‹ Le Seigneur est mon partage!Chapitre 8 sur 21 · LA PIÈCE DE MONNAIE · texte numérisé non relu

LA PIÈCE DE MONNAIE

Le Seigneur est mon partage ! Je ne m'étonne pas, mes chers enfants, de l'effet qu'a produit mon sermon sur le catéchisme de persévérance. Votre excellente mère s'est mise de la partie, et, comme vous me le dites, mon cher Alexandre, Maman prêche très-bien. Oui, elle prêche très-bien, car c'est du cœur que vient l'éloquence ; il faut aimer pour prêcher avec onction et avec force : or, qui vous aime plus que votre tendre mère ? Je dois ajouter, n'en déplaise à votre modestie, que ses paroles et les miennes tombaient dans une bonne terre.

Vous voilà donc, votre sœur et vous, inscrils au catéchisme. Je ne dirai rien des dispositions que vous devez y apporter. Relisez,

si vous croyez en avoir besoin, la lettre que je vous écrivais là-dessus il y a quelques mois *. Le souvenir de votre première communion et le catéchisme de persévérance, tels sont les deux premiers moyens de conserver les fruits de la grande action.

On sonne ; j'entends la voix du père Homfroy. Je vous laisse un instant pour causer avec ce bon vieillard.

Sans que vous vous en doutiez, mes chers amis, trois quarts d'heure se sont écoulés entre cette phrase et celle qui la précède. Pendant tout ce temps-là nous avons parlé agriculture. Le père Homfroy est désolé; la sécheresse continue depuis deux mois, ses blés ne lèvent pas ; il craint que la plus grande partie de ses semences ne périsse. La terre est dure, aride, crevassée ; on demande la pluie à grands cris ou au moins d'abondantes rosées. Nous allons prier pour obtenir l'une et l'autre. Priez avec nous ; le père Homfroy me charge de le rappeler au souvenir du petit monsieur et de la petite demoiselle. Le bon vieillard 1 quand il parle de vous, c'est toujours la larme à l'œil.

Je reviens à ma lettre. Vous connaissez le

1 Voyez Le grand jour approche, lettre ».x.

proverbe, mes bons amis : Ceux qui ont la jaunisse voient tout en jaune, c'est-à-dire ceux qui sont pleins d'une idée la retrouvent partout. Voilà mon fait : tout occupé de vous, je n'ai cessé de penser à vous pendant tout notre entretien ; je vous dirai même que c'est dans ma conversation avec le père Homfroy que j'ai trouvé de quoi continuer ma lettre. — Comment donc? — Gela n'était pas aussi difficile que vous pourriez le penser : vous allez voir. Ainsi, quand le père Homfroy me parlait de ses champs, je songeais que j'avais aussi deux petits champs bien autrement précieux : ce sont vos jeunes cœurs. Quand il me parlait de la sécheresse qui menace de faire périr ses blés, je me disais : Moi aussi j'ai semé dans mes champs; la sécheresse n'empêchera-t-elle pas le bon grain de lever et de rapporter au centuple? Quand il me disait qu'on allait demander des pluies et des rosées, comment n'aurais-je pas pensé à cette pluie salutaire, à cette rosée féconde seule capable de fertiliser mes champs et de faire germer mes semences? Or, ces semences, ce sont les instructions que je vous adresse et qui tombent dans la terre de vos cœurs ; cette rosée, cette pluie propre à les faire croître,

c'est la grâce de Dieu ; mais la rosée qui féconde les campagnes, comme celle qui fertilise les cœurs, vient du ciel, c'est Dieu qui l'envoie : il faut donc la demander à Dieu.

Comme vous voyez, le fil de la conversation m'a conduit en droite ligne à vous parler de la prière : oui, la prière, troisième moyen de persévérance ; la prière, sans laquelle la bonne semence périra dans votre cœur, comme les semences du père Homfroy périront dans ses champs. Ailleurs1 je vous ai montré l'indispensable nécessité de la prière. Je veux aujourd'hui vous dire un mot de ses qualités. Avant que je commence, faites, si vous en avez besoin , comme on fait avant les sermons, toussez, crachez, afin d'être tout entiers à ce que vous allez lire.

Première qualité de la prière, l'attention. Pensons à ce que nous disons, c'est bien le moins que nous puissions faire lorsque nous parlons à Dieu. Prier sans attention, c'est rendre la prière inutile. « Comment voulezvous que Dieu vous entende, dit saint Cyprien, si vous ne vous entendez pas vousmêmes ? Prier sans attention, c'est imiter le

1 Voyez Le grand jour approche, lettre ix.

peuple juif, dont Dieu disait avec amertume: Ce peuple m'honore du bout des lèvres, mats son cœur est bien loin de moi. Avant de prier, nous dit le Seigneur, préparez votre âme afin que vous ne soyez pas comme quelqu'un qui tente Dieu. Car celui-là tente Dieu qui veut obtenir ses grâces sans prendrele moyen d'être exaucé ; or, ce moyen, c'est une prière attentive. » Lors donc, mes chers enfants, que vous vous disposez à faire vos prières, dites à toutes les pensées étrangères : Pensées d'amusement, pensées d'étude, pensées mondaines, restez à la porte ; laissez- moi, je veux être seul avec Dieu. Si, après avoir renoncé aux distractions, votre imagination s'égare rappelez doucement celte folle delà maison et continuez à prier.

