus infidèle à Jésus que le Judaïsme ne l’a été à Jéhovah.
Néanmoins nous savons que dans toutes les générations des Eglises chrétiennes il y a eu des petits et des humbles, inconnus du monde,
qui ont saisi la Vérité et, par elle, sont devenus héritiers du salut; de même que tout du long de la Dispensation Juive il y eut des fidèles qui ne furent pas condamnés à la destruction, mais héritèrent au moins de la vie aionienne (1) accordée au dernier jour.
La seule œuvre utile accomplie par le Judaïsme fut de conserver les Annales sacrées. Les Juifs furent des gardiens fidèles des Ecritures. Jusqu’aux derniers siècles avant la venue du Messie, les Ecritures étaient lues sans commentaires chez les Juifs et chez les Gentils. De nos jours, les vues des théologiens sont plus importantes, semble-t-il, que Je texte des Ecrivains inspirés. Dans les premiers jours la parole était prise dans sa signification la plus simple. L’aveuglement des Eglises chrétiennes dans tous les siècles, n’est pas sans explication.
Lorsque les élus furent transférés, tout ceux qui étaient divinement illuminés disparurent. Avant que Paul fût enlevé, ses Eglises se composaient déjà de fidèles qui se croyaient plus sages que les Apôtres, et ne pensaient pas avoir besoin d’ordination. D’après les Epitres de Paul
(1) Temporaire, pour un Cycle, probablement dans les incarnations.
nous pouvons deviner que deux classes d’hommes avaient été admises à la Communion de ses Eglises, qui prétendaient enseigner en opposition aux Apôtres. L’une de ces classes s’appelait les Judaïsants. Ils insistaient sur la nécessité de garder la loi de Moïse, et voulaient convertir les Juifs et les Gentils à leur point de vue. La seconde classe avait une teinture de philosophie Grecque et enseignait l’immortalité de l’àme humaine.
Ceux-ci ne pouvaient pas comprendre la résurrection des morts, et croyaient que la mort faisait entrer les uns dans les Champs-Elysées, et les autres dans le Tartarus.
L’observateur attentif remarquera que ce Christianisme, au début de son histoire, après le jugement, est une religion identique à toutes les autres religions humaines qui prêchent une morale et une vie correcte sur la terre, suivie de récompenses dans le Ciel. Il est à peine possible de démontrer au monde qu’une telle religion n’est pas d'accord avec les doctrines du Nouveau Testament, et que, bien que vraie, elle n’a pas saisi toute la portée des paroles de Jésus, le Christ.
La religion chrétienne, enseignée à la lettre
et sans la doctrine secrète, a toujours été humaine (1). Elle est du monde, et doit continuer à être sous sa domination jusqu’à ce qu’elle et le monde avec lequel elle s’est liguée, soient renversés pour le fait d’avoir rejeté le salut qui leur est offert, à la fin de l’époque des Gentils.
Nous sommes les Gentils, et les Annales Sacrées nous appartienn ent. Par elles nous pouvons devenir sages jusqu’au Salut. Mais pour cela il faut découvrir la signification de ces « Oracles » qui révèlent le chemin du Seigneur. Les Grands et les Sages les ontinterprétés d’une façon si étrange que la plupart d’entre nous ont désespéré de trouver la solution. Allons-nous renoncer à la tâche, vivre nos vie terrestres le mieux que nous pouvons et courir les chances de l’immortalité sans en savoir davantage?
Non, la vie éternelle est un don trop grand pour que nous y renoncions s’il est possible de l’obtenir. Nous ferons donc bien de considérer attentivement cette question. Nous aurons raison d’étudier les Ecritures à leur propre lumière, de mettre de côté tous les systèmes de
(I) Il faut entendre parla la religion extérieure représentée par l’Eglise visible.
théologie et M’accepter la parole divine telle qu’elle est.
Rendons-nous familiers avec les textes euxmêmes, laissant de côté tous les commentaires. Comprenons, mais sans nous indigner contre elles, que les Eglises se sont servies de la Bible pour se construire et que, par conséquent, leurs interprétations ne sont pas absolument impartiales. Il serait déraisonnable à vous, de vous plaindre de ne pas trouver le salut si vous ne commencez pas par sonder la Bible. Votre plus grand plaisir doit être d’étudier, avec une simplicité d’enfant, les Saintes Ecritures. Il ne faut pas appliquer à vous-même les glorieuses descriptions qui sont faites du Christ et de ses Saints.
Aspirez à ces choses, mais ne croyez pas que vous les possédez déjà. Jésus a fait ces promesses à ses disciples, aux justes de son jour, aux pécheurs repentants. Mais craignez qu’à vous ne s’appliquent les paroles qu’il adressait aux Pharisiens. Contentez-vous des promesses qu’il faisait à la multitude de ceux qui n’étaient pas sauvés; et ne vous appropriez pas ce qu’il a dit à ses douze.
