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CHAPITRE IL

DEMANDES EN MARIAGE. — LETTRES RELATIVES AUX ACCOUCHEMENTS, AUX ENFANTS, AUX NOURRICES, AUX MÉDECINS, ETC.

Lettre à un Père pour lui demander la permission de se présenter chez lui pour faire la cour à, sa Fille.

Monsieur, J'ai eu plusieurs fois Toccasion de voir Mademoiselle voire fille chez ma sœur Emilie Lalande, son amie. Sa douceur,

son amabilité, ses qualités solides, jointes à ses agréments personnels, m'ont inspiré des sentiments que je serais heureux de lui voir partager.

Mais avant de lui en faire l'aveu, l'honneur et les convenances m'engagent à solliciter votre consentement. Vous connaissez ma famille. Monsieur; j'ai un emploi qui me donne des moyens d'existence suffisants pour moi et pour la femme qui voudra bien s'associer à mon sort. Quant à mes mœurs et à mes habitudes, elles sont à l'épreuve de l'examen le plus sévère.

J'attends donc votre autorisation pour me présenter chez vous, solliciter de votre aimable fille la permission de lui faire ma cour et de lui offrir mon cœur et ma main, en essayant de lui faire partager les tendres sentiments que sa vue m'a inspirés.

Dans l'espoir d'une réponse favorable;,

J'ai l'honneur d'être avec respect,

Réponse affirmative à la lettre précédente.

Monsieur,

Votre procédé est aussi lionorable que délicat, et ce que je connais de vous et de votTe famille me porte à vous assurer que je vous recevrai volontiers chez moi, et que je vous verrai avec plaisir offrir vos hommages à ma fille. Je suis certain d'ailleurs que je ne pourrai confier le soin de son bonheur à un plus galant homme.

En attendant le plaisir de vour voir.

J'ai l'honneur de vous saluer avec une parfaite considération.

Réponse négative à la même lettre.

Monsieur, Tout en rendant justice à la délicatesse de votre procédé, fp me vois, à mon grand regret, obligé de refuser votre offre

honorable. Ma fille n'a pas encore assez d'expérience pour que je songe à l'établir. Je tiens à ce que l'âge ait assez mûri S6/1 jugement pour qu'elle puisse bien comprendre ce qu'elle devra faire dans celte circonstance.

J'ai l'honneur, Monsieur, de vous saluer avec une parfaite considération.

Lettre à un Père pour demander sa Fille en mariage.

Monsieur,

Je n'ai pu voir Mademoiselle votre fille sans éprouver pour elle les plus tendres sentiments, et l'objet de tous mes désirs serait d'unir mon sort au sien. Je viens, Monsieur, vous faire la demande formelle de sa main. Vous connaissez ma position ; mon commerce est dans un état florissant, et le concours d'une épouse telle que votre fille ne pourrait qu'accroître sa prospérité. Quant à mes moeurs, je ne crains pas l'enquête la plus sévère. En me confiant le sort de votre enfant, vous pourrez être certain qu'il ne sera pas en mauvaises mains ; car son repos et sa félicité seront l'objet de toutes mes pensées et de toutes mes actions. Vous ferez mon bonheur, et j'ajouterais celui de votre fille, si je ne craignais d'être accusé de présomption. Mais je suis assuré du moins que la loyauté de mes intentions et la franchise de mon caractère ne lui ont pas déplu, puisqu'elle a bien voulu me permettre de solliciter le don de sa main.

Dans l'espoir d'une réponse favorable,

J'ai l'honneur d'être, avec les sentiments les plus respectueux.

Votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Réponse affirmative à la lettre précédente.

Monsieur, La proposition que vous me faites nce semble convenable, et je n'ai aucun motif pour la refuser, si, comme je le pense, elle convient également à ma fille. Vous jouissez d'une ré-

putation honorable, et je n'aurai aucune inquiétude en vous confiant son bonheur.

Venez me trouver un de ces jours, afin de nous entendre définitivement sur cet objet.

J'ai l'honneur de vous saluer avec une parfaite considération.

Réponse négative à la demande en mariage précédente.

Je regrette beaucoup de ne pouvoir accepter la proposition que vous me faites, mais des motifs particuliers, et dont je ne puis rendre compte ©n ce moment, m'obligent à vous refuser. Je vous crois homme d'honneur, et je suis certain que vous ne chercherez pas à profiter de l'impression favorable que vous avez faite sur ma fille pour l'engager dans une voie dangereuse. Je pense donc que vous vous abstiendrez de toute démarche qui pourrait me faire penser le contraire.

J'ai l'honneur de vous saluer avec considération.

Demande en mariage d'une Veuve ou d'une Femme qui ne dépend que d'elle.

Madame,

Sans m'étre peroiis un aveu direct des tendres sentiments que j'éprouve pour vous, vous avez pu sans doute les deviner. En effet, depuis que j'ai le bonheur de cultiver votre connaissance, j'ai senti que vous étiez nécessaire à ma félicité et j'ai mis tous mes soins à ne pas vous déplaire.

Serai-je assez heureux, Madame, pour que l'offre que je viens vous faire d'unir mon sort au vôtre ne soit pas repoussée ? Si vo-as daignez l'agréer, vous me rendrez le plus heureux des hommes, et ce que vous connaissez sans doute de mon caractère doit vous assurer que la promesse que je fais de consacrer ma vie à votre bonheur ne sera pas vaine.

Oui, Madame, si vous ne repoussez pas ma demande, et si vous m'accordez votre main, j'atteste que vous n'aurez pas lieu de vous en repentir, et que les sentiments que j'é

prouve seront ceux de toute ma vie, puisqu'ils sont fondés sur l'estime, c'est-à-dire sur la connaissance que j'ai de \folTQ mérite et de vos précieuses qualités. Prononcez donc sur mon sort. Madame,

Et veuillez me croire, en attendant, le plus dévoué et le plus respectueux de vos serviteurs.

Demande relative à un mariage de convenance.

Madame,

Vous savez que je suis à la tête d'un commerce de détail assez actif. Chaque jour je sens davantage le besoin d'associer à mon sort une personne laborieuse, sage, économe et prudente, qui puisse surveiller ma maison durant mon absence, et même me remplacer entièrement.

