‹ Le seize mai et la fin du SeptennatChapitre 116 sur 171 · CHAPITRE XIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIll

personnes environ étaient présentes. Le bureau était composé de M. Penicaud, président; MM. Bloch, Baudot, David, Trouillet, Kœchklin, Dolfus, Hatet, Héliard, Vincent Fournier. L'assemblée vota une adresse ainsi conçue :

A momieur le Président de la République française,

Paris, le 2 décembre 1877. Monsieur le Président,

Les soussignés, industriels et commerçants, en présence du malaise croissant dont souffre le pays, font un nouvel et pressant appel au patriotisme du Président de la République.

La situation s'aggrave tellement que le cb'ômage et la ruine menacent aujourd*bui toutes les industries et mettent en péril l'œuvre internationale de l'Exposition universelle.

Le vote du 14 octobre est l'expression la plus récente de la volonté du pays.

Que le Président de la République n'bésite plus à déférer au vœu de la nation, à suivre les voies constitutionnelles et à confirmer par ses actes ce qu'il a si bien dit :

La loi des majorités est la règle des gouvernements partemen- , taires.

Des délégués élus furent chargés de présenter cette adresse^ M. le Maréchal en personne. Les délégués de la province furent invités à monter au bureau pour 6e faire connaître, aûn de se joindre à la démarche qui serait faite auprès du président de la République. Alors, dit le journal qui rendait compte le léademain de cette réunion, alors < une véritable scène d'enthousiame a lieu, et chaque fois qu'un délégué gravit l'estrade, des bravos frénétiques saluent sa venue. » Nous sommes déshabitués de ces belles journées. MM. Penicaud, Japy, Baudot, Héliard) Trouille et ChaufTour furent acclamés . comme délégués de l'Assemblééi

Ils se mirent en mesure de remplir leur mission, avec la résolution qui avait dominé l'Assemblée elle-même, de ne pas y mêler la politique, et ils demandèrent une audience qui leur fut accordée. Mais ils ne furent pas reçus par M. le Maréchal. Ce fut M. Emmanuel d'Harcourt, secrétaire de la présidence, qui les reçut, et qui engagea avec eux une conversation qui dériva promptement vers la politiqne. M. d'Harcourt est un parfait gentilhomme, d'une politesse extrême, d'un esprit fin et délié, qui servait très utilement et très agréablement de lien entre TÉlysée et les républicains, dont les rapports mutuels étaient alors si aigus. Il était notoirement dans les intérêts de la Droite, plutôt orléaniste, et mêlé de très près aux intrigues qui se nouaient et se dé nouaient à cette époque autour du gouvernement et contre lui. On le savait, et nous ne pouvions l'oublier tout à fait, malgré l'agrément de son commerce. Il usa avec les délégués de toutes ses séductions; puis, voyant qu'il n'avançait guère ses affaires : « Vous voulez donc, leur dit-il, un ministère Gambetta? — Si vous voulez, répondit M. Héliard; mais nous ne sommes, pas chargés de cela. Nous sommes chargés d'apporter ici les vœux du commerce. > M. d'Harcourt s'engagea à faire connaître la démarche et les vœux au président de la République.

Cependant, les délégués avaient à cœur de remplir leur mission. Nouvelle demande d'audience, nouvelle déconvenue; et cette fois encore ce fut M. d'Harcourt, puis M. de Vaugrenant qui les reçurent. Mais alors, les délégués rédigèrent un procès-verbal qui fut publié dans les journaux. On a peine à se rendre compte du motif qui portait M. le maréchal de Mac-Mahon à refuser de recevoir les représentants du haut cononerce parisien. Cédait-il à de funestes conseils? Éprouimi41 >

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