EPILOGUE
M. Grévy reconstitua le cabinet en y appelant M. Le Royer, sénateur, à la place de M. Dufaure; M. Jules Ferry, député, à la place de Bardoux, et M. Lepère à la place de M. Teisserenc de Bort, ministre du commerce. Je continuai à rester dans ce cabinet, et je m'en suis souvent repenti depuis.
Je sentais bien le courant politique de plus en plus fort, qui tendait à faire dévier la République de la voie dans laquelle nous l'avions mise. Mais il restait à la Chambre un parti puissant encore, qu'il était possible, je le croyais du moins, de retenir sur la pente, et de soustraire à l'influence de plus en plus sensible de Gambetta. Cette fraction de l'Assemblée m'avait témoigné une grande et confiante sympathie; je voulais espérer contre toute espérance et, ma ténacité me tenant lieu de conviction, j'eus l'illusion de croire que je pourrais contribuer à maintenir la République conservatrice et libérale telle que nous l'avions conçue. Mais les appétences de toutes sortes étaient déchaînées, et accrues de toute la puissance dominatrice qui se faisait de plus en plus sentir au Palais-Bourbon, depuis que Gambetta y occupait la Présidence.
Mes efforts devaient être vains pour arracher la majorité à l'autorité envahissante d'un parti avide de prendre possession, et de son chef, qui suivait son parti autant qu'il le commandait. Ces efforts ne