Un excellent moyen de prévenir la distrac tion, c'est de se rappeler de temps à autre pendant la journée, la présence de Dieu et surtout le souvenir de votre première com munion. Quand vous aurez pris ces différentes précautions, ne vous inquiétez nullement des pensées étrangères qui peuvent vous venir : n'étant pas volontaires, elles ne seront point coupables et ne nuiront en rien à la bonté de votre prière.

Seconde qualité de la prière, la dévotion. La dévotion est cette disposition d'un cœur qui est prêt à tout ce que Dieu veut. Tenez, lorsque vous désirez ardemment d'obtenir quelque chose de votre maman, vous lui dites : « Maman, je serai bien sage, je ferai tout ce que vous voudrez. » Ainsi vouloir ce que Dieu veut, comme il le veut, parce qu'il le veut, aussi longtemps qu'il le veut, voilà la dévotion. Vous comprenez sans peine, mes chers enfants, l'absolue nécessité de cette disposition pour rendre vos prières efficaces, c'est-à-dire agréables à Dieu. En effet, la prière est une espèce de communion entre vous et Dieu. Or, pour qu'il y ait communion, ne faut-il pas qu'il y ait rapprochement? Mais peut-il y avoir rapprochement entre nous et Dieu si nous voulons une chose tandis que Dieu en veut une autre! Comment, par exemple, un enfant qui aime le péché, la désobéissance, le mensonge, la paresse, la colère, l'orgueil, la vanité, lesplaisirs défendus, pourrait- il entrer par la prière en communion avec Dieu? quelle union peutil y avoir entre la lumière et les ténèbres, entre Jésus-Christ et Bélial? Si donc vous voulez que vos prières soient efficaces, c'est-

à-dire qu'elles attirent Dieu en vous, renoncez à toute affection volontaire au péché. Ne vous en tenez pas là; efforcez-vous de créer en vous des affections contraires. Entre Dieu et notre cœur il y a une attraction, une tendance naturelle à s'unir. Otez les obstacles, ouvrez par la prière la bouche de votre cœur, et sur-le-champ Dieu descendra en vous.

C'est ainsi que la lumière du soleil pénètre dans un souterrain aussitôt qu'on en ouvre la porte. Videz donc votre cœur de tout ce qui n'est pas Dieu, de tout ce qui est opposé à sa volonté sainte : la pureté de cœur, voilà le vrai moyen d'être exaucé. Cependant, quelles que soient vos dispositions et même vos fautes, ne cessez point de prier. Nul n'a plus besoin de prier que le pauvre pécheur. Une prière humble lui sera toujours utile.

Troisième qualité de la prière, le respect. Quand nous prions, tout en nous doit prier, notre esprit par l'attention, notre âme par la dévotion, notre corps par le respect. Si vous voulez vous tenir respectueusement lorsque vous priez, songez que vous êtes à genoux devant le trône de Dieu; que les anges et les saints, rangés autour de vous, vous

regardent. Vous paraissez au milieu de cette cour majestueuse et sainte en qualité de suppliant. Oh 1 si nous étions vivement pénétrés de cette pensée, nous verrait-on prendre dans nos prières, et même à l'église, des postures qu'on ne se permettrait pas en bonne compagnie ? D'où vient cet air de nonchalance et d'ennui, cette légèreté qu'on remarque dans un très-grand nombre ? Du défaut de foi en la présence de Dieu : animez donc votre foi, et vous serez respectueux.

Quatrième qualité de la prière, la foi. Notre-Seigneur, apprenant à ses disciples comment ils devaient prier, leur disait : Des mandez, et vous recevrez; cherchez, et voutrouverez ; frappez, et Von vous ouvrira. En vérité, je vous le dis, tout ce que vous demanderez en mon nom vous sera donné. Pourquoi craignez- vous, hommes de peu de foi ? Gros de foi comme un grain de sénevé transporte les montagnes. Ailleurs le Saint-Esprit s'exprime en ces termes : Demandez avec foi et sans hésiter. Et en effet, mes chers enfants, que nous manque-t-il pour prier avec foi ? D'une part, Dieu nous a promis avec serment de nous exaucer ; de l'autre, n'est-il pas toutpuissant ? n'est-il pas inûniment bon ? ne

nous aime-t-il pas infiniment plus que nous ne nous aimons nous-mêmes ? Sans cloute; pourquoi ? C'est que l'amour que nous avons et que tous les hommes réunis peuvent avoir pour nous est toujours un amour fini, tandis que celui de notre Père, qui est au ciel, est infini; De plus, Dieu n'est-il pas infiniment sage? Ne connaît-il pas tous nos besoins bien mieux que nous ne les connaissons nousmêmes ? Ne veut-il pas que nous lui demandions tout ce qui nous est nécessaire, jusqu'à notre pain de chaque jour ?