Je crois avoir trouvé en vous, Madame, la personne qui me conviendrait, et je me croirai d'autant plus heureux, si vous daignez agréer l'offre de ma main, que j'ai su apprécier votre aimable caractère et les qualités qui peuvent rendre la vie intime douce et agréable.

Je ne vous parle pas de moi et de mon caractère : nos amis communs vous donneront tous les renseignements que vous pourrez désirer à ce sujet.

Ayez l'extrême bonté, Madame, de me faire connaître votre décision ; Dieu veuille qu'elle me soit favorable.

J'ai l'honneur d'être avec res^îect, Madame, Votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Réponse affirmative aux deux lettres précédentes.

Monsieur,

L'offre que vous me faites de votre main n'a rien que de flatteur pour moi, et je l'accepte avec plaisir et reconnaissance.

Je m'efforcerai de mériter la bonne opinion que vou& avez de moi, et je pense que je n'aurai jamais à me repentir d'avoir uni mon sort au vôtre. Votre excellente réputation

et la douceur de votre caractère me donnent toute espèce de garantie à cet égard.

J'ai l'honneur d'être, avec une parfaite considération, Monsieur,

Votre très-humble servante.

Réponse négative aux deux lettres précédentes.

Monsieur, Je regrette infiniment de ne pouvoir répondre que par un refus à la lettre trop flatteuse que- vous m'avez fait l'honneur de m'écrire ; mais des raisons qui vous sont étrangères, et que vous me pardonnerez de ne point vous exposer, m'empêchent de l'accepter.

Agréez, Monsieur, avec l'assurance de mes regrets celle de ma parfaite considération.

Votre très-humble servante.

Autre demande en mariage par un Ouvrier.

Mademoiselle,

Je vous aime depuis longtemps, parce que j'ai reconnu en vous de l'ordre, de l'économie, l'amour du travail et un excellent caractère. Je serais donc bien content si vous consentiez à devenir ma femme. Je ferais tout mon possible pour vous rendre heureuse, et je suis certain d'y réussir, car vous savez que j'aime le travail, et que je ne fréquente ni les cabarets, ni les mauvaises sociétés. Nous avons l'un et l'autre quelques économies, nous les mettrons ensemble, et nous les placerons sûrement, en sorte que s'il survient des enfants, nous aurons des ressources pour les bien élever et en faire de bons sujets.

Ayez la bonté. Mademoiselle, de réfléchir à ma proposition : si vous daignez i'agréer, vous me rendrez le plus heureux des hommes.

Réponse affirmative à la lettre précédente.

Monsieur,

Je serai aussi franche que vous, et je vous dirai simplement que j'accepte l'offre de votre main, parce que je suis certaine de trouver en vous un bon mari, un homme laborieux et rangé.

Venez après-demain chez ma sœur à deux heures ; je m'y trouverai, et nous nous entendrons sur les démarches qu'il y aura à faire pour nous procurer nos papiers.

J'ai l'honneur d'être votre très-humble servante.

Réponse négative à, la demande précédente.

Monsieur, Je suis très-reconnaissante de ce que vous avez bien voulu penser à moi, et je suis persuadée qu'il serait difficile de rencontrer un meilleur mari que vous; mais des raisons qui ne vous concernent pas, m'empêchent d'accepter votre offre. Je ne vous en remercie pas moins, et vous prie de me croire.

Votre dévouée servante.

Lettre pour demander à ses Parents la permis-* sion de se marier;

Mon cher Père (ou ma chère Mère),

Me voici arrivé à un âge où il est nécessaire de penser à son établissement, et où l'on sent le besoin de sortir de l'isolement, en associant sa vie à celle d'une épouse. Je crois avoir rencontré la personne qui peut faire mon bonheur; c'est mademoiselle N.,. fille d'un honnête marchand [ou d'un honnête cultivateur), que vous connaissez sans doute de réputation.

Elle aura une dizaine de mille francs en mariage, ce qui, réuni aux économies que j'ai faites, nous assurera une position aisée. Au reste, mademoiselle N... joint aux agréments extérieurs les qualités les plus solides de l'esprit et du cœur. Je viens donc solliciter de vous, mon cher père, la permis-

LETTRES RELATIVES AUX ACCOUCHEMENTS, ETC. Cl

sion ae former ces nœuds. Je ne doute pas que vous ne me raccordiez, en approuvant mon choix.

Vous voudrez bien joindre à votre consentement, qui doit être sur papier timbré et légalisé par le maire de la com-i mune, mon acte de naissance et un certificat signé du maire, constatant ma libération du service militaire.

Recevez, mon cher père, les assurances de mon respect et de mon affection.

Votre fils dévoué.

Autre lettre sur le même sujet.

Mon cher Père (ou ma chère Mère),

J'ai fait la connaissance dans une famille où je vais quelquefois passer la soirée du dimanche, d'une jeune personne âgée de 18 ans à peu près, qui me paraît fort bien élevée, d'un excellent caractère et qui me conviendrait pour épouse

sous tous les rapports. Son père, M. F , est employé

chez M. M..., négociant, rue Saint-Denis, n» 240, et a la confiance de son patron. Il ne peut donner de dot à sa fille pour le moment, mais j'esoère que par son ordre et son économie, ma jeune femme me viendra en aide et que nous serons heureux, vous savez du reste que mes appointements chez M. M..., négociant, y sont maintenant de 1800 fr.

Je viens donc, mon cher père, vous prier instamment de vouloir bien consentir à mon mariage avec Mademoiselle Zoé F...; persuadé comme je le suis que ni moi ni vous n'auront lieu de nous en repentir.

En m'envoyant votre consentement, qui doit être sur papier timbré et légalisé par le maire de notre commune, ayez la bonté d'y joindre mon acte de naissance et un certificat constatant ma libération du service militaire.

Agréez, je vous prie, mon cher père, l'assurance de mon respect et de mon affection.

Votre fils dévoué.

Lettre d^un Ouvrier sur le même sujet.

