‹ Le segment cardio-esophagienChapitre 23 sur 29 · ES · texte numérisé non relu

ES

Les renseignements que fournit l'exploration radiologique sont de deux ordres :

19 d'ordre anatomique,

2° d'ordre physiologique.

Données anatomiques sur l'œsophage.

Les examens radiographiques confirment les résultats de l’examen anatomique sur le cadavre concernant la forme, la longueur, la direction, les rétrécissements qui jalonnent la lumière œsophagienne. Klle montre que le cardia se projette bien sur le vivant à la hauteur de la VIIIe ou IX® vertèbre dorsale.

Il est un point sur lequel la radiographie apporte un appui précieux : c’est sur la forme de la Iumière œsophagienne à l'état normal. |

La plupart des auteurs pensent que dans la portion cervicale, la lumière est virtuelle tandis que dans la portion thoracique l’œsophage est rempli d'air.

Cette opinion repose sur les résultats de l'examen œsophagoscopique.

BÉTOULIÈRES, dans sa thèse, penche pour une opinion éclectique ; chez le nourrisson, l’œsophage est empli d'air provenant d'une part des déglutitions répétées, d'autre part du reflux à travers le cardia incontinent, de l’air de la poche gastrique.

Chez l'adulte, l’œsophage se remplit d'air après plusieurs déglutitions successives, par exemple après le repas. Mais sous l'influence de la salive déglutie, cet air chemine progressivement vets l'estomac. .

I y a bien entendu de nombreuses variations individuelles.

Données physiologiques.

L'étude du transit œsophagien sans écran donne des résultats ; intéressants surtout en ce qui concerne le mécanisme de la déglutition œæsophagienne ; ils méritent quelques développements. que nous extrayons de la thèse de BÉTUOLIÈRES. .

Deux remarques capitales doivent être signalées :

/ 19 Les solides et les liquides ne sont pas déglutis d'une manière identique (CANNON et MoxER).

29 Il faut distinguer les déglutitions isolées des déglutitions associées et successives (ARLOING).

Les solides : Après un arrêt prolongé au rétrécissement cardioaortique, les solides s'arrêtent au-dessus du diaphragme où ils sont animés de mouvements rythmés, transmis par l'oreillette gauche.

Le temps d'arrêt est raccourci par les mouvements de déglutition répétée, et d'autant plus court que la salivation est plus abondante.

Les liquides : Une gorgée isolée atteint en une seconde le cardia où elle s'arrête pendant 2 à 3 secondes.

Les gorgées successives font une colonne qui s'élève au-dessus du diaphragme. Ie liquide franchit lentement cet orifice.

La déglutition à la régalade ne marque pas d'arrêt au diaphragme ; le liquide coule directement dans l'estomac, lorifice diaphragmatique restant béant.

« L/examen radiologique nous montre donc que les bols opaques, quelle que soit leur consistance, marquent le plus souvent un temps d'arrêt à l'anneau diaphragmatique. »

. Nous allons voir maintenant quelques détails concernant le rôle de cet anneau au cours de la déglutition.

. À quel moment de la respiration le diaphragme est-il franchi par le bol ?

. Certains auteurs, dont BERTOLOTTI-CABALLERO, NEMOURS, pensent que c’est à l'inspiration. À l’œsophagoscope, en effet, l'orifice s'ouvre et la muqueuse se déplisse après une inspiration profonde.

Cependant, la majorité des auteurs pensent le contraire (RA- MOND, JACQUELIN, BUS).

BÉTOULIÈRES estime qu'il convient de distinguer respiration calme et respiration profonde.

« Si en effet. nous prions un sujet de déglutir un verre de gelobarine en inspiration profonde, le liquide s'arrête au-dessus du diaphragme et y demeure tant que dure l'inspiration. Si le même sujet répète l'expérience après avoir chassé l'air de ses poumons, le plus souvent le liquide franchit le diaphragme sans s'arrêter, Faisons déglutir rapidement un grand verre de liquide opaque, puis faisons exécuter de profonds mouvements respiratoires ; pendant l'inspiration, l'estomac est toujours nettement séparé de la colonne opaque qui représente le segment inférieur, lorsqu'un bol opaque passe de l’un à l’autre c’est toujours au milien du temps expiratoire. »

Donc il paraît bien établi que, pendant la respiration forcée, la traversée diaphragmatique se fait au milieu de l'expiration. Cette manœuvre est utilisée par les sujets qui présentent une sténose de cet orifice, pour chasser leurs aliments dans l'estomac. Pendant la respiration calme, les résultats sont moins précis. En général, les passages se font plus nombreux au cours de l'expiration ; mais quelquefois, le bol franchit le défilé diaphragmatique pendant le temps inspiratoire au moment où le dôme phrénique s’abaisse.

Il est donc inexatt de dire comme certains auteurs que le passage diaphragmatique est rythmé par la respiration. Normalement, il y a un obstacle qui est constant, plus serré pendant l'inspiration par la contraction des piliers qui enserrent l’orifice œæsophagien, moins serré pendant l'expiration. Pour le franchir, l'œsophage est obligé de fournir un effort de contraction et le passage sera donc plus facile pendant l'expiration.

Cette opinion est corroborée par les examens que BÉTOU- LIÈRES a pratiqué chez des tuberculeux porteurs de phrénicectomie gauche. Il n’a noté aucune modification du transit, l’estomac se remplissait aussi bien pendant l'inspiration que pendant l'expiration. Et il conclut :

«L'anneau diaphragmatique n’est pas un véritable sphincter ; «c'est un rétrécissement au même titre que le rétrécissement « broncho-aortique ; il est simplement plus serré et sa résistance «est rythmée par les mouvements respiratoires. »

LEDOUX et SLUYS ont mis en évidence un point de physio-

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logie qui a trouvé son application au diagnostic radiologique des cancers de l’œsophage : si on fait absorber de la bouillie barytée à un sujet que l’on place ensuite, renversé en position de Trendelenburg, le contenu gastrique ne reflue pas dans l’œsophage. Mais si. le patient effectue dans cette position des mouvements de déglutition, l'ouverture de l’anneau diaphragmatique se produit et la bouillie gastrique reflue dans l’œsophage.

« Cette expérience montre donc qu’il n'y a vraisemblablement pas au cardia, un système d’obturation mécanique tel que le clapet de Van GUBAROFF. » (GOUZI.)

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