Voyez avec quelle facilité il accordait toutes les grâces qu'on lui demandait pendant sa vie mortelle I mais aussi voyez quelle foi vive respirait dans la prière de ceux qui avaient recours à lui ! Seigneur, lui dit le lépreux, si vous voulez, vous pouvez me guérir. Et le Sauveur : Je le veux bien, soyez guéri. Que voudriez vous ? demanda-t-il à l'aveugle. — Seigneurie voudrais bien voir. — Eh bien, voyez. Le Centenier allait plus loin : Mon serviteur est malade. — Eh bien ! lui dit le Sauveur, j'irai et je le guérirai. — Il n'est pas nécessaire que vous preniez la peine de venir; je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison ; d'ici vous pouvez guérir mon serviteur^ car

vous êtes bien plus puissant que moi, qui ne suis qu'un officier subalterne. Cependant, quand je dis à un de mes soldats : Allez là, il y va ; et à mon domestique : Faites ceci, il le fait. Dites donc de même à votre parole d'aller guérir mon serviteur, et il sera guéri.

Ainsi, pour nous apprendre que la foi en la puissance, en la bonté de Dieu est la qualité fondamentale de la prière, Notre-Seigneur donne les plus grands éloges à cette disposition dans ceux en faveur de qui il faisait des miracles : 0 femme, que votre foiest grande! ... Allez, ma fille, votre foi vous a guérie /... Jamais je n'ai trouvé autant de foi dans Israël ! ... Demandez donc à votre Père céleste avec autant de confiance qu'à votre excellente mère, que dis-je I avec une confiance mille fois plus grande. Soyez-en sûrs, Dieu vous accordera toujours ce que vous aurez demandé, ou bien quelque chose de meilleur.

Cinquième qualité de la prière, la persévérance. Lorsque j'étais auprès de vous, l'automne dernier, je me suis souvent aperçu que votre tendre mère ne vous accordait pas toujours dès la première fois ce que vous lui demandiez. Ce délai, qui n'ôte rien ni à sa tendresse ni à son désir de vous exaucer, est

une preuve de sagesse et de sollicitude : vous le reconnaîtrez plus tard. Dieu agit de même, et nous laisse quelquefois demander longtemps avant de nous exaucer. Il voit qu e ce délai nous vaut mieux qu'une faveur subite. Ce délai nous fait pratiquer les plus précieuses vertus : l'humilité, en nous faisant sentir que nous ne pouvons rien de nous-mêmes ; la vigilance, en nous faisant veiller à ce que rien en nous ne vienne contrarier notre prière et en empêcher l'effet.

Ainsi ne vous découragez jamais, en disant : Je prie, et je n'obtiens pas. C'est un mensonge du mauvais esprit. Toute prière, pourvu qu'elle soit bien faite, obtient infailliblement sa récompense. Ajoutez que souvent le bon Dieu nous exauce sans que nous nous en apercevions, c'esf-à-dire en nous accordant autre chose que l'objet de nos demandes. Vous vous rappelez cette pauvre Louise ; nous ne négligeâmes rien pour l'empêcher d'aller si tôt en paradis. Vous la voyez encore demandant elle-même avec ferveur sa guérison. Mais les pensées de Dieu ne sont pas les nôtres, comme les pensées de votre tendre mère ne sont pas toujours les vôtres. Le Père céleste juge que la santé serait moins

utile à Louise, il ne la lui accorde pas. Laissât-il pour cela sa prière sans effet ? Non : en échange de la santé il lui accorde la patience, le courage, la résignation, la grâce d'une sainte mort ; c'est-à-dire qu'à la place d'un bien périssable il lui accorde des biens éternels ; au lieu d'un moyen de salut, tel que la santé, il lui donne le salut même ; le plus pour le moins ; l'infini, qu'on ne demandait pas, à la place du fini, qu'on sollicitait. Qui pourrait se plaindre d'un pareil échange ?

