CHAUVINISME
pour les causes justes, et qu'il tend direclcment à supprimer la guerre.
Nous connaissons maintenant, je l'espère, le tempérament politique du peuple de Paris; nous savons que c'est une calomnie au premier chef de dire qu'on aurait raison de lui avec du pain et des fêtes; que c'en est une autre de lui supposer cette basse jalousie, se traduisant en appel à un despotisme qui abaisserait les classes favorisées.
Nous avons vu que le besoin d'égalité n'est pas, à beaucoup près, aussi développé en lui que le supposent les publicistes; j'ajoute qu'il n'a pas non plus pour les libertés intérieures un culte aussi fervent que les amis du progrès pourraient le souhaiter. Mais, comme pleine compensation, toutes les puissances de son âme sont pour la fraternité des peuples.
(Juanl à le gouverner : nous savons qu'autant l'entreprise est pleine de difiicultés et de périls lorsqu'on méconnaît et contredit ses tendances instinctives, autant elle est facile lorsqu'on s'y conforme.
Nous avons donc à nous demander si le gouvernement ferait bien ou ferait mal de conformer la politique générale au sentiment populaire. Si, les considérations qui vont suivre prouvent l'affirmative, il faudra en conclure que le peuple est d'autant plus
facile à diriger que le gouvernement est plus résolument dans la \oie du progrès.
En sorte que si la \oix du peuple n'est pas la voix de Dieu, son instinct serait du moins l'indicateur certain de la meilleure politique à suivre.