Mes chers Parents, Depuis le temps que je travaille à Paris, je suis parvenu

à (aire quelques économies que j'ai placées à la Caisse d'épargne; ce petit capital m'a donné l'idée de me marier; car je m'ennuie tout seul, et il est dur, quand je rentre dans mon logement, bien fatigué du travail de la journée, de ne point trouver mon souper préparé, et d'être obligé de m'occuper des moindres détails du ménage.

J'ai rencontré une honnête fllle qui est en service dans une bonne maison ,• comme elle est aussi économe que sage, elle a pu mettre quelque chose de côté sur ses gages et ses profits. Elle agrée ma recherche ; je n'attends plus que votre consentement pour me marier, et je vous prie de me l'envoyer.

Ma future se nomme Marguerite F..., née à Rennes, le 14 décembre 1850. Ce consentement doit être sur papier timbré et légalisé par le maire de notre endroit. M. le maire ou son adjoint vous diront quels sont les autres papiers qui pourront m'être nécessaires.

Comme je parle souvent de vous à ma future, elle brûle d'envie de faire votre connaissance. En attendant, je vous embrasse pour elle et pour moi.

Votre affectueux fils.

Lettre d'une Ouvrière ou d'une Fille en service sur le même sujet.

Mes chers Parents, Depuis que je vous ai quittés pour entrer en service (ou en apprentissage) , vous avez pu savoir que ma conduite a toujours été régulière et prudente. Je suis même parvenue, à force d'économie et d'ordre, à placer plusieurs petites sommes à la caisse d'épargne. Aujourd'hui, il se présente une occasion de m'établir, que je désire ne pas manquer, et pour laquelle je viens vous prier de m'accorder votre consentement. La personne qui veut se marier avec moi s'appelle Charles Lerond. Il est le fils d'un petit fermier qui demeure à Tamerville, près de Valognes, département de la Manche; il est ouvrier mécanicien à Paris. Quoique tout, ce que je connaisse de mon prétendu m'assure que c'est un honnête garçon, rangé et laborieux, vous pourriez, pour plus

de sûreté ou même pour votre propre satisfaction, écrire au maire de Tamerville, pour avoir des renseignements. D lei à huit jours, je pourrais avoir votre réponse. J'espère qu elle sera favorable, et qu'elle renfermera votre consentement, qui devra être sur papier timbré et légalisé par le maire de

votre endroit.

Je vous prie d'embrasser pour moi tous nos parents et amis • mais ne leur parlez de rien, jusqu'à ce que vous ayez une réponse favorable du maire de Tamerville, et que vous soyez disposés à m'envoyer votre consentement.

En attendant ce moment, je vous embrasse bien tendrement, et suis, mes chers parents, ,^ ^ ,, . „,, "^ ' ' Votre dévouée fille.

Lettre pour informer les Parents qu'en cas de refus de leur part de donner leur consentement, on fera les sommations '-'espectueuses.

Mes chers Parents, Ainsi que tout fils (ou fille) respectueux doit le faire, je vous ai soumis mon projet d'épouser M^^^ (ou Monsieur) X, dont tout le monde autour de moi apprécie les qualités.

En vain je vous écris lettre sur lettre sans obtenir aucune réponse. On me dit que ce mariage vous déplaît, parce que ma future n'a pas assez de fortune, mais ne pensez-vous pas qu'une vertu solide, des principes d'ordre et d-économie, une grande habitude du travail et enfin l'honneur d'appartenir^à une bonne famille, soient des conditions de bonheur plus encore que l'argent?

J aurais désiré et désire encore que vous m'envoyiez votontairement votre consentement, cepondant, si malgré mes prières et mes instances, vous persistez dans votre refus, si vous ne revenez pas de vos injustes préventions, je me verrai forcé, à mon grand regret, d'user des moyens extrêmes que la loi met à ma disposition.

Dans l'epérance que vous ne voudrez pas en venir a ces fâcheux moyens, Daignez agréer l'expression de ma respectueuse affection,

Votre fils,

[Signature]-

Lettre d'une jeune Fille qui annonce à ses Parente que d'après leurs avis, elle renonce au mariage pour lequel elle leur avait demandé son consentement.

Mes chers parents,

Après avoir mûrement réfléchi à ce que vous me dites, et après avoir pris de nouveaux renseignements sur le jeune homme qui m'avait demandée en mariage, je me suis décidée, sinon à rompre complètement, du moins à ajourner cette union.

Le temps me prouvera si Taffection de M. Pierre est sincère, et s'il n'est pas guidé par un motif d'intérêt ou par un simple caprice. En tout cas, vous avez parfaitement raison, le mariage est un acte trop sérieux, pour y apporter une précipitation dont on pourrait plus tard se repentir. Adieu chers parents,

Croyez à la respectueuse tendresse de votre fille.

Réponse d'une jeune Fille à un jeune Homme sans se prononcer d'une manière nette sur sa demande.

Monsieur,

Votre demande m'honore beaucoup, mais par les éloges que vous faites de moi, éloges qui sont bien au-dessus de mes mérites, je vois que vous me connaissez peu ; et comme le mariage est l'acte le plus grave de la vie, on ne doit pas le faire légèrement.

Je crois donc qu'il sera sage. Monsieur, de faire plus ample connaissance avant de prendre une décision; le temps est d'ailleurs la pierre de touche de l'affection et du sentiment.

Mes parents consentent à vous ouvrir leur maison. Vous y serez reçu avec plaisir; ils me chargent de vous le dire et vous présentent, ainsi que moi, l'assurance de leur parfaite considération.

Lettre de rupture.

Monsieur, Je vous avais ouvert ma maison et admis dans notre inté-

rieur, pensant que ma fille s'habituerait à Tidée de nous quitter et se trouverait heureuse de devenir votre femme.

Il n'en est rien, et malgré toutes les qualités que j'aime à vous reconnaître et qui m'avaient fait vous agréer pour gendre, je suis forcé de renoncer à nos projets devant l'intention que notre fille nous a manifestée de ne pas se marier. du moins quant à présent.

C'est avec regret que je vous prie de renoncera vos visites, qui seraient maintenant pénibles pour tout le monde, et croyez, cher monsieur, à toute la peine que je ressens à cette rupture.