Croyez de tout votre cœur aux visions pro-
phétiques de l’Ancien et du Nouveau Testament. Des événements très importants sont près de se produire, selon ce qui a été écrit. Soyez dans une attitude d'expectative, afin que vous ne vous trouviez pas en opposition avec la volonté du Christ lorsque cette volonté s’accomplira, selon sa parole. Souvenez-vous que ce n’est pas au corps mortel ni à la chair que s’adresse la révélation. Ce n’est ni la Science ni la Religion extérieure qui peuvent délivrer notre Ego supérieur de la prison du corps où il est enfermé. Mais bientôt la délivrance nous sera offerte. II faut que vous restiez en prison jusqu’à ce que la porte soit ouverte.
Etudiez donc la Bible en vous disant que vous n’êtes encore qu’un faible mortel et pas un saint. Attendez le moment où vous serez appelé à la Sainteté. Ne vous laissez pas égarer par l’illusion de posséder la vie éternelle ici. La vie dans la matière n’est qu’un rêve, que personne autre que nous ne peut dissiper. Il faut nous émanciper nous-mêmes de la matière pour vivre de la vie éternelle.
Rendez-vous compte de la grande œuvre à laquelle vous avez été appelés et sondez les Ecritures. La Bible est un livre qui contient
l’histoire de l’homme mortel, depuis le commencement du temps et de la matière jusqu’à leur fin. Une partie contient les annales du passé et le reste est une prophétie de l’avenir. Considérez ces deux parties comme une révélation de l’intention et de la volonté infinies. Celte intention, vous devez la comprendre et vous mettre d’accord avec elle. L’amour divin n’exclut pas la justice, et vous ne pouvez pas échapper aux conséquences du péché en fermant vos yeux et en déclarant qu’il n'y a pas de péché. Vous serez guidés en voyant ce que Dieu a fait dans le passé, et comment il a agi à l’égard du monde; cela vous fera comprendre ce qu’il a promis de faire dans l'avenir.
Il est plein de miséricorde pour les mortels, mais ceux-là seuls qui désirent la miséricorde et qui la cherchent l’obtiendront. L’Ancien Testament est aussi important que le Nouveau. Les livres de Moïse et l’histoire des Israélites serviront encore à illuminer les Gentils, et à leur montrer les tristes erreurs qu’ils commettent. Le monde actuel des mortels n’est pas plus sage dans les choses divines que ne l’était le peuple choisi, et nous lirons avec profit l’histoire de leur triste destin. Le temps presse pour nous
détourner des erreurs du monde et nous mettre à étudier la révélation.
Les Ecritures nous appartiennent. Elles ont été de fait transférées des Juifs aux Gentils. Les savants et les sages les lisent; mais la critique historique détruit leur autorité. Elle leur oppose la science, et ne veut y voir que des fables ou des légendes. Mais, ici et là, on rencontre des pécheurs repentants qui ont su trouver en elles une espérance; qui ont compris qu’un jour ou l’autre, qu’ils soient vivants ou endormis, le Père Céleste se souviendra d’eux, et les délivrera du péché et de la mort par l'intermédiaire du Seigneur Jésus-Christ.
Nous avons ainsi résumé les faits qui, d’accord avec la volonté infinie, se passèrent à la fin de la période, ou « Aïon, » Juive. Il a été montré que ceux qui avaient cru à la venue du Royaume de Dieu, annoncé par Jésus et les douze Apôtres, et qui étaient restés fidèles, furent sauvés de la mort et entrèrent dans l’immortalité. Ceux qui avaient écouté les paroles de la vie éternelle avec des cœurs endurcis et des intelligences incrédules furent disséminés et condamnés à la seconde mort. Le peuple qui n’avait pas pris garde au jour du jugement ni au temps de la visitation fut dispersé parmi les autres nations, par suite de son aveuglement et de sa propre folie.
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Depuis ce jour mémorable les Juifs ont été sans patrie et sans gloire. Méprisés parmi les nations, leurs annales sacrées, leur sublime théologie et leur meilleure espérance sont cependant, d’une manière étrange, devenues la propriété de ces mêmes nations au milieu desquelles ce peuple, abandonné de Dieu avait été dispersé. Voyons comment ce lait merveilleux s’accomplit.
Le Juif est le descendant en ligne directe de Sem, un des fils de Noé, auquel il fut fait des prédictions favorables immédiatement après le déluge. Les Gentils, ou les nations, sont d’une façon générale, la postérité de Japhet, dont il fut prédit qu’ « il demeurerait dans les tentes de Sem. » Et, en apparence, les Gentils demeurent maintenant dans les tentes d’où la postérité de Sem a été rejetée.
Dans le Nouveau Testament principalement, nous apprenons que, selon le plan divin, les nations (les Gentils) devaient posséder la connaissance du chemin qui conduit à la vie éternelle. Les citations suivantes prouvent clairement que « la bénédiction promise à Abraham se répandit sur les Gentils par Jésus-Christ. » (Gai. III, 14.) « Que les Gentils sont co-héritiers,