Vous prierez donc, mes chers enfants, et vous ne cesserez jamais de prier. L'enfant qui, après sa première communion, abandonne la prière est un enfant perdu. La prière rare, négligée, faible, dissipée est comme le battement d'un cœur qui se glace et qui bientôt ne battra plus du tout, parce qu'il sera mort. Je voudrais pour tout mon sang que les preuves en fussent moins ordinaires et moins incontestables. En voici une entre mille. J'ai connu en Amérique un enfant que le P. Pierre avait admis à la première communion. Après le départ de ce zélé missionnaire, cet enfant vint à moi, et s'accusa d'avoir manqué à sa prière du matin et du soir

plusieurs fois par semaine et de la faire habituellement avec négligence. Cet aveu m'effraya. Je l'exhortai à se montrer désormais plus fidèle à cette pratique essentielle. « N'estil pas vrai, lui dis-je, que votre corps ne pourrait vivre sans manger? Eh bien, il en est de même de votre âme.! Or, la prière est la nourriture de chaque jour. » Mes conseils furent oubliés. Un mois après l'enfant revint et me rapporta la même faute. Mais, hélas ! elle n'était pas seule. Je n'en fus point surpris, car il est évident, 1° que de nous-mêmes nous ne pouvons rien, que nous sommes la faiblesse même; 2° que nous avons une foule de penchants au mal ; 3° que nous sommes environnés d'ennemis acharnés à notre perte. Donc si Dieu ne nous tient continuellement par la main, il nous est impossible de nous soutenir dans la vertu ; mais ce secours de Dieu, nécessaire chaque jour, ne s'obtient que par la prière de chaque jour. Donc le jour où l'on ne prie pas, ou bien où l'on prie mal, ee qui revient au même, l'âme demeure sans défense et sans force à la merci du premier qui voudra s'en emparer. Voulezvous, mes chers enfants, trouver en vousmêmes la preuve de ce que j 'avance , recueillez

vos souvenirs, et voyez si le jour où vous avez eu le malheur d'offenser Dieu d'une manière plus grave n'est pas le jour où vous n'avez pas prié ou bien où vous avez mal prié en le commençant.

Sixième qualité de la prière, elle doit être faite au nom de Jésus-Christ. Le P. Pierre, qui, comme vous le savez, a porté le nom de Jésus-Christ dans les quatre parties du monde,me racontait un jour ce qui lui était arrivé en débarquant aux grandes Indes : «J'étais, me disait-il, tout jeune missionnaire. Je n'avais jamais vu que mon pays : je m'y croyais encore. Aussitôt que j'eus mis le pied sur le rivage indien et remercié Dieu de notre heureuse navigation, j'entrai dans une boutique pour me procurer quelques objets de première nécessité. Je présentai de la monnaie de mon pays. Le marchand, dont je ne connaissais pas la langue, me fit un signe négatif. Par distraction; j'insistai, et lui de reprendre ses marchandises. Par bonheur un interprète arriva : il m'expliqua la conduite du marchand en me disant que ma monnaie n'avait pas cours dans le pays, qu'elle ne portait pas l'effigie du prince. Je revins de ma distraction. Je m'adressai à un changeur,

qui me donna de la monnaie du pays. Je me présentai de nouveau chez le, marchand, et j'obtins ce que je désirais. »

Eh bien ! mes chers amis, la prière est la monnaie que nous offrons à Dieu pour en obtenir les choses nécessaires soit à notre corps, soit à notre âme. C'est par elle que se fait le commerce entre le ciel et la terre. La terre achète, leciel règle les conditions de l'échange. Donc, pour avoir cours, notre monnaie doit porter l'efQgie du Roi du ciel ; autrement elle sera réputée fausse. Vainement nous la présenterons, les choses les plus nécessaires nousseront refusées. Qu'est-ce à dire, mes bons amis, sinon que toutes nos prières doivent être faites au nom deNotre-Seigneur Jésus-Christ ? L'Église ne cesse de nous le rappeler. Pas une de ses prières qu'elle ne conclue par ces paroles : Per Dominum nostrum Jesum Christum : ce qui veut dire, ma bonne Marie : Par Jésus-C hrist Notre-Seigneur. En effet il n'est pas sous le ciel d'autre nom par qui nous puissions être sauvés. Jésus-Christ est notre unique médiateur : unies aux siennes, nos prières deviennent toutespuissantes ; il est toujours exaucé à cause du respect infini dû à sa personne. Dès ce ma-

ment prions en son nom : 0 mon Dieu ! je crois fermement que sans la prière il m'est impossible de conserver la grâce de ma première communion. Donnez-moi, je vous en conjure, l'amour de la prière ; donnez moi l'attention, la dévotion, le respect, la foi, la persévérance nécessaires pour rendre mes prières efficaces ; donnez-moi surtout la fidélité à mes prières de chaque jour : par Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui vit et règne avec vous et le Saint-Esprit aux siècles des siècles. 0 Marie ! ma bonne mère, obtenezmoi la grâce de prier comme vous.

Pour pratique, faire avec beaucoup de ferveur ses prières du matin et du soir.

Adieu, mes bons amis ; le Seigneur est

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