Agréez mes salutations amicales.

Réponse à la précédente.

Monsieur,

Les paroles sont impuissantes pour peindre la douleur que j'ai ressentie en apprenant la cruelle décision de votre fille à mon égard.

J'espère cependant que le temps changera ses sentiments en lui prouvant la constance de mon affection; car elle pourra trouver une position plus brillante, un homme aux dehors plus fiatteurs, mais jamais un cœur plus aimant et plus dévoué.

Si Mademoiselle votre fille revenait sur son refus, croyez, Monsieur, que c'est avec le plus grand plaisir que je me présenterai de nouveau chez vous.

Agréez, Monsieur, avec tous me=^ regrets, l'assurance de ma parfaite considération.

De Parents à Parents.

C'est avec un profond regFct que, malgré ks qualités sérieuses qui distinguent Monsieur votre Fils, je me crois obligé de renoncer à l\inion que nous avions projetée entre nos deux familles. La position peu assurée de MoQsieur votre Fils est le seul motif fù m'a fait conseiller à ma Fille de renoncer à cette union.

Croyez, Monsieur, à la sincérité de mes regrets et à Testirae profonde que j'ai pour vous et pour Monsieur votre Fils.

Lettre d'une jeune Fille & ses parents pour les ;; supplier de ne point la forcer à épouser la personne qu'ils lui présentent, parce qu'elle ne Taime pas.

Chers Parents,

Je sais que ma lettre va vous contrarier \ivement, c'est pourquoi j'ai tardé à vous l'écrire, cependant ne voulant pas laisser aller les choses plus loin^ il faut que je me décide à vous faire part de ma décision et en même temps implorer toute l'indulgence que j'attends de votre tendresse.

Quand vous m'avez dit de recevoir les visites de M. G..., que vous considériez déjà comme un gendre, je l'ai fait par obéissance bien que ce monsieur ne m'ait inspiré aucune affection à première vue, j'espérais d'ailleurs que mes sentiments changeraient avec le temps et que je pourrais aisément me conformer à votre intention. Il n'en est rien, malgré les qualités solides que je me plais à reconnaître à ce monsieur^ malgré sa position qui certes, est fort au-dessus de la mienne, et plus belle que je puisse jamais espérer, je ne puis m'aecoutumer à lïdée de devenir sa femme, et chaque jour voit mon indifférence première se changer presque en antipathie.

J'espère, mes chers parents, que vous ne m'en voudrez pas de mon refus, que vous me tiendrez compte des efforts que j'ai faits pour vous obéir et que vous voudrez bien prier M. ... de renoncer à ses prétentions.

Croyez, chers parents, à l'affection respectueuse de votre fille.

(Date.)

Lettr*! d'un Père ou d'une Mère à son Fils pour le détourner d'un mariage.

Mon cher Fils,

J'ai reçu la lettre par laquelle vous me témoignez le désir

de devenir l'époux de Mademoiselle N., en me demandant

mon consentement. Je n'ai aucune objection personnelle à

faire contre cette jeune personne ni contre sa famille: mais

LETTRES RELATIVES AUX ACCOUCHEMENTS, ETC. Q-j

il est de mon devoir de vous représenter que vous n'avez pas encore d'état; car je ne puis considérer ainsi la place que vous <iccupez. Une maladie, un changement dans les affaires, un accident quelconque peut vous la faire perdre, et alors vous resterez sans ressources, chargé d'une femme, et peut-être de plusieurs enfants ; la misère s'avancerait à grands pas et chaque jour viendrait ajouter aux dettes du jour précédent.

Vous avouez que la jeune personne ne vous apporterait rien autre chose en mariage que ses agréments personnels, de l'esprit et un heureux caractère. C'est beaucoup sans doute; mais c'est trop peu quand on n'a rien soi-même, et vous savez que ma position n'est pas assez brillante pour que je puisse vous aider, si des jours de détresse survenaient.

Je vous conjure donc, au nom de votre bonheur et du mien, de renoncer à cette union,, ou du moins de l'ajourner à des temps plus heurev.x, et lorsque, par une économie soutenue, vous vous serez créé un capital qui vous mettra à l'abri des vicissitudes du sort.

J'espère, mon cher fils, que vous réfléchirez sur tout ce que je vous dis et que vous sentirez la sagesse et la prudence de mes conseils.

Dans cet espoir, je vous embrasse bien tendrement.

Votre affectionné père (ou mère).

Jjettre d'un Père à son Fils sur le même sujet.

Mon cher Fils,

J'ai reçu votre lettre du 15 octobre courant, dans laquelle vous me faites part de vos projets de mariage avec Made^ moiselle N., et où vous me demandez mon consentement; mais avant de vous l'envoyer, je dois m'assurer par moimême, si ce mariage peut vous convenir.

Je ne doute pas un seul instant de votre sagesse et que vous n'ayez fait un bon choix, ayant été dirigé dans de bons principes par votre mère et moi, pourtant vous pourriez vous tromper dans votre appréciation, car à votre âge on n'a pas encore l'expérience d'un homme mùr. Je vais donc écrire à un de mes anciens camarades qui habite justement

P., et aussitôt après sa réponse, je vous enverrai toutes les pièces que vous me demandez.

Je vous embrasse de tout cœur, Votre père tout dévoué.

Lettre d'une Mère à, sa Fille sur le même sujet.

Ma chère Fille,

La lettre que j'ai reçue m'a causé autant de chagrin que d'inquiétude, non que j'aie rien à objecter contre la personne ou la famille du jeune homme à qui il paraîtrait que tu as imprudemment donné ton cœur, mais c'est votre position réciproque de fortune qui m'inquiète. Il résulte de ce que tu me dis, que le jeune homme n'a d'autre fortune qu'un emploi médiocre, et tu sais que les pertes que j'ai éprouvées m'ôtent la possibibilité de te donner une dot. Réfléchis, ma chère flUe, au sort malheureux qui deviendrait ton partage, si ton ma-ri perdait sa place, ou s'il faisait une maladie un peu longue. Ajoute à cela le cas où tu deviendrais mère, et les dépenses qui en seraient la suite!

