‹ Le seize mai et la fin du SeptennatChapitre 117 sur 171 · CHAPITRE Xlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlll

une répugnance invincible à se trouver en face de mises en demeure qui lui semblaient être une atteinte à sa dignité autant qu'à son pouvoir? Je suis porté à croire qu'il était, à ce moment précis, en butte à des tiraillements douloureux dans sa propre maison, et aussi à des perplexités personnelles qui ne lui permettaient pas d'affronter de sang-froid des représentations que, dans son état d'esprit, il était porté à prendre pour des offenses.

Il ne pouvait se dérober aussi facilement aux démarches faites près de lui par les membres du Parlement. Aux derniers moments de cette crise, les sénateurs et les députés de Meurthe-et-Moselle vinrent lui apporter les doléances des populations de l'Est. Le Maréchal se plaignit devant eux que l'on dénaturât sa pensée et même son langage dans les compte rendus qu'on en faisait. Il ajouta : c Je ne puis entrer avec vous en discussion sur les questions politiques que vous venez de m'exposer. Ce sera l'affaire d'une discussion dans les Chambres. Quant à moi, ce que je puis vous affirmer, c'est que je ne suis animé d'aucune ambition personnelle. Je ne suis l'homme d'aucun parti. Je ne tiens ni pour le comte de Chambord, ni pour le comte de Paris, ni pour le Prince impérial. Je maintiendrai les institutions républicaines que nous avons en ce moment, jusqu'en 4880 — ici, dit le récit que je reproduis — le Maréchal s'est arrêté, et, après un moment de silence, il a ajouté — si j'y suis encore. Je vous demande pardon si je ne puis recevoir vos pétitions. Mais, en présence du grand nombre de pétitions qui arrivent ici, et dont quelques-

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unes avaient une forme violente, j'ai pris le parti de les renvoyer toutes à M. le ministre du Commerce, à qui je vous prie de remettre les vôtres...»

Depuis le 16 mai, les travaux préparatoires de l'Exposition universelle avaient été sinon suspendus, du moins arrêtés en grande partie; et en face des perspectives sombres de la fin d'année, alors que l'ouverture de cette Exposition avait été fixée au l^' mai 1878, on se deman-. daitsi elle aurait lieu; et le commerce était dans une anxiété qui paralysait les meilleures volontés. M. Krantz, directeur général de l'Exposition, jugea nécessaire de calmer les appréhensions qui se faisaient jour. Il appartenait au Centre gauche du Sénat, il en faisait partie également pendant l'Assemblée nationale. Il est resté jusqu'au bout fidèle à son parti et à ses opinions, ce qui n'est pas toujours la même chose. J'aurai plus tard à faire connaître la force et l'activité d'esprit qu'il déploya dans la mission que nous lui avions dévolue avant le 16 mai. A ce moment précis, il voulut rassurer le public, et il fit lire par M. Dietz-Monin, dans la réunion de la salle Frascati, la lettre suivante :

Mon cher Dietz-Monnin,

Vous m'avez fait part ce matin des inquiétudes qui se manifestent chez un grand nombre de nos exposants, troublés par la crise que nous traversons ; ils mettent en doute Fouverture de l'Exposition à l'époque prescrite ; ils admettent même la possibilité d'un ajournement à l'année 1879.

Pareil manque de fermeté me surprend beaucoup. Ces messieurs devraient savoir d'où partent les bruits inquiétants répandus dans le public avec une si coupable persistance : ils devraient se rappeler que nous avons déjà traversé plus d'une crise, et que c'est à force de bon sens, de calme et de fermeté que nous en sommes sortis victorieusement. Qu'ils se^, rassurent ! Tout autant que la Ville de Paris, notre belle

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