‹ Le seize mai et la fin du SeptennatChapitre 159 sur 171 · CHAPITRE Vi 2W · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vi 2W

qiie la Chatnbre désormais allait nous supporter bien' plus que nous soutenir.

On allait à la dérive vers les opinions extrêmes. Je le sentais. Par une sorte de sentiment imprécis et tenaca qui tient de la désespérance, par rillùsion de maintenir la République dans ta voie où je voulais là voir, d'ar^ racherà ses entraînements le parti modéré déjà ébranlé, fléchissant, et séduit sans doute par le rêve d'un Pouvoir partagé; je voulais garder la place, sans y tenir pour moi-même, — je n'y tenais même pas assez — mais pour la disputer à ceux qui voulaient la prendre, en y apportant d'autres vues, d'autres idées, d'autres aspirations que celles qui m'avaient dirigé depuis l'année 1870.

Il y avait d'ailleurs, dans la Chambre, des hommes désintéressés, qui, eux aussi, pressentaient la direction nouvelle que Ton voulait donner à la République, et qui s'en méfiaient. Une lettre que je reçus d'un député des Deux-Sèvres donne la note exacte des sentiments de cette fraction de la Chambre, t J'aime à espérer, disait-il à propos du vote de confiance, que ce sera un mariage de raison et que la majorité compacte qui vous a soutenu ne vous fera pas défaut et vous soutiendra énergiquement pour le bien, le repos et la tranquillité de la France. Je considère encore qu'il y a des moments suprêmes où les compétitions personnelles doivent se taire en présence des intérêts généraux. Nous comptons sur vous, messieurs les ministres, comme vous pouvez compter sur les modestes députés ruraux au nombre desquels je me place, et qui ambitionnent la paix, le repos, la stabilité. Le moment est venu où les théories sont épuisées, et où la pratique doit s'affermir... > Mais la victoire arrachée aux derniers restes de sympathie que la Chambre avait au fond du cœur pour la plupart

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des ministres, ne dura guère. Le branle était donné, les résolutions prises, les mots d'ordre distribués, et Tassaut commencé ne devait plus s'arrêter tant qu'il resterait dans le gouvernement un seul vestige de la politique conservatrice et libérale que nous avions affirmée et pratiquée pour le plus grand bien et avec l'approbation de la nation.

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