Si ce jeune homme encore, bien qu'il n'ait qu'une place, avait eu le temps ou la possibilité de faire quelques économies, j'aurais moins d'inquiétude sur ton sort.

Renonce donc au projet de ton cœur, ma chère fille; N. n'est pas le mari qui te convient dans ta position de fortune. Il te faut un époux qui puisse t'assurer un sort. Un commerçant te conviendrait parfaitement, et l'éducation que tu as reçue te mettrait à même de le seconder dans les soins de son commerce.

Réfléchis à tout ce que je viens de te dire, et réponds-moi bien vile pour me tirer de peine.

Reçois, ma chère fille,

l'assurance de ma tendresse et de mon affection,

Ta mère.

Lettre d'un Père à son Fils qui est sur le point de se marier.

Mon dier Fils, Les bons principes que vous avez reçus me donnent l'as-

surance que vous sentez toute rimportance des nœuds que vous allez former.

Je vais toutefois appeler votre attention sur divers points essentiels.

Comme vous êtes responsable devant Dieu et devant les hommes, du bonheur de la femme que vous allez épouser, vous devrez d'abord renoncer à toutes les habitudes de la vie de garçon pour vous occuper entièrement du soin de la rendre heureuse.

Souvenez-vous aussi que si le mariage donne au mari quelque empire sur sa femme, cet empire ne doit jamais dégénérer en tyrannie.

Le mari doit protéger sa femme et la diriger par la persuasion, mais jamais par la rigueur ou la violence. C'est à force de preuves d'amour et de dévouement que vous pourrez acquérir de l'influence sur l'esprit de votre épouse, il faut qu'elle soit persuadée que vous ne voulez rien qui ne soit juste et pour son avantage personnel.

Gardez-vous surtout de vous dispenser de mille égards, de mille petites attentions, auxquelles les femmes sont fort sensibles. C'est le moyen d'obtenir de leur part les mêmes égards et les mêmes attentons.

Cet échange réciproque de bons procédés est le plus sûr garant de la paix et de la concorde dans un ménage.

Je ne vous recommande pas de respecter votre femme, c'est-à-dire de vous abstenir en sa présence de tout discours grossiers ou licencieux, parce que je sais que vous n'êteê point capable de vous oublier à ce point, et que vous n'ignorez pas que le mari qui ne respecte pas sa femme n'est pas respecté d'elle.

Il me reste à vous parler d'une chose importante ; elle est relative au redoublement de zèle que vous devez apporter dans vos travaux, et à l'économie sévère que vous devez faire régner dans votre ménage; car vous devez songer à l'avenir et aux enfants qui vous surviendront sans doute.

Je termine en faisant des vœux sincères pour votre bonheur à tous deux, et on vous chargeant de présenter mes compliments affectueux à votre future.

En attendant la nouvelle de votre mariage, je vous embrasse de tout mon cœur.

Votre affectionné père.

Lettre sur le même sujet, ou conseils d^une Mère à sa Fille.

] Vous voici, ma chère fille, arrivée à Tépoque la plus importante de votre vie. Vous allez entrer dans une nouvelle carrière qui vous offrira de nouveaux devoirs à remplir. Je vais vous retracer les plus importants de ces devoirs, persuadée que les conseils d'une mère qui vous chérit, seront toujours présents à votre esprit, et que vous saurez en profiter.

D'abord, je vous recommanderai une grande prudence dans votre conduite. Il ne suffit pas qu'elle soit irréprochable; il faut encore qu'elle ne puisse jamais être soupçonnée, ni même donner lieu à des insinuations calomnieuses et méchantes Evitez donc la société des femmes légères et inconséquentes. Ayez toujours une grande réserve avec les hommes, et gardez-vous de jamais braver l'opinion publique; il est au contraire du devoir de la femme de s'y soumettre. Ceite prudence et cette réserve assureront votre repos et celui de votre mari.

Je ne vous recommande pas d'éviter tout manège de coquetterie, ni de vous faire un jeu d'exciter les inquiétudes de votre mari ; j'ai trop bonne opinion de vous pour croire celte recommandation nécessaire.

Si votre mari a parfois quelques moments de vivacité, opposez-y une inaltérable douceur, et il rentrera en luimême bien plus promptement que si vous lui teniez tête.

Ayez de l'ordre et de l'économie, surveillez tous les détails du mariage, et faites en sorte que votre mari puisse se reposer sur vous de tous les soins de l'intérieur.

J'aurais encore bien des choses à vous dire, ma chère fille;

mais le temps me presse, et je finis en vous embrassant

bien tendrement, et en vous souliailanl le bo'nhcur dont}©

vous crois digne.

• Votre mère dévouée.

Lettre pour faire part d'un mariage.

Monsieur,

L'intérêt et l'amitié que vous m'avez toujours témoignés me font penser que vous recevrez avec plaisir la nouvelle de mon mariage avec Mademoiselle N. (ou madame N,). Cette union, qui assure mon bonheur^ a été célébrée avant-hier.

Recevez, mon cher Monsieur, les assurances de ma parfaite considération.

Réponse à l'annonce d'un mariage. — Félicitations

Mon cher Ami,

Ce que vous m'apprenez me fait le plus sensible plaisir. Je vous félicite d'entrer dans une famille aussi honorable que celle de Mademoiselle L... Je connais peu cette demoiselle, ne l'ayant vue que dans la société; mais son air doux, modeste et réservé m'ont fait préjuger favorablement de son caractère. Du reste, du côté des agréments physiques, elle est heureusement douée.

Quoique je sois encore peu connu d'elle, veuiller lui présenter mes compliments comme étant ceux du meilleur" ami de son mari.

Recevez, mon cher N..., etc.

Lettre de foire part d'un mariage avee invitatioi au repas.

Mon cher Monsieur,

J'ai le plaisir de vous faire part du mariage de ma fille avec Monsieur A..., dont vous connaissez la famille. Il sera célébré le 24 du courant à l'église de à H heures précises. J'espère que vous voudrez bien y assister avec Madame votre épouse- ainsi qu'au repas de noce qui aura lieu à cinq heures, au.... (indiquer l'établissement.)

En attendant ce moment, veuillez agréer l'assurance de mon attachement et de ma parfaite considération.

