‹ Le seize mai et la fin du SeptennatChapitre 125 sur 171 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

rant une longue vie politique, n'ont peut-être jamais eu un vote à se reprocher. Il était désigné par ses études, par son goût, par ses connaissances en art et dans les choses de l'esprit, pour le poste de ministre de l'Instruction publique. Il lavait désiré très légitimement, et M. Dufaure fit bien de le faire entrer dans le ministère réparateur du 13 décembre.

On compléta la composition du ministère par l'adjonction de plusieurs sous-secrétaires d'État. M. Charles Lepère, député de l'Yonne, fut nommé sous-secrétaire d'État à l'Intérieur. Il appartenait, par ses amitiés plus encore que par ses opinions, au parti républicain avancé : il était un des fidèles de Gambetta. Peut-être avait-il été attaché au ministère de l'Intérieur avec l'arrière-pensée d'y faire pénétrer l'esprit du groupe radical de la Chambre, et d'y exercer une influence plus ou moins directe. On peut le supposer, mais Lepère ne m'a jamais donné l'occasion de m'en apercevoir. Il avait de l'esprit et un talent de parole qu'il mit souvent au service de la cause dont il était un des serviles plus dévoués et les plus honnêtes. Il avait plus que cela : le cœur bien placé. Il était impropre au rôle que peut-être on avait eu l'idée de lui faire jouer. Le rôle d'un sous-secrétaire d'État est en lui-même délicat et veut chez l'homme qui le remplit des qualités d'honneur et même de simple probité qui ne sont pas rares sans doute, mais que l'on est heureux tout de même de rencontrer. Lepère les possédait au plus haut degré. Il me plaît d'en rendre témoignage à ce galant homme qui se place, dans mes souvenirs, très haut au-dessus de la plupart des hommes de son parti.

2;U FIN DU SEPTENNAT

Dans la séance du 15 décembre, le message préparé par nous fut lu au Sénat par M. Dufaure et par moi à la Chambre des députés. Il était ainsi conçu :

Les élections du 14 octobre ont afOrmé une fois de plus la conOance du pays dans les institutions républicaines.

Pour obéir aux règles parlementaires, j'ai formé un cabinet choisi dans les deux Chambres, composé d'hommes résolus à défendre et à maintenir ces institutions par la pratique sincère des lois constitutionnelles.

L'intérêt du pays exige que la crise que nous traversons soit apaisée. // exige avec non moins de force qu'elle ne se renouvelle pas.

L'exercice du droit de dissolution n'est, en effet, qu'un mode de consultation suprême auprès d'un juge sans appel, et ne saurait être érigé en système de gouvernement. J'ai cru devoir user de ce droit, et je me conforme à la réponse du pays.

La Constitution de 1875 a fondé une République parlementaire en établissant mon irresponsabilité, tandis qu'elle a institué la responsabilité solidaire et individuelle des ministres.

Ainsi sont déterminés nos devoirs et nos droits respectifs : l'indépendance des ministres est la condition de leur responsabilité nouvelle.

Ces principes, tirés de la Constitution, sont ceux de mon gouvernement.

La fin de cette crise sera le point de départ d'une nouvelle ère de prospérité.

Tous les pouvoirs publics concourront à favoriser ce développement.

L'accord établi entre le Sénat et la Chambre des députés, assurée désormais d'arriver régulièrement au terme de son man-

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