LA COUCHE MUSCULEUSE
Cette tunique se compose de fibres lisses groupées en deux couches que l'on retrouve parfaitement isolées sur notre coupe.
La couche externe comprend des fibres longitudinales formant un revêtement continu assez épais ; à leur arrivée sur l'estomac, les fibres se terminent de deux façons : les fibres des faces antérieure et postérieure et du côté gauche s’étalent et se dissocient pour se continuer avec celles de l'estomac. Les fibres du côté droit se groupent, au contraire, en un long ruban qui se perd sur la petite courbure et forme ce que l’on appelle « la cravate suisse ».
La couche musculaire interne comprend des fibres circulaires d’après SAPPEY. SANTORINI et MERKELL les décrivent en forme de spirale. Pour LAIMER et de nombreux auteurs, elles descendent en pas-de-vis obliquement vers l'estomac. À leur terminaison, ces fibres s’entre-croisent et s’anastomosent étroitement pour se terminer dans la couche des fibres circulaires de l’estomac. Certains auteurs pensent qu'elles participent aussi à fa formation du plan des fibres obliques de l’estomac, celles de droite s'étalant sur le fond gastrique ; les fibres de gauche croiseraient les précédentes et descendraient sur les faces antérieure et postérieure. Comment ces fibres circulaires se comportentelles au cardia ? SPIEGEL et CHARPY pensent qu'elles s’épaississent pour former un rudiment du sphincter. Beaucoup d’auteurs pensent qu'il n’y a là aucune modification et que le cardia est constitué de la même façon que tout le reste de la paroi œsophagienne.
Pi
Diaphragme
Muscle de Rouget
Musculaire interne
Ganeglion
Muscie de Rouget Musculaire externe
Muscle de Rouget
FiG. 6 — Microphotographie de la paroi du segment inférieur
d’une coupe frontale d’œsophage d’adulte.
Notre coupe confirme cette manière de voir. D'ailleurs, macroscopiquement on ne constate aucun épaississement : de plus, l'œsophage, à partir de la traversée diaphragmatique, se dilate progressivement vers l'estomac, ce qui est incompatible avec la présence d’un sphincter quelconque.
Notre coupe permet de faire des constatations intéressantes au sujet des fibres de ROUGET : d’abord, on constate que ces fibres n'existent pas tout autour de l’œsophage, on ne les trouve qu'à certains endroits; elles ne peuvent donc constituer le sphincter que certains ont décrit. De plus, on voit nettement l'otigine de ces fibres à partir des faisceaux musculaires du diaphragme et surtout leur séparation très nette d'avec les parois œsophagiennes. Elles en sont séparées sur tout leur trajet par la gaine celluleuse de glissement ; il n'y a donc en ce point aucune fusion des fibres lisses et des fibres striées.