Votre dévoué serviteur.

72 DEMANDES EN MAKIAGE

Lettre annonçant Theureux accouchement de sa femme.

Monsieur et Ami, Je m'empresse de vous annoncer Theureux accouchement de ma femme. Hier au soir, à neuf heures, elle a donné le jour à un garçon (ou une fille). La mère et Tenfant se portent bien.

Votre tout dévoué serviteur.

Lettre annonçant Taccouchement difficile de sa femme.

Mon cher Ami,

Je vous écris, à peine remis des angoisses que je viens d'éprouver.

J'ai été hier sur le point de perdre ma femme. A cinq heures du matin, elle a senti les premières douleurs de Tenfantement. Durant seize heures, elle a été en proie aux plus vives souffrances, et j'ai vu le moment où l'on désespérait d'elle. Enfin sa bonne constitution a oris le dessus, et elle a mis au jour un garçon (ou une fille). Elle est hors

de péril, et l'enfant se porte bien.

Votre ami dévoué.

Lettre pour annoncer raccouchement de sa femme, lorsque Tenfant est venu mort au monde.

" Mon cher Ami, C'est un père désolé qui vous écrit : ma femme est accouchée hier d'un enfant mort ; elle a beaucoup souffert ; mais le ciel me l'a conservée, et actuellement elle est hors de danger.

Votre ami dé' oué.

Lettre pour annoncer raccouchement de sa fiemme^ la mère et Tenfant étant morts.

Mon cher Ami, C'est le cœur navré que je vous écris : un grand malbeur

m'est arrivé il y a aujourd'hui huit jours : ma pauvre femme, après de longues souffrances, donna le jour à un enfantmort, et succomba elle-même aux suites de son accouchement. Jugez de ma profonde douleur ; perdre à la fois et au môme instant une épouse chérie, et Tenfant dont la naissance devait me combler de joie !

Adieu, mon cher N., venez me voir, votre amitié adoucira peut-êtne l'affreux malheur qui m'a frappé.

Votre ami malheureux et dévoué.

Lettre & un Ami pour rengager à. être Parrain.

Mon cher Monsieur,

ie viens vous demander en mon nom et en celui de ma femme une preuve de votre amitié ; c'est d'être le parrain de l'enfant auquel elle va bientôt donner le jour. Il nous a semblé que c'était un moyen de vous rendre en quelque sorte membre de notre famille, et d'un autre côté, de procurer à l'enfant qui va naître, un protecteur et un guide, si un accident le privait de ses parents.

Ne me refusez donc pas, mon cher ami, et soyez persuadé de notre reconnaissance, si vous voulez bien vous rendre à notre prière.

Votre dévoué serviteur et ami.

Lettre pour accepter le titre de Parrain.

Mon cher N***,

J'accepte avec empressement la proposition que vous me

faites d'être le parrain.de l'enfant que vous allez avoir. Dieu

veuille que les circonstances dont vous parlez n'aient jamais

tieu; mais au moins je vous promets d'aimer votre enfant

comme je vous aime.

Votre dévoué ami.

Lettre pour refuser d'être Parrain.

Mon cher Ami, Je,aui«i peiné de ne pouvoir accepter l'aimable proposition tfoe vous me faites, et dont je vous sais un gré inûni ; mais il est ffflobable que vers répoq.ue de l'accouchemeiit de votre

Dame, je serai absent de Pans pour un temps assez long. C'est un voyage que je ne puis remettre ni me dispenser de laire.

Recevez donc rexpression de mes sincères regrets, et croyez-moi

Votre dévoué ami.

Lettre d'un Ouvrier ou d'un Employé, pour prier son Patron ou un Protecteur d'être le parrain de fion enfant.

Monsieur, Je viens vous prier d'ajouter une grâce à toutes les bontés que vous avez eues pour moi : c'est de bien vouloir être le parrain de l'enfant à qui ma femme va donner le jour. Ce sera mettre le comble à toutes les obligations que je vous ai, et dont je conserve, ainsi que ma femme, la plus vive reconnaissance.

Dans l'espérance que vous voudrez bien vous rendre à ma prière,

J'ai l'honneur d'être avec respect, Monsieur, Votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Lettre d'invitation peur être Marraine.

Madame (ou Mademoiselle), Je vais être parrain de l'enfant auquel Madame N. va donner le jour. Il me faut une marraine; }'ai pensé à vous, et j'ai conçu l'espoir que vous voudrez bien accepter ce titre. Je He pouvais mieux choisir qu'en m'adressant à vous; car c'est assurer à l'enfant de mon ami une marraine aussi aimable que bonne.

Dans l'espoir que ma demande sera accueillie, J'ai l'honneur d'être avec respect, Madame (ou Mademoiselle),

Votre très-humble serviteur.

Lettre d'une personne qui accepte le titre de Marraine.

Monsieur, J'accepte avec plaisir la proposition que vous me faites de tenir avec vous sur les fonts baptismaux l'enfant de Madame N. Vous pouvez donc compter sur moi.

Je suis avec une parfaite considération.

Monsieur,

Votre très-humble servante.

Réponse d'une personne qui refuse le titre de Marraine.

Monsieur,

Je suis reconnaissante de la proposition que vous me faites; mais je dois m'absenter sous peu, ce qui me prive du plaisir d'accepter le titre de marraine.

Recevez donc "l'assurance de mes regrets, et veuillez me

croire

Votre très-humble servante.

Réponse à, une personne sur l'heureux accouchement de sa femme.

J'ai beaucoup de joie, Monsieur, d'apprendre l'heureux accouchement ds Madame votre épouse, ce sont ces bénédictions que Dieu donne aux mariages et dont on doit le remercier. Il serait à souhait«r qu'il y eût beaucoup de pères comme vous, capables de bien élever leurs enfants et de leur laisser autant de vertus que de bien! Je me réjouirai toujours de tout le bonheur qui vous arrivera, et je serai toute ma vie

Votre très-humbîe serviteur.

(Fléchîer).

Lettre d'une Nourrice pour le premier Janvier.

Monsieur et Madame, Nour valons vous souhaiter une bonne année et toutes sortes de prospérités. Nous saisissons cette occasion pour

VOUS dire que, grâce à Dieu, votre cher petit se porte à merveille, et nous ne cessons d'avoir pour lui les plus grands soinS;, aOn que sa santé continue d'être satisfaisante; car nous l'aimons comme s'il était notre propre enfant. En attendant le plaisir de vous voir, nous sommes, Monsieur et Madame, Vos très-humbles et très-obéissants swviteurs.

Lettre d'une Nourrice dont le Nourrisson a fait sa première dent.

Monsieur et Madame.

C'est avec bien de la joie et de l'empressement que nous venons vous annoncer que votre cher enfant a fait sa première dent. Il a eu un peu de fièvre au moment où la dent a percé, mais elle est passée, et maintenant il se porte parfaitement bien.

Votre très-humble et trèSHDbéissante servante.

Lettre d'une Nourrice dont le nourrisson est malade.

Monsieur (ou Madame], Nous vous écrivons à la hâte pour vous dire que votre cher petit est malade. Nous avons fait venir le naédecin, qui nous a dit qu'il avait telle maladie {iei, dire le nom de kl maladie indiquée par le médecin). Il a fait une ordonnance que nous avons suivie exactement. Croyez, Monsieur (ou Madame], que notre zèle ne se relâchera pas, et que nous aurons pour notre nourrisson les mêmes soins que Si c'était notre propre enfant. Nous vous écrirons dès qu'il y aura quelque changement dans son état- Nous vous saluons bien sincèrement.

Vos très-humbles et très-obéissante serviteurs.

Lettre d^une Nourrice dont le Nourrisson est en danger de mort.

Monsieur (ou Madame], C'est le cœur rempli d'inquiétude que nous vous écrivons. Nous vaus avons adressé une lettre pour vous dire que

votre cher enfant était malade, en vous assurant que nos soins ne se relâcheraient pas. Aujourd'hui nous avons le chagrin de vous annoncer que son état s'est empiré. Le médecin est venu le voir plusieurs fois, et nous a dit de TOtis écrire qu'il y avait du danger; mais qu'il espérait encore le sauver. Nous vous engageons donc, Monsieur (ou Madame), à venir sur-le-champ voir votre enfant. Dieu veuille qu'à votre arrivée vous le trouviez hors de danger. Dans cet espoir, nous avons l'honneur d'être,

Vos très-humbles serviteurs.

Lettre d*une Nourrice dont le nourrisson est hors de danger.

Monsieur et Madame,

C'est avec bien de la joie que nous vous annonçons que votre cher enfant est tout à fait hors de danger. Hier matin nous avions encore de l'inquiétude; mais aujourd'hui la fièvre a disparu, et l'enfant est sauvé, à ce que dit le médecin. n n'est donc point nécessaire que vous veniez, à moins que ce ne soit pour l'embrasser et pour vous réjouir avec nous de son rétablissement.

Vos très-humbles et obéissants serviteurs- Lettre d'une Nourrice dont le nourrisson est mort. Monsieur (ou Madame),

C'est le cœur navré de tristesse que nous vous annonçons la mort de votre petit. Cet ange est allé au ciel, hier, à six heures du soir. Nous n'avons cessé de lui donner les plus grands soins, et le médecin que nous avons appelé, et qui est venu le voir plusieurs fois chaque jour, pourra rendre témoignage ds notre zèle.

Nous avons fait la déclaration de son décès à la mairie de notre commune, et nous lèverons son extrait mortuaire, si vous le désirez.

Nous allons vous renvoyer les effets du pauvre petit par le messager.

Vos très-humbles et très-obéissants serviteurs.

Lettre d'une Nourrice pour réclamer ce qui lui est dû.

Monsieur (ou Madame), Nous venons vous rappeler qu'il y a trois mois échus qui nous sont dus. Veuillez avoir la bonté de nous envoyer le montant de ces trois mois ; nous en avons le plus grand besoin. Nous comptons d'autant plus sur votre exactitude, que nous n'avons cessé d'avoir pour notre nourrisson tous les soins possibles, et que nous l'aimons comme si c'était notre propre enfant.

Nous vous saluons bien sincèrement.

Autre lettre plus pressante sur le même sujet.

Monsieur (ou Madame),

Voici plusieurs mois d'allaitement qui nous sont dus. Ayez la bonté de mettre plus d'exactitude dans le paiement des mois de nourrice, si vous ne voulez pas que votre enfant pâtisse en même temps que nous ; car ces retards nous mettent dans la plus grande gêne, et nos moyens sonl trop bornés pour nous permettre d'attendre.

Ayez donc la bonté de nous envoyer aussitôt une bonno partie de ce que vous nous devez, si vous ne pouvez envoyer le tout à la fois.

Nous avons l'honneur de vous saluer.

Autre lettre d'une Nourrice qu'on ne paie pas du tout.

Monsieur et Madame, Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps l'effet de tos promesses ; votre enfant devient plus coûteux à mesure qu'il avance en ige, et cependant vous ne nous envoyez aucun argent. Si cela continue, nous serons obligés de vous le rendre et de vous faire poursuivre pour le montant de ce qui nous est dû.

En attendant ane prompte réponse,

Nous avons l'honneur de vous saluer.

Lettre à, une Nourrice pour s'informer de la santé de l'enfant qui lui est confié.

Madame, Depuis bien longtemps je suis privée des nouvelles de mon cher enfant. Je viens vous prier de m'apprendre comment il se porte. Commence-t-il à marcher ? Est-il doux et paisible pendant la nuit?

Dites-moi également si vous avez besoin de quelques effets d'habillement. Lo messager vous remettra le montant du mois échu.

Je vous salue de tout mon cœur.

Lettre de reproche à une Nourrice.

Madame,

J'apprends à l'instant, par une voie indirecte, que vous avez sevré mon enfant sans m'en prévenir; cependant il n'a encore que six mois.

Quel est le motif de ce prompt sevrage? Répondez-moi franchement à ce sujet?

D'uD autre côté, on m'assure que vous n'avez pas pour votre nourrisson tous les soins que réclame un enfant de cet âge. Vous le laissez absolument seul dans son berceau, lorsque vous allez aux champs, et vous ne le tenez pas aussi proprement que je le désirerais. J'irai le voir incessamment; si en effet mes reproches sont fondés, je ne vous cache pas que je retirerai mon enfant de vos mains.

J'ai l'honneur de vous saluer.

Lettre à un Maire de village pour demander des renseignements sur une Nourrice.

Monsieur le Maire, D'après ce qu'on m'a dit de votre obligeance, je m'adresse à vous avec confiance pour vous prier de me cjire ce quevuus pensez delà femme N., qui habite votre commune, et chez qui j'ai mis mon enfant en nourrice. On m'assure qu'il est mal tenu, et qu'on le laisse crier pendant des heu-

DEMANDES EN MAHIAGE.

res eTitiêres dans son berceau, et que la femme N. et son mari ont une conduite peu régulière.

Je suis persuadé, Monsieur le Maire, que vous comprendrez ma sollicitude, et que vous accueillerez avec bienveillance la demande de renseignements que j'ai l'honneur de vous faire.

Veuillez agréer. Monsieur le Maire, Tassurance de ma parfaite considération.

Votre dévoué serviteur.

Lettre à une Dame qui habite le village où Ton a un enfant en nourrice.

Madame,

Bien que je sois peu connue de vous^ je prends la liberté de vous recommander mon enfant qui est en nourrice chez la femme N.

Cette femme me paraît honnête, douce et propre, mais malgré les bons renseignements que j'ai sur elle, si je pouvais compter, Madame, sur votre bonté et votre complaisance pour aller voir mon enfant de temps à autre, et pour m'écrire si vous voyez que la nourrice ne remplit pas bien son devoir, je serais bien plus tranquille.

Pardonnez-moi, Madame, la liberté que j'ai prise et croyez à toute la reconnaissance de votre fidèle servante.

Réponse à la précédente.

Madame,

Je comprends parfaitement vos appréhensions maternelles et suis très-honorée de votre confiance; je verrai souvent votre cher enfant et croyez que s'il survenait quelque chose qui me fît craindre pour sa santé ou son bien-être, je vous en instruirais immédiatement.

Agréez, Madame, l'assurance de mon entier dévouement.

Lettre à une Dame habitant un village pour la prier de procurer une Nourrice.

Madame, Connaissattt votre extrême obligeance, je viens vous

prier '^'avoir la bonté de me chercher une bonne nourrice, soit aans la commune que vous habitez, soit dans une commune voisine.

Je désire qu'elle n'ait pas plus de vingt-cinq à vingt-huit ans, de belles dents et une bonne santé.

le souhaite aussi que cette nourrice soit propre, et le lieu qu'elle habite point malsain, enfin, qu'elle jouisse d'une certaine aisance pour une femme de la campagne.

Voilà sans doute bien des choses ; mais vous comprendrez la sollicitude d'une mère.

Je donnerai vingt-cinq francs par mois, le sucre et le savon.

En attendant votre réponse,

J'ai l'honneur de vous saluer avec une parfaite considération.

Lettre d'une Nourrice qui ne peut continuer l'allaitement d'un enfant.

Monsieur et Madame, Je viens vous prévenir que je ne puis continuer l'allaitement de votre enfant, parce que je suis devenue enceinte; mais il a maintenant huit mois, je l'ai sevré, et je le nourrirai avec de bon lait. Le médecin m'a dit que je pourrais lui donner des panades et des soupes au vermicelle, au lait ou au bouillon. Soyez persuadés que je continuerai à avoir pour lui les plus grands soins ; car je l'aime comme si c'était mon propre enfant. Il ne paraît pas se trouver plus mal du changement de nourriture, car il ne s'est jamais si bien porté.

Votre très-humble et très-obéissante servante.

Lettre à un Médecin de la ville voisine pour l'appeler auprès d'un malade.

Monsieur, Hier au soir, mon mari a été atteint d'une indisposition qui s'est aggravée pendant la nuit, et oui, je crains, est le

commencement d'une maladie. Veuillez avoir la bonté de venir le voir le plus tôt possible.

Votre très-humble servante.

Nota. Lorsqu'au lieu d'une maladie, il s'agit d'un accident qui réclame les secours de la chirurgie, il ne faut pas manquer d'entrer dans quelques détails sur les causes et la nature de la blessure, et l'état du malade, afin que le médecin ou le chirurgien puisse se munir desappareils ou instruments nécessairesau pansement du malade.

Lettre à un Médecin pour lui demander une consultation.

Monsieur, Mon père (mon mari ou toute autre personne) est atteint depuis quelque temps d'une maladie, pour la guérison de laquelle je viens réclamer le secours de vos lumières. Je vais vous décrire les symptômes que j'ai remarqués, vous en reconnaîtrez sans doute le caractère et vous nous indiquerez le mode curatif à suivre. (Suit la description des symptômes.) Dans Tespoir d'une prompte réponse, j'ai l'honneur d'être,

Nota. L'essentiel, dans le cas ci-dessus, est de bien décrire tous les symptômes qu'éprouve le malade. Pour l'utilité des personnes qui habitent la campagne et qui ne sont pas toujours à même de faire venir un médecin, nous allons énumérer les principales indications à donner, après avoir fait connaître le sexe, l'âge elle tempérament du malade, sa profession, s'il a déjà été atteint d'une maladie semblable, et quel est son genre de vie.

1° Si le malade est privé ou non d'appétit:,

2" S'il est constipé ou dévoyé;

3° S'il 'i dc&. vomissements et de quelle nature, si la langue est chargée, si la pointe en est rouge;

4" S'il a de la fièvre, si cette fièvre est continue ou prend par accès;

5° S'il ressent des douleurs en quelque partie du corps • biea décrire la nature de ces douleurs;

6" De quelle manière se font les digestions, si elles sont pénibles et accompagnées de douleurs d'estomac, d'envies de vomir, de rapports aigres ou brûlants ;

7» Si, après avoir mangé, il a des chaleurs au visage qui se colore plus ou moins; 8° Si le sommeil est profond ou interrompu par des rêves • 9° Si son humeur habituelle et son caractère sont changés.

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